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Tribunal judiciaire, referes, 27 juillet 2026 — n° 26/00306

Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire)

Synthèse de la décision

Question juridique

Le bailleur peut-il obtenir la résiliation du bail et l'expulsion du locataire pour défaut de paiement des loyers et absence d'assurance, malgré l'absence de comparution du locataire ?

Principe retenu

La clause résolutoire insérée dans le bail est acquise de plein droit si le locataire ne paie pas les loyers dans le délai de deux mois suivant un commandement de payer. Le juge des contentieux de la protection peut constater la résiliation du bail et ordonner l'expulsion du locataire, même en son absence, si la dette locative est certaine et que le locataire n'a pas régularisé sa situation.

Faits clés

  • Bail d'habitation signé le 9 avril 2019
  • Loyer mensuel de 480 euros
  • Commandement de payer délivré le 13 janvier 2026
  • Locataire n'a pas payé les loyers depuis plusieurs mois
  • Locataire n'a pas fourni d'attestation d'assurance

Articles cités

article 472 du code de procédure civile article 473 du code de procédure civile article 455 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile article L 433-1 du code des procédures civiles d'exécution article R 433-1 du code des procédures civiles d'exécution

Dispositif

Ordonnons l'expulsion de Monsieur [P] [H] et de tous les occupants de son chef à compter de deux mois après signification du commandement de quitter les lieux, avec le concours de la force publique si nécessaire, et si besoin est, Autorisons Monsieur [T] [U] à faire transporter les meubles et objets mobiliers laissés dans les lieux de tel garde meubles de son choix aux frais et risques de l'expulsée, Condamnons Monsieur [P] [H], à payer à Monsieur [T] [U] la somme de 1 469,18 € représentant les loyers et charges dus selon le décompte du 27 juin 2026, Condamnons Monsieur [P] [H], à payer à Monsieur [T] [U] une indemnité d'occupation égale au montant du loyer actuel indexé et des charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail, à compter du 14 février 2026 et jusqu'à la libération effective des lieux, Condamnons Monsieur [P] [H], au paiement de la somme de 300 € en application de l'article 700 du code de procédure civile, Condamnons Monsieur [P] [H], aux dépens, Rappelons que la présente ordonnance est de droit exécutoire à titre provisoire. Le greffier Le juge des contentieux de la protection

Exposé du litige

PROCÉDURE L’affaire a été appelée à l’audience publique du 29 juin 2026 Date de délibéré indiqué par le Président : 27 JUILLET 2026 les parties ont été avisées que la décision serait prononcée par sa mise à disposition au greffe de la juridiction le 27 JUILLET 2026 EXPOSE DU LITIGE Par acte du 30 avril 2026, Monsieur [T] [U], demeurant 14 Boulevard Marcelin Berthelot à Arles (13200), a assigné en référé devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Tarascon Monsieur [P] [H] pour les motifs suivants tels qu'ils résultent de son acte introductif d'instance. Monsieur [T] [U] a donné à bail le 9 avril 2019 à Monsieur [P] [H] un logement à usage d'habitation situé 10 rue du 4 Septembre à Arles (13200) moyennant un loyer mensuel de 480 € outre les charges. Monsieur [P] [H] n'a plus réglé les loyers régulièrement. Par acte de commissaire de justice du 13 janvier 2026, Monsieur [T] [U] a fait délivrer à Monsieur [P] [H] un commandement de payer les loyers et charges et de justifier de l'assurance visant la clause résolutoire. Monsieur [P] [H] n'a pas régularisé la situation. Lors de l'audience du 29 juin 2026, Monsieur [T] [U] a soutenu ses demandes telles qu'elles résultent de l'assignation sous le visa de la loi du 6 juillet 1989 afin de : o Constater la résiliation du bail de plein droit, o Constater l'acquisition de la clause résolutoire au profit de la société requérante quant au bail consenti à Monsieur [P] [H]. o Ordonner l'expulsion immédiate de la partie défenderesse, et celle de tous occupants de son chef, au besoin avec l'assistance de la force publique, o Autoriser la séquestration des biens se trouvant sur place, dans les conditions des articles L 433-1 et suivants et R 433-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution, o Le condamner à payer à la partie requérante le montant des loyers et charges dus actualisé selon le décompte du 27 juin 2026, représentant la somme de 1 469,18€, o le condamner à payer le loyers et charges dus depuis cette date et jusqu'à la résiliation du bail, o Le condamner à payer une somme mensuelle égale au loyer actuel indexé, à titre d'indemnité d'occupation, jusqu'à la libération des lieux et remise des clefs à la société demanderesse, o Le condamner au paiement d'une somme de 500 € en application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile, o Le condamner au paiement des dépens. " Précise que l'attestation d'assurance est absente " Maintien sa demande d'expulsion Le 22 juin 2026, Monsieur le représentant de l'État dans le département, a adressé au tribunal le rapport de situation sociale du locataire qui ne s'est pas présenté au rendez-vous. Pour un exposé complet des faits et de la procédure, il est expressément renvoyé aux écritures des parties ainsi que cela est prescrit à l'article 455 du code de procédure civile. Cité par acte de commissaire de justice délivré à étude, Monsieur [P] [H] n'a pas comparu à l'audience. La présente décision, rendue en premier ressort, sera réputée contradictoire, conformément à l'article 473 du code de procédure civile.

