Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Bail d'habitation et location

Tribunal judiciaire, jex cab 2, 30 juillet 2026 — n° 26/80668

Déboute le ou les demandeurs de l'ensemble de leurs demandes

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge de l'exécution peut-il accorder des délais pour quitter les lieux à un occupant dont la dette locative a été effacée mais qui a constitué une nouvelle dette malgré des revenus suffisants ?

Principe retenu

Selon l'article L.412-3 du code des procédures civiles d'exécution, le juge peut accorder des délais renouvelables aux occupants dont l'expulsion a été ordonnée, chaque fois que leur relogement ne peut avoir lieu dans des conditions normales. L'article L.412-4 précise que la durée des délais est comprise entre un mois et un an, et qu'il doit être tenu compte de la bonne ou mauvaise volonté de l'occupant, des situations respectives des parties, et des diligences de relogement. En l'espèce, malgré un effacement substantiel de la dette et des revenus permettant de payer le reste à charge, une nouvelle dette a été constituée, ce qui démontre une mauvaise volonté de l'occupant, justifiant le rejet de la demande de délais.

Faits clés

  • M. [H] [E] occupe un logement à Paris et a fait l'objet d'un commandement de quitter les lieux signifié le 13/01/2026.
  • Il a bénéficié d'un effacement de sa dette locative d'environ 9 000 euros dans le cadre d'une procédure de surendettement.
  • Malgré cet effacement, une nouvelle dette locative de 656,97 euros s'est constituée au 30/06/2026.
  • Les revenus de M. [H] [E] lui permettent de régler le reste à charge mensuel d'environ 30 euros après déduction des APL.
  • M. [H] [E] a repris un emploi en CDI comme agent de sécurité et paie les indemnités d'occupation courantes.

Articles cités

article L.412-3 du code des procédures civiles d'exécution article L.412-4 du code des procédures civiles d'exécution

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Le 13/01/2026, sur la base d’une décision rendue le 5/05/2026 par le juge des contentieux de la protection du Tribunal judiciaire de Paris, l'OPH PARIS HABITAT a fait signifier à M. [H] [E] un commandement de quitter les lieux qu’il occupe au [Adresse 1] à PARIS. Par requête reçue le 1/04/2026 au greffe de la juridiction, M. [H] [E] a saisi le juge de l’exécution aux fins d’octroi d’un délai de 12 mois pour quitter les lieux. A l’audience du 28/05/2026, l’affaire a été renvoyée pour dépôt de demande d’aide juridictionnelle. A l’audience du 9/07/2026 à laquelle l’affaire a été plaidée, M. [H] [E] , qui s’est référé à ses écritures, a maintenu sa demande de délais. Il expose avoir repris un emploi et exercer l’activité d’agent de sécurité en CDI. Il fait valoir l’occupation effective des lieux ainsi que le paiement à bonne échéance des indemnités d’occupation courantes, de sorte que la dette est limitée au montant de 691,13 euros. L'OPH [Localité 1] HABITAT sollicite le rejet des prétentions de M. [H] [E], et à titre subsidiaire sollicite en cas d’octroi à ce qu’ils soient limités à la durée de 6 mois. Il souligne que le requérant s’est vu débouté d’une précédente demande de délai au motif de l’existence d’un doute quant à l’occupation des lieux et qu’il a bénéficié d’un effacement de sa dette de l’ordre de 9 .000 euros. Il relève que les APL du requérant s’élevant à environ 300 euros, le reste dû est limité au montant mensuel de 30 euros. Il ajoute que le demandeur a déjà bénéficié de délais de fait et que ses démarches de relogement ont été entreprises seulement en mars 2026.

