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Tribunal judiciaire, jex, 30 juillet 2026 — n° 25/02454

Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur

Synthèse de la décision

Question juridique

Le commandement de payer aux fins de saisie-vente doit-il être annulé lorsque la créance n'est plus liquide et exigible en raison du paiement par les coobligés ?

Principe retenu

Le juge de l'exécution ne peut pas modifier le dispositif d'une décision de justice servant de fondement aux poursuites. Une mesure d'exécution forcée ne peut être mise en œuvre que si le créancier est muni d'un titre exécutoire constatant une créance liquide et exigible. Si la créance a été payée par les coobligés, elle n'est plus exigible, et le commandement doit être annulé.

Faits clés

  • Deux jugements du tribunal judiciaire de Toulouse des 15 septembre 2016 et 9 juin 2022 ont condamné la société Swisslife Assurances de biens à garantir son assurée à hauteur de 10% de la responsabilité.
  • Le 28 janvier 2025, un commandement de payer aux fins de saisie-vente a été délivré à Swisslife pour un montant de 29 418,47 euros.
  • Le même jour, une saisie-attribution a été pratiquée sur les comptes de Swisslife pour 30 765,07 euros.
  • Swisslife a assigné les créanciers en contestation et en opposition.
  • Les créanciers ont été remplis de leurs droits par le paiement effectué par les coobligés (sociétés MAF, SMABTP, Axa France Iard et QBE Insurance Limited) le 5 février 2026.

Articles cités

article 472 du code de procédure civile article L.213-6 du code de l'organisation judiciaire article R.121-1 du code des procédures civiles d'exécution article L.212-2 du code des procédures civiles d'exécution article L.3252-1 du code du travail

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE En exécution de deux jugements du tribunal de grande instance désormais tribunal judiciaire de Toulouse du 15 septembre 2016, rectifié le 20 octobre 2016, et du 9 juin 2022, MM. [D] et [G] ont fait délivrer le 28 janvier 2025 à la société Swisslife Assurances de biens un commandement de payer aux fins de saisie-vente pour un montant total de 29 418,47 euros. Puis, le 28 janvier 2025, MM. [D] et [G] ont fait pratiquer une saisie-attribution sur les comptes bancaires de la société Swisslife Assurances de biens ouverts dans les livres de la banque BNP Paribas pour paiement de la somme globale de 30 765,07 euros. Le 17 février 2025, cette saisie a été dénoncée à la débitrice. Les 28 février 2025, la société Swisslife Assurances de biens a assigné MM. [D] et [G] devant le juge de l’exécution en contestation de la saisie-attribution, puis le 17 mars 2025. Cette affaire a été enrôlée sous le numéro RG 25/02918. Les 17 mars 2025, la société Swisslife Assurances de biens a assigné MM. [D] et [G] devant le juge de l’exécution en opposition au commandement de payer aux fins de saisie-vente. Cette affaire a été enrôlée sous le numéro RG 25/02454. Après trois renvois ordonnés à la demande des parties, l’affaire a été appelée et évoquée à l’audience du 16 juin 2026. La société Swisslife Assurances de biens sollicite du commandement de payer aux fins de saisie-vente et réclame en tout cas une indemnité de procédure de 3 500 euros. Régulièrement assignés, MM. [D] et [G] n’ont pas comparu. Pour un exposé complet des moyens et prétentions de la demanderesse, il est renvoyé à l’assignation.

