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Cour d'appel, référés, 15 juillet 2026 — n° 26/00034

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'exécution provisoire d'un jugement ordonnant l'expulsion d'un locataire peut-elle être arrêtée en référé en raison de moyens sérieux de réformation et de conséquences manifestement excessives ?

Principe retenu

L'arrêt de l'exécution provisoire peut être ordonné par le premier président de la cour d'appel en référé si le demandeur justifie à la fois de moyens sérieux de réformation de la décision et de conséquences manifestement excessives. Les conditions sont cumulatives.

Faits clés

  • Monsieur [Q] est locataire d'un logement avec ses deux enfants mineurs de 5 et 9 ans.
  • Un jugement du 11 mai 2026 a ordonné son expulsion pour impayés de loyer.
  • La dette locative s'élève à 1095,45 euros au 6 juillet 2026.
  • Monsieur [Q] effectue des virements réguliers pour apurer sa dette.
  • Ses revenus mensuels sont de 2800 à 3500 euros.

Articles cités

article 514-3 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Par acte de commissaire de justice du 24 juin 2026, Monsieur [F] [Q] a fait assigner Madame [O] [Z], Monsieur [E] [I] et Madame [K] [B] devant le Premier Président de la Cour d'appel de Dijon, statuant en référé, à l'effet que soit arrêtée l'exécution provisoire attachée à un jugement rendu le 11 mai 2026 par le juge des contentieux de la protection du Tribunal judiciaire de Dijon, a minima en ce qu'il a ordonné son expulsion et celle de Madame [B] ainsi que de tous autres occupants d'un immeuble à usage locatif. Il sollicite aussi l'octroi d'une indemnité de procédure. Au soutien de sa demande principale fondée sur les dispositions de l'article 514-3 du Code de procédure civile, il fait notamment valoir qu'il existerait des moyens sérieux de réformation de la décision en cause caractérisés, au vu des paiements déjà effectués, par la possibilité d'obtenir de la juridiction du second degré des délais de paiement voire l'extinction des effets de la clause résolutoire. Il expose, par ailleurs, que la mise à exécution de cette décision serait susceptible d'entraîner des conséquences manifestement excessives en ce qu'elle conduirait à le priver de son appel et aurait surtout pour effet de le contraindre à devoir quitter son domicile alors qu'il a seul la charge de 02 enfants mineurs âgés de 05 et 09 ans. Madame [O] [Z] et Monsieur [E] [I] se sont opposés à cette demande en faisant notamment valoir que la partie adverse ne justifierait pas de la réalité de moyens sérieux de réformation de la décision rendue, la demande de délais étant possiblement irrecevable en appel et l'extinction des effets de la clause résolutoire supposant l'apurement complet de la dette locative fixée, au 06 juillet 2026, à la somme totale de 1095,45 euros. Ils contestent, par ailleurs, que soit rapportée la preuve de l'existence de conséquences manifestement excessives, les difficultés rencontrées n'étant que le résultat de la carence de Monsieur [Q] à assumer ses obligations alors qu'ils subissent eux-mêmes un préjudice découlant du défaut de paiement durable des sommes qui leur sont dues. Ils ont enfin formé une demande reconventionnelle en paiement d'une indemnité de procédure. Monsieur [Q] a, dans ses conclusions dernières en date, maintenu l'ensemble de ses demandes en se prévalant de l'apurement de son arriéré locatif. Autorisé par la juridiction, Il a enfin versé en cours de délibéré le justificatif d'un virement de 980 euros effectué la veille de l'audience et correspondant, selon lui, à l'échéance de juillet outre partie des frais d'assignation. Madame [B] n'a pas comparu à la barre. Les parties ont été avisées que l'affaire était mise en délibéré par voie de mise à disposition au 15 juillet 2026.

Motivations de la décision

MOTIFS En application des dispositions générales de l'article 514-3 du code de procédure civile, il appartient à Monsieur [Q], qui n'a pas comparu devant le premier juge de rapporter la preuve de l'existence de moyens sérieux de réformation de la décision critiquée ainsi que des conséquences manifestement excessives pouvant découler de sa mise à exécution. Il s'agit là de conditions cumulatives. En l'espèce, il apparaît que Monsieur [Q] ne s'est pas désintéressé de la situation et tente via des virements réguliers de diminuer voire d'apurer le montant de sa dette locative et des frais de procédure afin d'obtenir du juge d'appel, soit des délais de paiement, soit la suppression des effets de la clause résolutoire. Les ressources mensuelles dont il dispose, de l'ordre de 2800 à 3500 euros, semblent de nature à lui permettre de tenir son engagement d'apurement en vue de la prochaine instance d'appel. Il est par ailleurs constant et justifié qu'il a la charge de ses deux enfants mineurs et que la privation de leur logement actuel emporterait pour la cellule familiale des conséquences importantes et irréversibles, le bien mis à disposition ayant vocation soit à être reloué, soit à être repris pour l'usage personnel des bailleurs lesquels entendent poursuivre l'exécution de la décision ainsi qu'en atteste le commandement de quitter les lieux qui a été délivré le 12 juin 2026. En conséquence de quoi, il convient de prononcer l'arrêt de l'exécution provisoire. L'équité commande de ne pas faire application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile. Les dépens seront laissés à la charge de Monsieur [Q]. PAR CES MOTIFS Nous, premier président, statuant publiquement, par ordonnance réputée contradictoire, après en avoir délibéré, conformément à la loi et par mise à disposition, Ordonnons l'arrêt de l'exécution provisoire attachée au jugement rendu entre les parties le 11 mai 2026 par le juge des contentieux de la protection du Tribunal judiciaire de Dijon, Disons n'y avoir lieu à application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile,

Dispositif

Laissons à Monsieur [Q] la charge des dépens de la procédure de référé. Le Greffier Le Président Safia BENSOT Alain CHATEAUNEUF

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'arrêt de l'exécution provisoire ?
C'est une mesure d'urgence qui suspend l'exécution d'un jugement non définitif, comme une expulsion, en attendant l'appel.
Quelles sont les conditions pour obtenir l'arrêt de l'exécution provisoire ?
Il faut démontrer à la fois des moyens sérieux de réformation du jugement et des conséquences manifestement excessives en cas d'exécution.
En quoi consistent les conséquences manifestement excessives dans cette affaire ?
L'expulsion priverait le locataire et ses deux enfants mineurs de leur logement, avec des conséquences irréversibles car le bien serait reloué ou repris.
Quels moyens sérieux de réformation ont été retenus ?
Le locataire effectuait des virements réguliers pour apurer sa dette et disposait de revenus suffisants (2800-3500 euros) pour tenir son engagement d'apurement en appel.
Puis-je demander l'arrêt de l'exécution provisoire si j'ai des enfants ?
Oui, la présence d'enfants mineurs à charge est un élément important pour caractériser des conséquences manifestement excessives.
Que se passe-t-il après l'arrêt de l'exécution provisoire ?
L'affaire est examinée au fond par la cour d'appel, qui statuera sur le bien-fondé du jugement initial et pourra accorder des délais ou supprimer la clause résolutoire.
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