Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Détention provisoire

Cour d'appel, réparation détention, 21 juillet 2026 — n° 25/00023

Irrecevabilite

Synthèse de la décision

Question juridique

La requête en réparation d'une détention provisoire est-elle recevable au fond lorsque la personne a été condamnée pour des faits contraventionnels après requalification, alors que la détention avait été ordonnée pour des faits délictuels ?

Principe retenu

L'article 149 du code de procédure pénale prévoit la réparation des préjudices causés par une détention provisoire lorsque la personne est définitivement relaxée, déclarée innocente ou lorsque les charges sont entièrement et définitivement écartées. En cas de condamnation pour des faits contraventionnels après requalification, la détention provisoire n'ouvre pas droit à réparation, car les charges n'ont pas été écartées.

Faits clés

  • Détention provisoire du 17 janvier au 4 mars 2025
  • Poursuites initiales pour violences en réunion suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours en récidive (délit)
  • Condamnation en appel pour violences contraventionnelles (incapacité inférieure ou égale à 8 jours)
  • Requête en réparation déposée le 11 décembre 2025
  • Demande d'indemnisation de 7500 euros pour préjudice moral et 20 000 euros pour préjudice économique

Articles cités

article 149 du code de procédure pénale article 149-2 du code de procédure pénale article R.26 du code de procédure pénale article R.37 du code de procédure pénale article 700 du code de procédure civile

Exposé du litige

N° RG 25/00023 - N° Portalis DBVM-V-B7J-M3FL C1 AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE GRENOBLE DÉCISION DU 21 JUILLET 2026 ENTRE : DEMANDEUR suivant requête du 11 Décembre 2025 M. [U] [S] né le [Date naissance 1] à [Localité 1] (26) [Adresse 1] [Adresse 2] [Localité 2] représenté par Me Romaric CHATEAU, avocat au barreau de VALENCE substitué par Me Florent GIRAULT, avocat au barreau de GRENOBLE ET : DEFENDEUR M. L'AGENT JUDICIAIRE DE L'ETAT [Adresse 3] [Adresse 4] [Localité 3] représenté par la SELARL LEXAVOUE GRENOBLE-CHAMBERY, avocats au barreau de GRENOBLE substituée par Me Mathilde PROVOST, avocat au barreau de GRENOBLE EN PRÉSENCE DU MINISTÈRE PUBLIC pris en la personne de Mme AUGUSTE, substitute générale DÉBATS : A l'audience publique du 09 Juin 2026, Nous, Karine GUILLOUX, conseillère déléguée par la première présidence de la cour d'appel de Grenoble par ordonnance du 8 décembre 2025, assistée de Valérie RENOUF, greffier, les formalités prévues par l'article R 37 du code de procédure pénale ayant été respectées, Avons mis l'affaire en délibéré et renvoyé le prononcé de la décision à l'audience de ce jour, ce dont les parties présentes ou représentées ont été avisées. RG 25/23 2 [U] [S], né le [Date naissance 2] 2000 à [Localité 1], a été déféré le 17 janvier 2025 devant le procureur de la République de [Localité 1] dans le cadre d'une procédure de comparution immédiate portant sur des faits de violence en réunion suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours en récidive. A cette date, il a été placé en détention provisoire par jugement du tribunal correctionnel de Valence, ayant sollicité un délai pour préparer sa défense. Par jugement du 14 février 2025, le tribunal correctionnel l'a déclaré coupable de ces faits et l'a condamné à la peine de 2 ans d'emprisonnement dont un an assorti du sursis probatoire pendant deux ans, avec maintien en détention. [U] [S] a interjeté appel du jugement. Par arrêt du 4 mars 2025, la Cour d'appel de Grenoble, statuant sur sa demande de mise en liberté, l'a placé sous contrôle judiciaire. Par arrêt du 17 juin 2025, la Cour d'appel a infirmé le jugement et a requalifié les faits en violence suivie d'incapacité inférieure ou égale à 8 jours. [U] [S] a été condamné à une amende contraventionnelle de 1000 euros.

