Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Expulsion locative

Tribunal judiciaire, référés, 29 juillet 2026 — n° 25/01590

Se dessaisit ou est dessaisi au profit d'une autre juridiction

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés du tribunal judiciaire est-il compétent pour connaître d'une demande de résiliation de bail et d'expulsion relative à des emplacements de stationnement lorsque le montant total des demandes est inférieur à 10 000 euros ?

Principe retenu

Selon l'article 76 du code de procédure civile, l'incompétence peut être prononcée d'office en cas de violation d'une règle de compétence d'attribution lorsque cette règle est d'ordre public. Aux termes de l'annexe Tableau IV - II du code de l'organisation judiciaire, les chambres ou tribunaux de proximité connaissent des actions personnelles ou mobilières jusqu'à la valeur de 10 000 euros, et des demandes indéterminées qui ont pour origine l'exécution d'une obligation dont le montant n'excède pas 10 000 euros. En l'espèce, la demande porte sur une demande indéterminée (résiliation de bail) et une demande de provision de 4 051,73 euros, soit un total inférieur à 10 000 euros. Il s'agit d'un simple bail d'emplacement de parking, sans compétence matérielle spécifique du tribunal judiciaire. Par conséquent, le juge des référés du tribunal judiciaire est incompétent au profit du tribunal de proximité.

Faits clés

  • Bail d'emplacement de stationnement souterrain numéro 1439010052 conclu le 4 mai 2015 avec loyer mensuel de 79,30 euros
  • Bail d'emplacement de stationnement souterrain numéro 1439010062 conclu le 13 octobre 2017 avec loyer mensuel de 69,62 euros
  • Commandement de payer visant la clause résolutoire délivré le 6 décembre 2024 pour un arriéré de 2 785,87 euros
  • Assignation en référé devant le tribunal judiciaire de Nanterre le 11 juin 2025
  • Demande de résiliation de bail, expulsion et paiement d'une provision de 3 408,34 euros (portée à 4 051,73 euros à l'audience)

Articles cités

article 76 du code de procédure civile annexe Tableau IV - II du code de l'organisation judiciaire

