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Cour d'appel, rétentions, 24 juillet 2026 — n° 26/00404

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'administration doit-elle informer la personne chargée d'une mesure de protection juridique (curatelle) du placement en rétention administrative d'un étranger, et à défaut, la procédure est-elle irrégulière ?

Principe retenu

L'autorité administrative, dès lors qu'elle dispose d'éléments laissant apparaître que l'étranger placé en rétention fait l'objet d'une mesure de protection juridique telle qu'une curatelle, doit informer la personne chargée de cette mesure du placement, afin que l'étranger puisse exercer ses droits et, le cas échéant, contester la décision. À défaut, la procédure est irrégulière.

Faits clés

  • Monsieur [M] [U], de nationalité algérienne, a fait l'objet d'un arrêté d'expulsion du 16 avril 2025.
  • Le 18 juillet 2026, le préfet des Pyrénées-Orientales a ordonné son placement en rétention administrative.
  • Lors de la procédure, l'intéressé a déclaré bénéficier d'une mesure de curatelle, puis a indiqué ne faire l'objet d'aucune mesure de protection.
  • L'administration n'a pas procédé à des investigations pour vérifier l'existence de la curatelle.
  • Le premier juge a constaté l'irrégularité de la procédure et ordonné la mise en liberté.

Articles cités

article L 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE Vu l'arrêté d'expulsion du 16 avril 2025 de Monsieur le Préfet Pyrénées-Orientales,à l'encontre de [M] [U], Vu l'arrêté du 18 juillet 2026 de Monsieur le Préfet Pyrénées-Orientales qui a ordonné le placement en rétention de [M] [U], Vu la requête de Monsieur le Préfet Pyrénées-Orientales en date du 21 juillet 2026 sollicitant la prolongation de la rétention de [M] [U], Vu la requête en contestation de la régularité du placement en rétention de [M] [U] en date du 22 juillet 2026; Vu l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Perpignan chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés rendue le 22 juillet à 17h16 qui a : - constaté l'irrégularité de la procédure - fait droit à la requête de monsieur [M] [U] - ordonné la mise en liberté de [M] [U], Vu la déclaration d'appel faite le 22 Juillet 2026, par Monsieur le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Perpignan, transmise au greffe de la cour d'appel de Montpellier le même jour, à 19h18, tendant à lui donner un caractère suspensif et de maintenir monsieur [M] [U] à la disposition de la justice Vu l'ordonnance du 23 juillet 2026 de la cour d'appel de Montpellier du magistrat de permanence qui a fait droit à la demande relative au caractère suspensif de l'appel interjetté par Monsieur le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Perpignan, Vu les courriels adressés le 23 Juillet 2026 à Monsieur le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Perpignan, au préfet des Pyrénées Orientales, à l'UDAF 66, Monsieur [M] [U] et à son conseil, les informant que l'audience sera tenue le 24 Juillet 2026 à 09 H 30, Maître [Q] [P] et monsieur [M] [U], qui ont pu préalablement prendre connaissance de la procédure, se sont entretenus librement dans la salle dédiée du centre de rétention administrative de [Etablissement 1], les portes des salle étant fermées pour assurer la confidentialité de l'entretien, en la seule présence de l'interprète , et ce, sur le temps de l'audience fixée, avec l'accord du délégué du premier président de la cour d'appel de Montpellier. Vu la note d'audience du 24 Juillet 2026, mentionnant les prétentions et moyens développés par les parties,

Motivations de la décision

MOTIFS Sur la recevabilité de l'appel : Le 22 Juillet 2026, à 19h18, Monsieur le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Perpignan a formalisé appel motivé de l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Perpignan chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés du notifiée à 17h16, soit dans le délai prévu à l'article R 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La recevabilité de l'appel n'est pas discutée. Sur l'information de la personne chargée de la mesure de protection : Il incombe à l'autorité administrative dès lors qu'elle dispose d'éléments laissant apparaître que l'étranger placé en rétention fait l'objet d'une mesure de protection juridique, telle qu'une curatelle, d'informer du placement la personne chargée de cette mesure, afin que l'étranger puisse exercer ses droits et, le cas échéant, contester la décision de placement. En l'espèce, il a été exactement retenu par le premier juge que l'intéressé avait au cours de la procédure déclaré bénéficier d'une mesure de curatelle. S'il a ensuite indiqué ne faire 'l'objet d'aucune mesure de protection juridique ou de sauvegarde', il appartenait à l'administration, ainsi alertée, de procéder à toutes investigations utiles pour vérifier le prononcé d'une telle mesure. A défaut, au vu de la mesure de curatelle dont bénéficie l'intéressé, c'est à juste titre que la procédure a été déclarée irrégulière. Il y a lieu en conséquence de confirmer l'ordonnance déférée. PAR CES MOTIFS : Statuant après audience publique, et par mise à disposition au greffe,

Dispositif

Déclarons l'appel recevable, Confirmons la décision déférée en toutes ses dispositions, Fait à Montpellier, au palais de justice, le 24 Juillet 2026 à 12h34 La greffière, Le magistrat délégué,

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si un étranger en rétention est sous curatelle et que le curateur n'est pas informé ?
La procédure de rétention est déclarée irrégulière, ce qui peut entraîner la mise en liberté de l'étranger, comme dans cette affaire où le juge a constaté l'irrégularité et ordonné la libération.
L'administration doit-elle vérifier si un étranger placé en rétention a un tuteur ou un curateur ?
Oui, dès que l'administration a des éléments laissant penser que l'étranger fait l'objet d'une mesure de protection juridique, elle doit procéder à des investigations pour vérifier et informer la personne chargée de cette mesure.
Quels sont les droits d'une personne sous curatelle placée en rétention administrative ?
Elle a le droit d'être assistée par son curateur, qui doit être informé du placement afin de l'aider à exercer ses droits, notamment contester la décision.
Comment contester un placement en rétention si on est sous curatelle ?
La contestation peut être faite par l'étranger lui-même ou par son curateur, mais il est essentiel que le curateur soit informé pour agir en temps utile.
Quelle est la conséquence du défaut d'information du curateur lors d'une rétention ?
Le défaut d'information du curateur rend la procédure irrégulière, ce qui peut conduire à l'annulation de la rétention et à la mise en liberté de l'étranger.
Un étranger sous curatelle peut-il être placé en rétention sans que son curateur soit prévenu ?
Non, l'administration doit informer le curateur dès qu'elle a connaissance de la mesure de protection, sinon la procédure est entachée d'irrégularité.
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