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Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 31 juillet 2026 — n° 26/04257

Irrecevabilite

Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel formé par un étranger placé en rétention administrative est-il recevable lorsqu'il conteste une ordonnance de mise en liberté qui n'a pas statué sur ses exceptions de nullité ?

Principe retenu

L'appel n'est recevable que si la partie appelante justifie d'un intérêt à agir. Lorsque l'étranger a été remis en liberté, il ne justifie d'aucun intérêt à faire appel des seules exceptions de nullité, dès lors que ces exceptions tendent uniquement à obtenir sa mise en liberté. En outre, l'omission de statuer ne relève pas de la voie de l'appel mais de la procédure de rectification.

Faits clés

  • M. [C] [K], de nationalité égyptienne, a été placé en rétention administrative le 24 juillet 2026.
  • Le 25 juillet 2026, il a contesté la légalité du placement en rétention.
  • Le 27 juillet 2026, le préfet a demandé la prolongation de la rétention.
  • Le 28 juillet 2026, le juge a ordonné sa mise en liberté pour caractère disproportionné de la rétention.
  • M. [C] [K] a interjeté appel le 29 juillet 2026 pour contester l'absence de statut sur ses exceptions de nullité.

Articles cités

article 546 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE M. [C] [K], né le 15 janvier 1989 à [Localité 1], de nationalité égyptienne, a été placé en rétention administrative par arrêté du 24 juillet 2026, sur le fondement d'une obligation de quitter le territoire français du même jour. Le 25 juillet 2026, M. [C] [K] a saisi le juge du tribunal judiciaire de Paris d'une requête en contestation de la régularité de la décision de placement en rétention. Le 27 juillet 2026, le préfet a saisi le juge du tribunal judiciaire de Paris aux fins de prolongation de la rétention administrative. Par ordonnance du 28 juillet 2026, rendue à 19h56, le magistrat du siège chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de liberté de [Localité 3] a ordonné la mise en liberté de M. [C] [K] au motif que la décision du préfet de placement en rétention de l'intéressé est disproportionnée par rapport à la situation personnelle de celui-ci. Le conseil de M. [C] [K] a interjeté appel de cette décision le 29 juillet 2026 à 19h42 en sollicitant l'infirmation de l'ordonnance, aux motifs suivants : L'omission de statuer avant toute défense au fond, en ce que le premier juge n'a pas statué sur les moyens de nullité soulevés par le conseil de l'intéressé ; L'absence de signature du procès-verbal de placement en garde à vue et de notification des droits et les auditions de l'intéressé ; La notification tardive des droits et l'avis tardif à Parquet ; La notification irrégulière de la prolongation de garde à vue de l'intéressé et de la fin de garde à vue, en ce que l'interprète n'avait pas prêté serment et n'est pas assermenté près la cour d'appel de Paris ; La notification irrégulière des droits au CRA.

Motivations de la décision

MOTIVATION Aux termes de l'article 546 du code de procédure civile, le droit d'appel appartient à toute partie qui y a intérêt. L'intérêt à former appel s'apprécie toujours au jour de la déclaration d'appel et non à une date postérieure, cet intérêt ne peut dépendre de circonstances postérieures qui ont pu le rendre sans objet. Aux termes de l'article 546 du code de procédure civile, le droit d'appel appartient à toute partie qui y a intérêt, si elle n'y a pas renoncé. En l'espèce, M. [C] [K] a fait appel de l'ordonnance rendue le 28 juillet 2026 à 19h56 qui a prononcé sa mise en liberté. L'ordonnance est contestée en ce que le premier juge qui a remis M. [C] [K] en liberté en estimant que la décision de placement en rétention était disproportionnée et qui a dit qu'il n'y avait pas lieu à statuer sur la requête en prolongation n'a pas statué sur les vices de procédure soulevés et ne les a pas déclarés recevables. M. [C] [K] estime qu'il est de son intérêt de préserver ses droits et de faire appel de la décision qui n'a pas statué sur ses moyens de nullités soulevés in limine litis lesquels doivent être accueillis. Le premier juge a effectivement été saisi de conclusions de nullité qui ont été jointes au dossier et évoquées in limine litis, mais sur lesquelles il n'a pas statué estimant qu'il convenait d'ordonner la mise en liberté de M. [C] [K] sans qu'il soit nécessaire de statuer sur les autres moyens et exceptions soulevés au cours de l'audience. En premier lieu, M. [C] [K] qui a été mis en liberté ne démontre pas son intérêt à faire appel sur les seules exceptions de nullité qui ont pour objet de contester la régularité de la de la procédure et pour conséquence d'aboutir à une décision de mise en liberté. En second, il indique lui-même qu'il s'agit d'une omission de statuer, laquelle ne relève pas de la voie de l'appel. Il ne peut qu'en être conclu que cet appel est irrecevable. PAR CES MOTIFS DISONS que l'appel de M. [C] [K] est irrecevable.

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 3] le 31 juillet 2026 à LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Le préfet ou son représentant

Questions fréquentes

Puis-je faire appel d'une décision de mise en liberté si je conteste des vices de procédure ?
Non, si vous avez été remis en liberté, vous n'avez plus d'intérêt à faire appel des seules exceptions de nullité, car celles-ci tendent uniquement à obtenir votre libération. L'appel serait déclaré irrecevable.
Qu'est-ce que l'intérêt à agir en appel ?
L'intérêt à agir est la condition selon laquelle vous devez avoir un avantage personnel à obtenir l'annulation ou la réformation de la décision attaquée. En matière de rétention, si vous êtes déjà libre, vous ne justifiez plus d'un intérêt à contester la procédure.
Que faire si le juge n'a pas statué sur mes exceptions de nullité ?
L'omission de statuer ne peut pas être réparée par la voie de l'appel. Vous devez saisir le juge qui a rendu la décision pour qu'il statue sur les chefs de demande omis, conformément à l'article 463 du code de procédure civile.
Comment contester une ordonnance de mise en liberté ?
L'ordonnance de mise en liberté peut être contestée par la voie de l'appel, mais seulement si vous avez un intérêt à agir. Si vous êtes déjà libre, votre appel sera irrecevable.
Quels sont les recours contre une décision de rétention administrative ?
Vous pouvez contester la décision de placement en rétention devant le juge des libertés et de la détention, puis faire appel de son ordonnance. Toutefois, si vous êtes libéré, votre appel peut devenir sans objet.
Quel est le délai pour faire appel d'une ordonnance de rétention ?
Le délai d'appel est de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance. Dans cette affaire, l'appel a été interjeté dans les délais, mais il a été déclaré irrecevable pour défaut d'intérêt.
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