Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Responsabilité civile et dommages-intérêts

Cour d'appel, section b, 9 juillet 2026 — n° 25/00113

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

Les intimés sont-ils responsables de la destruction d'une maison d'habitation et du maintien d'une ligne électrique sur la propriété de l'appelant ?

Principe retenu

La responsabilité civile délictuelle nécessite la preuve d'une faute, d'un préjudice et d'un lien de causalité. En l'espèce, l'appelant n'a pas apporté la preuve que les intimés sont à l'origine de la destruction de la maison ou du maintien de la ligne électrique.

Faits clés

  • Les époux [J] ont acquis deux parcelles en 2004, dont une avec une maison d'habitation.
  • M. [P] [W] exploitait une activité de garagiste sur la parcelle avec l'autorisation de son père puis des époux [J].
  • La maison d'habitation a été détruite, mais les attestations produites par M. [J] ont été contredites.
  • Mme [H] [W] a fait les démarches nécessaires auprès d'EDT pour la ligne électrique, mais les travaux ont été bloqués par l'inertie de M. [J].
  • M. [J] n'a pas démontré de préjudice résultant de la ligne électrique.

Articles cités

article 407 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Les époux [J] ont acquis le 8 octobre 2004 de M. [S] [W] deux parcelles de terre dépendant de la parcelle A du lot 15 du domaine de [Localité 4] cadastrée M n° [Cadastre 1] et M. N° [Cadastre 2]. Sur la parcelle M. N° [Cadastre 2] se trouvait édifiée la maison d'habitation de M. [S] [W] décédé en 2011. De son vivant, il avait autorisé son fils [P] [W] à y exploiter une activité de garagiste, notamment de réparation de véhicules automobiles. Après le décès de M. [S] [W], les époux [J] ont accepté que [P] [W] poursuive son activité de garagiste. Par la suite, ils ont demandé à [P] [W] de libérer les lieux. Considérant que [P] [W] avait commis des dégradation notamment sur la maison d'habitation, M. [J] a saisi le tribunal foncier lequel par jugement du 15 décembre 2022 l'a débouté de l'intégralité de ses demandes. Par requête enregistrée le 5 juin 2023 et assignation en date du 26 mai 2023, M. [D] [J] a fait assigner M. [P] [M] et Mme [H] [W] devant le tribunal civil de première instance de Papeete afin d'obtenir leur condamnation à lui payer la somme de 500 000 F CFP à titre de dommages et intérêts en réparation du préjudice subi par la destruction de la maison d'habitation et que soit ordonnée sous astreinte de 50 000 F CFP par jour de retard l'enlèvement de la ligne électrique servant à alimenter le compteur électrique de Mme [H] [W] et que soit ordonnée sous la même astreinte la dépose du compteur électrique de Mme [W]. Par jugement du 21 février 2025, le tribunal civil de première instance de Papeete a débouté M. [J] de l'intégralité de ses demandes et l'a condamné à payer la somme de 50 000 F CFP à M. [P] [W] et celle de 120 000 F CFP à Mme [H] [W] au titre de leur frais irrépétibles. Par requête du 5 mai 2025, M. [J] interjetait appel de la décision. MOYENS ET PRETENTIONS DES PARTIES Par conclusions du 4 août 2025, l'appelant demandent d'infirmer le jugement en toutes ses dispositions et statuant à nouveau de : - dire que Mme [H] [W] est responsable des dommages subis par la maison d'habitation édifiée sur la parcelle dite lot F du domaine de [Localité 4] cadastrée M. [Cadastre 2] appartenant aux époux [J], - condamner Mme [H] [W] à lui payer la somme de 500 000 F CFP à titre de dommages et intérêts pour le préjudice subi, - ordonner l'enlèvement de la ligne électrique souterraine posée sur la parcelle M. [Cadastre 2] et servant à alimenter le compteur électrique de la maison d'habitation de Mme [H] [W] édifiée sur la parcelle M. [Cadastre 3] sous astreinte de 50 000 F CFP par jour de retard un mois après la signification de l'arrêt à intervenir, - ordonner la pose du compteur électrique de Mme [H] [W] en direction de sa maison d'habitation sous astreinte de 50 000 F CFP par jour de retard un mois après la signification de l'arrêt à intervenir, - condamner Mme [H] [W] à lui payer la somme de 300 000 F CFP au titre de ses frais de procédure. Il fait valoir en substance que Mme [H] [W] est à l'origine de la destruction de sa maison d'habitation et qu'elle a fait installer une ligne électrique et un compteur sur sa parcelle sans son autorisation. Il produit deux attestations, la première de M. [F] [W] et la seconde de M. [I] [W] et un constat d'huissier. Par conclusions régulièrement notifiées le 12 septembre 2025, M. [P] [W] et Mme [H] [W] sollicitent la confirmation du jugement et y ajoutant la condamnation de l'appelant à payer à Mme [H] [W] et à M. [P] [W] la somme de 500 000 F CFP chacun pour procédure abusive outre les sommes de 200 000 F CFP chacun au titre de leurs frais irrépétibles. Ils soutiennent essentiellement qu'ils n'ont jamais dégradé le bien immobilier mais ont simplement fait enlever les épaves de voiture qui étaient encore sur la propriété. Ils affirment que n'importe qui aurait pu dégrader cette maison si elle ne s'est pas détériorée par le seul effet du temps s'agissant d'une simple masure.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION Sur la destruction de la maison d'habitation En application de l'article 1382 du code civil dans sa version applicable en Polynésie française, tout fait quelconque de l'homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. Celui qui réclame l'application de ce texte doit prouver l'existence d'une faute imputable à l'autre partie, d'un préjudice subi et d'un lien de causalité entre les deux. Il est établi que M. [Z] [V] est le dernier occupant de la maison à usage d'habitation qui s'apparentait plus à une cabane qu'à une véritable maison à usage d'habitation construite en dur. Il est également établi que cette maison a été détruite en mars 2023. Or M. [P] [W] démontre qu'il réside à [Localité 5] depuis 2012 et Mme [H] [W] possède sa propre habitation. Par ailleurs, les deux attestations versées aux débats par M. [J] sont contredites par des attestations ultérieures des intéressés qui indiquent avoir signé en blanc ce que leur demandait M. [J] et qu'ils n'ont jamais été témoins du démontage de la cabane par Mme [H] [W] Par conséquent aucun des éléments versés aux débats ne permet d'affirmer que Mme [H] [M] ou M. [P] [M] sont à l'origine de la destruction de la maison à usage d'habitation érigée sur la parcelle M. [Cadastre 2] Le jugement doit être confirmé de ce chef. Sur la ligne électrique Mme [H] [W] démontre avoir fait le nécessaire auprès d'EDT dès le 17 avril 2023. Seule l'inertie opposée par M. [J] a empêché les travaux de se réaliser. Ce dernier ne démontre d'ailleurs pas le préjudice qu'il subit. Le jugement doit également être confirmé sur ce point. Sur les dommages et intérêts pour procédure abusive L'action de M. [J] qui n'a agi ni par malice ni de mauvaise foi n'a pas dégénéré en abus susceptible de donner lieu à des dommages et intérêts Cette demande doit être rejetée. Sur les dépens et l'article 407 du code de procédure civile L' appelant qui succombe doit être condamné aux dépens. L'équité commande d'allouer aux intimés la somme de 200 000 F CFP chacun en application de l'article 407 du code de procédure civile.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, La cour, statuant publiquement, contradictoirement et en dernier ressort ; Confirme le jugement du tribunal civil de première instance de Papeete en date du 21 février 2025 en toutes ses dispositions ; Y ajoutant ; Condamne. M. [D] [B] [G] [J] à payer à Mme [H] [E] [W] la somme de 200 000 F CFP application de l'article 407 du code de procédure civile ; Condamne. M. [D] [B] [G] [J] à payer à M. [P] [W] la somme de 200 000 F CFP application de l'article 407 du code de procédure civile ; Rejette toutes demandes plus amples ou contraires ; Condamne M. [D] [B] [G] [J] aux dépens d'appel. Prononcé à [Localité 3], le 09 juillet 2026. La greffière, La présidente, signé : M. Oputu-Teraimateata signé : I. Martinez

