Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Garde des enfants

Cour d'appel, chambre etrangers/hsc, 24 juillet 2026 — n° 26/00461

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger en attente d'un laissez-passer consulaire est-elle justifiée malgré l'irrégularité d'un précédent placement en rétention et le respect d'une assignation à résidence ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative peut être ordonnée si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives et si la mesure est nécessaire pour assurer l'exécution de l'éloignement. L'irrégularité d'un précédent placement en rétention n'empêche pas un nouveau placement si les conditions légales sont remplies. L'administration doit justifier de diligences suffisantes pour obtenir un laissez-passer consulaire.

Faits clés

  • M. [E] [W], ressortissant algérien, a fait l'objet d'une OQTF avec délai de départ volontaire de 30 jours le 9 novembre 2025.
  • Il a été placé en rétention le 31 mai 2026, puis assigné à résidence le 5 juin 2026 après annulation du placement.
  • Il a manqué à ses obligations de présentation au service de police aux frontières le 10 juin 2026.
  • Un nouveau placement en rétention a été décidé le 16 juillet 2026, notifié le 17 juillet 2026.
  • Une demande de laissez-passer consulaire a été adressée aux autorités algériennes le 4 mars 2026, avec relances les 31 mai et 17 juillet 2026.

Articles cités

article L.741-10 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.741-3 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridictionnelle article 75 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridictionnelle

Exposé du litige

COUR D'APPEL DE RENNES N° 26/315 N° RG 26/00461 - N° Portalis DBVL-V-B7K-WRF3 JURIDICTION DU PREMIER PRÉSIDENT O R D O N N A N C E articles L 741-10 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Nous, Anne-Laure DELACOUR, conseiller à la cour d'appel de RENNES, délégué par ordonnance du premier président pour statuer sur les recours fondés sur les articles L.741-10 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, assisté de Mathilde MIELLE, greffière, Statuant sur l'appel formé le 23 Juillet 2026 à 14 heures 15 par la Cimade: M. [E] [W] né le 05 Juillet 1998 à [Localité 1] de nationalité Algérienne ayant pour avocat désigné Me Yann-christophe KERMARREC, avocat au barreau de RENNES d'une ordonnance rendue le 22 Juillet 2026 à 11 heures 58 par le magistrat en charge des rétentions administratives du Tribunal judiciaire de RENNES qui a rejeté les exceptions de nullité soulevées, le recours formé à l'encontre de l'arrêté de placement en rétention administrative, et ordonné la prolongation du maintien de M. [E] [W] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée maximale de vingt-six jours ; En la présence de [N] [U], muni d'un pouvoir, représentante de la PREFECTURE D'ILLE ET VILAINE, dûment convoqué, En l'absence du procureur général régulièrement avisé, Monsieur Yves DELPERIE, avocat général, ayant fait connaître son avis par écrit déposé le 23 juillet 2026 lequel a été mis à disposition des parties. En présence de [E] [W], assisté de Me Yann-christophe KERMARREC, avocat, Après avoir entendu en audience publique le 24 Juillet 2026 à 10 H 00 l'appelant assisté de M. [T] [O], interprète en langue arabe, et son avocat et le représentant du préfet en leurs observations, Avons mis l'affaire en délibéré et ce jour, avons statué comme suit: Monsieur [E] [W] a fait l'objet d'un arrêté du Préfet d'Ille et Vilaine en date du 9 novembre 2025, notifié le 9 novembre 2025, portant obligation d'avoir à quitter le territoire français avec un délai de départ volontaire de 30 jours sans interdiction de retour sur le territoire français. Monsieur [E] [W] a été placé en rétention administrative par arrêté du 31 mai 2026 puis assigné à résidence à compter du 5 juin 2026 chez sa compagne Mme [I] au [Adresse 1] à Rennes, à la suite de la décision du magistrat du tribunal judiciaire d'Orléans constatant l'irrégularité du placement en rétention et mettant fin à la mesure de rétention administrative. Par ordonnance du 16 juillet 2026, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Rennes a autorisé le préfet d'Ille et Vilaine à effectuer une visite domiciliaire au domicile déclaré de M. [W] en raison d'un avis de non respect de ses obligations de présentation au service de police aux frontières de Rennes en date du 10 juin 2026. Monsieur [E] [W] a ainsi fait l'objet d'un nouvel arrêté du Préfet d'Ille et Vilaine en date du 16 juillet 2026 notifié le 17 juillet 2026 portant placement en rétention administrative, au centre de rétention administrative (CRA) de [Localité 2] pour une durée de 96 heures.