Motivations de la décision

MOTIFS L'article 472 du code de procédure civile dispose que si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée. En application des dispositions de l’article L.213-6 du code de l’organisation judiciaire, le juge de l'exécution connaît, de manière exclusive, des difficultés relatives aux titres exécutoires et des contestations qui s'élèvent à l'occasion de l'exécution forcée, même si elles portent sur le fond du droit à moins qu'elles n'échappent à la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire. Aux termes de l'article R.121-1 alinéa 2 du même code, le juge de l'exécution ne peut ni modifier le dispositif de la décision de justice qui sert de fondement aux poursuites, ni en suspendre l'exécution. Aux termes de l’article L. 212-2 du code des procédures civiles d’exécution, tout créancier muni d'un titre exécutoire constatant une créance liquide et exigible peut, un mois après la signification d'un commandement, saisir entre les mains d'un employeur les sommes dues à son débiteur à titre de rémunération mentionnées à l'article L. 3252-1 du code du travail. En l’espèce, le commandement de payer aux fins de saisie-vente déféré a été pratiqué en exécution d’un jugement du tribunal de grande instance désormais tribunal judiciaire de Toulouse du 15 septembre 2016 rectifié par jugement du 20 octobre 2016 et d’un second jugement du 9 juin 2022, enjoignant à la société Swisslife Assurances de biens et lui a enjoint, en sa qualité d’assureur responsabilité de la société Pereira Lopes « de relever et garantir son assurée des conséquences des obligations in solidum mises à sa charge » et la condamnant, in solidum avec la société Pereira Lopes et [et d’autres] à verser à MM. [D] et [G] la somme de 32 144,72 euros au titre de leur préjudice immatériel lié aux frais de relogement (page 110 du jugement). Il ressort également du jugement du 9 juin 2022 que « les garanties de la compagnie Swisslife sont mobilisées au titre de la police Responsabilité Civile Entreprise Bâtiment et Travaux Publics souscrite par la société Pereira Lopes, selon avenant n°3 du 15 octobre 2012 », uniquement à hauteur de la seule part de responsabilité de l’assurée, laquelle a été fixée par jugement du 15 septembre 2016 à 10%. Les dispositions personnelles de l’avenant n°3 Responsabilité civile des entreprises du bâtiment et des travaux publics prévoyant enfin une franchise opposable de 10% dans la limite de 750 euros. Enfin, la société Swisslife Assurances de biens établit, au moyen du commandement de payer aux fins de saisie-vente qui lui a été signifié à la requête de ses coobligés, les société MAF, SMABTP, Axa France Iard et QBE Insurance Limited, le 5 février 2026 et des décomptes annexés, que MM. [D] et [G] ont été remplis de leurs droits. En conséquence, en l’absence de créance liquide et exigible actuelle, la demande d’annulation sera accueillie. Succombant, MM. [D] et [G] seront condamnés aux dépens. Il sera également alloué à la société Swisslife Assurances de biens l’indemnité de procédure fixée au dispositif.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le juge de l’exécution, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort, Annule le commandement de payer aux fins de saisie-vente en date du 28 janvier 2025 ; Condamne MM. [D] et [G] aux dépens ; Condamne MM. [D] et [G] à payer à la société Swisslife Assurances de biens la somme de 1 500 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile. Le greffier Le juge de l’exécution

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un commandement de payer aux fins de saisie-vente ?
C'est un acte signifié au débiteur qui lui ordonne de payer une somme due sous peine de saisie de ses biens meubles. Dans cette affaire, il a été délivré à une compagnie d'assurance pour une dette résultant de jugements.
Quand peut-on annuler un commandement de payer ?
Il peut être annulé si la créance n'est pas liquide et exigible, par exemple si elle a déjà été payée. Ici, le juge a annulé le commandement car les créanciers avaient été remplis de leurs droits par le paiement des coobligés.
Quel est le rôle du juge de l'exécution ?
Le juge de l'exécution connaît des difficultés relatives aux titres exécutoires et des contestations lors de l'exécution forcée. Il ne peut ni modifier le dispositif de la décision servant de fondement, ni suspendre l'exécution.
Que se passe-t-il si le débiteur ne comparaît pas ?
Selon l'article 472 du code de procédure civile, le juge statue sur le fond et ne fait droit à la demande que si elle est régulière, recevable et bien fondée. Ici, les créanciers n'ont pas comparu, mais le juge a examiné les pièces.
Qu'est-ce qu'une créance liquide et exigible ?
Une créance est liquide lorsqu'elle est évaluée en argent, et exigible lorsqu'elle n'est pas assortie d'un terme. En l'espèce, la créance n'était plus exigible car elle avait été payée par les coobligés.
Quels sont les effets de l'annulation du commandement ?
L'annulation du commandement de payer entraîne la nullité de la procédure de saisie-vente. Dans cette affaire, le juge a également condamné les créanciers aux dépens et à payer une indemnité de procédure.
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