Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
Justiweb

Contestation d'une régularisation de charges 2023 reçue en novembre 2025 Droit immobilier

?
Mon propriétaire m’envoie une régulation de charge locative de 2023 alors qu’on est le 27 novembre 2025. Que faire pour contester ?
En novembre 2025, une régularisation de charges pour l’année 2023 n’est **pas forcément illégale** (on est encore dans le délai de prescription). En revanche, vous pouvez la **contester** si elle est mal fondée, non justifiée ou si le montant est erroné. Je vous détaille les points importants et les démarches concrètes. --- ## 1. Délai : est-ce trop tard pour réclamer les charges 2023 ? Pour les loyers et charges, le délai de prescription est de **3 ans**. L’action en paiement du bailleur et l’action du locataire pour contester ou demander un remboursement se prescrivent par 3 ans (droit spécifique aux baux d’habitation, inspiré du délai de droit commun de [l’article 2224 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%202224%20du%20Code%20civil)). - En novembre 2025, les **charges de 2023** sont donc encore, en principe, **réclamables**. - On ne peut donc pas, à ce stade, opposer la **prescription** pour l’année 2023 uniquement sur le critère de la date. En revanche, la loi impose une **régularisation au moins annuelle** des charges pour les locations soumises à la loi du 6 juillet 1989 (baux d’habitation classiques) : → [Article 23 de la loi du 6 juillet 1989](https://www.google.com/search?q=Article%2023%20loi%206%20juillet%201989%20charges%20locatives) Le non-respect de cette régularité peut justifier : - une **demande d’échelonnement**, - éventuellement des **dommages-intérêts** en cas de préjudice important (grosse somme tombant d’un coup, par exemple). --- ## 2. Vos droits pour vérifier la régularisation Vous avez le droit de **contrôler** le détail des charges réclamées. ### a) Détail du décompte Le bailleur doit vous fournir un **décompte précis** des charges, par nature de dépense, et en principe indiquer la **clé de répartition** (surface, tantièmes, etc.). C’est exigé par [l’article 23 de la loi du 6 juillet 1989](https://www.google.com/search?q=Article%2023%20loi%206%20juillet%201989%20charges%20locatives). ### b) Accès aux justificatifs Pendant un **délai de 6 mois** après l’envoi du décompte, vous pouvez demander à consulter : - factures, - contrats d’entretien, - avis de taxe d’enlèvement des ordures ménagères, etc. Toujours sur le fondement de [l’article 23 de la loi du 6 juillet 1989](https://www.google.com/search?q=Article%2023%20loi%206%20juillet%201989%20charges%20locatives). ### c) Vérifier que ce sont bien des « charges récupérables » Le bailleur ne peut vous réclamer que des **charges récupérables** (liste fixée par décret : eau froide, chauffage collectif, entretien courant, ascenseur, ordures ménagères, etc.). Référence : [Décret n°87‑713 du 26 août 1987 sur les charges récupérables](https://www.google.com/search?q=Décret%2087-713%20charges%20récupérables). Sont en principe **non récupérables**, par exemple : - gros travaux (ravalement, remplacement complet de chaudière, etc.), - frais de gestion de l’immeuble, honoraires de syndic (sauf petite part récupérable). --- ## 3. Comment contester concrètement ? ### Étape 1 – Lettre recommandée au bailleur Envoyez une **lettre recommandée avec AR** en demandant : 1. Le **détail écrit** de la régularisation de charges 2023 (s’il n’est pas déjà clair). 2. La **mise à disposition des justificatifs** (factures, relevés, etc.) à une date précise. 3. Le cas échéant, un **échelonnement** du paiement si la somme est importante. 4. La **correction** de certains postes si vous identifiez des dépenses non récupérables. Vous pouvez mentionner : - [Article 23 de la loi du 6 juillet 1989](https://www.google.com/search?q=Article%2023%20loi%206%20juillet%201989%20charges%20locatives) (régularisation annuelle + consultation des pièces). - Prescription triennale pour les loyers et charges, alignée sur le principe de [l’article 2224 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%202224%20du%20Code%20civil) (charges antérieures à 3 ans non réclamables). ### Étape 2 – Si le bailleur refuse ou ne répond pas Plusieurs options : 1. **Conciliateur de justice** (gratuit) - Saisine simple (formulaire ou courrier au tribunal) pour tenter un accord amiable. 2. **Commission départementale de conciliation (CDC)** - Compétente pour les litiges bailleurs/locataires en matière de charges. - Vous invoquez [l’article 23 de la loi du 6 juillet 1989](https://www.google.com/search?q=Article%2023%20loi%206%20juillet%201989%20charges%20locatives) et la prescription triennale pour les charges trop anciennes éventuellement incluses. 3. **Juge des contentieux de la protection** (au tribunal judiciaire du lieu du logement) - Si aucun accord amiable n’est trouvé. - Le juge peut réduire la somme, écarter des postes illégitimes, accorder un délai de paiement, voire condamner le bailleur à des dommages-intérêts en cas de manquement grave (régularisation très tardive avec préjudice, défaut de justificatifs, etc.). --- ## 4. Comment formuler votre contestation (modèle très court) Vous pouvez écrire par exemple : > « Monsieur/Madame, > J’ai bien reçu votre régularisation de charges pour l’année 2023. > Conformément à [l’article 23 de la loi du 6 juillet 1989](https://www.google.com/search?q=Article%2023%20loi%206%20juillet%201989%20charges%20locatives), je vous demande de bien vouloir me transmettre le détail du calcul des charges ainsi que de me permettre la consultation des pièces justificatives (factures, relevés de charges, taxe d’enlèvement des ordures ménagères, etc.). > Dans l’attente de ces éléments, je conteste le montant réclamé à titre de régularisation et me réserve la possibilité de saisir la commission départementale de conciliation ou le juge compétent. > Veuillez agréer… » --- ## 5. En pratique, que faire maintenant ? 1. **Ne pas ignorer** le courrier, mais ne pas payer sans vérification. 2. Envoyer **rapidement une LRAR** pour : - demander les justificatifs, - marquer officiellement votre **contestation**. 3. Vérifier : - que tous les postes sont dans la liste des **charges récupérables** ([Décret n°87‑713](https://www.google.com/search?q=Décret%2087-713%20charges%20récupérables)), - que la période concerne bien **2023** uniquement, - qu’aucune charge plus ancienne (2021/2022) n’a été « glissée » dedans (là, il pourrait y avoir prescription). 4. Si nécessaire, saisir **conciliateur** ou **CDC**, puis éventuellement le **juge des contentieux de la protection**. Si vous me précisez : - le type de bail (privé / HLM), - le montant réclamé, - et, si vous l’avez, une copie (anonymisée) du décompte, je peux vous aider à rédiger une lettre de contestation complète, point par point, en fonction des postes de charges indiqués.
⚖️

