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Tribunal judiciaire, jex, 30 juillet 2026 — n° 26/03577

Déclare la demande ou le recours irrecevable

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge de l'exécution peut-il accorder des délais pour quitter les lieux et des délais de paiement à un locataire expulsé qui ne paie pas ses loyers et ne justifie d'aucune diligence de relogement ?

Principe retenu

Pour l'octroi de délais, le juge tient compte de la bonne ou mauvaise volonté de l'occupant, de sa situation de famille, de ses diligences pour se reloger, et de la situation du propriétaire. En l'espèce, l'absence de paiement des loyers et l'absence de recherche de relogement justifient le rejet de la demande.

Faits clés

  • Expulsion ordonnée le 9 janvier 2024
  • Commandement de quitter les lieux signifié le 15 janvier 2026
  • Dette locative de 82 760,82 euros au 20 mai 2026
  • Aucun paiement de loyers depuis le 13 février 2024
  • M. [F] vit avec son enfant mineur de 8 ans en résidence alternée

Articles cités

article R.121-1 du code des procédures civiles d'exécution article 1343-5 du code civil article R.121-11 du code des procédures civiles d'exécution article R.442-2 du code des procédures civiles d'exécution article L.441-2-3 du code de la construction et de l'habitation article L.441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation article 700 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Le 9 janvier 2024, le juge des contentieux de la protection du tribunal de proximité de Puteaux a notamment ordonné l’expulsion de M. [F] du logement qu’il occupe situé au [Adresse 3] à Suresnes. Le 24 décembre 2025, la société civile immobilière Asper Suresnes a signifié cette décision à M. [F]. Le 15 janvier 2026, la société civile immobilière Asper Suresnes a fait délivrer à M. [F] un commandement de quitter les lieux. Le 24 avril 2026, M. [F] a saisi le juge de l’exécution. M. [F] sollicite un délai de douze mois pour quitter les lieux ainsi que des délais de paiement les plus larges possibles. A l’appui de sa demande, il indique vivre au sein du logement avec son enfant mineur âgé de de 8 ans dans le cadre d’une résidence alternée. Il expose qu’il a suspendu le paiement des loyers du fait de l’inexécution par la bailleresse de son obligation de délivrance conforme et de difficultés personnelles liées à son licenciement. Il ajoute avoir interjeté appel du jugement d’expulsion et avoir saisi le premier président de la cour d’appel de [Localité 3] d’une demande aux fins d’arrêt de l’exécution provisoire. Il précise enfin disposer de la capacité financière d’apurer sa dette locative compte tenu du chiffre d’affaires généré par sa nouvelle société et d’une indemnité transactionnelle en cours de paiement. En réponse, la société Civile immobilière Asper Suresnes au rejet des demandes adverses. Subsidiairement, elle sollicite de conditionner les délais octroyés au paiement de l’indemnité d’occupation. Elle réclame en tout cas une indemnité de procédure de 1 200 euros. Au soutien de ses prétentions, elle souligne la mauvaise foi du requérant caractérisée par l’importance de la dette locative, l’absence totale de paiement et de recherche sérieuse de logement. Pour plus ample exposé des prétentions et moyens des parties, il est renvoyé aux conclusions visées à l’audience.

