Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Recours administratif et contentieux

Cour d'appel, chambre etrangers/hsc, 16 juillet 2026 — n° 26/00441

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

La requête du préfet en prolongation de rétention administrative est-elle irrecevable faute de copie actualisée du registre du centre de rétention mentionnant la saisine du tribunal administratif, et la garde à vue est-elle irrégulière en raison de l'absence d'avocat lors de l'audition malgré la demande de l'intéressé ?

Principe retenu

La requête du préfet en prolongation de rétention administrative doit être accompagnée de toutes pièces utiles, mais l'absence de mention de la saisine du tribunal administratif sur le registre n'affecte pas la recevabilité si le registre est par ailleurs actualisé. Par ailleurs, une audition en garde à vue est régulière si l'intéressé a renoncé expressément et sans équivoque à l'assistance d'un avocat, même s'il avait initialement sollicité un avocat commis d'office.

Faits clés

  • M. [V] [Z], ressortissant tunisien, a fait l'objet d'un arrêté d'obligation de quitter le territoire français le 8 juillet 2026.
  • Il a été placé en rétention administrative le 8 juillet 2026 pour 96 heures.
  • Le préfet a saisi le tribunal judiciaire le 11 juillet 2026 pour une prolongation de 26 jours.
  • Lors de la garde à vue le 7 juillet 2026, M. [Z] a sollicité un avocat commis d'office mais a été entendu le 8 juillet après avoir renoncé expressément à l'assistance d'un avocat.
  • La requête du préfet ne mentionnait pas la saisine du tribunal administratif contre l'obligation de quitter le territoire français.

Articles cités

article L.741-10 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 37 de la loi du 10 juillet 1991 articles 973 et suivants du code de procédure civile

Motivations de la décision

COUR D'APPEL DE RENNES N° 26/302 N° RG 26/00441 - N° Portalis DBVL-V-B7K-WQU4 JURIDICTION DU PREMIER PRÉSIDENT O R D O N N A N C E articles L 741-10 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Nous, Clotilde RIBET, président de chambre à la cour d'appel de RENNES, délégué par ordonnance du premier président pour statuer sur les recours fondés sur les articles L.741-10 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, assisté de Mannaig QUINIO, greffière placée, Statuant sur l'appel formé le 15 Juillet 2026 à 15h05 par : M. [V] [Z] né le 17 Septembre 2004 à [Localité 1] de nationalité Tunisienne ayant pour avocat Me Gwendoline PERES, avocat au barreau de RENNES d'une ordonnance rendue le 13 Juillet 2026 à 15h06 par le magistrat en charge des rétentions administratives du Tribunal judiciaire de RENNES qui a rejeté les exceptions de nullité soulevées, le recours formé à l'encontre de l'arrêté de placement en rétention administrative, et ordonné la prolongation du maintien de M. [V] [Z] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée maximale de vingt-six jours ; En présence de M. [Y] [Q], muni d'un pouvoir pour représenter la PREFECTURE DU FINISTERE, dûment convoqué, En l'absence du procureur général régulièrement avisé, Madame Marie-Charlotte TREBUCHET, avocat général, ayant fait connaître son avis par écrit déposé le 15 juillet 2026 lequel a été mis à disposition des parties. En présence de [V] [Z], par visioconférence depuis le centre de rétention administrative de [Localité 2] assisté de Me Gwendoline PERES, avocat, Après avoir entendu en audience publique le 16 Juillet 2026 à 10 H 00 l'appelant assisté de son avocat et le représentant du préfet en leurs observations, Avons mis l'affaire en délibéré et ce jour, avons statué comme suit : M. [V] [Z] fait l'objet d'un arrêté du Préfet du Finistère portant obligation de quitter le territoire français en date du 8 juillet 2026 notifié le même jour à 11h20. M. [V] [Z] a fait aussi l'objet d'un arrêté du Préfet du Finistère en date du 8 juillet 2026 portant placement en rétention administrative, au centre de rétention administrative (CRA) de [Localité 3] pour une durée de 96 heures à compter de sa notification qui est intervenue le 8 juillet 2026 à 11h30. Par requête motivée en date du 11 juillet 2026, reçue le même jour à 16h43 au greffe du tribunal judiciaire de Rennes, le représentant du préfet du Finistère a saisi le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rennes d'une demande de prolongation pour une durée de 26 jours de la rétention administrative de M. [V] [Z]. Par ordonnance rendue le 13 juillet 2026 à 15h06, le magistrat du siège du Tribunal judiciaire de Rennes a rejeté les exceptions de nullité soulevées et ordonné la prolongation du maintien de M. [V] [Z] en rétention dans les locaux non pénitentiaires pour un délai maximum de 26 jours. Par déclaration reçue au greffe de la Cour d'Appel de Rennes le 15 juillet 2026 à 15 h 05, M. [V] [Z] a formé appel de cette ordonnance. Il fait valoir, au soutien de sa demande d'infirmation de la décision entreprise, que la requête du préfet est irrecevable dès lors qu'elle ne contient pas une copie actualisée du registre du CRA à défaut de mentionner la saisine du tribunal administratif de Rennes contre l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français et que la garde à vue est irrégulière du fait de l'audition de M. [Z] en l'absence de l'avocat alors qu'il avait sollicité la désignation d'un avocat commis d'office. Le procureur général, suivant avis écrit du 15 juillet 2026, sollicite la confirmation de la décision entreprise. Le conseil de [V] [Z] a développé, à l'audience, les moyens figurant à la déclaration d'appel pour solliciter l'infirmation de l'ordonnance du 13 juillet 2026. Il sollicite la condamnation de l'État à lui payer la somme de 800 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Le représentant du préfet fait valoir que sa requête est recevable, le registre mentionnant la saisine du tribunal administratif et que la procédure est régulière, M. [Z] ayant renoncé à être entendu en présence de son avocat. Comparant à l'audience, [V] [Z] indique qu'il vit en France depuis environ 10 ans avec sa famille à [Localité 4]. Il souhaite sortir au plus vite. Sur le moyen tiré de l'irrecevabilité de la requête en prolongation de la rétention administrative pour défaut de production d'un registre actualisé. Selon l'article R 743-2 du CESEDA, 'à peine d'irrecevabilité, la requête est motivée, datée et signée, selon le cas, par l'étranger ou son représentant ou par l'autorité administrative qui a ordonné le placement en rétention. Lorsque la requête est formée par l'autorité administrative, elle est accompagnée de toutes pièces justificatives utiles, notamment une copie du registre prévu à l'article L. 744-2. Lorsque la requête est formée par l'étranger ou son représentant, la décision attaquée est produite par l'administration. Il en est de même, sur la demande du juge des libertés et de la détention, de la copie du registre.' Exceptée la copie du registre, la Loi ne précise pas le contenu des pièces justificatives qui doivent comprendre les pièces nécessaires à l'appréciation par le Juge des Libertés et de la Détention des éléments de fait et de droit permettant d'apprécier la régularité de la procédure servant de fondement à la rétention. Il résulte des dispositions précitées que toute requête en prolongation de la rétention administrative d'un étranger doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée d'une copie actualisée du registre permettant un contrôle de l'effectivité de l'exercice des droits reconnus à l'étranger au cours de la mesure de rétention (Civ. 1ère, 15 décembre 2021, arrêt n° 791 FS-D, pourvoi n° T 20-50.034). En l'espèce, il ressort de l'examen de la procédure que la requête du Préfet est bien conformément à la loi accompagnée de la copie actualisée du registre du centre de rétention administrative de [Etablissement 1] de la Lande dans lequel M. [V] [K] a été placé le 8 juillet 2026 à 11h 30. Cette copie est bien actualisée en ce qu'elle vise l'identité revendiquée par l'intéressé, comporte les mentions utiles relatives aux droits de l'intéressé en rétention, comme exigé par l'article L.743-9 du CESEDA, ainsi que les décisions juridictionnelles rendues et la mention de la visite médicale d'admission en date du 8 juillet 2026 à 16h05. Ce registre indique clairement dans la case relative aux observations particulières, la mention : « réception recours TA 09/07 ». Il est noté que la signature du retenu est bien apposée dans les cases dédiées, de sorte que toutes les mentions essentielles permettant de s'assurer de l'effectivité des droits et recours susceptibles d'être exercés par l'intéressé figurent bien sur la copie du registre jointe à la requête du Préfet. Il ne saurait être fait grief à l'administration de ce que la copie du registre ne comporte pas la date du 1er passage devant le tribunal administratif de Rennes par l'intéressé suite à son recours à l'encontre de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français dès lors que cette date n'était pas encore fixée ainsi que l'a souligné le premier juge.

