Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Recouvrement de dettes

Tribunal judiciaire, jex cab 2, 30 juillet 2026 — n° 26/80737

Déboute le ou les demandeurs de l'ensemble de leurs demandes

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge de l'exécution est-il compétent pour accorder des délais de paiement ou suspendre des poursuites en matière de recouvrement de dettes fiscales ?

Principe retenu

Le juge de l'exécution ne peut connaître que des contestations relatives à la régularité en la forme des actes de poursuite et ne peut accorder de délais de grâce en matière fiscale, en raison du principe de séparation des pouvoirs. Les demandes tendant à l'octroi de délais de paiement ou à la suspension des poursuites pour dettes fiscales sont irrecevables.

Faits clés

  • Mise en demeure du Trésor public du 12 janvier 2026
  • Assignation en liquidation judiciaire par l'administration fiscale le 19 janvier 2026
  • Saisine de la CCSF par la société le 3 mars 2026
  • Proposition d'un plan d'apurement sur 19 mois avec paiements mensuels de 12 000 euros
  • Demande de suspension des poursuites pendant l'exécution du plan

Articles cités

article L. 213-6 du Code de l'organisation judiciaire article L. 111-8 du Code des procédures civiles d'exécution article 696 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Par courrier du 12/01/2026, le Trésor public a mis en demeure la société L.J. CONSEILS de régler certaines sommes. Par acte du 19/01/2026, l’administration fiscale a fait assigner la société L.J. CONSEILS devant le Tribunal des activités économiques de Paris aux fins d’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire. Par acte du 17/04/2026, la société L.J. CONSEILS a fait assigner devant le juge de l'exécution le comptable public responsable du Pôle recouvrement spécialisé parisien 1 (PRS 1) aux fins d’obtention de délais de paiement. A l’audience du 25/06/2026, les parties ont fait viser des écritures soutenues oralement. La société L.J. CONSEILS sollicite de voir : SE DECLARER compétent pour traiter du présent litige, lequel est afférent aux modalités judiciaires ; d'exécution des poursuites, conformément à l'article L. 213-6 du Code de l'organisation A titre principal, DIRE ET JUGER que la SARL L.J. CONSEILS, loin d'être demeurée inactive après la mise en demeure du 12 janvier 2026, a entrepris des démarches amiables normales et diligentes en saisissant la Commission des chefs de services financiers (CCSF) le 3 mars 2026, et en exécutant des paiements réguliers et substantiels au profit du Trésor public ;DIRE ET JUGER que la SARL L.J. CONSEILS a agi de bonne foi en organisant l'apurement concomitant de ses dettes, tout en maintenant le paiement des salaires et des cotisations de retraite ;CONSTATER l'existence d'un effort d'apurement déjà significatif et d'un prévisionnel de trésorerie justifiant la proposition d'un plan de règlement sur 19 mois, à hauteur de 12.000 € par mois, avec clause de déchéance du terme en cas de non-paiement de deux échéances consécutives ;DIRE ET JUGER que le plan d'apurement proposé par la société L.J. CONSEILS, conforme aux paiements déjà réalisés, présente un caractère sérieux, réaliste et de nature à permettre l'apurement effectif de la dette ; En conséquence, SUSPENDRE les poursuites engagées sur le fondement de la mise en demeure du 12 janvier 2026 pendant la durée d'exécution du plan proposé, sous réserve du strict respect des échéances ;DEBOUTER le Trésor public de l'ensemble de ses demandes, fins et conclusions contraires ;LIMITER les mesures d'exécution aux strictes nécessités du recouvrement, en tenant compte des paiements déjà intervenus et de la poursuite de l'activité de la société ;DIRE que les frais d'exécution manifestement non nécessaires resteront à la charge du Trésor public, la société ne pouvant être regardée comme un débiteur de mauvaise foi au sens de l'article L. 111-8 du Code des procédures civiles d'exécution ; En tout état de cause, Condamner le trésor public au paiement à la société L.J. CONSEILS de la somme de 3000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Le comptable public conclut à l’irrecevabilité des demandes en raison du défaut de pouvoirs juridictionnels du juge de l'exécution et sollicite de voir la société L.J. CONSEILS condamnée à lui payer la somme de 3000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile, outre les dépens. Pour un plus ample exposé des moyens des parties, il sera fait référence à leurs écritures visées à l’audience du 25/06/2026 en application de l’article 455 du code de procédure civile.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Il ne sera pas fait mention dans le dispositif du jugement des demandes visant à voir « dire et juger » et « constater », qui ne constituent pas en l’espèce des prétentions au sens de l’article 4 du code de procédure civile, Ceci précisé, il résulte de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales que seuls les recours sur la régularité en la forme d’un acte de poursuite relèvent de la compétence du juge de l'exécution, les contestations portant sur le montant de la dette ou l’exigibilité de cette dernière devant être portées, le cas échéant, devant le juge de l'impôt. En outre, le principe de la séparation des pouvoir interdit aux juridictions de l'ordre judiciaire d'accorder des délais de grâce aux débiteurs en matière de recouvrement de dettes fiscales (voir en ce sens Civ. 2ème, 13 septembre 2022, pourvoi n°21-15.211 et Civ. 2ème, 14 octobre 2010, pourvoi n° 09-67.108). Il s’ensuit que les demandes visant à entériner le plan d’apurement de sa dette fiscale présenté par la requérante et de voir ordonner la suspension des poursuites pendant l’exécution de ce plan n’étant manifestement pas constitutives d’un recours sur la régularité en la forme d’un acte de poursuite du Trésor public – acte inexistant en l’espèce - et se heurtant au surplus au principe de séparation des pouvoirs, doivent être déclarées irrecevables. Il en ira de même des demandes visant à voir limiter les mesures d'exécution aux strictes nécessités du recouvrement et dire que les frais d'exécution resteront à la charge du Trésor public, à défaut de mesure d’exécution forcée pratiquée. En application de l’article 696 du code de procédure civile, la société L.J. CONSEILS qui succombe, sera condamnée aux dépens. Il serait inéquitable de laisser à la charge du comptable public les frais exposés dans le cadre de la présente instance. Il y a lieu de condamner la société L.J. CONSEILS à lui verser la somme de 2000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le juge de l’exécution, statuant publiquement par jugement contradictoire, rendu en premier ressort, exécutoire de droit à titre provisoire et mis à disposition au greffe : DECLARE irrecevables l’intégralité des demandes de la société L.J. CONSEILS ; CONDAMNE la société L.J. CONSEILS à payer au comptable public responsable du Pôle recouvrement spécialisé parisien 1 la somme de 2000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ; CONDAMNE la société L.J. CONSEILS aux dépens. Fait à [Localité 1], le 30 juillet 2026 LE GREFFIER LE JUGE DE L’EXÉCUTION