Motivations de la décision

MOTIFS Sur la demande de délais pour quitter les lieux Aux termes de l'article L.412-3 du code des procédures civiles d’exécution, le juge de l'exécution du lieu de situation de l'immeuble peut “accorder des délais renouvelables aux occupants de lieux habités ou de locaux à usage professionnel, dont l'expulsion a été ordonnée judiciairement, chaque fois que le relogement des intéressés ne peut avoir lieu dans des conditions normales”, cette disposition n'étant pas applicable en cas d'exercice par le propriétaire de son droit de reprise dans les conditions de l'article 19 de la loi n°48-1360 du 1er septembre 1948 ou lorsque la procédure de relogement n'a pas été suivie d'effet du fait du locataire. L'article L.412-4 précise d'une part que “la durée des délais prévus à l'article précédent ne peut, en aucun cas, être inférieure à un mois ni supérieure à un an” et d'autre part qu’il doit être “tenu compte de la bonne ou mauvaise volonté manifestée par l'occupant dans l'exécution de ses obligations, des situations respectives du propriétaire et de l'occupant, notamment en ce qui concerne l'âge, l'état de santé, la qualité de sinistré par faits de guerre, la situation de famille ou de fortune de chacun d'eux, les circonstances atmosphériques, ainsi que des diligences que l'occupant justifie avoir faites en vue de son relogement”. En l’espèce, il ressort du décompte produit que malgré un effacement d’une partie extrêmement substantielle de la dette locative à l’issue d’une procédure de surendettement et alors que les revenus du requérant lui permettraient de régler le reste à charge sur son loyer, de l’ordre de 30 euros par mois déduction faite de l’ensemble des aides perçues, une dette s’est à nouveau créée, s’élevant à la somme de 656,97 euros au 30/06/2026. Dans ces circonstances et nonobstant le suivi médical dont le requérant peut faire l’objet ou ses démarches de relogement, aucun délai pour quitter les lieux ne saurait lui être accordé. Sa demande sera par conséquent rejetée. Sur les demandes accessoires Compte tenu de la nature du litige, il y a lieu de condamner M. [H] [E] aux dépens.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le juge de l’exécution, statuant publiquement par jugement mis à disposition au greffe, contradictoire, en premier ressort et exécutoire de droit à titre provisoire : REJETTE la demande de délais pour quitter les lieux ; CONDAMNE M. [H] [E] aux dépens ; DIT que la présente décision sera adressée par le greffe, par lettre simple, au Préfet de Police de Paris - Service des Expulsions, [Adresse 4] - et au Préfet de Paris Ile de France [Adresse 5]. Fait à [Localité 1], le 30 juillet 2026 LE GREFFIER LE JUGE DE L’EXÉCUTION

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour obtenir un délai pour quitter les lieux ?
Selon l'article L.412-3 du code des procédures civiles d'exécution, le juge peut accorder des délais si le relogement ne peut avoir lieu dans des conditions normales. Il tient compte de la bonne volonté de l'occupant, de sa situation, et de ses diligences pour se reloger. Dans cette affaire, la demande a été rejetée car une nouvelle dette s'était constituée malgré des revenus suffisants.
Quelle est la durée maximale d'un délai pour quitter les lieux ?
La durée maximale est d'un an, et la durée minimale d'un mois, conformément à l'article L.412-4 du code des procédures civiles d'exécution. Dans cette affaire, le demandeur sollicitait 12 mois, mais le juge a rejeté sa demande.
Le juge peut-il refuser un délai si j'ai déjà bénéficié d'un effacement de dettes ?
Oui, le juge peut refuser si l'occupant ne fait pas preuve de bonne volonté. Ici, malgré un effacement de 9 000 euros, une nouvelle dette de 656,97 euros s'est créée, ce qui a été considéré comme un manque de bonne volonté.
Que se passe-t-il si je paie les indemnités d'occupation mais pas le loyer ?
Le paiement des indemnités d'occupation est un élément positif, mais si une dette subsiste, le juge peut estimer que l'occupant ne remplit pas ses obligations. Dans cette affaire, le paiement des indemnités n'a pas suffi à obtenir un délai.
Quelles démarches dois-je entreprendre pour obtenir un délai ?
Vous devez saisir le juge de l'exécution par requête, en justifiant de vos diligences pour trouver un logement, de votre situation financière, et de votre bonne volonté. Ici, les démarches de relogement n'ont été entreprises qu'en mars 2026, ce qui a été jugé tardif.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.