Questions fréquentes

Quels sont les éléments nécessaires pour engager la responsabilité civile de quelqu'un ?
Il faut prouver une faute, un préjudice et un lien de causalité direct entre les deux. En l'espèce, M. [J] n'a pas prouvé que les intimés étaient à l'origine de la destruction de la maison.
Comment prouver que mon voisin a détruit ma maison ?
Il faut apporter des preuves solides, comme des témoignages fiables ou des constats d'huissier. Dans cette affaire, les attestations produites ont été contredites par les témoins eux-mêmes, ce qui a affaibli la preuve.
Que faire si une ligne électrique traverse ma propriété sans mon accord ?
Vous pouvez demander son enlèvement, mais vous devez démontrer un préjudice. Ici, Mme [W] avait fait les démarches nécessaires, mais les travaux ont été bloqués par l'inertie de M. [J].
Qu'est-ce qu'une procédure abusive ?
C'est une action en justice intentée de mauvaise foi ou avec malice. Dans cette affaire, la cour a estimé que M. [J] n'avait pas agi de mauvaise foi, donc sa procédure n'était pas abusive.
Puis-je obtenir des dommages et intérêts si ma maison a été détruite sans preuve ?
Non, car la charge de la preuve vous incombe. Sans preuve de la faute et du lien de causalité, la demande sera rejetée, comme cela a été le cas pour M. [J].
Qu'est-ce que l'article 407 du code de procédure civile ?
Cet article permet au juge de condamner la partie perdante à payer à l'autre une somme au titre des frais irrépétibles. En l'espèce, M. [J] a été condamné à payer 200 000 F CFP à chaque intimé.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.