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Tribunal judiciaire, référés cabinet 3, 31 juillet 2026 — n° 26/01565

Accorde une provision et désigne un expert ou un autre technicien

Synthèse de la décision

Question juridique

Dans le cadre d'un accident de la circulation, le juge des référés peut-il ordonner une expertise et accorder une provision à la victime, et quel est le montant approprié de la provision ?

Principe retenu

Le juge des référés peut ordonner une expertise et accorder une provision à la victime d'un accident de la circulation lorsque l'obligation de l'assureur n'est pas sérieusement contestable. Le montant de la provision est fixé en fonction du préjudice apparent et des circonstances de l'espèce.

Faits clés

  • Accident de la circulation survenu le 26 juillet 2025
  • Monsieur [Q] [O] était conducteur
  • Véhicule assuré auprès de la SA BPCE ASSURANCES IARD
  • Lésions : contracture paravertébrale, lombalgies, stress post-accident
  • Demande de provision de 6 000 euros, réduite à 1 500 euros par le juge

Articles cités

article 455 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile article 4 du code de procédure civile article 5 du code de procédure civile article 31 du code de procédure civile article 768 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Monsieur [Q] [O], en qualité de conducteur, a été victime d’un accident de la circulation survenu le 26 juillet 2025 à [Localité 2], impliquant un véhicule assuré auprès de la SA BPCE ASSURANCES IARD. Suivant certificat médical initial établi le 28 juillet 2025, Monsieur [Q] [O] a présenté une contracture paravertébrale au niveau de C6 et des deux chefs haut des trapèzes bilatéraux, une limitation des amplitudes des mouvements dans tous les plans de l’espace avec douleurs en fin de course, des lombalgies invalidantes et un état de stress secondaire à l’accident. Suivant exploits de commissaire de justice en date des 15 et 17 avril 2026, Monsieur [Q] [O] a assigné la Caisse primaire d’assurance maladie des Bouches-du-Rhône et la SA BPCE ASSURANCES IARD en référé, à l’audience du 29 mai 2026, aux fins de voir ordonner une expertise, obtenir une provision de 6.000 euros, une provision ad litem de 990 euros, la somme de 2.000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile, outre les dépens. L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 29 mai 2026, Monsieur [Q] [O], par l’intermédiaire de son avocat, ayant maintenu ses demandes dans les termes de son assignation. En défense, la SA BPCE ASSURANCES IARD, faisant valoir ses moyens tels qu’exprimés dans ses conclusions, sollicite de : - Lui donner acte, sous les plus expresses protestations et réserves, de ce qu’elle s’en rapporte à justice quant à la mesure d’expertise sollicitée ; - Réduire le montant de la provision sollicitée par Monsieur [Q] [O] à de plus justes proportions et limiter son montant à la somme de 500 euros ; - Débouter Monsieur [Q] [O] de ses plus amples demandes et notamment de celles formulées au titre de l’article 700 du code de procédure civile et des entiers dépens de l’instance ; - Réserver les dépens. Sur les moyens développés par les parties au soutien de leurs prétentions, il conviendra de se reporter à leurs écritures, en application de l'article 455 du code de procédure civile. La Caisse primaire d’assurance maladie des Bouches-du-Rhône assignée à personne morale n’a pas comparu ni fait connaître le montant de ses débours. L’affaire a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe au 31 juillet 2026.

