Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Recouvrement de dettes

Cour d'appel, 1re chambre civile, 21 juillet 2026 — n° 26/00055

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

Le débiteur saisi peut-il obtenir l'autorisation de vendre amiablement le bien immobilier saisi dans le cadre d'une procédure de saisie immobilière, alors qu'il n'a pas entrepris de démarches concrètes et que l'autre débiteur s'y oppose ?

Principe retenu

La vente amiable du bien saisi ne peut être autorisée que si le débiteur justifie d'une réelle volonté de vendre et de démarches concrètes en ce sens. La seule production d'un avis de valeur par une agence immobilière est insuffisante. De plus, le créancier poursuivant n'est pas tenu d'accepter une vente amiable, et le débiteur ne peut pas imposer cette modalité.

Faits clés

  • Prêt immobilier souscrit en 2004 pour un montant de 121 441 euros
  • Cautionnement par la société CEGC, qui a payé 68 859,90 euros après déchéance du terme
  • Jugement de 2018 condamnant solidairement les débiteurs à payer 73 680,09 euros
  • Commandement de payer valant saisie immobilière délivré le 27 mai 2025
  • Jugement d'orientation du 3 décembre 2025 ordonnant la vente forcée

Articles cités

article R. 322-19 du code des procédures civiles d'exécution article 700 du code de procédure civile

Exposé du litige

***** Exposé du litige : Mme [P] et M. [C] [A] ont souscrit un prêt pour acquérir un bien immobilier, selon acte notarié du 23 janvier 2004, sis à [Adresse 6]. Ce prêt de 121 441 euros a été souscrit auprès d'une banque avec cautionnement auprès d'une société devenue la société compagnie européenne de garanties et de cautions (CEGC). Après déchéance du terme et paiement par la caution de la somme de 68 859,90 euros, un jugement du 21 décembre 2018 a condamné solidairement Mme [P] et M. [C] [A] à payer à CEGC la somme de 73 680,09 euros outre les intérêts au taux de 3,45 % sur la somme de 68 859,90 euros à compter du 14 avril 2016. Cette décision a été confirmée par arrêt du 25 mars 2021. CEGC a fait délivrer, le 27 mai 2025, un commandement de payer valant saisie immobilière pour paiement de la somme de 96 702,70 euros, ce commandement ayant été publié le 18 juillet 2025. Par jugement du 3 décembre 2025, le juge de l'exécution a retenu la créance de CEGC à hauteur de 96 702,70 euros, constaté l'absence de contestation et de demande de vente amiable, ordonné la vente forcée des droits et biens immobiliers visés au commandement de payer valant saisie immobilière et a dit que l'adjudication aura lieu à l'audience du 4 mars 2026 sur une mise à prix de 40 000 euros. M. [C] [A] a interjeté appel le 14 janvier 2026, la cour étant saisie selon la procédure d'assignation à jour fixe. Il demande l'infirmation du jugement et à être autorisé à vendre amiablement le bien objet de la saisie et de dire que les dépens seront compris dans les frais taxés de vente. CEGC à qui l'assignation a été remise à personne habilitée à la recevoir, le 17 avril 2026, conclut à la confirmation du jugement et sollicite le paiement de 2 500 € en application de l'article 700 du code de procédure civile. Mme [P] dont l'assignation a été remise à l'étude du commissaire de justice, le 10 mars 2026, n'a pas constitué avocat. Le trésor public à qui l'assignation a été remise à personne habilitée à la recevoir, le 10 mars 2026, n'a pas constitué avocat. Il sera renvoyé pour un plus ample exposé du litige aux conclusions des parties remises au greffe, par RPVA, les 5 mai et 25 juin 2026.

