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Cour d'appel, section b, 9 juillet 2026 — n° 25/00039

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Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge peut-il ordonner la licitation d'un navire indivis et statuer sur la responsabilité des dégradations avant le dépôt du rapport d'expertise ordonné en référé ?

Principe retenu

Le juge ne peut ordonner la licitation d'un bien indivis ni se prononcer sur l'origine des dégradations tant que l'expertise ordonnée en référé n'est pas déposée, une seconde expertise faisant double emploi.

Faits clés

  • Navire Sea Horse, chalutier de 23 mètres, propriété indivise de M. [S] [W] (16 parts) et Mme [O] [W] (84 parts)
  • Ordonnance de référé du 12 décembre 2016 désignant M. [S] [W] comme séquestre du navire
  • Expertise du navire ordonnée en référé, toujours en cours
  • Demande de licitation du navire et de condamnation de Mme [O] [W] pour dégradations
  • Mme [O] [W] n'a pas comparu en première instance ni en appel

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Le navire Sea Horse est un chalutier de 23 mètres immatriculé sous le numéro [Immatriculation 1] et rattaché au Port de [Localité 1]. Ce navire était la propriété de la société civile Matariva. Le capital de cette société était divisé en 100 parts réparti comme suit : M. [Q] [W] 68 parts, M. [S] [W] 16 parts, Mme [O] [W] 16 parts ; La dissolution de cette société a été décidée aux termes de l'assemblée générale du 8 septembre 2008 et M. [S] [W] a été désigné en qualité de liquidateur. L'assemblée générale extraordinaire du 12 juillet 2009 a : - constaté la cessation totale suite à la dissolution, - donné quitus de sa gestion au liquidateur, - constaté que les opérations de sa gestion de liquidation étaient achevées. A la suite des opérations de liquidation les associés sont devenus propriétaires indivis du navire Sea Horse à savoir M. [S] [W], M. [Q] [W], Mme [O] [W]. Par ordonnance de référé du 12 décembre 2016, M. [S] [W] a été désigné en qualité de séquestre du navire. M. [Y] [W] est décédé et légué ses parts sur le navire Sea Horse à sa fille [O] [W] qui détient désormais 84 parts. Par requête enregistrée au greffe le 30 septembre 2024 et par acte d'huissier de justice en date du 25 septembre 2024, M. [S] [W] a saisi le tribunal civil de première instance de Papeete sollicitant de : - prononcer la sortie de l'indivision et la vente du navire Sea Horse, - ordonner la vente aux enchères publiques du navire Sea Horse, - dire Mme [O] [W] responsable à titre personnel de ne pas avoir fait le nécessaire pour déplacer le navire, - condamner Mme [O] [W] à relever indemne l'indivision de toute condamnation et de toutes charges du navire Sea Horse, - dire que Mme [O] [W] est seule responsable du dépérissement et de la dégradation du navire, - désigner tel expert pour chiffrer le montant des réparations et de la remise en état du navire et ce , préalablement à la vente du navire, - condamner Mme [O] [W] à payer à M. [S] [W] la somme de 10 000 000 F CFP à titre de dommages et intérêts, - condamner Mme [O] [W] à payer à M. [S] [W] la somme de 598 500 F CFP au titre de ses frais irrépétibles. Par jugement du 12 décembre 2024, le tribunal civil de première instance de Papeete a débouté M. [S] [W] de l'ensemble de ses demandes. Par requête du 7 février 2025, M. [S] [W] a relevé appel du jugement. MOYENS ET PRETENTIONS DES PARTIES Par conclusions régulièrement notifiées le 7 février 2025,M. [S] [W] demande à cette cour de : -infirmer le jugement du 12 décembre 2024 en toutes ses dispositions et statuant à nouveau ; - ordonner la licitation du navire Sea Horse, - ordonner la vente aux enchères du navire Sea Horse, -désigner un expert aux fins d'évaluation préalable du navire; - condamner Mme [O] [W] à lui payer la somme de 10 000 000 F CFP à titre de dommages et intérêts; - condamner Mme [O] [W] à lui payer la somme de 598 500 F CFP au titre de ses frais irrépétibles. Il fait valoir en substance que M. [Q] [W] à légué ses parts sur le navire Sea Horse à Mme [O] [W] ; qu'en tant qu'indivisaire majoritaire, Mme [O] [W] avait la responsabilité de s'assurer de la conservation du navire, qu'il est établi que celui ci a connu une dégradation continue en raison de son inaction, que détenant que 16 parts du navire, il n'avait pas la possibilité d'engager les démarches nécessaires à la conservation du navire, que Mme [O] [W] a tenté de s'en débarrasser par une vente illégale. Mme [O] [W] régulièrement assignée n'a pas comparu ni personne pour elle. Pour un plus ample exposé des faits, de la procédure et des prétentions respectives des parties, la cour se réfère aux conclusions régulièrement notifiées par l'appelant. L'ordonnance de clôture est intervenue le 22 janvier 2026.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION Lorsque le défendeur ne comparaît pas, le juge ne fait droit à la requête que s'il l'estime régulière recevable et bien fondée. En l'espèce, le bateau a été placé sous séquestre de M. [S] [W] par ordonnance de référé du 12 septembre 2016 et une expertise du bateau a été ordonnée. Elle est toujours en cours. Une seconde expertise ferait ainsi double emploi et le juge ne peut ordonner ni la licitation du navire ni se prononcer sur l'origine des dégradations affectant le navire avant le rendu de cette expertise. En conséquence, en l'état les demandes doivent être rejetées et le jugement confirmé. Sur les dépens L'appelant qui succombe doit être condamné aux dépens.

Dispositif

PAR CES MOTIFS. La cour, statuant publiquement, contradictoirement et en dernier ressort ; Confirme le jugement du tribunal civil de première instance de Papeete en date du 12 décembre 2024 en toutes ses dispositions ; Y ajoutant, Condamne M. [S] [W] aux dépens d'appel. Prononcé à Papeete, le 09 juillet 2026. La greffière, La présidente, signé : M. Oputu-Teraimateata signé : I. Martinez

Questions fréquentes

Puis-je demander la vente d'un bien indivis si une expertise est en cours ?
Non, le juge ne peut ordonner la licitation tant que l'expertise ordonnée en référé n'est pas déposée. Une seconde expertise ferait double emploi.
Que se passe-t-il si un indivisaire ne s'occupe pas du bien ?
L'indivisaire qui laisse le bien se dégrader peut être tenu responsable, mais le juge ne peut statuer sur cette responsabilité avant le dépôt du rapport d'expertise.
Qu'est-ce qu'une action en licitation ?
C'est une action en justice visant à provoquer la vente aux enchères d'un bien indivis pour sortir de l'indivision. Elle ne peut être ordonnée si une expertise est en cours.
Comment sortir d'une indivision sur un navire ?
Il faut saisir le tribunal pour demander la licitation, mais le tribunal attendra le résultat de l'expertise pour connaître l'état du navire avant d'ordonner la vente.
Puis-je être indemnisé pour les dégradations causées par un autre indivisaire ?
Oui, si vous prouvez la faute de l'autre indivisaire, mais le juge doit d'abord déterminer l'origine des dégradations grâce à l'expertise.
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