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Tribunal judiciaire, ppp pÔle circuit long s3, 30 juillet 2026 — n° 26/01259

Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conséquences de l'inexécution d'un contrat de location avec option d'achat (LOA) sur le paiement des loyers impayés et l'indemnité de résiliation ?

Principe retenu

La résiliation d'un contrat de location avec option d'achat peut être constatée en raison de l'inexécution par le locataire de son obligation de payer les loyers, après mise en demeure infructueuse. Le locataire est alors tenu de payer les loyers échus impayés ainsi qu'une indemnité de résiliation, calculée selon les clauses contractuelles, sans intérêts contractuels si ceux-ci ne sont pas prévus.

Faits clés

  • Contrat de location avec option d'achat conclu le 17 juin 2022 pour un véhicule Volkswagen Polo
  • Durée du contrat : 37 mois, prix total TTC : 11634,76 euros
  • Mise en demeure du 14 mai 2024 de payer les mensualités impayées sous 8 jours
  • Assignation en avril 2025 par la société DIAC
  • Vente du véhicule après résiliation, actualisation de la demande à 5559,81 euros

Articles cités

article 472 du code de procédure civile article 1224 du code civil article 1225 du code civil article 696 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile article 514 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE Suivant offre de contrat acceptée le 17 juin 2022, la société DIAC a consenti à M. [L] [Q] et M. [K] [Q] un contrat de location avec option d’achat ayant pour objet un véhicule VOLKSWAGEN POLO immatriculé FE060NY, pour une durée de 37 mois, le prix comptant TTC du véhicule loué s’élevant à 11634,76 euros. Le véhicule a été livré le 20 juin 2022. Par lettre recommandée avec accusé de réception du 14 mai 2024, la société DIAC a mis en demeure M. [L] [Q] et M. [K] [Q] de s’acquitter des mensualités impayées, dans un délai de 8 jours, sous peine de résiliation du contrat. Par actes de commissaire de justice des 10 et 23 avril 2025, la société DIAC a fait assigner M. [L] [Q] et M. [K] [Q] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Lyon, demandant de : - constater voire prononcer la résiliation du contrat de location avec offre d’achat, - condamner solidairement M. [L] [Q] et M. [K] [Q] à lui payer la somme en principal de 10219,04 euros, outre intérêts au taux contractuel de 0,87 % par an, - condamner in solidum M. [L] [Q] et M. [K] [Q] à lui payer la somme de 800 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile, en plus des entiers dépens. À l’audience, la société DIAC maintient ses demandes telles que formulées dans son assignation, sauf à actualiser sa demande principale à la somme de 5559,81 euros suite à la vente du véhicule. Bien que régulièrement assignés par actes de commissaire de justice délivrés à étude, M. [L] [Q] et M. [K] [Q] n'ont pas comparu et ne se sont pas fait représenter. L’affaire a été mise en délibéré jusqu’à ce jour, où le présent jugement a été rendu par mise à disposition au greffe.

