MOTIVATION DE LA DÉCISION
Selon l'article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que s'il l'estime régulière, recevable et bien fondée.
I. Sur le paiement des loyers et charges impayés
Aux termes de l'article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
En l'espèce, la société Trois Moulins Habitat verse aux débats l'acte de bail ainsi que le décompte des loyers et charges, prouvant ainsi les obligations dont elle réclame l'exécution.
Il ressort des pièces fournies qu'au 18 mai 2026, la dette locative de M. [Y] [B] s’élève à la somme de 4 537,00 euros[C] [Z] déjà exclus par actualisation à l’audience = 150.48 € « frais » le 31/03/2024
Et réparations locatives et DG exclus car traités ci-dessous
au titre des loyers et charges impayés concernant le local à usage d'habitation, terme du mois de mars 2024 inclus au prorata. Il convient donc de condamner le locataire au paiement de cette somme.
Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du présent jugement.
II. Sur les dégradations locatives
Conformément à l'article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de répondre des dégradations et pertes qui surviennent pendant la durée du contrat dans les locaux dont il a la jouissance exclusive, à moins qu'il ne prouve qu'elles ont eu lieu par cas de force majeure, par la faute du bailleur ou par le fait d'un tiers qu'il n'a pas introduit dans le logement.
Par application de l’article 9 du code de procédure civile, il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention.
En l’espèce, sont produits les états des lieux d’entrée et de sortie établis amiablement et contradictoirement.
L’état des lieux d’entrée mentionne le bon état global du logement, outre un évier rayé dans la cuisine, sans autre précisions. L’état des lieux de sortie mentionne des équipements manquants (cylindre bal, dépose de porte de placard, ensembles béquille bec de cane, ampoules, prises de courant, butées de porte, douilles plastiques à ampoule, robinet, plaques de finition point de centre, barres de seuil inox, sortie de câble, porte intérieure isoplane, robinets thermostatique, applique salle de bain), des équipements cassés (poignée de porte boxe, colonne pour lavabo, crémone complète à larder, ensemble béquille bec de cane) et arrachés (sol PVC en dalles), ainsi que des frais de nettoyage.
L’état des lieux de sortie facture le montant des réparations suite à ces dégradations imputées au locataire à la somme de 1 904,16 euros. Ce document comporte la signature des parties et le locataire y déclare être en accord avec les montants mis à sa charge.
Compte tenu de ces éléments, il convient d’évaluer le montant dû au titre des réparations locatives à la somme de 1 904,16 euros. Il convient donc de condamner le locataire au paiement de cette somme.
Dès lors, M. [Y] [B] sera condamné à payer à la société Trois Moulins Habitat la somme de 5 930,63 euros après déduction du dépôt de garantie (soit 4 537,00 – 510,53 + 1 904,16).
III. Sur les délais de paiement
En application de l'article 1343-5 du code civil, le juge peut, compte tenu de la situation du débiteur et en considération des besoins du créancier, reporter ou échelonner, dans la limite de deux années, le paiement des sommes dues.
La décision du juge suspend les procédures d'exécution qui auraient été engagées par le créancier.
Toute stipulation contraire est réputée non écrite.
Compte tenu de l’accord de la demanderesse et de l’engagement pris par M. [Y] [B] de régler la dette par des versements mensuels, il y a lieu de lui accorder un échelonnement de la dette sur une durée de 20 mois et de l'autoriser à se libérer par 19 mensualités de 300,00 euros, la dernière mensualité devant impérativement apurer le solde de la dette.
Il convient d'attirer l'attention de M. [Y] [B] sur le fait que le défaut de paiement d'une seule mensualité à son échéance entraînera la déchéance du terme et que la totalité du solde restant dû deviendra alors immédiatement exigible.
IV. Sur le paiement de dommages et intérêts
L’article 1240 du code civil prévoit que tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer et l’article 1241 du même code ajoute que chacun est responsable du dommage qu'il a causé non seulement par son fait, mais encore par sa négligence ou par son imprudence.
Il appartient toutefois à celui qui entend engager la responsabilité délictuelle d’une personne de rapporter la preuve du dommage, de la faute ainsi que celle du lien entre la faute de la personne dont la responsabilité est recherchée et le dommage.
En l’espèce, la demanderesse qui n’indique pas à quel titre elle sollicite des dommages et intérêts n'établit au demeurant ni l’existence d’un préjudice distinct de celui résultant du retard dans les paiements, qui se trouve réparé par les intérêts moratoires, ni l’existence d’un quelconque autre préjudice qui justifieraient l’allocation de dommages-intérêts distincts.
En conséquence, la société Trois Moulins Habitat sera déboutée de sa demande en paiement de dommages-intérêts.
V. Sur les demandes accessoires
Sur les dépens
L’article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
M. [Y] [B] succombe à l’instance de sorte qu'il doit être condamné aux entiers dépens.
Sur les frais irrépétibles
Il résulte des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à ces condamnations. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent.
Il apparaît équitable, compte tenu des pièces versées aux débats et des circonstances de l’espèce[C] [V] délais accordés je n’ai pas donné d’article 700 en modifiant la motivation à la marge : « (…) compte tenu des pièces versées aux débats et des circonstances de l’espèce »
, de laisser à la charge de la société Trois Moulins Habitat les frais non compris dans les dépens qui se sont avérés nécessaires pour la présente instance. Il y a donc lieu de rejeter cette demande fondée sur l'article 700 du code de procédure civile.
Sur l’exécution provisoire
Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n'en dispose autrement.
En l’espèce, compte tenu de la nature du litige et en l’absence de dispositions légales contraires, l’exécution provisoire est de droit.