Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Garde des enfants

Cour d'appel, etrangers, 22 juillet 2026 — n° 26/01097

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge judiciaire peut-il ordonner une assignation à résidence en lieu et place de la prolongation de la rétention administrative lorsque l'étranger fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ?

Principe retenu

L'assignation à résidence judiciaire prévue à l'article L.743-13 du CESEDA est une mesure alternative à la rétention administrative. Le juge peut l'ordonner si l'étranger présente des garanties de représentation effectives propres à prévenir le risque de fuite. En l'espèce, l'appelant ne justifie pas de telles garanties, notamment en raison de l'absence de documents d'identité et de l'absence de résidence stable.

Faits clés

  • M. [N] [A], ressortissant algérien, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français avec interdiction de retour d'un an
  • Placement en rétention administrative le 17 juillet 2026 par le préfet du Nord
  • Première prolongation de la rétention ordonnée le 20 juillet 2026 pour 26 jours
  • Appel interjeté le 21 juillet 2026 demandant la main-levée et une assignation à résidence
  • L'appelant ne présente pas de garanties de représentation suffisantes

Articles cités

article L.743-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 455 du code de procédure civile article 612 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE A sa sortie du centre pénitentiaire de [Localité 4], M. [N] [A] a fait l'objet d'un placement en rétention administrative ordonné par M. le préfet du Nord le 17 juillet 2026 notifié à 05h19 pour l'exécution d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours assortie d'une interdiction de retour d'une durée d'un an prononcée par M. le préfet du Pas-de-[Localité 5] le 4 avril 2025 et notifiée par voie postale le 10 avril 2025. Aucun recours en annulation de l'arrêté de placement en rétention administrative n'a été déposé au visa de l'article L 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Vu l'article 455 du code de procédure civile, Vu l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Lille en date du 20 juillet 2026 à 16h09, déclarant recevable la requête en prolongation, régulier le placement en rétention, rejetant la demande d'assignation à résidence et ordonnant une première prolongation du placement en rétention administrative de M. [N] [A] pour une durée de 26 jours à compter du 21 juillet 2026 à 05h19. Vu la déclaration d'appel de M. [N] [A] du 21 juillet 2026 à 12h59 sollicitant l'infirmation de l'ordonnance dont appel ainsi que la mainlevée du placement en rétention administrative. Au soutien de sa déclaration d'appel, l'appelant sollicite une assignation à résidence judiciaire. Le conseil représentant M le Préfet du Nord demande oralement le rejet du moyen et la confirmation de l' ordonnance.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION Sur l'assignation à résidence judiciaire L'article L.743-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : "Le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut ordonner l'assignation à résidence de l'étranger lorsque celui-ci dispose de garanties de représentation effectives. L'assignation à résidence ne peut être ordonnée par le juge qu'après remise à un service de police ou à une unité de gendarmerie de l'original du passeport et de tout document justificatif de son identité, en échange d'un récépissé valant justification de l'identité et sur lequel est portée la mention de la décision d'éloignement en instance d'exécution. Lorsque l'étranger s'est préalablement soustrait à l'exécution d'une décision mentionnée à l'article L. 700-1, à l'exception de son 4°, l'assignation à résidence fait l'objet d'une motivation spéciale." Le fait de justifier disposer "d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale" conforme à l'article L.612-3,8° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile peut néanmoins, au cas d'espèce, légitimement être considéré par l'autorité judiciaire comme insuffisant pour accorder à l'étranger une assignation à résidence sur le fondement de l'article [Etablissement 1]-13 précité, dès lors que d'autres éléments de fait permettent raisonnablement de considérer que l'étranger n'entend pas se conformer à l'obligation de quitter le territoire français et qu'en conséquence la mesure d'assignation à résidence ne serait pas suffisamment coercitive pour assurer la bonne exécution de l'éloignement. C'est par une analyse circonstanciée et des motifs pertinents qui seront adoptés que le premier juge a refusé de faire droit à la demande d'assignation à résidence judiciaire après avoir observé que M. [N] [A] n'avait pas respecté la précédente assignation à résidence prononcée par M. le préfet du Pas-de-[Localité 5] le 11 juin 2025 et que l'attestation d'hébergement produite sur la commune de [Localité 6] ne constituait pas une garantie de représentation suffisante pour permettre l'exécution de la mesure d'éloignement, y ajoutant que l'intéressé n'a pas remis de passeport en cours de validité aux autorités compétentes, son passeport algérien étant périmé , a fait obstruction à la mesure d'éloignement en refusant d'embarquer sur le vol prévu le 17 juillet 2026 à 08h00 à destination d'[Localité 7] et a indiqué qu'il ne souhaitait pas retourner en Algérie auprès de sa conseillère pénitentiaire d'insertion et de probation, alors même que l'objectif de l'assignation à résidence est de permettre à l'intéressé d'organiser son retour vers son pays d'origine par ses propres moyens et sans coercition. Il n'est donc pas éligible à la mesure d'assignation à résidence en application de l'article [Etablissement 1]-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen doit être rejeté. Conformément au droit communautaire, aucun moyen soulevé par les parties ou susceptible d'être relevé d'office ne paraît contraire à la prolongation de la rétention administrative. L'ordonnance dont appel sera confirmée. PAR CES MOTIFS, DÉCLARONS l'appel recevable ; CONFIRMONS l'ordonnance entreprise. DISONS que la présente ordonnance sera communiquée au ministère public par les soins du greffe ; DISONS que la présente ordonnance sera notifiée dans les meilleurs délais à l'appelant, à son conseil et à l'autorité administrative ;