Questions fréquentes

Puis-je obtenir des délais de paiement pour ma dette fiscale ?
En principe, le juge de l'exécution ne peut pas accorder de délais de paiement pour une dette fiscale en raison du principe de séparation des pouvoirs. Dans cette affaire, la demande de la société L.J. CONSEILS a été déclarée irrecevable.
Le juge de l'exécution peut-il suspendre les poursuites du Trésor public ?
Non, le juge de l'exécution ne peut pas suspendre les poursuites pour dettes fiscales, car cela reviendrait à accorder des délais de grâce, ce qui est interdit. La demande de suspension a été jugée irrecevable.
Comment demander un plan d'apurement pour une dette d'impôt ?
La demande de plan d'apurement doit être adressée à l'administration fiscale, par exemple à la Commission des chefs de services financiers (CCSF), et non au juge de l'exécution. Dans cette affaire, la société avait saisi la CCSF mais le juge a déclaré sa demande irrecevable.
Quels sont les recours contre une mise en demeure du Trésor public ?
Les contestations relatives au montant ou à l'exigibilité de la dette doivent être portées devant le juge de l'impôt. Le juge de l'exécution n'est compétent que pour la régularité en la forme des actes de poursuite.
Le principe de séparation des pouvoirs empêche-t-il d'accorder des délais de paiement ?
Oui, le principe de séparation des pouvoirs interdit aux juridictions judiciaires d'accorder des délais de grâce en matière de recouvrement de dettes fiscales. C'est pourquoi la demande de la société a été déclarée irrecevable.
Que se passe-t-il si je ne paie pas mes impôts ?
Le Trésor public peut engager des poursuites, comme une mise en demeure ou une procédure de liquidation judiciaire. Dans cette affaire, la société a été assignée en liquidation judiciaire, mais le juge de l'exécution a déclaré irrecevables ses demandes de délais.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.