Motivations de la décision

MOTIFS Sur la demande de délais de paiement En application des dispositions de l’article R.121-1 du code des procédures civiles d’exécution, le juge de l’exécution a compétence, après signification d’un commandement ou d’un acte de saisie, pour accorder un délai de grâce. En application de l’article 1343-5 du code civil, le juge peut notamment, compte tenu de la situation du débiteur et en considération des besoins du créancier, reporter ou échelonner, dans la limite de deux années, le paiement des sommes dues. En application des dispositions de l’article R.121-11 du code des procédures civiles d’exécution, sauf dispositions contraires, la demande est formée devant le juge de l’exécution par assignation à la première audience utile du juge de l’exécution. Si la demande relative à l’exécution d’une décision de justice ordonnant l’expulsion peut être formée au greffe du juge de l’exécution par lettre recommandée avec demande d’avis de réception ou par requête remise ou adressée au greffe de la juridiction, l’article R.442-2 du même code dispose que ce mode de saisine est dérogatoire à celui prévu par l’article R.121-11 précité. Ainsi, aucune disposition particulière ne prévoit la possibilité de saisir le juge de l’exécution d’une demande de délais de grâce, autrement que par voie d’assignation, qui demeure le mode de saisine du juge, imposé par les textes en la matière. En l’espèce, la demande de délais de paiement de M. [F] formée par voie de requête est irrecevable. Sur la demande de délais pour quitter les lieux En application de l'article L.412-3 du code des procédures civiles d’exécution, le juge peut accorder des délais renouvelables aux occupants de locaux d’habitation ou à usage professionnel dont l'expulsion a été ordonnée judiciairement, chaque fois que le relogement des intéressés ne peut avoir lieu dans des conditions normales et à condition que lesdits occupants ne soient pas entrés dans les locaux à l'aide de manœuvres, de menaces, de voies de fait ou de contrainte. Aux termes de l'article L.412-4 du même code, la durée des délais prévus à l'article L.412-3 ne peut, en aucun cas, être inférieure à un mois ni supérieure à un an. Pour la fixation de ces délais, il est tenu compte de la bonne ou mauvaise volonté manifestée par l'occupant dans l'exécution de ses obligations, des situations respectives du propriétaire et de l'occupant, notamment en ce qui concerne l'âge, l'état de santé, la qualité de sinistré par faits de guerre, la situation de famille ou de fortune de chacun d'eux, les circonstances atmosphériques, ainsi que des diligences que l'occupant justifie avoir faites en vue de son relogement. Il est également tenu compte du droit à un logement décent et indépendant, des délais liés aux recours engagés selon les modalités prévues aux articles L.441-2-3 et L.441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et du délai prévisible de relogement des intéressés. En l’espèce, il ressort des éléments versés aux débats, notamment du relevé de compte du 20 mai 2026, qu’en l’absence d’accord des parties ou d’autorisation judiciaire et nonobstant la perception d’allocations d’aide au retour à l’emploi d’un montant mensuel de 6 137,70 euros et d’honoraires à hauteur de 23 723,28 euros selon facture du 19 février 2026, le requérant n’a procédé à aucune consignation ni paiement des loyers postérieurement au 13 février 2024, de sorte que la dette locative, fixée à la somme de 47 834,47 euros, échéance de juin 2025 incluse, a continué d’augmenter et s’élève désormais à la somme de 82 760,82 euros, juin 2026 inclus. Par ailleurs, M. [F] ne justifie d’aucune diligence afin de se reloger. En conséquence, la demande de délais sera rejetée. Succombant, M. [F] sera condamné aux dépens. Il sera également alloué à la société défenderesse l’indemnité de procédure fixée au dispositif.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le juge de l’exécution, par jugement contradictoire rendu en premier ressort, Déclare irrecevable la demande de délais de paiement ; Rejette la demande de délais pour quitter les lieux ; Condamne M. [F] aux dépens ; Condamne M. [F] à payer à la société civile immobilière Asper Suresnes la somme de 1 200 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile. Le greffier Le juge de l’exécution

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un délai de grâce ?
Un délai de grâce est une période supplémentaire accordée par le juge pour quitter les lieux ou payer une dette, en tenant compte de la situation du débiteur et du créancier.
Quels sont les critères pour obtenir un délai pour quitter les lieux ?
Le juge examine la bonne volonté de l'occupant, ses diligences pour se reloger, sa situation familiale et financière, ainsi que les intérêts du propriétaire.
Pourquoi ma demande de délais a-t-elle été rejetée ?
Dans cette affaire, le juge a rejeté la demande car le locataire n'avait payé aucun loyer depuis longtemps, sa dette avait augmenté, et il ne justifiait d'aucune recherche de relogement.
Puis-je obtenir des délais si j'ai un enfant mineur ?
La présence d'un enfant est un facteur pris en compte, mais elle ne suffit pas si le locataire ne paie pas ses loyers et ne fait pas d'efforts pour se reloger.
Que dois-je faire pour obtenir des délais ?
Il faut démontrer sa bonne foi en payant une partie des loyers, en justifiant de recherches actives de logement, et en expliquant sa situation financière.
Quelle est la différence entre délais de paiement et délais pour quitter les lieux ?
Les délais de paiement permettent d'échelonner le paiement de la dette locative, tandis que les délais pour quitter les lieux reportent l'expulsion. Dans cette affaire, les deux ont été refusés.
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