MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la demande au titre des dégradations locatives
Aux termes de l'article 7 de la loi du 06 juillet 1989, le locataire est obligé :
c) De répondre des dégradations et pertes qui surviennent pendant la durée du contrat dans les locaux dont il a la jouissance exclusive, à moins qu'il ne prouve qu'elles ont eu lieu par cas de force majeure, par la faute du bailleur ou par le fait d'un tiers qu'il n'a pas introduit dans le logement ;
d) De prendre à sa charge l'entretien courant du logement, des équipements mentionnés au contrat et les menues réparations ainsi que l'ensemble des réparations locatives définies par décret en Conseil d'Etat, sauf si elles sont occasionnées par vétusté, malfaçon, vice de construction, cas fortuit ou force majeure.
Le locataire qui restitue les locaux dans un état non conforme à ses obligations découlant de la loi ou du contrat commet un manquement contractuel et doit réparer le préjudice éventuellement subi de ce chef par le bailleur.
Selon le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016 : «la vétusté est définie comme l'état d'usure ou de détérioration résultant du temps ou de l'usage normal des matériaux et éléments d'équipement dont est constitué le logement ».
L'article 1730 du code civil dispose que s'il a été fait un état des lieux entre le bailleur et le preneur, celui-ci doit rendre la chose telle qu'il l'a reçue, suivant cet état, excepté ce qui a péri ou a été dégradé par vétusté ou force majeure.
En l’espèce, le demandeur produit notamment le contrat de bail, l’acte de cautionnement, l’état des lieux entrant du 25 août 2023 signé par le locataire, l’état des lieux sortant du 22 septembre 2025 signé par le locataire et un devis de remise en état du logement réalisé par la société OPALE BATI RENOV’ en date du 26 septembre 2025 pour un montant de 9117,16 euros.
N° RG 25/01715 - N° Portalis DBZ3-W-B7J-76NMZ 3
Les sommes sollicitées au titre des réparations locatives mentionnées par le devis se décomposent ainsi :
- dans le salon et la salle à manger : 1840,46 euros comprenant la protection de la pièce, le lessivage, l’élimination des traces de colle, la fourniture et la pose de peinture blanche sur le plafond et les murs.
L’état des lieux d’entrée relève que la peinture du mur et du plafond est en bon état.
L’état des lieux de sortie mentionne que la peinture du plafond est en état d’usage, que la peinture du mur est en état d’usage et qu’elle comporte 25 traces.
Il n’y a aucune mention de traces de colle et de traces au plafond dans l’état des lieux de sortie. Les sommes afférentes à ces travaux ne seront pas retenues, qu’il s’agisse de la peinture et du lessivage.
Des traces sont mentionnées concernant le mur dont il doit être tenu compte. Cependant, rien n’est visible sur l’ensemble des photographies jointes, ne permettant pas de mettre ces travaux en totalité à la charge du locataire et la comparaison entre les mentions « bon état » et « état d’usage » est subjective et signifie que les peintures n’étaient pas neuves lors de l’entrée dans les lieux outre le fait ces dernières ont été impactées par la vétusté en deux ans.
Dès lors, compte tenu de ces éléments le locataire sera tenu de 30 % du coût de la peinture du mur soit la somme de 225,70 euros.
- dans la première chambre : 978,72 euros comprenant le lessivage des murs, la fourniture et la pose de peinture sur les murs, la fourniture et la pose d’une serrure de porte, la fourniture et la pose d’une poignée de porte, le lessivage et le ponçage de la porte et bâti, la fourniture et la pose de peinture sur la porte et bâti.
L’état des lieux d’entrée relève que la peinture au mur est en bon état avec la présence de trois traces et que la porte est en bon état.
L’état des lieux d’entrée de sortie relève que les murs sont en état d’usage avec deux impacts et 20 traces et que la porte et en état d’usage avec 20 traces.
S’agissant des murs, pour les mêmes raisons qu’indiquées précédemment (cf salon et salle à manger), le locataire ne sera tenu que d’une partie du lessivage et de la peinture. De plus, deux traces étant déjà présentes lors de l’entrée dans les lieux, le locataire sera tenu de 25 % du coût de la peinture et du lessivage du mur soit 186,18 euros.
S’agissant de la porte, le bailleur ne justifie pas que la serrure et la poignée nécessitent d’être changées, seules 30 % des dépenses de lessivage et de peinture de la porte seront retenues pour les mêmes raisons que relevées s’agissant des murs, soit la somme de 48 euros.
- dans le premier couloir : 329,04 euros comprenant le lessivage des murs et la fourniture et la pose de peinture sur les murs
L’état des lieux d’entrée ne mentionnant pas le couloir, il n’est pas possible de le comparer avec l’état des lieux de sortie et de pouvoir apprécier si des dégradations ont été commises. Cette somme ne sera donc pas prise en compte.
- dans le second couloir : 280,98 euros comprenant le lessivage des murs et la fourniture et la pose de peinture sur les murs
L’état des lieux d’entrée ne mentionnant pas le couloir, il n’est pas possible de le comparer avec l’état des lieux de sortie et de pouvoir apprécier si des dégradations ont été commises. Cette somme ne sera donc pas prise en compte.
- dans la deuxième chambre 1044,29 euros comprenant le lessivage des murs et la fourniture et la pose de peinture sur les murs, la fourniture et la pose d’une serrure de porte, la fourniture et la pose d’une poignée de porte, le lessivage et le ponçage de la porte et bâti, la fourniture et la pose de peinture sur la porte et bâti
L’état des lieux d’entrée relève que la peinture du mur est en bon état avec 2 traces et que la porte est en bon état.
L’état des lieux d’entrée de sortie relève que les murs sont en état d’usage avec un impact et 10 traces, que la porte est vétuste et qu’il manque la poignée.
N° RG 25/01715 - N° Portalis DBZ3-W-B7J-76NMZ 4
S’agissant des murs, pour les mêmes raisons qu’indiquées précédemment (cf salon et salle à manger), le locataire ne sera tenu que d’une partie du lessivage et de la peinture.