Motivations de la décision

MOTIFS : Sur la saisie immobilière : A titre liminaire, la cour constate que l'appel ne porte pas sur le montant de la créance. Elle rappelle, également, qu'il est jugé, de façon constante, qu'en application de l'article R. 311-5 du code des procédures civiles d'exécution, les contestations et demandes incidentes soulevées après l'audience d'orientation ne sont recevables que si elles portent sur des actes de la procédure de saisie immobilière postérieurs à cette audience ou si, nées de circonstances postérieures à celle-ci, elles sont de nature à interdire la poursuite de la saisie. M. [C] [A] rappelle qu'il n'était pas comparant devant le juge de l'exécution, qu'il bénéfice du RSA et d'une prime d'activité et que son activité d'auto-entrepreneur en matière de systèmes électroniques et réparation est hébergée dans l'immeuble, objet de la saisie. Il demande à être autorisé à vendre l'immeuble de façon amiable dans l'intérêt des deux débiteurs saisis. CEGC répond que M. [C] [A] a instauré un climat de violences dans sa rue qu'il considère être son quartier et que les habitants de ce quartier voient en cette vente aux enchères l'unique solution pour que M. [C] [A] quitte son logement. Le jugement indique que Mme [P] ne vit plus dans l'immeuble saisi, qu'une vente amiable est impossible, selon elle, à envisager et qu'elle ne s'opposerait pas à une vente forcée. Une telle demande était donc dans les débats lors du jugement d'orientation. Mme [C] [A] qui perçoit le RSA n'a entamé aucune démarche pour effectuer une vente amiable ni ne justifie une volonté réelle de procéder à celle-ci alors que Mme [P] la considère comme impossible. La seule production d'un avis de valeur établi par une agence immobilière est insuffisant à caractériser la volonté de vendre l'immeuble de façon amiable. Par ailleurs, CEGC n'est pas un créancier professionnel de M. [C] [A] et peut donc procéder à la saisie du bien immobilier. Il y a lieu de confirmer le jugement. Sur les autres demandes : Vu l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande de CEGC. M. [K] supportera les dépens d'appel.

Dispositif

PAR CES MOTIFS : La cour statuant publiquement, par décision rendue par défaut : - Confirme le jugement du 3 décembre 2025 ; Y ajoutant : - Renvoie la cause et les parties devant le juge de l'exécution pour que soit fixée une nouvelle date d'adjudication en application des dispositions de l'article R. 322-19 du code des procédures civiles d'exécution ; - Vu l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande ; - Condamne M. [K] aux dépens d'appel. Le greffier Le président

Questions fréquentes

Puis-je vendre moi-même mon bien immobilier alors qu'il est saisi ?
Oui, mais uniquement si vous obtenez l'autorisation du juge de l'exécution. Pour cela, vous devez justifier d'une réelle volonté de vendre, par exemple en ayant déjà des contacts avec des acheteurs ou en ayant mandaté une agence immobilière. Dans cette affaire, le débiteur n'avait produit qu'un simple avis de valeur, ce qui a été jugé insuffisant.
Quelles sont les conditions pour une vente amiable dans le cadre d'une saisie immobilière ?
Les conditions sont : une demande formelle devant le juge de l'exécution, la justification de démarches concrètes de vente, et l'accord du créancier poursuivant. En l'espèce, le débiteur n'avait pas entrepris de démarches et l'autre débiteur s'opposait à la vente amiable, ce qui a conduit au rejet de sa demande.
Le créancier peut-il refuser une vente amiable ?
Oui, le créancier n'est pas obligé d'accepter une vente amiable. Dans cette affaire, la société de cautionnement s'y est opposée, et le juge a confirmé la vente forcée.
Que se passe-t-il si je ne vends pas mon bien avant l'audience d'adjudication ?
Si aucune vente amiable n'est autorisée, le bien sera vendu aux enchères publiques lors de l'audience d'adjudication. Dans cette affaire, la cour a renvoyé l'affaire devant le juge de l'exécution pour fixer une nouvelle date d'adjudication.
Mon activité professionnelle dans le logement saisi peut-elle empêcher la vente ?
Non, le fait d'exercer une activité professionnelle dans le logement saisi ne constitue pas un obstacle à la vente forcée. Le débiteur invoquait cet argument, mais la cour a confirmé la vente forcée.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.