Motivations de la décision

SUR QUOI : L'appel est recevable pour avoir été formé dans les formes et délais prescrits. Sur le recours en annulation de l'arrêté de placement en rétention administrative Sur les moyens tirés du défaut d'examen complet de la situation et de l'erreur manifeste d'appréciation : Il ressort des dispositions de l'article L741-1 du CESEDA que « L'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quatre-vingt-seize heures, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 731-1 lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de cette décision. Le risque mentionné au premier alinéa est apprécié selon les mêmes critères que ceux prévus à l'article L. 612-3 ou au regard de la menace pour l'ordre public que l'étranger représente. » En outre, selon les dispositions de l'article L 612-3, 'Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; 6° L'étranger, entré irrégulièrement sur le territoire de l'un des États avec lesquels s'applique l'acquis de Schengen, fait l'objet d'une décision d'éloignement exécutoire prise par l'un des États ou s'est maintenu sur le territoire d'un de ces États sans justifier d'un droit de séjour ; 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5.' Par ailleurs, selon les dispositions de l'article L 741-4, 'La décision de placement en rétention prend en compte l'état de vulnérabilité et tout handicap de l'étranger. Le handicap moteur, cognitif ou psychique et les besoins d'accompagnement de l'étranger sont pris en compte pour déterminer les conditions de son placement en rétention'. Les dispositions de l'article L 731-1 prévoient en outre que 'L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé'; ['] L'étranger qui, ayant été assigné à résidence en application du présent article, ou placé en rétention administrative en application des articles L. 741-1 ou L. 741-2, n'a pas déféré à la décision dont il fait l'objet ou, y ayant déféré, est revenu en France alors que cette décision est toujours exécutoire, peut être assigné à résidence sur le fondement du présent article. Par ailleurs, aux termes de l'article 15-1 de la directive dite retour n° 2008/115/CE du Parlement Européen et du Conseil en date du 16 décembre 2008 "À moins que d'autres mesures suffisantes, mais moins coercitives puissent être appliquées efficacement dans un cas particulier, les Etats membres peuvent uniquement placer en rétention le ressortissant d'un pays tiers qui fait l'objet de procédures de retour afin de préparer le retour et/ou de procéder à l'éloignement en particulier lorsque a) il existe un risque de fuite ou b) le ressortissant concerné d'un pays tiers évite ou empêche la préparation du retour ou de la procédure d'éloignement. Dans son arrêté de placement en rétention administrative en date du 16 juillet 2026, notifié le 17 juillet, le Préfet d'Ille et Vilaine expose que faisant l'objet d'un arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire français en date du 9 novembre 2025, avec un délai de départ volontaire de trente jours, désormais échu, Monsieur [E] [W] déclare être en couple avec Mme [Q] [I] et avoir un enfant de 18 mois à charge sans subvenir à leurs besoins ; qu'il a été placé en garde à vue pour des faits de violence et de harcèlement à l'encontre de Mme [I] ; qu'il ne justifie pas avoir de famille en France ni de liens spécifiques en France dont l'intensité serait exclusive de tout autre qu'il conserverait encore dans son pays d'origine, de sorte que la mesure ainsi prise ne porterait pas une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale au sens des dispositions de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qu'il ne fait pas état de problèmes de santé et n'invoque aucun élément en lien avec une possible vulnérabilité ou handicap qui pourrait faire obstacle au placement en rétention . Le Préfet ajoute que M.

Dispositif

Déclarons l'appel recevable, Confirmons l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rennes en date du 22 juillet 2026, Rejetons la demande formée au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridictionnelle, Laisson les dépens à la charge du trésor public, Fait à [Localité 2], le 24 Juillet 2026 à 16 heures 00 LE GREFFIER, PAR DÉLÉGATION, LE CONSEILLER, Notification de la présente ordonnance a été faite ce jour à [E] [W], à son avocat et au préfet Le Greffier, Cette ordonnance est susceptible d'un pourvoi en cassation dans les deux mois suivant la présente notification et dans les conditions fixées par les articles 973 et suivants du code de procédure civile. Communication de la présente ordonnance a été faite ce même jour au procureur général. Le Greffier

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour prolonger une rétention administrative ?
La prolongation peut être ordonnée si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives et si la mesure est nécessaire pour assurer l'exécution de l'éloignement. Dans cette affaire, M. [W] avait manqué à ses obligations de présentation, ce qui a justifié la prolongation.
Que se passe-t-il si je ne respecte pas mes obligations de présentation lors d'une assignation à résidence ?
Le non-respect des obligations de présentation peut entraîner un nouveau placement en rétention administrative. En l'espèce, M. [W] a été placé en rétention après avoir manqué à ses obligations le 10 juin 2026.
Mon précédent placement en rétention a été annulé, puis-je être à nouveau retenu ?
Oui, un nouveau placement est possible si les conditions légales sont remplies. L'irrégularité d'un précédent placement n'empêche pas un nouveau placement, comme l'a confirmé la cour dans cette affaire.
Comment obtenir un laissez-passer consulaire ?
Le préfet doit adresser une demande aux autorités consulaires et effectuer des relances. Dans cette affaire, une demande a été faite le 4 mars 2026, avec des relances les 31 mai et 17 juillet 2026, mais la réponse n'était pas encore arrivée.
Quels sont mes droits en centre de rétention ?
Vous avez le droit d'être assisté d'un avocat, d'un interprète, et de contester la mesure. Dans cette affaire, M. [W] a été assisté de son avocat et d'un interprète en langue arabe lors de l'audience.
Combien de temps peut durer une rétention administrative ?
La durée maximale est généralement de 90 jours, mais elle peut être prolongée par tranches. Dans cette affaire, la prolongation a été ordonnée pour 26 jours supplémentaires.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.