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Salut les amis,
Petite question et retour d’expérience recherché. En 2023, j’ai été radié des cadres suite à une condamnation pour violences policières. Vingt mois plus tard, en appel, ma peine a été infirmée et j’ai été réintégré en 2024.
Entre-temps, j’ai travaillé quelques mois dans le civil, le reste du temps en recherche d’emploi, avec beaucoup de difficultés. Aujourd’hui, cela fait plus d’un an que je suis réintégré et plus d’un an que je sollicite une reconstruction de carrière : silence total de la hiérarchie.
J’ai un trou de 20 mois sur mon NSAP, aucun échelon pris malgré un ancien article 36, et bien sûr aucun rappel de salaire alors que, juridiquement, la peine a été infirmée. Pour info, radiation et réintégration se sont faites sans commission de discipline.
Un recours en référé a été déposé en 2023 au TA pour annuler la sanction, toujours sans date de jugement en 2026. Mon dossier est aussi passé par le syndicat vers la DRHFS, sans réponse depuis plus de six mois.
Je suis fatigué de cette situation et j’ai envie d’avancer. Si certains ont vécu quelque chose de similaire ou ont des conseils (médiateur, démarches utiles, contacts), je suis preneur.
Merci à vous et courage à tous.
Vous êtes dans un **contentieux typique d’“éviction / réintégration” d’agent public** : tant que la **sanction de radiation** n’est pas **retirée/annulée rétroactivement**, l’administration peut (et souvent le fait) vous réintégrer “à partir de 2024” **sans reconstitution complète** (trous de carrière, avancement gelé, pas de rappel). La clé, c’est donc de **verrouiller la base juridique** qui oblige l’administration à “faire comme si la radiation n’avait jamais existé”. ([conseil-etat.fr](https://www.conseil-etat.fr/decisions-de-justice/jurisprudence/les-grandes-decisions-depuis-1873/conseil-d-etat-26-decembre-1925-rodiere?utm_source=openai))
Je ne suis pas avocat, mais voici une **stratégie actionnable** (police nationale / fonction publique), avec le “coup d’après”, la preuve, et les leviers.
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## 1) Le point juridique central : “réintégration” ≠ “reconstitution de carrière”
- Quand une décision illégale est **annulée** (ou doit être regardée comme n’ayant jamais existé), l’administration doit prendre les **actes rétroactifs** nécessaires (logique “Rodière”) : **position statutaire continue**, avancement/échelons, droits retraite, etc. ([conseil-etat.fr](https://www.conseil-etat.fr/decisions-de-justice/jurisprudence/les-grandes-decisions-depuis-1873/conseil-d-etat-26-decembre-1925-rodiere?utm_source=openai))
- En revanche, si l’administration vous a réintégré “par gestion” (sans reconnaître l’illégalité de la radiation), elle va souvent soutenir : *“vous êtes revenu, mais on ne refait pas 20 mois”*.
**Objectif concret :** obtenir un **acte** (ou un jugement) qui impose la **reconstitution rétroactive**.
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## 2) Le “coup d’après” : ce que l’administration va vous opposer
1) **“La radiation était régulière au moment où on l’a prise”** (car condamnation existante), donc pas de rappel automatique.
2) **“Même si on indemnise, on déduit vos revenus du privé + allocations chômage”** (pas de double réparation).
3) **“Vous n’avez pas fait de demande indemnitaire chiffrée”** (irrecevabilité si vous allez au TA sans réclamation préalable).
4) **Prescription quadriennale** si vous tardez (important mais vous êtes encore dans les temps).
Sur la **commission / conseil de discipline** : si la “radiation des cadres” correspond en réalité à une **sanction disciplinaire lourde** (ex : révocation), **elle ne peut pas** être prise sans consultation du conseil de discipline (hors sanctions du 1er groupe). Cela se discute au vu de l’arrêté exact. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000044416551/LEGISCTA000044423145/2022-12-27/?utm_source=openai))
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## 3) Charge de la preuve : documents à réunir (indispensable)
À obtenir / classer (PDF) :
- Arrêté de **radiation des cadres** (motifs, base légale, date d’effet).
- Décision pénale **d’appel** (relaxe / infirmation) + date exacte.