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Par acte sous seing privé en date du 4 mai 2015, la SA LOGEMENT FRANCILIEN a donné à bail à Monsieur [S] [M] un emplacement de stationnement souterrain numéro 1439010052 situé [Adresse 3] à [Localité 4], à compter du 18 mai 2015 et moyennant un loyer mensuel de 79,30 euros hors taxes et hors charges, payable mensuellement et à terme échu avant le 25 de chaque mois. Par avenant en date du 13 octobre 2017, la SA LOGEMENT FRANCILIEN a donné à bail à Monsieur [S] [M] un emplacement de stationnement souterrain numéro 1439010062 situé [Adresse 3] à [Localité 4], à compter du 1er novembre 2017 et moyennant un loyer mensuel de 69,62 euros hors taxes et hors charges, payable mensuellement et à terme échu avant le 25 de chaque mois. Par acte du 6 décembre 2024, la SA 1001 VIE HABITAT, venant aux droits de la SA LOGEMENT FRANCILIEN, a fait délivrer au preneur un commandement, visant la clause de résiliation de plein droit insérée au contrat de bail, portant sur le paiement de la somme de 2.785,87 euros au titre de l’arriéré locatif. Arguant que Monsieur [S] [M] n’aurait pas régularisé les causes du commandement dans le délai imparti, la SA 1001 VIE HABITAT a, par acte du 11 juin 2025, assigné Monsieur [S] [M] devant le président du tribunal judiciaire de Nanterre statuant en référé, aux fins de voir : Constater la résiliation de plein droit de la location consentie sur l’emplacement de stationnement souterrain numéro 1439010052 situé [Adresse 3] à [Localité 4], avec effet au 7 janvier 2025,Constater la résiliation de plein droit de la location consentie sur l’emplacement de stationnement souterrain numéro 1439010062 situé [Adresse 3] à [Localité 4], avec effet au 7 janvier 2025,Ordonner l’expulsion de Monsieur [S] [M] des lieux loués, ainsi que celle de tous occupants de son chef, au besoin avec le concours de la force publique et l’assistance d’un serrurier,Condamner Monsieur [S] [M] au paiement de la somme provisionnelle de 3.408,34 euros correspondant aux loyers, charges impayés et indemnités d’occupation, dus au 20 mars 2025 (échéance de mars 2025 incluse), avec intérêts de retard au taux légal à compter du commandement du 6 décembre 2024, Condamner Monsieur [S] [M] au paiement d’une indemnité d’occupation fixée au montant du loyer et des charges locatives, jusqu’à la libération effective des lieux,Condamner Monsieur [S] [M] à payer une somme de 390 euros en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile,Condamner Monsieur [S] [M] aux dépens, en ce compris le coût du commandement de payer du 6 décembre 2024. A l'audience du 29 octobre 2025, l'affaire a été renvoyée au 15 avril 2026 pour régularisation de la constitution en défense au vu de la décision d’aide juridictionnelle. A l'audience du 15 avril 2026, la SA 1001 VIE HABITAT confirme les termes de sa demande initiale. Elle indique que l’emplacement de parking a été restitué et que sa créance s’élève à la somme de 4.051,73 euros au 13 avril 2026 (échéance de février 2026 incluse). En défense, le conseil de Monsieur [S] [M] a soutenu oralement des conclusions demandant de : A titre principal : ramener le montant de la dette de Monsieur [S] [M] à la somme de 806,17 euros,A titre subsidiaire : ramener le montant de la dette de Monsieur [S] [M] à la somme de 3.090,17 euros,accorder à Monsieur [S] [M] un délai de deux ans pour s’acquitter de sa dette. Monsieur [S] [M] soutient avoir résilié le contrat de bail par lettre simple en date du 10 septembre 2023, en raison de désordres affectant sa jouissance des places de parking, et qu’en tenant compte du préavis de 3 mois, le contrat a pris fin le 10 décembre 2023.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Sur la compétence du juge des référés Selon l’article 76 du code de procédure civile “sauf application de l’article 82-1, l’incompétence peut être prononcée d’office en cas de violation d’une règle de compétence d’attribution lorsque cette règle est d’ordre public ou que le défendeur ne comparaît pas”. Aux termes de l’annexe Tableau IV - II du code de l’organisation judiciaire, les chambres ou tribunaux de proximité connaissent des actions personnelles ou mobilières jusqu'à la valeur de 10 000 euros, et des demandes indéterminées qui ont pour origine l'exécution d'une obligation dont le montant n'excède pas 10 000 euros, en matière civile. En l’espèce, la demande portait d’une part sur une demande indéterminée à savoir la résiliation du bail ayant pour origine une inexécution de paiement de loyers mensuels de 79,30 euros et 69,62 euros. D’autre part, la demande porte sur le paiement d’une provision de 4.051,73 euros, de sorte que le total des demandes est inférieur à 10 000 euros. Enfin, il s’agit d’un simple bail d’emplacement de parking, de sorte qu’il n’existe pas de compétence matérielle spécifique du tribunal judiciaire. Par conséquent, le juge des référés de céans ne peut que constater son incompétence au profit du Tribunal de Proximité de Puteaux territorialement compétent au vu des emplacements de stationnement loués et du domicile du défendeur. Le dossier sera donc transmis au juge des référés du Tribunal de Proximité de Puteaux. Les dépens sont réservés.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant en référé publiquement, par ordonnance contradictoire et en premier ressort, rendue par mise à disposition au greffe ; NOUS DÉCLARONS incompétent au profit du juge des référés du tribunal de Proximité de Puteaux ; DISONS qu’à défaut d’appel dans le délai, la présente décision et le dossier de l’affaire seront transmis au Tribunal de Proximité de Puteaux ; RÉSERVONS les dépens ; RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire de plein droit par provision ; FAIT À [Localité 3], le 29 juillet 2026. LE GREFFIER Matëa BECUE, greffière LE PRÉSIDENT Karine THOUATI, Vice-présidente

Questions fréquentes

Quel tribunal est compétent pour un litige portant sur des loyers impayés de parking ?
Dans cette affaire, le juge des référés du tribunal judiciaire s'est déclaré incompétent au profit du tribunal de proximité de Puteaux, car le montant total des demandes était inférieur à 10 000 euros et qu'il s'agissait d'un simple bail de stationnement.
Le juge des référés peut-il se déclarer incompétent d'office ?
Oui, selon l'article 76 du code de procédure civile, le juge peut prononcer d'office son incompétence en cas de violation d'une règle de compétence d'attribution lorsque cette règle est d'ordre public, comme c'était le cas ici.
Quelle est la compétence du tribunal de proximité en matière de bail de stationnement ?
Le tribunal de proximité est compétent pour les actions personnelles ou mobilières jusqu'à 10 000 euros, y compris les demandes indéterminées comme la résiliation d'un bail de stationnement, lorsque le montant des loyers impayés n'excède pas ce seuil.
Que se passe-t-il si le montant des demandes est inférieur à 10 000 euros ?
Si le montant total des demandes est inférieur à 10 000 euros, le tribunal de proximité est compétent, et le juge des référés du tribunal judiciaire doit se déclarer incompétent et transmettre l'affaire à ce tribunal.
Comment contester la compétence d'un tribunal en référé ?
La compétence peut être contestée par une exception de procédure, mais le juge peut aussi la soulever d'office si la règle est d'ordre public. Dans cette affaire, le juge a soulevé d'office son incompétence.
Un bail de parking est-il soumis à une compétence spéciale ?
Non, un bail de parking est un bail ordinaire, sans compétence spéciale. Il relève des règles générales de compétence en fonction du montant en jeu, comme l'a rappelé cette décision.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.