Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Bail d'habitation et location

Tribunal judiciaire, tpx poi jcp referes, 31 juillet 2026 — n° 25/00163

Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire)

Synthèse de la décision

Question juridique

Le bailleur peut-il obtenir en référé une provision pour arriéré de loyers et charges après la restitution des lieux, lorsque le locataire ne comparaît pas et que la créance n'est pas sérieusement contestable ?

Principe retenu

En application de l'article 472 du Code de procédure civile, le juge statue sur le fond même en l'absence du défendeur, s'il estime la demande recevable, régulière et bien fondée. Selon les articles 7a) et 24 I de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est tenu de payer le loyer et les charges aux termes convenus. La créance de loyers impayés, établie par un décompte et une reconnaissance de dette, n'étant pas sérieusement contestable, le juge des référés peut condamner le locataire à verser une provision.

Faits clés

  • Bail de mobilité du 29 septembre 2023, durée de 3 mois renouvelable sur 10 mois maximum
  • Loyer mensuel de 1600 euros charges comprises
  • Restitution des lieux le 20 janvier 2024
  • Arriéré locatif de 8637,87 euros au 20 janvier 2024
  • Reconnaissance de dette signée par le locataire le 2 décembre 2023 pour 7571,20 euros

Articles cités

article 472 du code de procédure civile article 7a) de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 article 1353 du code civil article 514 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE La SCI CMFM, représentée par M. [N] [W] [B], son gérant, a donné à bail à M. [V] [H] un appartement à usage principal d’habitation situé [Adresse 4] par contrat de bail de mobilité du 29 septembre 2023, prenant effet au 2 octobre 2023, d’une durée de 3 mois renouvelable sur 10 mois maximum, moyennant un loyer mensuel de 1600€ charges provisionnelles de mobilité comprises. Se prévalant de la persistance d’un arriéré locatif après la restitution des lieux au 20 janvier 2024, et après mise en demeure de régler celui-ci, la SCI CMFM, par acte du 7 novembre 2025, a fait assigner M. [V] [H] en référé devant le juge des contentieux de la protection du tribunal de proximité de POISSY afin d’obtenir : La condamnation de M. [V] [H] à lui payer, à titre de provision, la somme de 8637,87€ au titre des loyers dus sur la période de septembre 2023 au 20 janvier 2024 ; La condamnation de M. [V] [H] à lui payer la somme de 1500€ au titre de l’article 700 du Code de procédure civile et aux dépens. L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 30 juin 2026. La SCI CMFM, représentée, maintient l’intégralité de ses prétentions. M. [V] [H], régulièrement assigné selon procès-verbal de recherches infructueuses (PV 659), ne comparait pas et ne se fait pas représenter. A l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré à ce jour par mise à disposition au greffe dans les conditions prévues à l’article 450 alinéa 2 du code de procédure civile.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Aux termes de l’article 472 du Code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne faisant droit à la demande que s’il l’estime recevable, régulière et bien fondée. M. [V] [H], non-comparant, ayant été régulièrement assigné, il sera statué malgré son absence. Sur la demande en paiement En vertu des articles 7a) et 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989, tel que modifié par la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l'occupation illicite, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus. Aux termes de l'article 1353 du Code civil, il appartient à celui qui réclame l'exécution d'une obligation d'en rapporter la preuve. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l'extinction de son obligation. En l’espèce, la SCI CMFM produit un décompte démontrant que M. [V] [H] reste devoir la somme de 8637,87€ correspondant à l’arriéré de loyers et charges dus au 20 janvier 2024, outre une reconnaissance de dettes signée par le locataire sortant le 2 décembre 2023 portant sur la somme de 7571,20€ (échéance de décembre 2023 comprise) et un procès-verbal de constat dressé par commissaire de justice le 2 janvier 2024 faisant état de ce que M. [V] [H], toujours présent sur les lieux à cette date, s’engageait à justifier de ses recherches de relogement auprès du gérant de la SCI CMFM au 20 janvier 2024, date à laquelle la SCI CMFM indique avoir récupéré les locaux. M. [V] [H] n’a pas comparu pour contester le principe ou le montant de la dette. Cette créance n’étant pas sérieusement contestable, il sera donc condamné à titre provisionnel au paiement de la somme de 8637,87€ dû à titre d’arriéré de loyers et charges au 20 janvier 2024, avec les intérêts au taux légal à compter de la présente ordonnance. Sur les demandes accessoires Sur l'exécution provisoire La présente décision est exécutoire à titre provisoire, conformément aux dispositions de l'article 514 du Code de procédure civile en vigueur au 1er janvier 2020. Sur les dépens M. [V] [H], partie perdante au principal, supportera les dépens. Sur l’article 700 du Code de procédure civile Il paraît inéquitable de laisser à la charge de la SCI CMFM l’intégralité des sommes avancées par elle et non comprises dans les dépens. Il y a donc lieu de condamner M. [V] [H] à lui verser une somme de 500€ sur le fondement de ce texte.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le Juge des Contentieux de la Protection, statuant en référé, par mise à disposition au greffe, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort, CONDAMNE M. [V] [H], à titre provisionnel, à payer à la SCI CMFM une somme de 8637,87€ (huit-mille-six-cent-trente-sept euros et quatre-vingt-sept centimes) à valoir sur le montant du solde locatif dû au 20 janvier 2024, outre les intérêts au taux légal à compter de la présente ordonnance ; CONDAMNE M. [V] [H] à payer à la SCI CMFM la somme de 500€ (cinq-cents euros) au titre de l’article 700 du Code de procédure civile ; DEBOUTE les parties de leurs demandes plus amples ou contraires ; CONDAMNE M. [V] [H] à payer les dépens de l’instance ; RAPPELLE que l’exécution provisoire de la présente décision est de droit. La Greffière La juge

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un bail de mobilité ?
Le bail de mobilité est un contrat de location de courte durée (de 1 à 10 mois) destiné à faciliter la mobilité des locataires (étudiants, salariés en mission, etc.). Il est soumis à la loi du 6 juillet 1989, mais avec des règles spécifiques, notamment une durée maximale de 10 mois.
Comment obtenir une provision pour loyers impayés en référé ?
Le bailleur peut assigner le locataire en référé devant le juge des contentieux de la protection pour obtenir une provision si la créance n'est pas sérieusement contestable. Il doit apporter la preuve de la dette (décompte, reconnaissance de dette, etc.). En l'espèce, le juge a accordé une provision de 8637,87 euros.
Que se passe-t-il si le locataire ne comparaît pas à l'audience ?
Selon l'article 472 du code de procédure civile, le juge statue néanmoins sur le fond, s'il estime la demande recevable, régulière et bien fondée. Dans cette affaire, le locataire n'était pas présent, mais le juge a fait droit à la demande du bailleur car la créance était établie.
Quels sont les éléments de preuve nécessaires pour établir une dette locative ?
Le bailleur peut produire un décompte des loyers impayés, une reconnaissance de dette signée par le locataire, des constats d'huissier, etc. Dans cette décision, la SCI CMFM a fourni un décompte et une reconnaissance de dette, ce qui a suffi.
Le locataire doit-il payer des intérêts sur les loyers impayés ?
Oui, le juge peut condamner le locataire à payer les intérêts au taux légal à compter de la décision. Dans cette affaire, les intérêts courent à compter de l'ordonnance.
Qu'est-ce que l'exécution provisoire ?
L'exécution provisoire permet d'exécuter la décision de justice immédiatement, même si un recours est formé. En référé, elle est de droit, comme le rappelle l'ordonnance.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.