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Tribunal judiciaire, pcp jcp acr fond, 29 juillet 2026 — n° 26/01353

Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur

Synthèse de la décision

Question juridique

Le bailleur qui se désiste de ses demandes principales après paiement de la dette locative peut-il obtenir la condamnation du locataire aux dépens et à une indemnité au titre de l'article 700 du code de procédure civile ?

Principe retenu

Le juge peut débouter le bailleur de ses demandes accessoires si le locataire a déjà réglé des frais inclus dans le décompte en méconnaissance de l'article 4 de la loi du 6 juillet 1989, et si l'équité ne justifie pas une condamnation supplémentaire. La partie perdante est condamnée aux dépens, sauf décision motivée contraire.

Faits clés

  • Bail d'habitation conclu le 7 juillet 2021
  • Commandement de payer visant la clause résolutoire signifié le 22 octobre 2025
  • Dette locative soldée le 11 février 2026
  • Bailleur se désiste de ses demandes principales à l'audience
  • Locataire a déjà réglé des frais inclus dans le décompte

Articles cités

article 696 du code de procédure civile article 700-1° du code de procédure civile article 514 du code de procédure civile article 514-1 du code de procédure civile article 4 de la loi du 06 juillet 1989

Exposé du litige

EXPOSÉ DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE Par contrat sous seing privé en date du 07 juillet 2021, la S.A. IN'LI a donné à bail à Monsieur [Y] [W] un logement situé [Adresse 3], pour un loyer mensuel de 414,61 euros, outre une provision pour charges. A raison d’impayés locatifs, la S.A. IN'LI a fait signifier par courrier de commissaire de justice un commandement de payer la somme de 1760,16 euros, en principal, correspondant à l’arriéré locatif, et visant la clause résolutoire contractuelle, le 22 octobre 2025. Par notification électronique du 23 octobre 2025, la S.A. IN'LI a saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) de [Localité 1]. Par acte de commissaire de justice délivré le 09 janvier 2026 à étude, la S.A. IN'LI a fait assigner Monsieur [Y] [W] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Paris, aux fins de voir, sous le bénéfice de l’exécution provisoire : -constater l’acquisition de la clause résolutoire ; -ordonner l’expulsion de Monsieur [Y] [W], et de tout occupant de son chef, et, au besoin, avec l’assistance de la force publique et d’un serrurier ; -ordonner la séquestration, soit sur place, soit dans tel local ou garde-meubles au choix de la demanderesse et aux frais, risques et périls de qui il appartiendra, des objets mobiliers garnissant les lieux loués ; -le condamner à lui payer la somme de 2175,23 euros au titre de l’arriéré des loyers et charges selon décompte arrêté au mois de décembre 2025 inclus, ainsi qu’au montant des loyers échus à la date de la décision à intervenir ; -le condamner à lui payer jusqu’au départ effectif des lieux une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant du loyer mensuel, charges comprises ; -le condamner au paiement d’une somme de 500 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile, ainsi qu’aux entiers dépens. L’assignation a été dénoncée le 14 janvier 2026 à la préfecture de [Localité 1], mais aucun diagnostic social et financier n’est parvenu au greffe avant l’audience. A l’audience du 20 mai 2026, à laquelle l’affaire a été appelée, la S.A. IN'LI, représentée par son conseil, indique que la dette est soldée si bien qu’elle ne maintient pas ses demandes à l’exception de sa demande de condamnation au paiement des dépens et à la somme de 500 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile. Elle précise que la dette a été réglée le 11 février 2026 et que Monsieur [Y] [W] a déjà réglé les frais. Monsieur [Y] [W], comparant en personne, sollicite le maintien du bail et l’exonération des frais, précisant qu’il a tout réglé depuis longtemps. La décision a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe au 22 juillet 2026, délibéré prorogé au 29 juillet 2026.

Motivations de la décision

MOTIVATION DE LA DÉCISION Sur les demandes accessoires Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge de l’autre partie. En application de l’article 700-1° du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a lieu à condamnation. Enfin, selon l’article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont, de droit, exécutoires à titre provisoire. Toutefois, selon l’article 514-1 du même code, le juge peut écarter l’exécution provisoire de droit, en tout ou partie, s’il estime qu’elle est incompatible avec la nature de l’affaire, d’office ou à la demande d’une partie, par décision spécialement motivée. En l’espèce, la S.A. IN’LI a indiqué se désister de ses demandes principales mais maintenir sa demande au titre des dépens et de l’article 700 du code de procédure civile. Toutefois, il ressort du décompte produit à l’audience que Monsieur [Y] s’est déjà acquitté de frais conséquents qui ont été portés au décompte en méconnaissance des dispositions de l’article 4 de la loi du 06 juillet 1989, si bien qu’il n’y a pas lieu de le condamner, en sus, au paiement des dépens et d’une somme d’argent sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile. La S.A. IN’LI sera donc déboutée de ses demandes en ce sens, et devra supporter les dépens. Enfin, il n’y a pas lieu d’écarter l’exécution provisoire de droit attachée au présent jugement.

Dispositif

PAR CES MOTIFS : La juge des contentieux de la protection, statuant après débats en audience publique par jugement contradictoire mis à disposition au greffe, et en premier ressort, CONDAMNE la S.A. IN’LI aux dépens ; DÉBOUTE la S.A. IN'LI de sa demande formulée au titre de l’article 700 du code de procédure civile ; RAPPELLE que le présent jugement est de plein droit exécutoire à titre provisoire ; Le greffier La juge des contentieux de la protection

Questions fréquentes

Le bailleur peut-il demander les frais de justice après que le locataire a payé sa dette ?
Dans cette affaire, le bailleur s'est désisté de ses demandes principales après le paiement de la dette, mais a maintenu sa demande de dépens et d'article 700. Le juge a débouté le bailleur car le locataire avait déjà réglé des frais inclus dans le décompte, et l'équité ne justifiait pas une condamnation supplémentaire.
Que se passe-t-il si le locataire paie les loyers avant l'audience ?
Si le locataire paie l'intégralité de la dette avant l'audience, le bailleur peut se désister de ses demandes principales (constat de la clause résolutoire, expulsion, etc.). Le juge statue alors sur les demandes accessoires comme les dépens et l'article 700, en tenant compte des circonstances.
Le locataire doit-il payer les dépens si le bailleur se désiste ?
En principe, la partie perdante est condamnée aux dépens. Mais si le bailleur se désiste et que le locataire a déjà payé des frais, le juge peut décider que le bailleur supporte les dépens, comme dans cette affaire.
Qu'est-ce que l'article 700 du code de procédure civile ?
L'article 700 permet au juge de condamner la partie perdante à payer à l'autre une somme pour les frais exposés non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité et de la situation économique des parties.
Comment contester une demande de frais de justice du bailleur ?
Le locataire peut contester en démontrant qu'il a déjà réglé des frais inclus dans le décompte, ou que la demande est injustifiée au regard de l'équité. Dans cette affaire, le juge a débouté le bailleur car le locataire avait déjà payé des frais.
Le juge peut-il refuser de condamner le locataire aux dépens ?
Oui, le juge peut, par décision motivée, mettre les dépens à la charge de l'autre partie ou les partager. Ici, le juge a condamné le bailleur aux dépens car le locataire avait déjà réglé des frais.
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