## 1) Appréciation globale (niveau “prud’hommes / négociation”)
Votre courrier est **globalement bien construit** (chronologie, identification des manquements, demandes chiffrées/qualifiées, délai, menace de saisine CPH). Il est **exploitable en LRAR** comme mise en demeure au sens de [l’article 1344 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%201344%20du%20Code%20civil).
Là où je vous recommande d’ajuster, c’est surtout sur :
- **le socle juridique** (mieux “travail” que “civil”, et éviter les articles hors-sujet) ;
- **la demande d’explications** (formuler ce que vous exigez *exactement* comme pièces / éléments de calcul) ;
- **l’indemnisation forfaitaire 7.500 €** (à garder, mais plutôt comme **proposition transactionnelle**, sinon risque de crispation et de contestation “préjudice non prouvé”).
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## 2) Points juridiquement solides (à conserver)
### A. Exécution de bonne foi / loyauté
Vous citez [l’article 1104 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%201104%20du%20Code%20civil) : c’est défendable.
En droit du travail, je vous conseille d’ajouter (et même de privilégier) : **l’exécution de bonne foi du contrat de travail** via [l’article L1222-1 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L1222-1%20du%20Code%20du%20travail).
### B. Prescription des rappels de salaire
Votre mention est pertinente : action en paiement du salaire dans la limite de 3 ans : [article L3245-1 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L3245-1%20du%20Code%20du%20travail).
### C. Bulletins rectificatifs / traçabilité paie
Demander des bulletins rectifiés est cohérent. Vous pouvez “muscler” ce point en rappelant l’obligation de remise du bulletin de paie : [article L3243-2 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L3243-2%20du%20Code%20du%20travail).
### D. Intérêts légaux
Vous demandez des intérêts : je vous recommande de viser expressément le texte sur les intérêts moratoires après mise en demeure : [article 1231-6 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%201231-6%20du%20Code%20civil).
### E. Frais irrépétibles
Votre rappel est correct : [article 700 du Code de procédure civile](https://www.google.com/search?q=Article%20700%20du%20Code%20de%20proc%C3%A9dure%20civile).
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## 3) Points à corriger / clarifier (pour éviter les angles d’attaque de l’employeur)
### 3.1. Éviter des fondements “hors sujet” (sinon l’employeur exploitera la faille)
Vous avez (dans le dossier) des sources Légifrance sur :
- [article 1101 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%201101%20du%20Code%20civil) (définition du contrat),
- [article 1134 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%201134%20du%20Code%20civil) (erreur sur les qualités essentielles dans certains contrats conclus “intuitu personae”),
- [article 1170 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%201170%20du%20Code%20civil) (clause vidant l’obligation essentielle de sa substance).
**Stratégie :** dans votre cas (rappel de rémunération variable / application d’accord CET / paie-cotisations), **1134 est inadapté**, et 1101/1170 n’apportent pas grand-chose **à ce stade**.
Je vous recommande **de ne pas les citer** dans la mise en demeure (sinon on vous répondra “vos fondements sont confus / inopérants”), et de rester centré sur **contrat de travail / accord d’entreprise / paie** + bonne foi.
### 3.2. Le “coup d’après” : ce que l’employeur va probablement opposer
1) **“La rémunération variable est discrétionnaire” / “prime non due”**
Contre-mesure : exiger la **base juridique interne** (plan de bonus, note objectifs, avenant, accord, mail de fixation des objectifs) et démontrer que le calcul répond à des **règles vérifiables** (sinon, arbitraire).
2) **“Le passage à 80% et/ou l’absence en décembre justifient un prorata”**
Contre-mesure : vous ne dites pas “il ne faut jamais proratiser”, vous dites : **“appliquez le bon prorata (périodes plein/partiel) et respectez l’assimilation prévue par l’accord CET (clause 6.6) lors de l’utilisation du CET”**.
Pour être convaincant, il faut **mettre en annexe l’extrait exact** des clauses 6.6 et 6.8 (copié-collé) et renvoyer à ces extraits.
3) **“On a déjà corrigé” (cotisations retraite) donc le reste est marginal**
Contre-mesure : maintenir que la correction partielle **prouve** qu’il y a eu anomalie de paie et justifie une **revue complète** + bulletins rectificatifs.
### 3.3. Votre demande “détails de calcul” : la rendre plus “exécutoire”
Aujourd’hui, c’est formulé de manière assez large. L’employeur pourrait répondre par un texte général non vérifiable.