Sources officielles Légifrance

📄 Article L442-3-1 du Code de la construction et de l'habitation

En cas de sous-occupation du logement telle que définie à l'article L. 621-2, le bailleur propose au locataire un nouveau logement correspondant à ses besoins, nonobstant les plafonds de ressources prévus à l'article L. 441-1. Le loyer principal du nouveau logement doit être inférieur à celui du logement d'origine. Les conditions d'une aide à la mobilité prise en charge par le bailleur sont définies par décret. Dans les logements situés dans les zones géographiques définies par décret en Conseil d'Etat se caractérisant par un déséquilibre important entre l'offre et la demande de logements, le locataire ayant refusé trois offres de relogement, faites par le bailleur en application du premier alinéa du présent article et respectant les conditions prévues à l'article 13 bis de la même loi ne bénéficie plus du droit au maintien dans les lieux.A l'expiration d'un délai de six mois à compter de la notification de la troisième offre de relogement, le locataire est déchu de tout titre d'occupation des locaux loués. L'alinéa précédent n'est pas applicable aux locataires âgés de plus de soixante-cinq ans, aux locataires présentant un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou ayant à leur charge une personne présentant un tel handicap et, selon des modalités définies par décret, aux locataires présentant une perte d'autonomie physique ou psychique, ou ayant à leur charge une personne présentant une telle perte d'autonomie. Il ne s'applique pas non plus aux locataires de logements qui sont situés, ou qui étaient situés au moment de l'emménagement de ces locataires, dans un quartier classé en quartier prioritaire de la politique de la ville.

📄 Article 2224 du Code civil

Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer.
📄

Document volumineux détecté

Vos fichiers contiennent 0 caractères pour une limite de 100 000 maximum autorisée.

Taille des documents 0%