Motivations de la décision

M O T I F S Conformément à l'article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, le juge est fondé à statuer sur le fond et à faire droit à la demande dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée. Attendu que l'article 1315 du Code civil énonce, par ailleurs, que celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver ; Que l'article 9 du Code de procédure civile précise également qu'il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention. - Sur la recevabilité de l'assignation : Il résulte des dispositions de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, applicables aux actions tendant à obtenir le prononcé de la résiliation du bail d'habitation, que le bailleur doit, à peine d'irrecevabilité de la demande, justifier de la saisine de la Commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) ou Caisse d'Allocations Familiales six semaines au moins avant de délivrer l'assignation et notifier six semaines avant l'audience, l'assignation au représentant de l'Etat dans le département. En l'espèce Monsieur [T] [U] justifie avoir : - saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives le 14 janvier 2026 - notifié ladite assignation au représentant de l'Etat le 4 mai 2026, soit plus de 6 semaines avant l'audience. Il y a donc lieu de déclarer l'action recevable. Sur la résiliation du bail et l'expulsion de Monsieur [P] [H] Aux termes de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeurer infructueux. L'article 7 g) de la même loi ajoute que : " A défaut de la remise de l'attestation d'assurance et après un délai d'un mois à compter d'une mise en demeure non suivie d'effet, le bailleur peut souscrire une assurance pour compte du locataire, récupérable auprès de celui-ci ". Il ressort des justificatifs produits et des explications que les loyers et charges de Monsieur [P] [H] n'ont pas été régulièrement, et intégralement payés depuis le mois de juillet 2019. Ce manquement s'est perpétué pendant plus de deux mois à compter du commandement de payer signifié le 13 janvier 2026 à Monsieur [P] [H] , reproduisant la clause résolutoire insérée au bail ainsi que toutes les dispositions de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dans leur rédaction issue de la loi du 29 juillet 1998, avec celles des deux premiers alinéas de l'article 6 de la loi du 31 mai 1990 modifiés par la loi du 13 août 2004, ainsi que celles du troisième alinéas du même article remplacées par la loi du 24 mars 2014. De plus, l'attestation d'assurance n'a pas été fournie par le locataire dans le délai d'un mois, ni à l'audience. Par ailleurs, le juge n'a pas été saisi par la locataire afin d'obtenir des délais de paiement et la suspension de la clause résolutoire. Par conséquent, la résiliation de plein droit du contrat de bail est acquise à compter du 14 février 2026 par le jeu de la clause résolutoire rappelée ci-dessus. Dès lors, la partie défenderesse devra libérer les lieux, sous peine d'être expulsée. Monsieur [P] [H] sera, en conséquence, condamné à payer à Monsieur [T] [U] une indemnité d'occupation de mensuelle égale au montant du loyer actuel indexé et des charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail, et cela jusqu'à la libération effective des lieux. Sur la demande des loyers et charges impayés En droit, en application des dispositions de l'article 849 du code de procédure civile, le juge des référés peut accorder une provision au créancier dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, Les sommes dues au titre de l'arriéré de loyers, charges sollicitées par Monsieur [T] [U] s'élèvent à la somme de 1 469,18 €, arrêté au 27 juin 2026. Les frais de commandement de payer et de l'assignation seront exclus du décompte en principal, s'agissant de simple dépens. Il convient également de déduire des sommes réclamées par la société demanderesse les autres frais inscrits en compte et non justifiés par des pièces de procédure. Monsieur [P] [H] sera condamné au paiement de cette somme, soit 1469,18€. Sur les dépens et sur l'article 700 du Code de procédure civile L'équité commande d'allouer la somme de 300 €, sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile à Monsieur [T] [U]. La partie défenderesse, qui succombe sera tenue aux dépens. P A R C E S M O T I F S Nous juge des contentieux de la protection statuant en référé après débats publics, par ordonnance réputée contradictoire, en premier ressort et exécutoire de plein droit par provision, par mise à disposition au greffe ; Constatons l'acquisition de plein droit de la clause résolutoire insérée au bail à la date du 14 février 2026,

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une clause résolutoire dans un bail d'habitation ?
Une clause résolutoire permet au bailleur de résilier le bail de plein droit si le locataire ne paie pas les loyers dans un délai de deux mois après un commandement de payer. Dans cette affaire, la clause a été acquise le 14 février 2026.
Comment obtenir l'expulsion d'un locataire impayé ?
Le bailleur doit d'abord délivrer un commandement de payer, puis saisir le juge des contentieux de la protection en référé. Si le locataire ne paie pas, le juge peut constater la résiliation du bail et ordonner l'expulsion, comme cela a été fait ici.
Le locataire ne comparaît pas à l'audience, que se passe-t-il ?
Le juge peut statuer par ordonnance réputée contradictoire, en se fondant sur les pièces fournies par le bailleur. Dans cette affaire, le locataire n'était pas présent, mais le juge a fait droit aux demandes du bailleur.
Qu'est-ce qu'une indemnité d'occupation ?
C'est une somme due par le locataire pour l'occupation des lieux après la résiliation du bail, généralement égale au montant du loyer et des charges. Ici, elle est due à compter du 14 février 2026 jusqu'à la libération des lieux.
Quels sont les frais que le locataire doit rembourser ?
Le locataire doit payer les loyers impayés, l'indemnité d'occupation, les dépens et une somme au titre de l'article 700 du code de procédure civile. Dans cette affaire, il a été condamné à payer 1469,18 € pour les loyers dus et 300 € pour les frais.
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