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Calcul de la prestation compensatoire en divorce par consentement (séparation de biens) Droit de la famille

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Bonjour, lors d’un divorce par consentement mutuel, d’un couple marié depuis neuf ans sous le régime de la séparation de biens et sans enfant. Quels sont les éléments pris en compte pour calculer le montant de la prestation compensatoire svp? Monsieur fraîchement retraitée, Mme a 16 ans de moins. En 2024, Monsieur a déclaré 210000 € de revenus et Mme 10000€, mme a un patrimoine en nom propre d’une valeur de 600 000 €, Monsieur a un patrimoine, en 2017, de 8 millions d’euros, tout actif confondu. Mme a effectivement arrêté de travailler depuis quelques années, elle a par la suite complètement changé Et a créé récemment son entreprise de thérapeute énergétique avec revenus projeté de 500 à 1000€/mois si un local est loué.
## 1) Cadre juridique (divorce par consentement mutuel) En divorce par consentement mutuel « sans juge », la **prestation compensatoire** (PC) n’est pas “calculée” par une formule légale : elle est **négociée** et fixée dans la convention de divorce rédigée par les avocats, en restant conforme à l’objectif légal et aux critères du Code civil. - Finalité : compenser, autant que possible, la **disparité** que la rupture crée dans les **conditions de vie** respectives (et non “égaliser” les patrimoines). Référence : [Article 270 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%20270%20du%20Code%20civil). - Le divorce par consentement mutuel par acte d’avocats est régi notamment par : [Article 229-1 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%20229-1%20du%20Code%20civil). ## 2) Les critères légaux pris en compte (ce que regardent les avocats / un juge) Les critères de fixation sont listés par le Code civil (ils structurent la négociation). Le montant dépend d’une appréciation globale, notamment : 1) **Durée du mariage** 2) **Âge et état de santé** des époux 3) **Qualification et situation professionnelles** 4) **Conséquences des choix professionnels faits pendant la vie commune** (ex : arrêt d’activité pour le foyer, pour suivre l’autre, etc.) 5) **Patrimoine estimé ou prévisible** des époux, après liquidation du régime matrimonial (même en séparation de biens, on apprécie le patrimoine de chacun, indivisions, dettes, etc.) 6) **Droits existants et prévisibles** (notamment **droits à retraite**) 7) **Situation respective en matière de revenus et de charges** (revenus récurrents, capacité d’épargne, charges fixes, etc.) Référence (critères) : [Article 271 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%20271%20du%20Code%20civil). Modalité générale (PC en principe sous forme de capital) : [Article 270 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%20270%20du%20Code%20civil). ## 3) Comment ces critères “jouent” avec vos éléments (analyse pratique) ### A) Durée du mariage : 9 ans C’est une durée **plutôt courte à moyenne**. En pratique, une durée courte tend à **limiter** les montants, surtout si le mariage n’a pas entraîné une dépendance économique durable. ### B) Âge / retraite / capacité de rebond - **Monsieur récemment retraité** : cela peut stabiliser les revenus (pension) mais il faut regarder aussi les **revenus du capital** (ex : revenus fonciers, dividendes) si les 210 k€ déclarés en 2024 incluent du capital. - **Madame 16 ans de moins** : en général, la capacité à **reconstituer** une situation professionnelle peut réduire le besoin de compensation… **sauf** si l’arrêt d’activité a réellement dégradé l’employabilité et que la disparité de niveau de vie est importante. ### C) Revenus : 210 000 € vs 10 000 € (année 2024) La **disparité de revenus** est un élément majeur, mais on regarde : - la **récurrence** (revenus “exceptionnels” vs revenus réguliers), - les **charges**, - le niveau de vie réellement financé pendant le mariage. ### D) Patrimoines : 600 k€ (Madame) vs 8 M€ (Monsieur, en 2017) Le patrimoine est expressément pris en compte via l’[Article 271 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%20271%20du%20Code%20civil). Deux points importants : - La PC n’a pas pour objet de “partager” les 8 M€ (ce n’est pas une liquidation), mais un patrimoine très important chez Monsieur peut **augmenter la capacité contributive** et influencer l’appréciation de la disparité de conditions de vie. - Le patrimoine propre de Madame (600 k€) peut **réduire** le besoin de compensation (capacité à se loger, à générer des revenus, à mobiliser/placer un capital, etc.). ### E) Arrêt de travail de Madame “depuis quelques années” C’est un point central : la PC tient compte des **conséquences des choix professionnels pendant la vie commune** ([Article 271 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%20271%20du%20Code%20civil)). En pratique, la question sera : cet arrêt était-il lié à la vie commune (ex. projet de couple, soutien à la carrière de Monsieur, gestion du foyer), ou relève-t-il d’un choix personnel sans lien avec les besoins du ménage (ce qui est souvent moins “compensable”) — surtout **en l’absence d’enfants**. ### F) Projet d’activité récente (500 à 1000 €/mois projetés) En droit, on raisonne surtout sur : - la **situation actuelle** et - le **prévisible raisonnable** (capacité réelle à dégager un revenu, stabilité, charges liées à la location d’un local, etc.). Les “revenus projetés” restent **incertains** : ils peuvent être évoqués, mais seront souvent pondérés au profit des revenus constatés (bilans, prévisionnels, business plan, charges). ## 4) Points de méthode (utile pour la négociation dans la convention) Pour construire une PC “défendable”, on procède généralement ainsi : - inventaire **précis** des revenus (nets, récurrents) et charges de chacun ; - inventaire du patrimoine et des dettes, en distinguant **capital** vs revenus du capital ; - estimation du **niveau de vie pendant le mariage** et de celui post-divorce ; - mise en cohérence avec les critères de l’[Article 271 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%20271%20du%20Code%20civil). ## 5) Forme de la prestation (incidence indirecte sur le “montant”) La PC a en principe un **caractère forfaitaire** et prend la forme d’un **capital** ([Article 270 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%20270%20du%20Code%20civil)). Selon les cas, elle peut être organisée (versement unique, échelonné, attribution de biens, etc.), ce qui influe beaucoup sur la négociation. --- ### Si vous le souhaitez Je peux vous donner une **check-list des pièces** à réunir (avis d’imposition, relevés, valorisations patrimoniales, retraites, etc.) et les **questions clés** à trancher entre vos avocats pour cadrer une proposition de prestation compensatoire cohérente (sans “chiffrage” arbitraire).
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Sources officielles Légifrance

