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Bonjour, je souhaiterait savoir si le paragraphe ci-dessous, présent dans mon contrat de travail est valable et légal.
ARTICTE 15 FIN DE CONTRAT
Tout salarié licencié ou démissionnaire reçoit, à l'expiration de son contrat de travail, un certificat mentionnant
exclusivement la date de son entrée et de son départ, la nature de l'emploi ou le cas échéant, des emplois qui
ont été tenus, ses droits acquis au titre du DIF ainsi que les coordonnées de I'OPCA de la société. Lors de la
rupture du présent contrat, le solde de tout compte sera établi avec les paies du mois en cours et sera à retirer à
partir du 15 du mois prochain au siège de la société sur prise de rendez-vous téléphonique. Le solde de tout
compte se fait par chèque avec la restitution des tees shirt qui seront décomptés si vous ne les ramenez pas.
**Verdict : oui, l’article est globalement “recevable”, mais 2 points sont juridiquement fragiles (et donc attaquables) :**
1) **imposer le “solde de tout compte par chèque”** (moyen de paiement imposé),
2) **décompter des “tee-shirts” non rendus** sans encadrement probatoire/valorisation claire (risque de retenue illicite si mal fait).
Le reste (certificat de travail, existence d’un solde de tout compte, remise différée au 15…) est **plutôt conforme**, sous réserve qu’on vous remette aussi **tous les documents obligatoires** et que les sommes soient payées dans des délais normaux.
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## 1) Ce qui est légal / acceptable
### A. Le certificat de travail
Le contrat rappelle l’obligation de l’employeur de remettre un certificat à la fin du contrat : **c’est légal**.
Base : [Article L1234-19 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L1234-19%20du%20Code%20du%20travail).
⚠️ Nuance pratique : le contrat dit “mentionnant exclusivement…”. En réalité, le contenu est fixé par voie réglementaire (et évolue : DIF remplacé par CPF, etc.). Si votre clause est “ancienne”, **elle n’empêche pas** l’employeur d’ajouter les mentions légalement requises.
### B. Le solde de tout compte + possibilité de contestation
Le principe du reçu pour solde de tout compte et son délai de dénonciation de 6 mois : **c’est conforme**.
Base : [Article L1234-20 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L1234-20%20du%20Code%20du%20travail).
**Chiffrage concret (levier de négociation)** :
- Si vous signez le reçu, vous gardez **6 mois** pour dénoncer les sommes mentionnées.
- Si vous ne signez pas, l’employeur perd l’effet “libératoire”, et vous conservez vos actions selon les prescriptions habituelles (souvent plus longues selon la nature des rappels).
### C. “À retirer à partir du 15 du mois prochain au siège”
Le fait de vous demander de venir récupérer les documents **n’est pas illégal en soi**, mais **l’employeur ne doit pas s’en servir pour retarder le paiement** ou la remise des documents. En pratique, les juges retiennent surtout : *est-ce que vous avez pu récupérer rapidement ? est-ce que l’employeur a mis des obstacles ?*
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## 2) Les points discutables (vos meilleures “prises”)
### Point n°1 — “Le solde de tout compte se fait par chèque”
**Stratégiquement : clause fragile.** On peut contester qu’un employeur **impose** un mode de paiement si cela vous met en difficulté (ex : besoin de virement, délais d’encaissement, impossibilité de vous déplacer).
À minima, vous pouvez exiger un **virement** (RIB) et demander une confirmation écrite.
Le texte fourni ne donne pas l’article spécifique sur les modes de paiement, donc je vous donne la ligne stratégique : **le moyen de paiement ne doit pas être un outil de pression** (ex : “viens au siège sinon pas payé”). Si c’est utilisé comme levier, c’est attaquable.
### Point n°2 — “Restitution des tee-shirts qui seront décomptés si vous ne les ramenez pas”
**C’est le point le plus risqué pour l’employeur.**
Une retenue sur salaire / sur sommes dues à la rupture pour du matériel non rendu peut être considérée comme **illicite** si :
- la valeur n’est pas **précisée** (montant unitaire),
- il n’y a pas de **preuve de remise** au salarié (bon de remise signé, inventaire),
- ce n’est pas de la “casse volontaire” prouvée mais une “perte”,
- la retenue revient à faire une **sanction pécuniaire déguisée**.