Dispositif

Laissons les dépens à la charge du trésor public. Fait à [Localité 3] le 16 juillet 2026 à 16 h 00. LE GREFFIER Par DELEGATION, Le Président Notification de la présente ordonnance a été faite ce jour à [V] [Z], à son avocat et au préfet Le Greffier, Cette ordonnance est susceptible d'un pourvoi en cassation dans les deux mois suivant la présente notification et dans les conditions fixées par les articles 973 et suivants du code de procédure civile. Communication de la présente ordonnance a été faite ce même jour au procureur général. Le Greffier

Questions fréquentes

La requête du préfet pour prolonger ma rétention est-elle valable si le registre du centre ne mentionne pas mon recours au tribunal administratif ?
Oui, la cour a jugé que l'absence de mention de la saisine du tribunal administratif sur le registre du centre de rétention n'affecte pas la recevabilité de la requête, dès lors que le registre est par ailleurs actualisé et que cette omission ne cause pas de grief.
Puis-je être entendu en garde à vue sans avocat alors que j'en avais demandé un ?
Oui, si vous renoncez expressément et sans équivoque à l'assistance d'un avocat. Dans cette affaire, M. [Z] avait demandé un avocat commis d'office mais a ensuite renoncé par écrit avant son audition, ce qui a été jugé régulier.
Quels sont les motifs pour contester une prolongation de rétention administrative ?
Les motifs peuvent inclure l'irrecevabilité de la requête du préfet (ex : pièces manquantes), l'irrégularité de la procédure antérieure (ex : garde à vue), ou l'absence de perspectives d'éloignement. Dans ce cas, les moyens soulevés (registre incomplet et absence d'avocat) ont été rejetés.
Comment prouver que ma renonciation à l'avocat n'était pas libre ?
Il faut démontrer que la renonciation a été obtenue sous contrainte ou sans information préalable. Le procès-verbal d'audition fait foi jusqu'à preuve contraire ; il est donc difficile de contester une renonciation écrite et signée.
Quelle est la durée maximale de la rétention administrative ?
La rétention administrative peut être prolongée jusqu'à 90 jours maximum, par périodes de 26 jours renouvelables. Dans cette affaire, une première prolongation de 26 jours a été ordonnée.
Le préfet doit-il fournir toutes les pièces justificatives dans sa demande de prolongation ?
Oui, la requête doit être accompagnée des pièces utiles, notamment le registre actualisé du centre de rétention. Toutefois, l'absence d'une mention spécifique (comme la saisine du tribunal administratif) n'entraîne pas l'irrecevabilité si le registre est complet par ailleurs.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.