Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Résiliation et abonnements

Tribunal judiciaire, chambre 7, 28 juillet 2026 — n° 26/00094

Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire)

Synthèse de la décision

Question juridique

Le bailleur peut-il obtenir la résiliation du bail et l'expulsion du locataire en raison du non-paiement des loyers, et le locataire peut-il bénéficier de délais de paiement pour éviter l'expulsion ?

Principe retenu

La clause résolutoire insérée dans le bail est acquise si le locataire ne paie pas les loyers dans le délai de deux mois suivant un commandement de payer. Le juge peut accorder des délais de paiement et suspendre les effets de la clause résolutoire si le locataire est de bonne foi et en mesure de régler sa dette. En l'absence de paiement, l'expulsion peut être ordonnée.

Faits clés

  • Bail d'habitation conclu le 7 avril 2025 pour un logement situé à Brive-la-Gaillarde
  • Loyer mensuel de 578,68 euros plus 124,72 euros de charges
  • Commandement de payer délivré le 3 octobre 2025 pour un arriéré de 1 698,16 euros
  • Locataire n'a pas réglé les causes du commandement dans le délai de deux mois
  • Arriéré locatif au 4 juin 2026 s'élevant à 3 614,74 euros

Articles cités

article 1244-1 du code civil article 62 de la loi n°91-650 du 09 juillet 1991 article 700 du code de procédure civile

Exposé du litige

✤ ✤ ✤ ✤ ✤ EXPOSÉ DU LITIGE Selon acte sous seing privé en date du 07 avril 2025 à effet au 11 avril 2025, l’OFFICE PUBLIC DE L’HABITAT PAYS DE BRIVE a donné en location à Madame [A] [Q] un logement situé [Adresse 3], moyennant un loyer mensuel révisable de 578,68 euros, outre la somme de 124,72 euros au titre des provisions mensuelles sur charges. Le 03 octobre 2025, le bailleur a fait délivrer à la locataire un commandement de payer visant la clause résolutoire prévue au bail, la mettant en demeure de régler la somme principale de 1.698,16 euros, outre les frais, au titre des loyers échus au jour de l’acte. Faisant valoir que les causes du commandement de payer n’ont pas été réglées dans le délai requis, le bailleur a, par acte de commissaire de justice du 09 avril 2026, fait assigner Madame [A] [Q] devant ce tribunal, auquel il demande de : - constater que les effets de la clause résolutoire contenus dans le contrat de location sont acquis à l’expiration du commandement de payer soit le 3 décembre 2025, - ordonner en conséquence l’expulsion de la défenderesse et de tout occupant des lieux, avec le concours de la force publique s’il y a lieu du logement qu’elle occupe sis [Adresse 3], - condamner la défenderesse à lui payer les sommes suivantes : - 2.641,92 euros au titre de l’arriéré des loyers et charges au 2 avril 2026 avec intérêts de droit à compter de la date de l’assignation, - aux loyers du 3 avril 2026 à la date de la résiliation judiciaire du bail, - une indemnité d’occupation égale au montant du prix du loyer révisable conformément à la législation en vigueur et des charges, à compter de la résiliation judiciaire du bail jusqu’à la libération effective des lieux de tout occupant, - 500 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile, - ordonner l’exécution provisoire, - à titre subsidiaire : - dans l’hypothèse ou des délais de paiement pour le règlement de la dette seraient accordés en vertu de l’article 1244-1 du code civil, dire qu’à défaut de règlement d’une seule échéance, la totalité de la dette redeviendra immédiatement exigible ou dans la mesure où un sursis à expulsion serait accordé en vertu de l’article 62 de la loi n°91-650 du 09 juillet 1991, dire qu’à défaut d’un seul règlement de l’indemnité d’occupation mensuelle ou d’une mensualité pour le règlement de la dette, l’occupant sans titre devra libérer sans délai le logement de sa personne, de ses biens et de tous occupants de son chef et qu’il puisse être expulsé au besoin avec l’assistance de la force publique, - dans l’hypothèse où la résiliation du bail ne serait pas prononcée et serait suspendue au respect d’un échéancier de paiement de la dette dire qu’à défaut de règlement d’une seule échéance par le locataire soit prononcée la résiliation du bail, ordonnée l’expulsion du locataire et sa condamnation au paiement de la dette et des indemnités d’occupation jusqu’au départ définitif. L’affaire a été entendue à l’audience du 16 juin 2026. L’OFFICE PUBLIC DE L’HABITAT PAYS DE [Localité 3], représenté par son avocat, a repris oralement les termes de son assignation en actualisant sa demande à la somme de 3.614,74 euros au titre des loyers, indemnités mensuelles d’occupation et charges impayés au 04 juin 2026, terme de mai 2026 inclus. Régulièrement citée à l’étude, Madame [A] [Q] n’a pas comparu. L’affaire a été mise en délibéré et la date de prononcé par mise à disposition au greffe a été fixée au 28 juillet 2026.