Motivations de la décision

SUR CE, Il résulte des articles 149 à 150 du code de procédure pénale qu'une indemnité est accordée, à sa demande, à la personne ayant fait l'objet d'une détention provisoire, au cours d'une procédure terminée à son égard, par une décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenue définitive. Cette indemnité est allouée en vue de réparer intégralement le préjudice personnel, matériel et moral, directement causé par la privation de liberté. Par ces textes, le législateur a instauré le droit pour toute personne d'obtenir de l'État la réparation du préjudice subi à raison d'une détention provisoire fondée sur des charges entièrement et définitivement écartées. RG 25/23 3 Sur la recevabilité de la requête': . en la forme': Au vu du certificat de non pourvoi produit par [U] [S], la requête en réparation répond aux conditions de délai et de formes prescrites par les articles 149-2 et R.26 du code de procédure pénale. Elle est donc recevable en la forme. . au fond': [U] [S] a été détenu provisoirement du 17 janvier au 4 mars 2025. Poursuivi pour des violences délictuelles, il a finalement été condamné suite à une disqualification des faits opérée par la Cour d'appel, pour des violences contraventionnelles pour laquelle aucune incarcération n'est encourue. L'article 149 du code de procédure pénale ne prévoit cependant pas la réparation des préjudices dans cette hypothèse. Sa requête est déclarée irrecevable au fond et il est en conséquence débouté de l'intégralité de ses demandes d'indemnisation. Sur l'article 700 du code de procédure civile et les dépens': Au vu de l'irrecevabilité de sa requête, [U] [S] est débouté de sa demande. Dans un souci d'équité, l'agent judiciaire de l'État est également débouté de sa demande. Les dépens sont laissés à la charge du Trésor public. PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, par mise à disposition au greffe, contradictoirement et en premier ressort, Déclarons recevable en la forme la requête de [U] [S]'; Déclarons irrecevable au fond la requête de [U] [S]'; Déboutons [U] [S] de ses demandes'; Déboutons l'agent judiciaire de l'État de sa demande formée au titre de l'article 700 du code de procédure civile';

Dispositif

Laissons les dépens à la charge du Trésor public. Prononcé par mise à disposition au greffe de la Cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile. Le greffier Le conseiller délégué

Questions fréquentes

Puis-je être indemnisé pour une détention provisoire si j'ai été condamné à une amende ?
Non, selon l'article 149 du code de procédure pénale, la réparation n'est due que si la personne est relaxée, déclarée innocente ou si les charges sont entièrement écartées. En cas de condamnation, même à une amende, la détention provisoire n'ouvre pas droit à réparation.
Quelles sont les conditions pour obtenir réparation d'une détention provisoire ?
Il faut que la détention provisoire ait été ordonnée et que la personne soit ensuite définitivement relaxée, déclarée innocente ou que les charges soient entièrement et définitivement écartées. De plus, la requête doit être déposée dans les délais et formes prévus par les articles 149-2 et R.26 du code de procédure pénale.
Que se passe-t-il si les faits sont requalifiés en contravention ?
Si les faits sont requalifiés en contravention, la détention provisoire n'est plus justifiée, mais la condamnation pour contravention empêche la réparation, car les charges ne sont pas écartées. La requête est alors déclarée irrecevable au fond.
Comment demander réparation pour une détention provisoire injustifiée ?
Vous devez déposer une requête devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel dans un délai de six mois à compter de la décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenue définitive. La requête doit être motivée et accompagnée des pièces justificatives.
Quels préjudices peuvent être indemnisés suite à une détention provisoire ?
En principe, le préjudice moral, le préjudice économique (perte de revenus, etc.) et les frais exposés pour la défense peuvent être indemnisés. Cependant, ces indemnités ne sont accordées que si la requête est recevable au fond, ce qui n'est pas le cas en cas de condamnation.
L'État est-il responsable si la détention provisoire est suivie d'une condamnation pour contravention ?
Non, l'État n'est pas responsable dans ce cas. La réparation n'est due que si la détention est injustifiée, c'est-à-dire si la personne est finalement relaxée ou si les charges sont écartées. Une condamnation, même pour contravention, exclut toute indemnisation.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.