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Évaluation de la perte annuelle pour impossibilité de vendre une maison Droit immobilier

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À combien est-qu'on estit la perte annuelle pour l'impossibilité de vendre une maison ? Parce que l'on ne possède pas. Tous les documents techniques suite à sa construction, il y a moins de dix ans
## Point de départ : on ne “chiffre” pas une perte annuelle au hasard Pour une **impossibilité de vendre** une maison faute de **documents techniques de construction (< 10 ans)**, l’indemnisation se raisonne en pratique selon deux fondements possibles : - **Responsabilité contractuelle** si un professionnel (constructeur, maître d’œuvre, vendeur, notaire, diagnostiqueur…) avait l’obligation de vous remettre/constituer ces pièces et ne l’a pas fait : [article 1231-1 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%201231-1%20du%20Code%20civil). - **Responsabilité délictuelle** si la faute n’est pas dans un contrat direct avec vous (ex. tiers) : [article 1240 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%201240%20du%20Code%20civil) et [article 1241 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%201241%20du%20Code%20civil). Ensuite, on chiffre **poste par poste**, sur la base de justificatifs. --- ## 1) Ce que “l’autre partie” va répondre (le coup d’après) En face, on vous opposera presque toujours : 1) **“Vous pouviez vendre quand même”** (avec un prix ajusté, ou en régularisant). 2) **“Ce n’est pas une impossibilité, c’est un retard”** : donc pas de “perte annuelle automatique”, seulement un préjudice prouvé. 3) **“Le marché a baissé / vous avez surévalué le prix”** : ils chercheront à casser le lien de causalité entre l’absence de documents et la non-vente. 4) **“Vous n’apportez pas la preuve d’acheteurs perdus”** : sans offres, compromis avortés, mails d’agence, c’est l’angle d’attaque principal. Conclusion : il faut raisonner comme un expert judiciaire (preuve + causalité + quantification). --- ## 2) Les méthodes usuelles d’estimation (avec formules concrètes) Il n’existe pas un barème légal unique. En pratique, on chiffre souvent selon 3 postes (cumulables si justifiés) : ### A) Perte de chance de vendre / décote de prix Si l’absence de documents fait fuir les acheteurs ou entraîne une **décote**, on estime : - **Décote** = (prix “normal” prouvable) – (prix réellement acceptable/vendable sans pièces) Preuves : avis de valeur, mandats d’agence, comparables, expert immobilier, échanges montrant le blocage. ### B) Coût annuel de portage (le plus “propre” juridiquement) Si vous ne vendez pas, vous supportez des charges : - intérêts d’emprunt - taxe foncière - assurance - charges d’entretien incompressibles - éventuellement frais de gardiennage / remise en état liés à la vente repoussée **Perte annuelle = somme des charges supplémentaires directement causées par le retard**, avec factures et tableaux d’amortissement. C’est souvent mieux accepté qu’une “perte théorique”. ### C) Manque à gagner locatif (si vous auriez loué en attendant) Si vous démontrez que, sans ce blocage, vous auriez mis en location : - **Manque à gagner annuel = loyer de marché – charges récupérables – vacances locatives raisonnables – impôt éventuel (à discuter)** Preuves : annonces comparables, avis d’agence locative, simulations, démarches effectuées. --- ## 3) Charge de la preuve : ce qu’il vous faut sinon le juge rejettera Pour obtenir des dommages-intérêts, vous devez prouver : **faute + préjudice + lien de causalité** (logique de [l’article 1231-1 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%201231-1%20du%20Code%20civil) et/ou [1240](https://www.google.com/search?q=Article%201240%20du%20Code%20civil)). ### Pièces clés - Liste précise des “documents techniques” manquants (ex : DOE, plans, attestations, permis/DAACT, assurances, PV de réception, etc.). - Courriers/mails demandant ces documents + réponses (ou silence). - Mandats d’agence, annonces, historique de mise en vente. - Preuves du blocage : mails d’acquéreurs, refus de banque/notaire, compromis avorté. - Justificatifs de charges (taxe foncière, intérêts, assurances…). - Évaluations immobilières (au moins 2) ou expertise amiable. Sans éléments montrant **que la vente a réellement échoué à cause des documents**, la demande est fragile. --- ## 4) Go / No-Go : ce qui est réaliste en indemnisation - **Réclamations “au forfait” (ex : X €/an)** sans preuve : risque élevé de rejet ou indemnité symbolique. - **Approche “coût de portage + preuves de blocage + éventuellement décote”** : bien plus solide. - Attention : les procédures peuvent être longues, et si vous perdez vous risquez une condamnation aux frais (notamment art. 700 CPC, dépens) — à arbitrer selon l’enjeu financier. --- ## 5) Stratégie pragmatique (ce que je ferais à votre place) 1) **Identifier le responsable** : constructeur / maître d’œuvre / vendeur initial / notaire / diagnostiqueur / mairie (selon la nature des documents manquants). 2) **Mise en demeure** de fournir les documents sous délai + annonce chiffrée des préjudices (base [1231-1](https://www.google.com/search?q=Article%201231-1%20du%20Code%20civil), voire [1240](https://www.google.com/search?q=Article%201240%20du%20Code%20civil)). 3) Si blocage persistant : **expertise amiable contradictoire**, puis au besoin **référé-expertise** pour objectiver : - quels documents manquent, - en quoi cela empêche/retarde une vente, - la décote ou le coût de portage. 4) Négociation transactionnelle (souvent le meilleur ratio temps/résultat). --- ## Questions ciblées pour que je vous donne une estimation “annuelle” chiffrable Répondez point par point (même brièvement) : 1) Quels documents exactement manquent (liste) ? 2) Qui devait les fournir (constructeur, maître d’œuvre, vendeur, notaire…) ? 3) Avez-vous tenté de vendre (mandat, annonces) et avez-vous des preuves de refus d’acheteurs/notaire/banque ? 4) Votre **coût annuel actuel** : taxe foncière + intérêts d’emprunt + assurance + charges (ordre de grandeur). 5) La maison est-elle occupée, vide, ou louée ? Avec ces éléments, je peux vous proposer une **méthode de chiffrage défendable** (et non une estimation “au doigt mouillé”) et une stratégie de réclamation adaptée.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article 1231-1 du Code civil

Le débiteur est condamné, s'il y a lieu, au paiement de dommages et intérêts soit à raison de l'inexécution de l'obligation, soit à raison du retard dans l'exécution, s'il ne justifie pas que l'exécution a été empêchée par la force majeure.

📄 Article 1240 du Code civil

Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.

📄 Article 1241 du Code civil

La condition de connaissance de la langue française ne s'applique pas aux réfugiés politiques et apatrides résidant régulièrement et habituellement en France depuis quinze années au moins et âgés de plus de soixante-dix ans.
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