Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Bail d'habitation et location

Tribunal judiciaire, referes, 27 juillet 2026 — n° 26/00300

Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire)

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des contentieux de la protection peut-il constater l'acquisition de la clause résolutoire et ordonner l'expulsion du locataire pour défaut de paiement des loyers, malgré la situation de surendettement et de handicap du locataire ?

Principe retenu

Le défaut de paiement des loyers et charges justifie l'acquisition de la clause résolutoire insérée au bail, entraînant la résiliation de plein droit du bail et l'expulsion du locataire. Le juge des référés peut constater cette acquisition et ordonner l'expulsion, même si le locataire est en situation de surendettement ou de handicap, dès lors que le commandement de payer est resté infructueux.

Faits clés

  • Bail d'habitation signé le 15 novembre 2020
  • Loyer mensuel de 471,66 €
  • Commandement de payer délivré le 19 janvier 2026
  • Locataire en situation de handicap et d'invalidité
  • Locataire a bénéficié d'un effacement de dettes

Articles cités

article 700 du code de procédure civile article L 433-1 du code des procédures civiles d'exécution article R 433-1 du code des procédures civiles d'exécution

Dispositif

Ordonnons l'expulsion de Monsieur [Y] [W] et de tous les occupants de son chef à compter de deux mois après signification du commandement de quitter les lieux, avec le concours de la force publique si nécessaire, et si besoin est, Autorisons Madame [M] [N] à faire transporter les meubles et objets mobiliers laissés dans les lieux de tel garde meubles de son choix aux frais et risques de l'expulsé, Condamnons Monsieur [Y] [W], à payer à Madame [M] [N] la somme de 3 000 € représentant les loyers et charges dus selon le décompte du 29 juin 2026, Condamnons Monsieur [Y] [W], à payer à Madame [M] [N] une indemnité d'occupation égale au montant du loyer actuel indexé et des charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail, à compter du 20 mars 2026 et jusqu'à la libération effective des lieux, Condamnons Monsieur [Y] [W], au paiement de la somme de 300 € en application de l'article 700 du code de procédure civile, Condamnons Monsieur [Y] [W], aux dépens, Rappelons que la présente ordonnance est de droit exécutoire à titre provisoire. Le greffier Le juge des contentieux de la protection

Exposé du litige

PROCÉDURE L’affaire a été appelée à l’audience publique du 29 juin 2026 Date de délibéré indiqué par le Président : 27 JUILLET 2026 les parties ont été avisées que la décision serait prononcée par sa mise à disposition au greffe de la juridiction le 27 JUILLET 2026 EXPOSE DU LITIGE Par acte du 27 avril 2026, Madame [M] [N], demeurant Lotissement Clef de Sol 6 impasse Maurice Ravel à Chateaurenard (13160), a assigné en référé devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Tarascon Monsieur [Y] [W] pour les motifs suivants tels qu'ils résultent de son acte introductif d'instance. Madame [M] [N] a donné à bail le 15 novembre 2020 à Monsieur [Y] [W] un logement à usage d'habitation situé 34 Route de Saint Andiol à Cabannes (13440), devenu 100 Impasse de l'Auriol, et moyennant un loyer mensuel de 471,66 € outre les charges. Monsieur [Y] [W] n'a plus réglé les loyers régulièrement. Par acte de commissaire de justice du 19 janvier 2026, Madame [M] [N] a fait délivrer à Monsieur [Y] [W] un commandement de payer les loyers et charges visant la clause résolutoire. Monsieur [Y] [W] n'a pas régularisé la situation. Lors de l'audience du 29 juin 2026, Madame [M] [N] a soutenu ses demandes telles qu'elles résultent de l'assignation sous le visa de la loi du 6 juillet 1989 afin de : o Constater la résiliation du bail de plein droit, o Constater l'acquisition de la clause résolutoire au profit de la société requérante quant au bail consenti à Monsieur [Y] [W]. o Ordonner l'expulsion immédiate de la partie défenderesse, et celle de tous occupants de son chef, au besoin avec l'assistance de la force publique, o Autoriser la séquestration des biens se trouvant sur place, dans les conditions des articles L 433-1 et suivants et R 433-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution, o Le condamner à payer à la requérante le montant des loyers et charges dus actualiser selon le décompte du 29 juin 2026, représentant la somme de 3 000 €, o le condamner à payer le loyers et charges dus depuis cette date et jusqu'à la résiliation du bail, o le condamner à payer une somme mensuelle égale au loyer actuel indexé, à titre d'indemnité d'occupation, jusqu'à la libération des lieux et remise des clefs à la société demanderesse, o Le condamner au paiement d'une somme de 500 € en application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile, o Le condamner au paiement des dépens. Le paiement du loyer n'a pas repris Lors de l'audience du 29 juin 2026, Monsieur [Y] [W] a déclaré : - Avoir été surendetté avec un effacement de la dette - Percevoir 1 300 € par mois - Déclaré le logement insalubre - Ne pas avoir le droit au logement social Le 11 juin 2026, Monsieur le représentant de l'État dans le département, a adressé au tribunal le rapport de situation sociale du locataire aux termes duquel il est précisé que Monsieur est en invalidité et en situation de handicap qui a généré une baisse de ses ressources. Il a repris le paiement de son loyer et souhaite un échéancier. Une demande [O] doit être effectuée. Pour un exposé complet des faits et de la procédure, il est expressément renvoyé aux écritures des parties ainsi que cela est prescrit à l'article 455 du code de procédure civile. Cité par acte de commissaire de justice délivré à étude, Monsieur [Y] [W] a comparu à l'audience. La présente décision, rendue en premier ressort, sera contradictoire, conformément à l'article 473 du code de procédure civile.