Motivations de la décision

SUR QUOI, NOUS, JUGE DES RÉFÉRÉS, À titre liminaire, il sera rappelé qu'il n'entre pas dans l'office du juge de statuer sur les demandes des parties qui ne tendent pas à ce que soit tranché un point litigieux et se trouvent dépourvues de tout effet juridictionnel, les demandes visant à « dire » ou « dire et juger » ou « constater », tout comme les demandes de « donner acte », n’étant pas des prétentions au sens des articles 4, 5, 31 et 768 du code de procédure civile, mais des moyens et arguments au soutien des véritables prétentions, de sorte que le tribunal n’est pas tenu d’y répondre. Il ne sera donc pas statué sur celles-ci dans la présente décision et elles ne donneront pas davantage lieu à mention dans le dispositif. Sur l’expertise L’article 145 du code de procédure civile dispose que s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé.  L’absence d’instance au fond, qui constitue une condition de recevabilité de la demande formée en application de l’article 145 du Code de procédure civile, doit s’apprécier à la date de la saisine du juge. L'existence de contestations, même sérieuses, y compris relatives à la prescription ou la forclusion de l’action au fond, ne constitue pas un obstacle à la mise en œuvre des dispositions de l'article précité. Il appartient uniquement au juge des référés de caractériser le motif légitime d'ordonner une mesure d'instruction, sans qu’il soit nécessaire de procéder préalablement à l'examen de la recevabilité d'une éventuelle action, non plus que de ses chances de succès sur le fond. Il suffit de constater qu'un tel procès est possible, qu'il a un objet et un fondement suffisamment déterminés, que sa solution peut dépendre de la mesure d'instruction sollicitée et que celle-ci ne porte aucune atteinte illégitime aux droits et libertés fondamentaux d'autrui. En l’espèce, en l’état de la situation telle que décrite dans l’exposé du litige et le principe de l’expertise n’étant pas contesté, la demande d’expertise répond à un motif légitime au sens de l’article 145 du code de procédure civile. En conclusion, l’expertise médicale de Monsieur [Q] [O] sera ordonnée. Sur la demande provisionnelle Il ressort de l’article 835 du code de procédure civile que le président du tribunal judiciaire peut toujours, même en présence d'une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l'exécution de l'obligation même s'il s'agit d'une obligation de faire. En l’espèce, il ressort des éléments versés aux débats que le droit à indemnisation de Monsieur [Q] [O] n’est pas contesté. La compagnie d’assurance défenderesse ne remet pas en cause, ni dans ses écritures, ni à l’audience, le droit à indemnisation du demandeur mais fait valoir que la demande de provision est excessive. Le montant de la provision devant être allouée au demandeur ne peut excéder le montant d’indemnisation au-delà duquel celui-ci devient aléatoire ou incertain compte tenu de l’appréciation du juge du fond notamment. Ce montant doit dès lors, en fonction des considérations précitées combinées et des éléments médicaux présents au dossier, être justement fixé à la somme de 1.500 euros. Par ailleurs, le droit à indemnisation n’étant pas contestée, il y a lieu de faire droit à la demande de provision ad litem à hauteur de 990 euros. Sur les demandes accessoires Sur les dépens Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie. En l’espèce, il convient d’indiquer qu’il n’est pas possible de réserver les dépens en matière de référés, la décision mettant fin à l’instance en référé. La demande de la SA BPCE ASSURANCES IARD à ce titre sera donc rejetée. La SA BPCE ASSURANCES IARD supportera les entiers dépens de l’instance en référé. Sur l'article 700 du code de procédure civile Aux termes de l'article 700 du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y pas lieu à cette condamnation. En l’espèce, il y a lieu de faire droit à la demande formulée en vertu de l’article 700 du code de procédure civile à hauteur de 1.000 euros. Sur l'exécution provisoire Il est rappelé que les décisions de première instance sont de plein droit exécutoires à titre provisoire, en vertu des dispositions de l’article 514 du code de procédure civile. PAR CES MOTIFS, STATUANT PAR ORDONNANCE PRONONCÉE PAR MISE A DISPOSITION AU GREFFE, RÉPUTÉE CONTRADICTOIRE ET EN PREMIER RESSORT,

