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Tribunal judiciaire, referes, 27 juillet 2026 — n° 26/00302

Fait droit à l'ensemble des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des contentieux de la protection peut-il constater l'acquisition de la clause résolutoire et ordonner l'expulsion du locataire pour défaut de paiement des loyers, malgré un effacement partiel de la dette dans le cadre d'une procédure de surendettement ?

Principe retenu

La clause résolutoire insérée dans le bail d'habitation est acquise de plein droit si le locataire ne paie pas les loyers dans le délai de deux mois suivant un commandement de payer délivré par acte de commissaire de justice. L'effacement partiel de la dette dans le cadre d'une procédure de surendettement ne fait pas obstacle à la constatation de la résiliation du bail si le locataire n'a pas régularisé sa situation dans le délai imparti. Le juge peut accorder des délais de paiement au locataire, mais en l'espèce, il a constaté l'acquisition de la clause résolutoire et ordonné l'expulsion.

Faits clés

  • Bail d'habitation signé le 21 novembre 2022 entre les bailleurs et le locataire
  • Loyer mensuel de 597 euros outre charges
  • Commandement de payer délivré le 26 janvier 2026 visant la clause résolutoire
  • Locataire n'a pas régularisé sa dette dans le délai de deux mois
  • Effacement partiel de la dette à hauteur de 4 054,07 euros dans le cadre d'une procédure de surendettement

Articles cités

article 700 du code de procédure civile article L 433-1 du code des procédures civiles d'exécution article R 433-1 du code des procédures civiles d'exécution

Dispositif

Ordonnons l'expulsion de Monsieur [S] [I] et de tous les occupants de son chef à compter de deux mois après signification du commandement de quitter les lieux, avec le concours de la force publique si nécessaire, et si besoin est, Autorisons Monsieur [F] et Madame [N] [G] à faire transporter les meubles et objets mobiliers laissés dans les lieux de tel garde meubles de son choix aux frais et risques de l'expulsé, Condamnons Monsieur [S] [I], à payer à Monsieur [F] et Madame [N] [G] la somme de 730,77 € représentant les loyers et charges dus selon le décompte du 29 juin 2026, Condamnons Monsieur [S] [I], à payer à Monsieur [F] et Madame [N] [G] une indemnité d'occupation égale au montant du loyer actuel indexé et des charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail, à compter du 27 mars 2026 et jusqu'à la libération effective des lieux, Condamnons Monsieur [S] [I], au paiement de la somme de 300 € en application de l'article 700 du code de procédure civile, Condamnons Monsieur [S] [I], aux dépens, Rappelons que la présente ordonnance est de droit exécutoire à titre provisoire. Le greffier Le juge des contentieux de la protection