Motivations de la décision

MOTIFS Sur la recevabilité de la demande L’OFFICE PUBLIC DE L’HABITAT PAYS DE [Localité 3] justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives le 06 octobre 2025, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation le 09 avril 2026, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989. L’assignation a été notifiée au préfet de la [Localité 4] le 10 avril 2026, soit six semaines au moins avant la date de l’audience le 16 juin 2026, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989. La demande est en conséquence recevable. Sur l’impayé locatif L’article 7 a) de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 énonce que le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus. L’OFFICE PUBLIC DE L’HABITAT PAYS DE [Localité 3] est fondé à actualiser le montant de sa demande à l’audience en l’absence de la défenderesse dès lors qu’il sollicitait dans son assignation sa condamnation au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant du prix du loyer révisable conformément à la législation en vigueur et des charges à compter de la résiliation du bail, que par conséquent la défenderesse était informée de l’évolution du montant de la demande et que par suite le principe du contradictoire est respecté. Il résulte du décompte versé aux débats que le montant des loyers, charges et indemnités mensuelles d’occupation dus par la locataire au 04 juin 2026, terme de mai 2026 inclus, s’élève à la somme de 3.614,74 euros. Aucun élément ne permet de contester le montant de ce décompte. Il convient en conséquence de condamner Madame [A] [Q] à payer au demandeur la somme de 3.614,74 euros au titre des loyers, charges et indemnités mensuelles d’occupation dus au 04 juin 2026, terme de mai 2026 inclus, avec intérêts au taux légal à compter du 09 avril 2026, date de l’assignation, sur la somme de 2.641,92 euros, et de la date de prononcé du présent sur le surplus. Sur l'acquisition de la clause résolutoire et l’expulsion Le contrat de location signé par les parties contient, en son article 4.2.2, une clause résolutoire énonçant qu’à défaut de paiement de loyers ou charges régulièrement appelées, il pourra être résilié de plein droit à l’initiative du bailleur, deux mois après un commandement de payer resté sans effet. Le commandement signifié le 03 octobre 2025 pour avoir paiement de la somme de 1.698,16 euros en principal, reproduit cette clause résolutoire et est conforme aux dispositions de l’article 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989. Le décompte qui lui était joint a permis à la défenderesse de connaître le détail des loyers et charges qui lui étaient réclamés. Ce commandement n’ayant pas été suivi d’effet dans le délai prévu, il convient de constater la résiliation du bail au 03 décembre 2025 par acquisition de la clause résolutoire et d'accueillir en conséquence la demande en expulsion. Sur l’indemnité d’occupation L’indemnité mensuelle d'occupation due par la défenderesse au bailleur sera fixée au montant du loyer en principal, révisable comme lui et augmenté des charges et ce, à compter du 03 décembre 2025 jusqu’à la libération des lieux par remise des clés. L’indemnité mensuelle d’occupation due par Madame [A] [Q] du 03 décembre 2025 au 31 mai 2026 étant déjà comprise dans la condamnation intervenue ci-avant au titre de l’impayé locatif, elle sera condamnée à payer à L’OFFICE PUBLIC DE L’HABITAT PAYS DE BRIVE ladite indemnité mensuelle d’occupation à compter du 1er juin 2026 jusqu’à la libération des lieux par remise des clés. Il sera précisé que le montant de l’indemnité d’occupation mensuelle, lors du prononcé du présent, est de 717,04 euros. Sur l’exécution provisoire L’exécution provisoire est de droit en application des dispositions de l’article 514 du code de procédure civile. Sur la demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile et les dépens L’équité impose de condamner Madame [A] [Q] à payer à l’OFFICE PUBLIC DE L’HABITAT PAYS DE [Localité 3], qui a été contraint de recourir à justice pour faire valoir ses droits, la somme de 500 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile. Madame [A] [Q] est condamnée aux dépens. PAR CES MOTIFS Le tribunal, statuant après débats en audience publique, par jugement réputé contradictoire, en premier ressort, et prononcé par mise à disposition au greffe : DÉCLARE la demande recevable ; CONDAMNE Madame [A] [Q] à payer à l’OFFICE PUBLIC DE L’HABITAT PAYS DE [Localité 3] la somme de 3.614,74 euros au titre des loyers, charges et indemnités mensuelles d’occupation dus au 04 juin 2026, terme de mai 2026 inclus, avec intérêts au taux légal à compter du 09 avril 2026 sur la somme de 2.641,92 euros et de la date de prononcé du présent sur le surplus ; CONSTATE l’acquisition au 03 décembre 2025 de la clause résolutoire prévue au bail consenti à Madame [A] [Q] en date du 07 avril 2025 à effet au 11 avril 2025 portant sur un logement situé [Adresse 3] ; ORDONNE l’expulsion des lieux loués de Madame [A] [Q], ainsi que celle de tous occupants de son chef, au besoin avec le concours de la force publique ; FIXE l’indemnité mensuelle d’occupation due par Madame [A] [Q] à l’OFFICE PUBLIC DE L’HABITAT PAYS DE [Localité 3] au montant du loyer en principal, révisable comme lui et augmenté des charges et ce, à compter du 03 décembre 2025 jusqu’à la libération des lieux par remise des clés ; PRÉCISE que le montant de l’indemnité d’occupation mensuelle, lors du prononcé du présent, est de 717,04 euros ; CONDAMNE Madame [A] [Q] à payer à l’OFFICE PUBLIC DE L’HABITAT PAYS DE [Localité 3] ladite indemnité mensuelle d’occupation à compter du 1er juin 2026 jusqu’à la libération des lieux par remise des clés ; CONDAMNE Madame [A] [Q] à payer à l’OFFICE PUBLIC DE L’HABITAT PAYS DE [Localité 3] la somme de 500 euros en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ; RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit ; CONDAMNE Madame [A] [Q] aux dépens. Ainsi prononcé par mise à disposition au greffe les jour, mois et an indiqués ci-dessus, et signé du Président et du Greffier. LA GREFFIÈRE LE PRÉSIDENT