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat. La greffière La présidente de chambre N° RG 26/01097 - N° Portalis DBVT-V-B7K-W32C A l'attention du centre de rétention, le mercredi 22 juillet 2026 Bien vouloir procéder à la notification de l'ordonnance en sollicitant, en tant que de besoin,un interprète. Le greffier REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE [Immatriculation 1] Juillet 2026 ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS (à retourner signé par l'intéressé au greffe de la cour d'appel de Douai par courriel - [Courriel 1]) : Vu les articles 612 et suivants du Code de procédure civile et R. 743-20 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Reçu copie et pris connaissance le à (heure) : - M. [N] [A] - par truchement téléphonique d'un interprète en tant que de besoin - nom de l'interprète (à renseigner) : - décision transmise par courriel au centre de rétention de pour notification à M. [N] [A] le mercredi 22 juillet 2026 - décision transmise par courriel pour notification à M. [Y] et à Maître Magali BONDUELLE le mercredi 22 juillet 2026 - décision communiquée au tribunal administratif de Lille - décision communiquée à M. le procureur général - copie au tribunal judiciaire Le greffier, le mercredi 22 juillet 2026 '

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour obtenir une assignation à résidence pendant une rétention administrative ?
Selon l'article L.743-13 du CESEDA, le juge peut ordonner l'assignation à résidence si l'étranger présente des garanties de représentation effectives propres à prévenir le risque de fuite. Dans cette affaire, l'appelant n'a pas fourni de documents d'identité valables ni de résidence stable, ce qui a conduit au rejet de sa demande.
Comment contester une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'étranger peut interjeter appel de l'ordonnance de prolongation dans un délai de 24 heures selon l'article R.743-18 du CESEDA. Dans ce cas, l'appel a été déclaré recevable mais le juge a confirmé la prolongation car les conditions pour une assignation à résidence n'étaient pas remplies.
Qu'est-ce qu'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) ?
Une OQTF est une mesure administrative obligeant un étranger à quitter la France dans un délai déterminé. Dans cette affaire, M. [A] avait fait l'objet d'une OQTF avec interdiction de retour d'un an, ce qui a justifié son placement en rétention.
Quels sont les critères pour évaluer le risque de fuite ?
Le risque de fuite est évalué en fonction de plusieurs critères, notamment l'absence de documents d'identité, l'absence de résidence stable, le comportement de l'intéressé, et ses liens avec la France. En l'espèce, l'absence de garanties de représentation a été déterminante.
Puis-je demander la main-levée de ma rétention administrative ?
Oui, vous pouvez demander la main-levée de la rétention, mais le juge ne l'accordera que si les conditions légales sont remplies, par exemple si la rétention n'est plus nécessaire ou si une assignation à résidence est possible. Dans cette affaire, la demande a été rejetée.
Quelle est la durée maximale de la rétention administrative ?
La durée maximale de la rétention administrative est de 90 jours, renouvelable par périodes de 15 ou 26 jours selon les cas. Dans cette affaire, une première prolongation de 26 jours a été ordonnée.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.