- Arrêté de **réintégration** (à partir de quand ? mention d’une rétroactivité ou non ?).
- Votre **dossier individuel** RH (pièces manquantes, notations/NSAP, avancements).
- Bulletins de paie avant/après + tout ce qui prouve **revenus du privé** et **allocations** (pour anticiper les déductions).
Vous avez un droit d’accès au dossier individuel : [Article L137-4 du Code général de la fonction publique](https://www.google.com/search?q=Article%20L137-4%20Code%20g%C3%A9n%C3%A9ral%20de%20la%20fonction%20publique). ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044427568?utm_source=openai))
Et, plus largement, droit à communication des documents administratifs : [Article L311-1 du CRPA](https://www.google.com/search?q=Article%20L311-1%20CRPA). ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000031366350/LEGISCTA000031367696/?utm_source=openai))
(En cas de blocage : saisine **CADA** = levier très efficace.)
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## 4) Plan d’action pragmatique (ordre recommandé)
### Étape A — Mettre une “décision attaquable” sur la table (et arrêter le silence)
1) Envoyez une **LRAR** (ou courrier hiérarchique + DRHFS) demandant :
- **reconstitution de carrière** sur la période de 20 mois (échelons/ancienneté/retraite),
- **régularisation du dossier** (NSAP/notations),
- **rappel de rémunération / indemnisation** (en joignant un chiffrage même provisoire).
2) Demandez une **réponse écrite**.
Attention : dans les relations administration/agents, le silence 2 mois vaut en principe **rejet** (donc naissance d’une décision implicite contestable) : [Article L231-4 du CRPA](https://www.google.com/search?q=Article%20L231-4%20CRPA). ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000031367605?utm_source=openai))
### Étape B — Médiateur (utile et très adapté à votre sujet)
Pour la police nationale, vous avez un levier dédié : **médiateur interne** (compétent notamment “questions financières / reprise de carrière”). ([police-nationale.interieur.gouv.fr](https://www.police-nationale.interieur.gouv.fr/actualite/mediateur-interne-de-police-nationale))
Le rapport 2023 indique la saisine directe :
- **Courriel :** mediateur-pn@interieur.gouv.fr
- **Téléphone :** 01 80 15 42 51 (ou 47 10) ([police-nationale.interieur.gouv.fr](https://www.police-nationale.interieur.gouv.fr/sites/policenationale/files/2024-10/Rapport%20annuel%20du%20m%C3%A9diateur%20interne%20-%202023.pdf))
Point important : la saisine du médiateur **n’interrompt pas** les délais contentieux (c’est écrit noir sur blanc dans le rapport). ([police-nationale.interieur.gouv.fr](https://www.police-nationale.interieur.gouv.fr/sites/policenationale/files/2024-10/Rapport%20annuel%20du%20m%C3%A9diateur%20interne%20-%202023.pdf))
### Étape C — Contentieux TA : 2 voies souvent complémentaires
1) **Recours contre le refus de reconstituer** (carrière/actes RH) : recours après décision explicite ou implicite, délai de 2 mois en principe :
- [Article R421-1 du CJA](https://www.google.com/search?q=Article%20R421-1%20Code%20de%20justice%20administrative) ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039807005?utm_source=openai))
- [Article R421-2 du CJA](https://www.google.com/search?q=Article%20R421-2%20Code%20de%20justice%20administrative) ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039807000?utm_source=openai))
Et demander une **injonction** au juge (reconstitution / correction du dossier) : [Article L911-1 du CJA](https://www.google.com/search?q=Article%20L911-1%20Code%20de%20justice%20administrative). ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000038311379/2021-02-06?utm_source=openai))
2) **Indemnisation (rappels/privation de rémunération)** : il faut en général une **réclamation préalable chiffrée** (sinon irrecevabilité), cf. [Article R421-1 du CJA](https://www.google.com/search?q=Article%20R421-1%20Code%20de%20justice%20administrative). ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039807005?utm_source=openai))
### Étape D — Référés possibles (pour “débloquer” vite)
- Si l’administration doit vous payer une somme **peu contestable** : **référé-provision** : [Article R541-1 du CJA](https://www.google.com/search?q=Article%20R541-1%20Code%20de%20justice%20administrative). ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006450031?utm_source=openai))
- Pour obtenir une **mesure utile urgente** (ex : communication de pièces, mesures conservatoires) : **référé mesures utiles** : [Article L521-3 du CJA](https://www.google.com/search?q=Article%20L521-3%20Code%20de%20justice%20administrative). ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006449328/?utm_source=openai))
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## 5) Sur l’argent : ne pas se faire surprendre (déductions + prescription)
### Déductions
En cas d’agent irrégulièrement évincé, le juge raisonne en **réparation intégrale du préjudice** et déduit en principe :
- rémunérations nettes du privé,
- allocations pour perte d’emploi,
et n’indemnise pas certaines primes “liées à l’exercice effectif”. ([conseil-etat.fr](https://conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/analyse/2013-12-06/365155?utm_source=openai))
### Prescription quadriennale (à ne pas rater)
Vos créances sur l’État/personne publique relèvent en principe de la loi de 1968 (4 ans, mécanismes d’interruption). ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000878035/2023-12-01/?utm_source=openai))
=> Même si 2023/2024 sont encore “récents”, **n’attendez pas** : une **réclamation écrite** bien cadrée sécurise et peut interrompre la prescription.