Motivations de la décision

M O T I F S Attendu que l'article 1315 du Code civil énonce, par ailleurs, que celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver ; Que l'article 9 du Code de procédure civile précise également qu'il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention. - Sur la recevabilité de l'assignation : Il résulte des dispositions de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, applicables aux actions tendant à obtenir le prononcé de la résiliation du bail d'habitation, que le bailleur doit, à peine d'irrecevabilité de la demande, justifier de la saisine de la Commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) ou Caisse d'Allocations Familiales six semaines au moins avant de délivrer l'assignation et notifier six semaines avant l'audience, l'assignation au représentant de l'Etat dans le département. En l'espèce Madame [M] [N] justifie avoir : - saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives le 20 janvier 2026 - notifié ladite assignation au représentant de l'Etat le 28 avril 2026, soit plus de 6 semaines avant l'audience. Il y a donc lieu de déclarer l'action recevable. Sur la résiliation du bail et l'expulsion de Monsieur [Y] [W] Il ressort des justificatifs produits et des explications que les loyers et charges de Monsieur [Y] [W] n'ont pas été régulièrement, et intégralement payés depuis le mois de juillet 2024. Ce manquement s'est perpétué pendant plus de deux mois à compter du commandement de payer signifié le 19 janvier 2026 à Monsieur [Y] [W] , reproduisant la clause résolutoire insérée au bail ainsi que toutes les dispositions de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dans leur rédaction issue de la loi du 29 juillet 1998, avec celles des deux premiers alinéas de l'article 6 de la loi du 31 mai 1990 modifiés par la loi du 13 août 2004, ainsi que celles du troisième alinéas du même article remplacées par la loi du 24 mars 2014. L'article 24 - V de la loi du 6 juillet 1989 précise : V. - Le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d'office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu'il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l'article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative. Le quatrième alinéa de l'article 1343-5 s'applique lorsque la décision du juge est prise sur le fondement du présent alinéa. Le juge peut d'office vérifier tout élément constitutif de la dette locative et le respect de l'obligation prévue au premier alinéa de l'article 6 de la présente loi. Il invite les parties à lui produire tous éléments relatifs à l'existence d'une procédure de traitement du surendettement au sens du livre VII du code de la consommation. Monsieur [Y] [W], n'ayant pas repris le paiement normal du loyer ne peut être bénéficiaire d'un délai pour résorber la dette locative. Par conséquent, la résiliation de plein droit du contrat de bail est acquise à compter du 20 mars 2026 par le jeu de la clause résolutoire rappelée ci-dessus. Dès lors, la défenderesse devra libérer les lieux, sous peine d'être expulsée. Monsieur [Y] [W] sera, en conséquence, condamné à payer à Madame [M] [N] une indemnité d'occupation de mensuelle égale au montant du loyer actuel indexé et des charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail, et cela jusqu'à la libération effective des lieux. Sur la demande des loyers et charges impayés En droit, en application des dispositions de l'article 849 du code de procédure civile, le juge des référés peut accorder une provision au créancier dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, Les sommes dues au titre de l'arriéré de loyers, charges sollicitées par Madame [M] [N] s'élèvent à la somme de 3 000 €, arrêté au 29 juin 2026. Les frais de commandement de payer et de l'assignation seront exclus du décompte en principal, s'agissant de simple dépens. Il convient également de déduire des sommes réclamées par la société demanderesse les autres frais inscrits en compte et non justifiés par des pièces de procédure. Monsieur [Y] [W] sera condamné au paiement de cette somme, soit 3 000 €. Sur les dépens et sur l'article 700 du Code de procédure civile L'équité commande d'allouer la somme de 300 €, sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile à Madame [M] [N]. La partie défenderesse, qui succombe sera tenue aux dépens. P A R C E S M O T I F S Nous juge des contentieux de la protection statuant en référé après débats publics, par ordonnance contradictoire, en premier ressort et exécutoire de plein droit par provision, par mise à disposition au greffe ; Constatons l'acquisition de plein droit de la clause résolutoire insérée au bail à la date du 20 mars 2026,

