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Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 13 juillet 2026 — n° 26/03936

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'assignation à résidence d'un étranger en rétention est-elle possible en l'absence de remise d'un passeport en cours de validité ?

Principe retenu

L'assignation à résidence ne peut être ordonnée que si l'étranger dispose de garanties de représentation effectives, ce qui implique la remise d'un passeport en cours de validité aux autorités de police. En l'absence de cette remise, la rétention demeure l'unique moyen de garantir la représentation de l'étranger en vue de son éloignement.

Faits clés

  • M. [O] [D], de nationalité algérienne, a été placé en rétention administrative le 6 juillet 2026
  • L'intéressé n'a pas remis son passeport en cours de validité
  • Il a fait l'objet de plusieurs mises en cause pour des faits graves, dont des faits d'exhibition sexuelle
  • Il a manifesté son souhait de ne pas quitter le territoire
  • Le juge de première instance avait ordonné une assignation à résidence, estimant que l'intéressé disposait de garanties de représentation

Articles cités

article L. 743-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE M. [O] [D], né le 15 mai 2004, de nationalité algérienne, a été placé en rétention administrative par arrêté du 6 juillet 2026, sur le fondement d'une obligation de quitter le territoire français notifiée ce même jour à l'intéressé. Par ordonnance du 10 juillet 2026, le magistrat du siège chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de liberté de [Localité 2] a ordonné l'assignation à résidence de M. [O] [D] au motif que l'intéressé dispose de garanties de représentation effectives. Le Procureur de la République a interjeté appel de cette décision avec demande d'effet suspensif le 8 juillet 2026 en sollicitant l'infirmation de l'ordonnance, aux motifs suivants : Absence de garanties de représentation effectives : Absence pour l'intéressé d'un passeport en cours de validité ; Soustraction de l'intéressé à plusieurs précédentes mesures d'éloignement ; L'administration effectue les diligences nécessaires visant à l'éloignement de l'intéressé ; La présence de l'intéressé constitue une réelle menace à l'ordre public, en ce que ce dernier a fait l'objet de plusieurs mises en cause pour des faits graves depuis son arrivée irrégulière sur le territoire.

Motivations de la décision

MOTIVATION 1. Sur l'assignation à résidence Il résulte des dispositions de l'article L. 743-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le juge chargé du contrôle de la rétention peut toujours ordonner l'assignation à résidence de l'étranger lorsque celui-ci dispose de garanties de représentation, après remise aux autorités de police d'un passeport en cours de validité. Le préfet soutient que les garanties de représentation ne sont pas établies. Or l'intéressé n'a pas remis son passeport en cours de validité, ce qui fait obstacle à toute assignation à résidence par le juge. Au stade de la troisième prolongation, le préfet relève que l'intéressé ne présente pas de garantie de représentation, qu'il a manifesté son souhait de ne pas quitter le territoire et a commis des faits d'exhibition sexuelle Dans le contexte précité, la rétention demeure l'unique moyen de s'assurer de la représentation de l'intéressé en vue de son retour, et les conditions de la prolongation, telles que prévues à l'article L. 742-4 sont remplie. Dans ces circonstances, en l'absence de toute illégalité susceptible d'affecter les conditions, découlant du droit de l'Union, de légalité de la rétention, et à défaut d'autres moyens présentés en appel, il y a lieu d'infirmer l'ordonnance critiquée et d'ordonner la prolongation de la mesure pour une durée de 26 jours. PAR CES MOTIFS INFIRMONS l'ordonnance critiquée Statuant à nouveau, ORDONNONS la prolongation de la rétention pour une durée de 26 jours à l'égard de M. [O] [D]

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 2] le 13 juillet 2026 à LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS: Pour information: L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Le prefet ou son representant

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour être assigné à résidence ?
L'assignation à résidence est possible si l'étranger dispose de garanties de représentation effectives, notamment la remise d'un passeport en cours de validité aux autorités de police. Dans cette affaire, l'absence de remise du passeport a conduit à la prolongation de la rétention.
Que se passe-t-il si je ne remets pas mon passeport ?
Si vous ne remettez pas un passeport en cours de validité, le juge ne peut pas ordonner une assignation à résidence. La rétention peut alors être prolongée, comme dans cette affaire où la rétention a été prolongée de 26 jours.
Qu'est-ce que la troisième prolongation de rétention ?
La troisième prolongation de rétention est une mesure permettant de maintenir un étranger en rétention au-delà des premières périodes, sous certaines conditions. Dans cette affaire, elle a été ordonnée car l'intéressé ne présentait pas de garanties de représentation et représentait une menace pour l'ordre public.
Le préfet peut-il faire appel d'une assignation à résidence ?
Oui, le préfet peut interjeter appel d'une ordonnance d'assignation à résidence. Dans cette affaire, le préfet a fait appel et la cour a infirmé l'ordonnance, ordonnant la prolongation de la rétention.
Quels sont les recours contre une décision de prolongation de rétention ?
L'ordonnance de prolongation de rétention n'est pas susceptible d'opposition, mais un pourvoi en cassation est possible dans un délai de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi doit être formé par déclaration écrite remise au secrétariat-greffe de la Cour de cassation par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
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