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## 6) Point d’alerte : “référé 2023 au TA sans date en 2026”
Un **référé** (par nature urgent) sans audience pendant 2–3 ans est atypique : soit
- ce n’est pas un référé mais un **recours au fond**, soit
- il y a eu une ordonnance, soit
- le dossier est incomplet / en attente de régularisation.
Sans juger votre dossier : je vous conseille de **vérifier sur Télérecours** l’intitulé exact de la procédure et d’adresser au greffe un courrier demandant l’état d’avancement (et, si besoin, un avocat/syndicat peut faire une demande de fixation).
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## Questions ciblées (pour vous dire “GO / NO-GO” plus franchement)
1) L’acte de 2023 est-il libellé **“révocation”** / sanction disciplinaire, ou une radiation “de plein droit” liée à l’incompatibilité de la condamnation ?
2) L’arrêté de réintégration de 2024 parle-t-il de **rétroactivité** (même partielle) ?
3) Avez-vous déjà envoyé une **réclamation indemnitaire chiffrée** (même approximative), ou seulement des demandes de “reconstruction” ?
Si vous copiez-collez (en masquant noms/lieux) les **phrases clés** des deux arrêtés (radiation + réintégration), je vous indique la lecture la plus probable du TA et la stratégie la plus efficace (médiateur vs référé-provision vs recours au fond).
Tout licenciement pour motif personnel est motivé dans les conditions définies par le présent chapitre. Il est justifié par une cause réelle et sérieuse.
En cas de litige, lors de la conciliation prévue à l'article L. 1411-1 , l'employeur et le salarié peuvent convenir ou le bureau de conciliation et d'orientation proposer d'y mettre un terme par accord. Cet accord prévoit le versement par l'employeur au salarié d'une indemnité forfaitaire dont le montant est déterminé, sans préjudice des indemnités légales, conventionnelles ou contractuelles, en référence à un barème fixé par décret en fonction de l'ancienneté du salarié. Le procès-verbal constatant l'accord vaut renonciation des parties à toutes réclamations et indemnités relatives à la rupture du contrat de travail prévues au présent chapitre. A défaut d'accord, le juge, à qui il appartient d'apprécier la régularité de la procédure suivie et le caractère réel et sérieux des motifs invoqués par l'employeur, forme sa conviction au vu des éléments fournis par les parties après avoir ordonné, au besoin, toutes les mesures d'instruction qu'il estime utiles. Il justifie dans le jugement qu'il prononce le montant des indemnités qu'il octroie. Si un doute subsiste, il profite au salarié.
Le salarié titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée, licencié alors qu'il compte 8 mois d'ancienneté ininterrompus au service du même employeur, a droit, sauf en cas de faute grave, à une indemnité de licenciement. Les modalités de calcul de cette indemnité sont fonction de la rémunération brute dont le salarié bénéficiait antérieurement à la rupture du contrat de travail. Ce taux et ces modalités sont déterminés par voie réglementaire.