Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Responsabilité du dirigeant

Cour d'appel, referes 1er pp, 24 juillet 2026 — n° 26/00042

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

Le premier président peut-il suspendre l'exécution provisoire d'un jugement convertissant un redressement judiciaire en liquidation judiciaire lorsque la société ne justifie d'aucun moyen sérieux de réformation ?

Principe retenu

La suspension de l'exécution provisoire d'un jugement de conversion en liquidation judiciaire est subordonnée à l'existence d'un moyen sérieux de réformation ou de la démonstration de conséquences manifestement excessives. En l'espèce, la société ne justifie d'aucun moyen sérieux, sa situation étant obérée et ses possibilités de redressement compromises.

Faits clés

  • Ouverture d'un redressement judiciaire le 19 décembre 2025
  • Conversion en liquidation judiciaire prononcée le 20 février 2026
  • Appel interjeté par la société Casa Di Pizza le 13 mars 2026
  • Assignation en référé devant le premier président le 21 mai 2026
  • Dette de loyers et résiliation du bail encourue

Articles cités

article 514-3 du code de procédure civile article R.661-1 du code de commerce article L.621-3 du code de commerce

Exposé du litige

ORDONNANCE COPIE EXÉCUTOIRE Copies délivrées à : Me Charles-Marcel DONGMO GUIMFAK Me Frédéric MANGEL Cour d'appel Amiens : - Chambre économique - Madame la Procureure Générale RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL D'AMIENS RÉFÉRÉS JURIDICTION DU PREMIER PRÉSIDENT ORDONNANCE DU 24 JUILLET 2026 ************************************************************* A l'audience publique des référés tenue le 25 Juin 2026 par Mme Chantal Mantion, Présidente de chambre déléguée par ordonnance de Mme la Première Présidente de la Cour d'Appel d'AMIENS en date du 10 Décembre 2025, Assistée de Mme Marie-Estelle Chapon,Cadre-greffier. Dans la cause enregistrée sous le N° RG 26/00042 - N° Portalis DBV4-V-B7K-JV6H du rôle général. ENTRE : S.A.S. CASA DI PIZZA agissant poursuites et diligences de ses représentants légaux domiciliés en cette qualité audit siège [Adresse 1] [Localité 1] Représentée et plaidant par Me Charles-Marcel DONGMO GUIMFAK, avocat au barreau d'AMIENS Assignant en référé suivant exploit en date du 21 Mai 2026, d'un jugement rendu par le tribunal de commerce d'AMIENS, décision attaquée en date du 20 Février 2026. ET : S.E.L.A.R.L. EVOLUTION agissant poursuites et diligences de ses représentants légaux domiciliés en cette qualité audit siège [Adresse 2] [Localité 2] Représentée et plaidant par Me Frédéric MANGEL de la SELARL MANGEL AVOCATS, avocat au barreau de SAINT-QUENTIN DEFENDERESSE au référé. Mme la Présidente après avoir constaté qu'il s'était écoulé un temps suffisant depuis l'assignation pour que la partie assignée puisse se défendre. Après avoir entendu : - en son assignation et sa plaidoirie : Me Charles-Marcel DONGMO GUIMFAK, - en ses conclusions et sa plaidoirie : Me Frédéric MANGEL . L'affaire a été mise en délibéré au 24 Juillet 2026 pour rendre l'ordonnance par mise à disposition au Greffe. Par jugement en date du 20 février 2026, le tribunal de commerce d'Amiens a: - converti en liquidation judiciaire simplifiée la procédure de redressement judiciaire ouverte au bénéfice de la SAS Casa Di Pizza ; - nommé le mandataire judicaire en qualité de liquidateur ; - ordonné qu'il soit procédé à la publicité du jugement. La SAS Casa Di Pizza a formé appel de ce jugement, par déclaration reçue le 13 mars 2026 au greffe de la cour. Par acte de commissaire de justice en date du 21 mai 2026, la SAS Casa Di Pizza a fait assigner la Selarl Evolution à comparaître devant le premier président statuant en référé et demande, au visa de l'article 514-3 du code de procédure civile, d'ordonner la suspension de l'exécution provisoire dont est assorti le jugement rendu le 20 février 2026 par le tribunal de commerce d'Amiens. Par conclusions transmises le 10 juin 2026, la Selarl Evolution rappelle que les dispositions applicables en la matière sont contenues à l'article R.661-1 du code de commerce et s'oppose à la demande de la SAS Casa Di Pizza au motif que l'absence de capacité de redressement est manifeste, la société étant démunie de tout actif avec une dette de loyers qui compromet d'ores et déjà le maintien de l'activité eu égard à la résilation du bail encourue. Ainsi, la Selarl Evolution demande au premier président de débouter la SAS Casa Di Pizza de l'ensemble des ses demandes, fins et prétentions et de dire que les dépens seront employés en frais privilégiés de la procédure. En réponse, la SAS Casa Di Pizza fait valoir que la procédure de redressement judiciaire a été ouverte le 19 décembre 2025 et que la conversion en liquidation judiciaire a été prononcée à peine deux mois après, soit au tiers de la période d'observation prévue par l'article L.621-3 du code de commerce, et qu'il existe des possibilités de redressement qui ont été écartées sans motifs par le tribunal. Ainsi, la SAS Casa D…

