## 1) Ce que dit la loi (accident du travail = protection renforcée pendant l’arrêt)
### a) Votre contrat est **suspendu**, pas rompu
Pendant un arrêt de travail pour **accident du travail**, votre contrat est suspendu : l’employeur ne peut pas vous traiter comme si vous aviez quitté votre poste définitivement.
Surtout, **il ne peut rompre le contrat** pendant la suspension **que** dans deux hypothèses très encadrées : **faute grave** ou **impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l’accident**.
➡️ Référence : [Article L1226-9 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L1226-9%20du%20Code%20du%20travail)
### b) Restitution de clés / moyens d’accès : légal… mais à manier avec précaution
La loi ne contient pas un article “spécial clés”. En pratique, demander la restitution de moyens d’accès (clés, badge, caisse, codes) **peut être légitime** pour des raisons de sécurité/organisation (continuité du service, contrôle des accès, clôture de caisse, etc.).
Mais le point clé est **le contexte et la formulation** :
- si la demande est **neutre**, **temporaire**, motivée par l’organisation (“continuité de service”, “sécurisation des fonds”), elle peut passer ;
- si elle ressemble à une **mise à l’écart** (“vous ne reviendrez pas”, retrait des outils + remplacement définitif) ou à une **rupture déguisée**, vous devez réagir, car l’employeur est juridiquement “verrouillé” par l’[article L1226-9](https://www.google.com/search?q=Article%20L1226-9%20du%20Code%20du%20travail).
### c) Après l’arrêt : obligations fortes de reclassement si inaptitude (si cela arrive)
Si, à la fin, le médecin du travail vous déclare inapte (AT/MP), l’employeur aura une **obligation de reclassement** très encadrée avant toute rupture.
➡️ Référence : [Article L1226-10 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L1226-10%20du%20Code%20du%20travail)
### d) Indemnisation complémentaire (si vous remplissez les conditions)
Selon ancienneté et conditions, vous pouvez avoir droit au maintien de salaire (indemnité complémentaire) en plus des IJ.
➡️ Référence : [Article L1226-1 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L1226-1%20du%20Code%20du%20travail)
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## 2) Le “coup d’après” : ce que l’employeur va probablement répondre (et comment le contrer)
### Ce que l’employeur dira
1) **“C’est pour la sécurité / la continuité du service”** (un autre doit tenir la caisse).
2) **“Ce n’est pas une sanction, juste une mesure d’organisation”**.
3) **“Comme vous êtes absent longtemps, on doit récupérer les moyens d’accès”**.
### Votre contre-stratégie
Vous ne contestez pas le principe de sécurisation, vous contestez **l’interprétation** :
- vous acceptez une restitution **“technique”** (ex. inventaire, remise contre reçu),
- mais vous exigez que ce soit **explicitement écrit** que :
- cela ne vaut **ni sanction**, ni retrait définitif de fonction,
- cela ne préjuge pas de votre retour,
- et que votre contrat reste suspendu sous protection AT.
Objectif : **couper court** à une utilisation ultérieure du mail comme “preuve” que vous auriez été écarté ou que votre poste aurait été “libéré”.
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## 3) La charge de la preuve : ce qu’il faut absolument documenter
Si vous envisagez de contester (mise à l’écart, pression, rupture déguisée), il faut des **pièces** :
1) **Le mail** de demande de restitution (date, formulation exacte).
2) Historique : mails/SMS montrant :
- retrait d’accès à des outils (badge, codes, caisse),
- propos du type “on va vous remplacer”, “ne revenez pas”, “poste supprimé”.
3) **Éléments RH** : remplacement définitif, offre de poste publiée, organigramme, planning.
4) Si témoins : attestations conformes à [l’article 202 du Code de procédure civile](https://www.google.com/search?q=Article%20202%20du%20Code%20de%20proc%C3%A9dure%20civile) (collègues, responsable).
5) Si remise des clés : faites un **reçu daté** (idéalement inventaire signé).
Sans preuve d’un abus (pression, sanction déguisée, préparation d’une éviction), un juge peut considérer que ce n’est qu’une mesure d’organisation.
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## 4) Go / No-Go (analyse de risque)
- **Si c’est juste “rendez les clés pour qu’on fasse tourner le service”**, la contestation “frontale” a une **plus-value limitée** : l’employeur a une justification plausible.
- **Si c’est accompagné d’éléments de mise à l’écart** (retrait de caisse + retrait de vos fonctions + discours de remplacement + dégradation), là le dossier devient **sérieux** (car on se rapproche d’une sanction/éviction pendant une période protégée par l’[article L1226-9](https://www.google.com/search?q=Article%20L1226-9%20du%20Code%20du%20travail)).
Le bon arbitrage est souvent : **réponse écrite cadrante + conservation des preuves**, plutôt qu’un contentieux immédiat.