Motivations de la décision

MOTIVATION Selon l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait alors droit à la demande que s’il l’estime régulière, recevable et bien fondée. Sur la résiliation du contrat Aux termes de l’article 1224 du code civil, la résolution résulte soit de l'application d'une clause résolutoire soit, en cas d'inexécution suffisamment grave, d'une notification du créancier au débiteur ou d'une décision de justice. Selon l’article 1225 du code civil, la clause résolutoire précise les engagements dont l'inexécution entraînera la résolution du contrat. La résolution est subordonnée à une mise en demeure infructueuse, s'il n'a pas été convenu que celle-ci résulterait du seul fait de l'inexécution. La mise en demeure ne produit effet que si elle mentionne expressément la clause résolutoire. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'une mise en demeure, adressée par le loueur au locataire et précisant que l'absence de régularisation dans un certain délai entrainerait la résiliation du contrat, est demeurée sans effet, la résiliation du contrat est acquise à l'expiration de ce délai. En l’espèce, l’article 4.1 des conditions générales du contrat de location avec option d’achat stipule qu’ « en cas de défaillance [du locataire] (non-paiement des loyers ou non-respect d’une obligation essentielle du contrat), la location sera résiliée après l’envoi d’une mise en demeure restée infructueuse ». Par lettre recommandée avec accusé de réception du 14 mai 2024, la société DIAC a mis en demeure M. [L] [Q] et M. [K] [Q] de s’acquitter des mensualités impayées, dans un délai de 8 jours, sous peine de résiliation du contrat. Cette mise en demeure étant restée sans effet, la résiliation du contrat de location avec option d’achat est acquise à l’expiration du délai de 8 jours, soit le 23 mai 2024. Il convient par conséquent de constater la résiliation du contrat de location avec option d’achat. Sur la demande en paiement L’article 1103 du code civil dispose que les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits. En l’espèce, l’article 4.2 des conditions générales du contrat de location avec option d’achat stipule que « le bailleur pourra exiger, outre la restitution du véhicule loué et le paiement des loyers échus non réglés, une indemnité égale à la différence entre : D’une part, la valeur résiduelle hors taxes du véhicule stipulée au contrat, augmentée de la valeur actualisée à la date de la résiliation du contrat de la somme hors taxes des loyers non encore échus et, D’autre part, la valeur vénale hors taxes du véhicule restitué. L’indemnité sera soumise à TVA dans les conditions de droit commun ». En l’espèce, le véhicule a été restitué. Le montant des loyers échus non réglés à la date de la résiliation s’élève à 2933,59 euros. La valeur résiduelle hors taxes du véhicule est chiffrée par la société DIAC à 4166,66 euros. Le juge ne dispose d’aucun élément de nature à remettre en cause ce montant. La valeur actualisée à la date de la résiliation de la somme hors taxes des loyers non encore échus est chiffrée par la société DIAC à la somme de 2394,19 euros pour les loyers n°25 à 37. Par ailleurs, le véhicule a été revendu pour 4750 euros HT, montant qui correspond à sa valeur vénale. L’indemnité de résiliation se chiffre donc à : 4166,66 + 2394,19 – 4750 = 1810,85 euros. Il convient par conséquent de condamner solidairement M. [L] [Q] et M. [K] [Q] à payer à la société DIAC la somme de 2933,59 euros au titre des loyers échus non réglés à la date de la résiliation et la somme de 1810,85 euros au titre de l’indemnité de résiliation. L’article 4.2 des conditions générales du contrat ne prévoit aucun intérêt contractuel. La société DIAC sera donc déboutée du surplus de ses demandes. Sur les frais du procès et l'exécution provisoire En application de l'article 696 du code de procédure civile, M. [L] [Q] et M. [K] [Q], qui succombent à l'instance, seront condamnés in solidum aux dépens. L’équité et la situation économique respective des parties commandent par ailleurs de les condamner in solidum à payer à la société DIAC la somme de 200 euros, au titre des frais non compris dans les dépens, en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile. Par ailleurs, il sera rappelé l’exécution provisoire de droit de la présente décision, conformément à l’article 514 du code de procédure civile.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, La juge des contentieux de la protection, statuant après débats publics, par jugement mis à disposition au greffe, réputé contradictoire et en premier ressort, CONSTATE la résiliation du contrat de location avec option d’achat souscrit le 17 juin 2022 par M. [L] [Q] et M. [K] [Q] auprès de la société DIAC, CONDAMNE solidairement M. [L] [Q] et M. [K] [Q] à payer à la société DIAC la somme de 2933,59 euros au titre des loyers échus non réglés à la date de la résiliation, CONDAMNE solidairement M. [L] [Q] et M. [K] [Q] à payer à la société DIAC la somme de 1810,85 euros au titre de l’indemnité de résiliation, REJETTE le surplus des demandes de la société DIAC, CONDAMNE in solidum M. [L] [Q] et M. [K] [Q] aux dépens, CONDAMNE in solidum M. [L] [Q] et M. [K] [Q] à payer à la société DIAC la somme de 200 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile, RAPPELLE l’exécution provisoire de la présente décision. LE GREFFIER LE JUGE

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une location avec option d'achat (LOA) ?
La LOA est un contrat de location d'un véhicule avec une option d'achat à la fin du contrat. Le locataire paie des loyers mensuels et peut, à la fin, acheter le véhicule à un prix convenu.
Que se passe-t-il si je ne paie pas mes mensualités de LOA ?
En cas de non-paiement, le bailleur peut mettre en demeure le locataire de payer. Si la mise en demeure reste infructueuse, le contrat peut être résilié, et le locataire devra payer les loyers impayés ainsi qu'une indemnité de résiliation.
Comment est calculée l'indemnité de résiliation ?
L'indemnité de résiliation est généralement prévue dans le contrat. Dans cette affaire, elle a été calculée comme la différence entre les loyers restant à courir et la valeur de reprise du véhicule, soit 1810,85 euros.
Puis-je être poursuivi pour des loyers impayés après la résiliation ?
Oui, le bailleur peut demander en justice le paiement des loyers échus impayés et l'indemnité de résiliation. Dans cette affaire, le tribunal a condamné les locataires à payer 2933,59 euros pour les loyers impayés et 1810,85 euros pour l'indemnité.
Quels sont les recours du bailleur en cas de non-paiement ?
Le bailleur peut adresser une mise en demeure, puis assigner le locataire en justice pour faire constater la résiliation et obtenir le paiement des sommes dues. Il peut également demander des frais de procédure.
Que faire si je reçois une mise en demeure de payer ?
Il est conseillé de régulariser la situation dans le délai imparti ou de contacter le bailleur pour trouver un accord. Si vous ne répondez pas, le contrat peut être résilié et vous risquez une condamnation au paiement.
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