Je vous conseille de demander précisément (liste fermée) :
- le **salaire de référence retenu** (montant annuel brut + mois pris en compte),
- les **périodes prises en compte** (dates exactes temps plein / 80% / congé fin de carrière),
- la **règle de proratisation** (formule),
- la **prise en compte (ou non) des jours CET** au titre de la clause 6.6,
- le **paramétrage paie** et les rubriques utilisées (codes rubriques du bulletin si possible).
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## 4) Indemnisation amiable 7.500 € : à repositionner pour maximiser vos chances
### Risque
Devant un CPH, des DI pour exécution déloyale peuvent exister, mais **le “forfait” sans démonstration** peut être attaqué (“montant disproportionné”, “pas de préjudice distinct”). Et l’employeur peut se braquer.
### Recommandation
Garder l’idée, mais la présenter comme :
- **“proposition de règlement transactionnel global”** conditionnée à une régularisation rapide, plutôt que comme une “dette certaine”.
Vous pouvez écrire par exemple :
> “À titre de règlement amiable et transactionnel (sans reconnaissance de responsabilité), je suis disposé(e) à envisager une indemnité forfaitaire de X € couvrant le préjudice d’inconvénient lié aux démarches et retards…”
Cela n’empêche pas ensuite de réclamer en justice, mais **ça favorise une porte de sortie**.
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## 5) Charge de la preuve : ce qu’il faut verrouiller tout de suite
Si vous allez au contentieux, l’issue dépendra surtout des pièces. À réunir / conserver :
- Accord CET signé + **extraits 6.6 et 6.8** (annexe obligatoire).
- Contrat/avenants (passage à 80%, congé fin de carrière/CET).
- Plan/notes sur la rémunération variable 2024 (règles, objectifs).
- Bulletins : avant/après, et bulletin de mars 2025 (versement variable).
- Vos 23 mails + réponse reconnaissant l’erreur (excellent).
- Relevés CET (83 jours versés) et document d’activation du congé.
- Pour attestations de collègues (si utile) : format légal via [l’article 202 du Code de procédure civile](https://www.google.com/search?q=Article%20202%20du%20Code%20de%20proc%C3%A9dure%20civile).
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## 6) Propositions de retouches “prêtes à copier-coller” (courtes)
### A. Base juridique en tête de lettre (plus “travail”)
Remplacer/compléter le 1er paragraphe par :
> “Dans le cadre de l’exécution de bonne foi du contrat de travail conformément à [l’article L1222-1 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L1222-1%20du%20Code%20du%20travail) et [l’article 1104 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%201104%20du%20Code%20civil), et au regard de l’accord CET du 27/06/2023 (clauses 6.6 et 6.8), je vous mets en demeure au sens de [l’article 1344 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%201344%20du%20Code%20civil)…”.
### B. Intérêts légaux
Dans vos demandes :
> “majoré des intérêts au taux légal à compter de la présente mise en demeure conformément à [l’article 1231-6 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%201231-6%20du%20Code%20civil)”.
### C. Bulletins rectificatifs
> “Émettre et me transmettre les bulletins de paie rectificatifs (et tout état récapitulatif) conformément à l’obligation de remise du bulletin de paie prévue à [l’article L3243-2 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L3243-2%20du%20Code%20du%20travail).”
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## 7) Dernier réglage de forme (important en pratique)
- Ajoutez en en-tête : **identité, matricule, établissement, adresse, poste**, + destinataire nominatif (DRH / Paie).
- Ajoutez une phrase : “**Je vous remercie de centraliser la réponse par écrit** (mail + courrier).”
- Annexes : évitez “liste exhaustive” seulement ; joignez idéalement **PDF des mails clés** (ceux où l’erreur est reconnue), et faites un **bordereau de pièces**.
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Si vous le souhaitez, je peux vous proposer une **version consolidée intégrale** (réécriture complète, ton plus “direction juridique”, demandes calibrées pour un futur dossier prud’homal). Dites-moi simplement : (i) le nom de l’entreprise (même anonymisé), (ii) ce que disent exactement les clauses **6.6** et **6.8**, et (iii) si la rémunération variable est encadrée par un **plan/accord** écrit ou seulement par usage.
Le contrat est un accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes destiné à créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations.
L'erreur sur les qualités essentielles du cocontractant n'est une cause de nullité que dans les contrats conclus en considération de la personne.
Toute clause qui prive de sa substance l'obligation essentielle du débiteur est réputée non écrite.