**La réalité terrain :** beaucoup d’employeurs “déduisent” sans base solide. En contentieux, ils perdent souvent faute de preuve (et cela peut déclencher rappel de salaire + intérêts).
Votre contre-argument : *“Je restitue / je n’ai jamais signé de remise / je conteste toute retenue non justifiée par un inventaire et une valorisation”*.
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## 3) La stratégie gagnante (comment gérer l’employeur)
### Ce que l’employeur va tenter
- Vous faire venir au siège, vous remettre un chèque **contre signature** du solde de tout compte, et parfois conditionner la remise à la restitution des vêtements.
- Déduire un montant “forfaitaire” pour les tee-shirts sans justificatif.
### Votre réponse (simple et efficace)
1) **Vous ne refusez pas de rendre** : vous dites “je restitue à telle date / ou par colis suivi”.
2) **Vous refusez la retenue automatique** : vous exigez un inventaire + valeur + preuve de remise initiale.
3) **Vous ne vous laissez pas coincer par la signature** : vous pouvez signer “sous réserve” ou ne pas signer si les montants sont litigieux (mais ne bloquez pas la récupération des documents).
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## 4) Bases légales essentielles (celles qui vous protègent ici)
- Certificat de travail obligatoire à la fin du contrat :
[Article L1234-19 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L1234-19%20du%20Code%20du%20travail)
- Solde de tout compte et dénonciation dans les 6 mois après signature :
[Article L1234-20 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L1234-20%20du%20Code%20du%20travail)
- Remise du bulletin de paie / pas d’exigence de formalités abusives (utile si on vous impose une signature “piégeuse” ou un procédé) :
[Article L3243-2 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L3243-2%20du%20Code%20du%20travail)
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## 5) Plan d’action (prêt à l’emploi)
1) **Avant la fin du contrat (ou dès maintenant)** : envoyez un mail recommandé “preuve” (email + éventuellement LRAR) :
- “Merci de me transmettre le certificat de travail et le reçu pour solde de tout compte. Je vous communique mon RIB pour paiement par virement.”
2) **Matériel / tee-shirts** :
- proposez une restitution **contre reçu/inventaire signé**, ou envoi **colissimo suivi** (vous gardez la preuve).
3) **Jour J** :
- récupérez les documents, **ne signez pas** si un montant vous semble faux, ou signez et **notez une réserve** (et gardez une copie).
4) **Si retenue appliquée** :
- contestez par écrit immédiatement et réclamez le paiement du différentiel (preuve + délai).
Si vous me dites : **votre ancienneté**, **type de rupture (démission/licenciement/fin CDD)** et si l’employeur parle d’une **retenue chiffrée** pour les tee-shirts, je vous donne une **stratégie chiffrée** (montants contestables + courrier prêt à envoyer).
A l'expiration du contrat de travail, l'employeur délivre au salarié un certificat dont le contenu est déterminé par voie réglementaire.
Le solde de tout compte, établi par l'employeur et dont le salarié lui donne reçu, fait l'inventaire des sommes versées au salarié lors de la rupture du contrat de travail. Le reçu pour solde de tout compte peut être dénoncé dans les six mois qui suivent sa signature, délai au-delà duquel il devient libératoire pour l'employeur pour les sommes qui y sont mentionnées.
Lors du paiement du salaire, l'employeur remet aux personnes mentionnées à l'article L. 3243-1 une pièce justificative dite bulletin de paie. Il ne peut exiger aucune formalité de signature ou d'émargement autre que celle établissant que la somme reçue correspond bien au montant net figurant sur ce bulletin. Sauf opposition du salarié, l'employeur peut procéder à la remise du bulletin de paie sous forme électronique, dans des conditions de nature à garantir l'intégrité, la disponibilité pendant une durée fixée par décret et la confidentialité des données ainsi que leur accessibilité dans le cadre du service associé au compte mentionné au 2° du II de l'article L. 5151-6 . Un décret en Conseil d'Etat pris après avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés détermine les modalités de cette accessibilité afin de préserver la confidentialité des données. Les mentions devant figurer sur le bulletin ou y être annexées sont déterminées par décret en Conseil d'Etat.