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une clause résolutoire dans un bail d'habitation ?
Une clause résolutoire est une clause du contrat de bail qui prévoit la résiliation automatique du bail en cas de défaut de paiement des loyers ou de non-respect de certaines obligations. Dans cette affaire, le bail contenait une telle clause, et le juge a constaté son acquisition à la date du 20 mars 2026.
Le propriétaire peut-il m'expulser si je suis en situation de handicap ?
En principe, le handicap ne protège pas contre l'expulsion pour impayés de loyers. Dans cette affaire, le locataire était en situation de handicap et d'invalidité, mais le juge a ordonné son expulsion car il n'avait pas payé ses loyers. Toutefois, le juge a tenu compte de sa situation pour accorder un délai avant l'expulsion (deux mois après signification du commandement de quitter les lieux).
Puis-je obtenir un délai de paiement si je suis surendetté ?
Le surendettement peut permettre d'obtenir des délais de paiement, mais dans cette affaire, le locataire avait déjà bénéficié d'un effacement de dettes et n'avait pas repris le paiement régulier des loyers. Le juge a constaté l'acquisition de la clause résolutoire et ordonné l'expulsion, tout en condamnant le locataire à payer les loyers impayés et une indemnité d'occupation.
Qu'est-ce qu'une indemnité d'occupation ?
L'indemnité d'occupation est une somme due par le locataire qui reste dans les lieux après la résiliation du bail. Elle est généralement égale au montant du loyer et des charges qui auraient été dus si le bail n'avait pas été résilié. Dans cette affaire, le locataire a été condamné à payer cette indemnité à compter du 20 mars 2026 jusqu'à la libération effective des lieux.
Comment se déroule une procédure d'expulsion pour impayés de loyers ?
La procédure commence par un commandement de payer délivré par un commissaire de justice. Si le locataire ne paie pas dans le délai imparti, le bailleur peut assigner le locataire devant le juge des contentieux de la protection en référé. Le juge peut constater l'acquisition de la clause résolutoire, ordonner l'expulsion et condamner le locataire à payer les sommes dues. Dans cette affaire, le juge a ordonné l'expulsion avec le concours de la force publique si nécessaire.
Quels sont mes droits si je ne peux pas payer mon loyer à cause de mon handicap ?
Le handicap ne suspend pas l'obligation de payer le loyer. Cependant, le locataire peut demander des délais de paiement ou solliciter une aide au logement. Dans cette affaire, le locataire a invoqué son handicap et sa situation d'invalidité, mais le juge a tout de même constaté la résiliation du bail et ordonné l'expulsion, tout en lui accordant un délai de deux mois avant l'expulsion effective.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.