Exposé du litige

PROCÉDURE L’affaire a été appelée à l’audience publique du 29 juin 2026 Date de délibéré indiqué par le Président : 27 JUILLET 2026 les parties ont été avisées que la décision serait prononcée par sa mise à disposition au greffe de la juridiction le 27 JUILLET 2026 EXPOSE DU LITIGE Par acte du 27 avril 2026, Monsieur [F] et Madame [N] [G], demeurant ensemble 1900 Route de l'Acqueduc à Fontvieille (13990), a assigné en référé devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Tarascon Monsieur [S] [I] pour les motifs suivants tels qu'ils résultent de son acte introductif d'instance. Monsieur [F] et Madame [N] [G] ont donné à bail le 21 novembre 2022 à Monsieur [S] [I] un logement à usage d'habitation situé 1900 Route de l'Acqueduc à Fontvieille (13990) moyennant un loyer mensuel de 597 € outre les charges. Monsieur [S] [I] n'a plus réglé les loyers régulièrement. Par acte de commissaire de justice du 26 janvier 2026, Monsieur [F] et Madame [N] [G] ont fait délivrer à Monsieur [S] [I] un commandement de payer les loyers et charges visant la clause résolutoire. Monsieur [S] [I] n'a pas régularisé la situation. Monsieur [S] [I] a fait l'objet d'un surendettement ayant abouti à un effacement de la dette pour les Bailleurs à hauteur de 4 054,07 €. Le justificatif d'assurance n'a pas été produit. Lors de l'audience du 29 juin 2026, Monsieur [F] et Madame [N] [G] ont soutenu leurs demandes telles qu'elles résultent de l'assignation sous le visa de la loi du 6 juillet 1989 afin de : o Constater la résiliation du bail de plein droit, o Constater l'acquisition de la clause résolutoire au profit de la société requérante quant au bail consenti à Monsieur [S] [I]. o Ordonner l'expulsion immédiate de la partie défenderesse, et celle de tous occupants de son chef, au besoin avec l'assistance de la force publique, o Autoriser la séquestration des biens se trouvant sur place, dans les conditions des articles L 433-1 et suivants et R 433-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution, o Le condamner à payer à la partie requérante le montant des loyers et charges dus actualisé selon le décompte du 29 juin 2026, représentant la somme de 730,77 € compte tenu de l'effacement récent de la dette à hauteur de 4 054,07€, o le condamner à payer le loyers et charges dus depuis cette date et jusqu'à la résiliation du bail, o Le condamner à payer une somme mensuelle égale au loyer actuel indexé, à titre d'indemnité d'occupation, jusqu'à la libération des lieux et remise des clefs à la société demanderesse, o Le condamner au paiement d'une somme de 500 € en application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile, o Le condamner au paiement des dépens. Pas de dialogue possible avec le locataire 2 voisins souffrent des odeurs. Lors de l'audience du 29 juin 2026, Monsieur [S] [I] a déclaré : - Ne pas travailler - Avoir un permis poids lourds - Percevoir le RSA à hauteur de 980 € - Avoir un FSL en cours - Vouloir un délai A présenté en audience le règlement fait pour l'assurance habitation Monsieur le représentant de l'État dans le département, n'a pas adressé au tribunal le rapport de situation sociale du locataire. Pour un exposé complet des faits et de la procédure, il est expressément renvoyé aux écritures des parties ainsi que cela est prescrit à l'article 455 du code de procédure civile. Cité par acte de commissaire de justice délivré à étude, Monsieur [S] [I] a comparu à l'audience. La présente décision, rendue en premier ressort, sera contradictoire, conformément à l'article 473 du code de procédure civile.

Motivations de la décision

M O T I F S Attendu que l'article 1315 du Code civil énonce, par ailleurs, que celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver ; Que l'article 9 du Code de procédure civile précise également qu'il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention. - Sur la recevabilité de l'assignation : Il résulte des dispositions de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, applicables aux actions tendant à obtenir le prononcé de la résiliation du bail d'habitation, que le bailleur doit, à peine d'irrecevabilité de la demande, justifier de la saisine de la Commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) ou Caisse d'Allocations Familiales six semaines au moins avant de délivrer l'assignation et notifier six semaines avant l'audience, l'assignation au représentant de l'Etat dans le département. En l'espèce Monsieur [F] et Madame [N] [G] justifient avoir : - saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives le 27 janvier 2026 - notifié ladite assignation au représentant de l'Etat le 28 avril 2026, soit plus de 6 semaines avant l'audience. Il y a donc lieu de déclarer l'action recevable. Sur la résiliation du bail et l'expulsion de Monsieur [S] [I] Il ressort des justificatifs produits et des explications que les loyers et charges de Monsieur [S] [I] n'ont pas été régulièrement, et intégralement payés depuis le mois d'octobre 2025. Ce manquement s'est perpétué pendant plus de deux mois à compter du commandement de payer signifié le 26 janvier 2026 à Monsieur [S] [I] , reproduisant la clause résolutoire insérée au bail ainsi que toutes les dispositions de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dans leur rédaction issue de la loi du 29 juillet 1998, avec celles des deux premiers alinéas de l'article 6 de la loi du 31 mai 1990 modifiés par la loi du 13 août 2004, ainsi que celles du troisième alinéas du même article remplacées par la loi du 24 mars 2014. L'article 24 - V de la loi du 6 juillet 1989 précise : V. - Le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d'office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu'il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l'article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative. Le quatrième alinéa de l'article 1343-5 s'applique lorsque la décision du juge est prise sur le fondement du présent alinéa. Le juge peut d'office vérifier tout élément constitutif de la dette locative et le respect de l'obligation prévue au premier alinéa de l'article 6 de la présente loi. Il invite les parties à lui produire tous éléments relatifs à l'existence d'une procédure de traitement du surendettement au sens du livre VII du code de la consommation. Alors que dans les mesures édictées lors d'un dépôt de dossier de surendettement, même une fois déclaré recevable par la Banque de France, ne dispense pas le locataire de payer son loyer, ce que n'a pas fait Monsieur [S] [I]. Monsieur [S] [I], n'ayant pas repris régulièrement le paiement du loyer ne peut donc pas être bénéficiaire d'un délai pour résorber la dette locative. Par conséquent, la résiliation de plein droit du contrat de bail est acquise à compter du 27 mars 2026 par le jeu de la clause résolutoire rappelée ci-dessus. Dès lors, la partie défenderesse devra libérer les lieux, sous peine d'être expulsée. Monsieur [S] [I] sera, en conséquence, condamné à payer à Monsieur [F] et Madame [N] [G] une indemnité d'occupation de mensuelle égale au montant du loyer actuel indexé et des charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail, et cela jusqu'à la libération effective des lieux. Sur la demande des loyers et charges impayés En droit, en application des dispositions de l'article 849 du code de procédure civile, le juge des référés peut accorder une provision au créancier dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, Les sommes dues au titre de l'arriéré de loyers, charges sollicitées par Monsieur [F] et Madame [N] [G] s'élèvent à la somme de 730,77 €, arrêté au 29 juin 2026, compte tenu de l'effacement de la dette pour 4 054,07 €. Les frais de commandement de payer et de l'assignation seront exclus du décompte en principal, s'agissant de simple dépens. Il convient également de déduire des sommes réclamées par la société demanderesse les autres frais inscrits en compte et non justifiés par des pièces de procédure. Monsieur [S] [I] sera condamné au paiement de cette somme, soit 730,77 €. Sur les dépens et sur l'article 700 du Code de procédure civile L'équité commande d'allouer la somme de 300 €, sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile à Monsieur [F] et Madame [N] [G]. La partie défenderesse, qui succombe sera tenue aux dépens. P A R C E S M O T I F S Nous juge des contentieux de la protection statuant en référé après débats publics, par ordonnance contradictoire, en premier ressort et exécutoire de plein droit par provision, par mise à disposition au greffe ; Constatons l'acquisition de plein droit de la clause résolutoire insérée au bail à la date du 27 mars 2026,

