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Tribunal judiciaire, 0p3 p.prox.référés, 30 juillet 2026 — n° 25/07069

Accorde une provision

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés peut-il condamner solidairement le locataire et ses cautions à payer une provision sur l'arriéré locatif en cas de non-paiement des loyers ?

Principe retenu

En cas d'urgence, le juge des référés peut accorder une provision au créancier lorsque l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Les cautions solidaires sont tenues au paiement de la dette locative. Le locataire qui a quitté les lieux reste redevable des loyers impayés jusqu'à la restitution des clés.

Faits clés

  • Bail signé le 28 février 2022 pour un appartement à Marseille
  • Loyer mensuel initial de 365 euros plus 46 euros de charges
  • Commandement de payer du 7 août 2025 pour 2 893,76 euros
  • Locataire a libéré les lieux et restitué les clés le 7 mai 2026
  • Arriéré locatif actualisé au 1er mai 2026 : 1 519,57 euros

Articles cités

article 834 du code de procédure civile article 835 du code de procédure civile article 446-1 du code de procédure civile article 446-2 du code de procédure civile article 455 du code de procédure civile article 696 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile article 514 du code de procédure civile article 659 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Un bail a été signé entre les parties le 28 février 2022, concernant un appartement situé [Adresse 5], moyennant un loyer initial mensuel de 365 euros outre 46 euros de provisions sur charges. Madame [O] [M] et Madame [U] [A] se sont portées cautions solidaires des sommes pouvant être dues au titre de ce bail. Des loyers étant demeurés impayés, Madame [E] [D] ép [R] a fait signifier le 7 août 2025 à Monsieur [B] [A] un commandement de payer la somme de 2 893,76 euros, visant la clause résolutoire. Par acte de commissaire de justice en date du 12 décembre 2025, auquel il y a lieu de se reporter pour l'exposé intégral de ses moyens et prétentions, Madame [E] [D] ép [R] a fait assigner Monsieur [B] [A], Madame [O] [M] et Madame [U] [A] en référé devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Marseille, à l’audience du 22 janvier 2026. L’affaire, après une réouverture des débats pour citation de Madame [O] [M] et Madame [U] [A], et aux fins de disposer d’un décompte à jour et d’un titre de propriété du bien litigieux, a été appelée et retenue à l’audience du 21 mai 2026. A cette audience, Madame [E] [D] ép [R], représentée par son Conseil respectif, a repris ses conclusions auxquelles il sera renvoyé pour l’exposé de ses prétentions et moyens. Elle actualise sa créance, celle-ci s'élevant à la somme de 1 519,57 euros, au 1er mai 2026. Elle ne soutient plus sa demande tendant à l’expulsion de Monsieur [B] [A], indiquant que Monsieur [B] [A] a libéré les lieux et restitué les clés le 7 mai 2026. Monsieur [B] [A], Madame [O] [M] et Madame [U] [A] ne comparaissent pas et ne sont pas représentés, bien que respectivement cités par acte remis à étude et suivant les formalités de l’article 659 du code de procédure civile. L’affaire est mise en délibéré au 30 juillet 2026. Vu les articles 446-1, 446-2 et 455 du code de procédure civile,

Motivations de la décision

MOTIVATION DE LA DÉCISION En vertu des articles 834 et 835 du code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence, le juge du contentieux de la protection peut, dans les limites de sa compétence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend. Il peut, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire. Vu l’article 9 du code de procédure civile, Vu l'article 1353 du code civil, Selon les dispositions de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable, et bien fondée. Sur le paiement de sommes à titre provisionnel Vu les articles 4, 7 et 23 de la loi du 6 juillet 1989, En l'espèce, Madame [E] [D] ép [R] verse aux débats le contrat de bail, un commandement de payer ainsi que des décomptes des loyers et charges. Il résulte des pièces produites que la dette locative de Monsieur [B] [A] s’élevait au 1er mai 2026 à 1 519,57 euros, terme du mois de mai 2026 inclus. L’obligation n’étant pas sérieusement contestable, il convient donc de condamner Monsieur [B] [A] au paiement de la somme de 1 519,57 euros, qui portera intérêts au taux légal à compter de la présence décision. Sur l’engagement de Madame [O] [M] et Madame [U] [A] en qualité de caution Madame [O] [M] et Madame [U] [A] s’étant portées cautions solidaires des engagements de Monsieur [B] [A] dans le cadre du bail d’habitation, ce qui n’est pas contesté, elles seront condamnées solidairement au paiement des montants dus par le locataire au titre de l’arriéré locatif (loyers, charges et indemnités d’occupation). Sur les dépens de l’instance de référé et la demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile Monsieur [B] [A], Madame [O] [M] et Madame [U] [A], qui succombent au sens de l'article 696 du code de procédure civile, supporteront in solidum les entiers dépens de l'instance de référé, et seront condamnés in solidum à payer à Madame [E] [D] ép [R] une somme de 300 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Sur l’exécution provisoire Il est rappelé que les ordonnances de référé sont de plein droit exécutoires à titre provisoire en vertu des dispositions de l’article 514 du code de procédure civile.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Nous, juge des contentieux de la protection statuant en référé, par ordonnance par défaut et en dernier ressort, mise à disposition au greffe : CONDAMNONS Monsieur [B] [A], Madame [O] [M] et Madame [U] [A] solidairement à verser à Madame [E] [D] ép [R] la somme de 1 519,57 euros à titre de provision sur la dette locative, avec les intérêts au taux légal à compter de la présence décision ; CONDAMNONS Monsieur [B] [A], Madame [O] [M] et Madame [U] [A] in solidum à verser à Madame [E] [D] ép [R] une somme de 300 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ; CONDAMNONS Monsieur [B] [A], Madame [O] [M] et Madame [U] [A] in solidum aux dépens ; RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit. Le greffier, Le juge,

Questions fréquentes

Quelle est la procédure pour obtenir une provision en référé pour des loyers impayés ?
Le bailleur peut assigner le locataire et les cautions devant le juge des contentieux de la protection en référé, sur le fondement de l'article 835 du code de procédure civile, pour obtenir une provision sur l'arriéré locatif, à condition que l'obligation ne soit pas sérieusement contestable.
Les cautions solidaires sont-elles tenues de payer les loyers impayés ?
Oui, si elles se sont portées cautions solidaires dans le bail, elles sont tenues au paiement de la dette locative, y compris les loyers, charges et indemnités d'occupation, comme le rappelle la décision.
Le locataire a quitté les lieux, doit-il encore payer les loyers impayés ?
Oui, le locataire reste redevable des loyers impayés jusqu'à la date de restitution des clés, même s'il a libéré les lieux. Dans cette affaire, le locataire a restitué les clés le 7 mai 2026, mais doit payer l'arriéré jusqu'à cette date.
Quel est le montant de l'arriéré locatif dans cette affaire ?
L'arriéré locatif actualisé au 1er mai 2026 s'élevait à 1 519,57 euros, terme du mois de mai 2026 inclus, et c'est cette somme qui a été accordée à titre de provision.
Quels sont les recours du bailleur en cas de non-paiement des loyers ?
Le bailleur peut délivrer un commandement de payer visant la clause résolutoire, puis assigner en référé pour obtenir une provision et éventuellement l'expulsion. En l'espèce, l'expulsion n'était plus demandée car le locataire avait libéré les lieux.
Le juge des référés peut-il condamner les cautions à payer les loyers impayés ?
Oui, si les cautions se sont engagées solidairement, le juge des référés peut les condamner solidairement avec le locataire au paiement de la provision, comme cela a été fait dans cette décision.
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