MOTIFS DE LA DÉCISION
SUR LA REOUVERTURE DES DEBATS
Madame [Q] [J] [Y] s’est présentée plus d’une heure trente après l’heure de sa convocation, le dossier a été retenu en son absence, cette dernière n’ayant pas prévenu la juridiction de son retard.
Madame [Q] [J] [Y] invoquant un accord de règlement avec le bailleur, le juge a sollicité ce dernier afin de connaître son avis sur une éventuelle réouverture des débats. CLESENCE s’est opposée à cette proposition.
Compte tenu de l’absence de reprise de paiement des loyers courants ne permettant pas d’examiner la suspension de la clause résolutoire, de la défaillance de Madame [Q] [J] [Y] qui n’a réglé que deux loyers depuis son entrée dans les lieux, la réouverture des débats n’apparaît ni utile, ni opportune. Elle ne sera donc pas ordonnée.
SUR LA RÉSILIATION :
- sur la recevabilité de l'action :
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture de la Somme par la voie électronique le 17 avril 2026, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
Par ailleurs, CLESENCE justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives par la voie électronique le 9 février 2026, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
L’action est donc recevable.
- sur l’acquisition des effets de la clause résolutoire :
L'article 24 I de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 dans sa version applicable au contrat prévoit que "Toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux".
En l’espèce, le bail entre les parties contient une clause aux termes de laquelle le contrat se trouvera de plein droit résilié, en cas de défaut de paiement du loyer et des charges, six semaines à compter de la délivrance d’un commandement de payer.
Un commandement de payer visant cette clause a été signifié le 6 février 2026, pour la somme en principal de 1.807,59 euros. Ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de six semaines, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail étaient réunies à la date du 21 mars 2026.
Il convient d'en tirer les conséquences et de relever que depuis cette date :
- Madame [Q] [J] [Y] occupe sans droit ni titre les lieux : il y a donc lieu de lui ordonner de libérer le logement dans les conditions précisées au dispositif, faute de quoi, il y aura lieu de l’expulser avec l’assistance de la force publique et d'autoriser la séquestration de ses meubles selon les modalités précisées au dispositif ;
- Madame [Q] [J] [Y] est débitrice envers CLESENCE d’indemnités d'occupation dont le montant doit être fixé à celui des loyers applicables à la date de la résiliation : il y a lieu de la condamner au paiement, du montant des indemnités d'occupation correspondant à la période entre la date de la résiliation du bail et la date de sortie effective des lieux.
Il convient de prévoir que ces indemnités d'occupation feront l'objet d'une indexation dans les mêmes conditions que celles prévues pour le loyer si le bail s'était poursuivi.
SUR LE MONTANT DE L’ARRIÉRÉ LOCATIF :
CLESENCE produit un décompte démontrant que Madame [Q] [J] [Y] reste lui devoir, après soustraction des frais de poursuite, la somme de 4.446,33 euros à la date du 9 juin 2026.
Madame [Q] [J] [Y], non comparante, n’apporte par définition aucun élément de nature à contester le principe ni le montant de la dette.
Elle sera donc condamnée à verser à CLESENCE cette somme de 4.446,33 euros, avec les intérêts au taux légal à compter de la présente décision.
SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES :
Madame [Q] [J] [Y], partie perdante, supportera la charge des dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer et de sa dénonciation à la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions, le coût de l’assignation et de sa notification à la préfecture et du timbre fiscal.
Compte tenu des démarches judiciaires qu’a dû accomplir CLESENCE, elle sera également condamnée à lui verser une somme de 250 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.