Dispositif

ORDONNONS une expertise médicale de Monsieur [Q] [O] ; COMMETTONS pour y procéder : Le Docteur [X] [C] [Adresse 4] [Localité 3] Expert inscrit auprès de la cour d’appel d’[Localité 4], avec pour mission de : - convoquer et entendre les parties, assistées, le cas échéant, de leurs conseils, et recueillir leurs observations à l'occasion de l'exécution des opérations ou de la tenue des réunions d'expertise, -examiner Monsieur [Q] [O], décrire les lésions causées par l’accident après s’être fait communiquer le dossier médical et toutes pièces médicales relatives aux examens, soins et interventions pratiquées et ce par la victime, les parties ou tout tiers à l’instance détenteur, mais dans ce dernier cas avec l’accord de la victime, indiquer les traitements appliqués, l’évolution et l’état actuel des lésions et dire si elles sont en relation directe et certaine avec l’accident, - en cas d’état antérieur le décrire en ne retenant que les antécédents pouvant avoir une incidence sur les lésions ou séquelles, dire son incidence sur l’état de la victime, - dire la date à laquelle la consolidation des blessures a été obtenue, En l’absence de consolidation dire à quelle date il conviendra de revoir la victime, préciser si possible dans une fourchette minima/maxima les dommages prévisibles pour l’évaluation d’une éventuelle provision, - Pertes de gains professionnels actuels Indiquer les périodes pendant lesquelles Monsieur [Q] [O] a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l’incapacité d’exercer totalement ou partiellement son activité professionnelle, et en cas d’incapacité partielle, préciser le taux et la durée, préciser la durée des arrêts de travail retenus par l’organisme social au vu des justificatifs produits (ex : décomptes de l’organisme de sécurité sociale), et dire si ces arrêts de travail sont liés au fait dommageable ; - Déficit fonctionnel temporaire Indiquer les périodes pendant lesquelles Monsieur [Q] [O] a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire dans l’incapacité totale ou partielle de poursuivre ses activités personnelles habituelles et en cas d’incapacité partielle, préciser le taux et la durée ; - Fixer la date de consolidation et, en l’absence de consolidation, dire à quelle date il conviendra de revoir Monsieur [Q] [O] ; préciser, lorsque cela est possible, les dommages prévisibles pour l’évaluation d’une éventuelle provision ; - Déficit fonctionnel permanent Indiquer si, après la consolidation, Monsieur [Q] [O] subit un déficit fonctionnel, et en évaluer l’importance et en chiffrer le taux ; dans l’hypothèse d’un état antérieur préciser en quoi l’accident a eu une incidence sur cet état antérieur et décrire les conséquences ; - Assistance par tierce personne Indiquer le cas échéant si l’assistance constante ou occasionnelle d’une tierce personne (étrangère ou non à la famille) est ou a été nécessaire pour effectuer les démarches et plus généralement pour accomplir les actes de la vie quotidienne, et préciser la nature de l’aide à prodiguer et sa durée quotidienne ; - Dépenses de santé futures Décrire les soins futurs et les aides techniques compensatoires au handicap de Monsieur [Q] [O] (prothèses, appareillages spécifiques, véhicule) en précisant la fréquence de leur renouvellement ; - Frais de logement et/ou de véhicules adaptés Donner son avis sur d’éventuels aménagements nécessaires pour permettre, le cas échéant, à Monsieur [Q] [O] d’adapter son logement et/ou son véhicule à son handicap ; - Pertes de gains professionnels futurs Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent entraîne l’obligation pour Monsieur [Q] [O] de cesser totalement ou partiellement son activité professionnellement ou de changer d’activité professionnelle ; - Incidence professionnelle Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent entraîne d’autres répercussions sur son activité professionnelle actuelle ou future (obli…

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une provision dans le cadre d'un accident de la circulation ?
Une provision est une avance sur l'indemnisation définitive du préjudice, accordée par le juge des référés lorsque l'obligation de l'assureur n'est pas sérieusement contestable. Dans cette affaire, le juge a accordé une provision de 1 500 euros à la victime.
Comment obtenir une expertise après un accident de voiture ?
Vous pouvez saisir le juge des référés pour demander une expertise judiciaire. Dans cette affaire, le juge a ordonné une expertise pour évaluer les préjudices subis par la victime.
Quel est le montant de la provision que je peux demander ?
Le montant de la provision est fixé par le juge en fonction du préjudice apparent et des circonstances. Dans cette affaire, la victime demandait 6 000 euros, mais le juge a accordé 1 500 euros, considérant que c'était une juste évaluation.
Que faire si l'assureur conteste ma demande de provision ?
Vous pouvez maintenir votre demande devant le juge des référés, qui appréciera si l'obligation de l'assureur est sérieusement contestable. Dans cette affaire, l'assureur contestait le montant, mais le juge a accordé une provision.
Qu'est-ce qu'une provision ad litem ?
Une provision ad litem est une somme allouée pour couvrir les frais de procédure et d'expertise. Dans cette affaire, le juge a accordé 990 euros à ce titre.
Quels sont les frais que l'assureur doit payer en référé ?
L'assureur peut être condamné aux dépens et à payer une somme au titre de l'article 700 du code de procédure civile. Dans cette affaire, l'assureur a été condamné à payer 1 000 euros au titre de l'article 700 et aux entiers dépens.
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