Dispositif

En conséquence la République Française mande et ordonne à tous commissaires de justice, sur ce requis de mettre le présent acte à exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux judiciaires d'y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main forte lorsqu'ils en seront légalement requis En foi de quoi, Nous, Greffier de ce Tribunal. avons signé et scellé les présentes

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un commandement de payer ?
Un commandement de payer est un acte signifié par un commissaire de justice qui somme le locataire de payer les loyers impayés dans un délai de deux mois. Il vise à déclencher la clause résolutoire prévue au bail.
Que se passe-t-il si je ne paie pas mon loyer après un commandement de payer ?
Si vous ne payez pas dans les deux mois, la clause résolutoire est acquise et le bail est résilié de plein droit. Le bailleur peut alors demander votre expulsion et le paiement de l'arriéré.
Puis-je obtenir des délais de paiement pour éviter l'expulsion ?
Oui, le juge peut accorder des délais de paiement si vous êtes de bonne foi et en mesure de régler votre dette. Il peut suspendre les effets de la clause résolutoire pendant ces délais.
Quel est le montant de l'indemnité d'occupation après résiliation du bail ?
L'indemnité d'occupation est fixée au montant du loyer et des charges, comme si le bail continuait. Dans cette affaire, elle a été fixée à 717,04 euros par mois.
Que se passe-t-il si je ne paie pas l'indemnité d'occupation ?
Si vous ne payez pas l'indemnité d'occupation, le bailleur peut demander l'expulsion avec le concours de la force publique.
Le juge peut-il annuler la clause résolutoire ?
Le juge peut accorder des délais de paiement et suspendre les effets de la clause résolutoire, mais il ne peut pas l'annuler si les conditions sont réunies. En cas de non-respect des délais, la résiliation est acquise.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.