Motivations de la décision

SUR CE Il résulte de l'article R.661-1 du code de commerce, dérogeant aux dispositions de l'article 514-3 du code de procédure civile, que seuls des moyens sérieux d' appel permettent de suspendre l' exécution provisoire attachée au jugement d'ouverture de la procédure de liquidation judiciaire. En l'espèce, il ressort des pièces produites et des débats que la société Casa Di Pizza exploite un fonds de commerce de restauration traditionnelle, pizzeria, répertoriée au registre du commerce et des sociétés sous le numéro 929 788 677 et ayant son siège [Adresse 1] à [Localité 3]. Par jugement en date du 19 décembre 2025, le tribunal de commerce d'Amiens a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l'égard de la société Casa Di Pizza et désigné la Selarl Evolution, prise en la personne de Maître [D] [T], en qualité de mandataire judiciaire. Suivant requête en date du 05 janvier 2026, Maître [D] [T] a saisi le tribunal de commerce en vue de voir prononcer la conversion du redressement judiciaire en liquidation judiciaire au motif que le dirigeant de la société, M. [S] [H], ne coopère pas à la procédure et n'a remis ni liste des créanciers, ni celle des salariés, ni aucune information ou document demandé. C'est dans ces conditions qu'est intervenu le jugement dont appel qui, faisant application de l'article L.622-10 du code de commerce, a prononcé la liquidation judiciaire de la société en cours de période d'observation conformément aux dispositions du texte précité, lequel est parfaitement applicable contrairement à ce qui est soutenu par la société Casa Di Pizza, non comparante en première instance alors même qu'il ressort des pièces qu'elle verse aux débats que M. [S] [H], son gérant, était informé de l'audience. Par ailleurs, Maître [T] communique l'état des créances déclarées pour un montant de 41.667,01 euros dont 9427 déclarés par l'Urssaf de Picardie et 22.523,67 euros par la SAS Locam. Or, la contestation de l'état de créances déclarées par la société Casa Di Pizza n'apparaît pas sérieuse, celle-ci indiquant que la créance résultant d'un leasing en cours est la conséquence du refus de paiement des échéances par le liquidateur, lequel indique qu'il ne dispose d'aucun élément relatif aux comptes ouverts au nom de la société Casa Di Pizza. Par ailleurs, la société Casa Di Pizza a fait part en cours de procédure de son intention de résilier le bail portant sur les locaux commerciaux au motif que le maintien du bail aggrave sa situation financière et ne peut dès lors contester la situation obérée de la société dont les possibilités de redressement sont compromises. Dans ces conditions, il y a lieu de dire que la société Casa Di Pizza ne justifie d'aucun moyen de réformation du jugement et de la débouter de sa demande de suspension de l'exécution provisoire attachée au jugement dont appel. Par ces motifs, Déboutons la société Casa Di Pizza de sa demande de suspension de l'exécution provisoire attachée au jugement du tribunal de commerce en date du 20 février 2026, Disons que les dépens seront employés en frais privilégiés de la procédure collective. A l'audience du 24 Juillet 2026, l'ordonnance a été rendue par mise à disposition au Greffe et la minute a été signée par Mme Mantion, Présidente et Mme Videcoq-Tyran, Greffier. LE GREFFIER, LA PRÉSIDENTE,

Dispositif

En conséquence, la République française mande et ordonne à tous commissaires de justice, sur ce requis, de mettre ladite ordonnance à exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux judiciaires d'y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main-forte lorsqu'ils en seront légalement requis. En foi de quoi, la présente ordonnance a été signée par le Président et le greffier.

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour suspendre l'exécution provisoire d'un jugement de liquidation judiciaire ?
Selon l'article 514-3 du code de procédure civile, il faut justifier d'un moyen sérieux de réformation ou de conséquences manifestement excessives. En l'espèce, la société Casa Di Pizza n'a pas démontré de moyen sérieux, sa situation étant obérée.
La société Casa Di Pizza a-t-elle obtenu la suspension de l'exécution provisoire ?
Non, la cour d'appel d'Amiens a débouté la société de sa demande, considérant qu'elle ne justifiait d'aucun moyen sérieux de réformation et que ses possibilités de redressement étaient compromises.
Quels étaient les arguments de la société Casa Di Pizza pour demander la suspension ?
Elle soutenait que la conversion en liquidation judiciaire avait été prononcée trop tôt, au tiers de la période d'observation, et qu'il existait des possibilités de redressement écartées sans motifs.
Pourquoi le juge a-t-il rejeté la demande de suspension ?
Le juge a relevé que la société était démunie de tout actif, avait une dette de loyers compromettant le maintien de l'activité, et avait exprimé son intention de résilier le bail, ce qui démontrait une situation obérée sans possibilité de redressement.
Quelle est la procédure pour demander la suspension de l'exécution provisoire ?
Il faut assigner en référé devant le premier président de la cour d'appel, comme l'a fait la société Casa Di Pizza, en invoquant l'article 514-3 du code de procédure civile.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.