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## 5) Stratégie concrète (action-oriented)
### Étape 1 — Répondre au mail (sans vous mettre en faute)
Vous pouvez répondre, par écrit, quelque chose comme :
> “Je suis en arrêt de travail suite à un accident du travail : mon contrat est suspendu. Je peux organiser la restitution des clés/du matériel pour des raisons de service, sous réserve qu’il soit acté que cette restitution est purement matérielle et temporaire et ne constitue ni une sanction ni une modification de mes fonctions, ni une rupture, conformément à la protection applicable pendant l’arrêt AT.”
(La logique de protection : [Article L1226-9 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L1226-9%20du%20Code%20du%20travail))
### Étape 2 — Restituer “proprement”
- Remise **contre reçu** (liste : clés, badge, etc.).
- Si possible : remise via un tiers / RH / courrier recommandé si vous ne pouvez pas vous déplacer.
### Étape 3 — Surveiller les signaux faibles
Si ensuite vous constatez : suppression d’accès informatique, retrait des primes liées à la caisse sans justification, remplacement définitif, propos de rupture : on passe à une phase plus offensive (mise en demeure, inspection du travail, avocat, etc.).
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## 6) Jurisprudence : point important (et limite)
Vous me demandez “la loi et la jurisprudence”. À ce stade, **vous ne m’avez pas fourni d’arrêts** et je ne peux pas citer de décisions précises sans source fiable et datée (sinon, risque d’erreur).
Si vous me donnez :
- le **secteur** (commerce, banque, grande distribution…),
- le **contenu exact** du mail,
- si l’employeur parle de “retrait de caisse”, “mutation”, “remplacement”, “sanction”,
je vous dirai **quelle ligne jurisprudentielle** on vise et je pourrai rechercher/qualifier des décisions pertinentes.
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## Questions rapides pour caler le niveau de risque
1) Le mail demande seulement “rendre les clés” ou évoque-t-il aussi votre **poste**, votre **caisse**, un **remplacement** ?
2) Vous demande-t-on aussi de rendre **badge / uniformes / codes / carte pro** ?
3) Avez-vous une **date de reprise** envisagée ou êtes-vous en prolongations successives ?
4) Votre poste est-il lié à une **responsabilité financière** (caisse, coffre, clés magasin) ?
Copiez-collez le mail (en masquant noms/lieux) et je vous propose une réponse “prête à envoyer” + un plan de preuve adapté.
Tout salarié ayant une année d'ancienneté dans l'entreprise bénéficie, en cas d'absence au travail justifiée par l'incapacité résultant de maladie ou d'accident constaté par certificat médical et contre-visite s'il y a lieu, d'une indemnité complémentaire à l'allocation journalière prévue à l'article L. 321-1 du code de la sécurité sociale, à condition : 1° D'avoir justifié dans les quarante-huit heures de cette incapacité, sauf si le salarié fait partie des personnes mentionnées à l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ; 2° D'être pris en charge par la sécurité sociale ; 3° D'être soigné sur le territoire français ou dans l'un des autres Etats membres de la Communauté européenne ou dans l'un des autres Etats partie à l'accord sur l'Espace économique européen. Ces dispositions ne s'appliquent pas aux salariés travaillant à domicile, aux salariés saisonniers, aux salariés intermittents et aux salariés temporaires. Un décret en Conseil d'Etat détermine les formes et conditions de la contre-visite mentionnée au premier alinéa. Le taux, les délais et les modalités de calcul de l'indemnité complémentaire sont déterminés par voie réglementaire.
Lorsque le salarié victime d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle est déclaré inapte par le médecin du travail, en application de l'article L. 4624-4, à reprendre l'emploi qu'il occupait précédemment, l'employeur lui propose un autre emploi approprié à ses capacités, au sein de l'entreprise ou des entreprises du groupe auquel elle appartient le cas échéant, situées sur le territoire national et dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation assurent la permutation de tout ou partie du personnel. Cette proposition prend en compte, après avis du comité économique et social, les conclusions écrites du médecin du travail et les indications qu'il formule sur les capacités du salarié à exercer l'une des tâches existant dans l'entreprise. Le médecin du travail formule également des indications sur l'aptitude du salarié à bénéficier d'une formation le préparant à occuper un poste adapté. L'emploi proposé est aussi comparable que possible à l'emploi précédemment occupé, au besoin par la mise en oeuvre de mesures telles que mutations, aménagements, adaptations ou transformations de postes existants ou aménagement du temps de travail. Pour l'application du présent article, la notion de groupe désigne le groupe formé par une entreprise appelée entreprise dominante et les entreprises qu'elle contrôle dans les conditions définies à l'article L. 233-1 , aux I et II de l'article L. 233-3 et à l'article L. 233-16 du code de commerce.
Au cours des périodes de suspension du contrat de travail, l'employeur ne peut rompre ce dernier que s'il justifie soit d'une faute grave de l'intéressé, soit de son impossibilité de maintenir ce contrat pour un motif étranger à l'accident ou à la maladie.