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une clause résolutoire dans un bail d'habitation ?
La clause résolutoire est une clause du contrat de bail qui prévoit la résiliation automatique du bail en cas de non-paiement des loyers ou de non-versement du dépôt de garantie, après un commandement de payer resté infructueux pendant un délai de deux mois.
Comment se déroule la procédure d'expulsion pour impayés de loyers ?
Le bailleur doit d'abord délivrer un commandement de payer au locataire. Si le locataire ne paie pas dans les deux mois, le bailleur peut assigner le locataire devant le juge des contentieux de la protection en référé pour faire constater l'acquisition de la clause résolutoire et obtenir l'expulsion. Le juge peut accorder des délais de paiement au locataire.
Mon surendettement peut-il m'éviter l'expulsion ?
Le surendettement peut entraîner un effacement partiel de la dette, mais il ne suspend pas automatiquement la procédure d'expulsion. Dans cette affaire, malgré l'effacement de 4 054,07 euros, le locataire n'a pas régularisé sa situation dans le délai, et le juge a constaté l'acquisition de la clause résolutoire et ordonné l'expulsion.
Qu'est-ce qu'une indemnité d'occupation ?
L'indemnité d'occupation est une somme due par le locataire qui se maintient dans les lieux après la résiliation du bail. Elle correspond au montant du loyer et des charges qui auraient été dus si le bail n'avait pas été résilié, et elle est due jusqu'à la libération effective des lieux.
Puis-je demander des délais de paiement au juge ?
Oui, le locataire peut demander des délais de paiement au juge. Le juge peut accorder des délais si le locataire est de bonne foi et en mesure de régulariser sa dette. Dans cette affaire, le locataire a demandé des délais, mais le juge ne les a pas accordés, probablement en raison de l'absence de perspective de paiement.
Que se passe-t-il si je ne quitte pas les lieux après l'ordonnance d'expulsion ?
Si le locataire ne quitte pas les lieux volontairement, le bailleur peut faire appel à la force publique pour procéder à l'expulsion. Le locataire peut également être condamné à payer une indemnité d'occupation jusqu'à son départ.
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