📄 Article 270 du Code civil

Le divorce met fin au devoir de secours entre époux. L'un des époux peut être tenu de verser à l'autre une prestation destinée à compenser, autant qu'il est possible, la disparité que la rupture du mariage crée dans les conditions de vie respectives. Cette prestation a un caractère forfaitaire. Elle prend la forme d'un capital dont le montant est fixé par le juge. Toutefois, le juge peut refuser d'accorder une telle prestation si l'équité le commande, soit en considération des critères prévus à l'article 271 , soit lorsque le divorce est prononcé aux torts exclusifs de l'époux qui demande le bénéfice de cette prestation, au regard des circonstances particulières de la rupture.

📄 Article 271 du Code civil

Lors de son acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique ou par déclaration, l'intéressé indique à l'autorité compétente la ou les nationalités qu'il possède déjà, la ou les nationalités qu'il conserve en plus de la nationalité française ainsi que la ou les nationalités auxquelles il entend renoncer.

📄 Article 272 du Code civil

Les décrets portant acquisition, naturalisation ou réintégration peuvent être rapportés sur avis conforme du Conseil d'Etat dans le délai de deux ans à compter de leur publication au Journal officiel si le requérant ne satisfait pas aux conditions légales ; si la décision a été obtenue par mensonge ou fraude, ces décrets peuvent être rapportés dans le délai de deux ans à partir de la découverte de la fraude.
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