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Mon voisin refuse que je passe chez lui pour entretenir ma haie qui est sur mon fonds. Mais il veut que je passe seulement pour ramasser les chutes lors des tailles, en surveillant que je ne taille pas depuis chez lui. Puis-je acter son refus de me laisser passer et tailler depuis chez moi tout en lui demandant de ramasser lui-même mes chutes, du point de vue légal?
En droit français, la situation que vous décrivez relève des règles de bon voisinage et du droit de propriété. Voici les éléments de réponse basés sur les textes en vigueur.
## Le droit d'accès au terrain du voisin (Tour d'échelle)
Le "tour d'échelle" (droit de passer chez le voisin pour entretenir sa propriété) n'est pas un droit automatique pour les haies. Il est généralement réservé aux travaux indispensables sur des constructions (murs, toitures) et uniquement si l'entretien est impossible depuis votre propre terrain.
Votre voisin est donc en droit de vous refuser l'accès pour la taille elle-même, surtout si vous pouvez techniquement tailler depuis votre propriété.
## L'obligation d'entretien et la gestion des déchets
### La taille de la haie
Selon l' [Article 673 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%20673%20du%20Code%20civil), vous êtes seul responsable de l'entretien de votre haie. Si des branches dépassent chez le voisin, celui-ci peut vous contraindre à les couper.
### Le ramassage des chutes
Légalement, vous ne pouvez pas imposer à votre voisin de ramasser les déchets verts issus de votre haie.
* **Propriété des déchets :** La haie étant située sur votre fonds, les branches coupées vous appartiennent.
* **Nuisance :** Laisser vos déchets chez le voisin sans les ramasser pourrait être considéré comme un trouble anormal de voisinage ou un abandon de déchets sur le terrain d'autrui.
**En résumé :** Si vous taillez depuis chez vous, vous restez responsable de la récupération des branches qui tombent chez lui. S'il vous autorise l'accès uniquement pour le ramassage, il est dans son droit.
## Action et recommandation
1. **Acter le refus d'accès pour la taille :** Vous pouvez lui envoyer un courrier simple (ou recommandé pour preuve) actant son refus de vous laisser passer pour tailler, tout en précisant que vous procéderez donc à la taille depuis votre propriété.
2. **Organiser le ramassage :** Puisqu'il accepte que vous passiez pour ramasser, il est préférable de coordonner une intervention rapide pour ne pas laisser les chutes encombrer son terrain, ce qui préviendra tout litige ultérieur.
3. **Mise en demeure :** Si la situation bloque tout entretien, rappelez-lui que selon l' [Article 673 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%20673%20du%20Code%20civil), il est en droit d'exiger la taille, mais qu'il doit alors permettre les conditions matérielles minimales pour l'exécuter.
### Questions de précision :
1. À quelle distance de la limite séparative votre haie est-elle plantée ?
2. La configuration des lieux rend-elle la taille depuis votre terrain techniquement impossible ou simplement difficile ?
3. Existe-t-il une convention écrite ou un usage local (en mairie) concernant le tour d'échelle dans votre commune ?
Celui sur la propriété duquel avancent les branches des arbres, arbustes et arbrisseaux du voisin peut contraindre celui-ci à les couper. Les fruits tombés naturellement de ces branches lui appartiennent. Si ce sont les racines, ronces ou brindilles qui avancent sur son héritage, il a le droit de les couper lui-même à la limite de la ligne séparative. Le droit de couper les racines, ronces et brindilles ou de faire couper les branches des arbres, arbustes ou arbrisseaux est imprescriptible.
Celui qui fait creuser un puits ou une fosse d'aisance près d'un mur mitoyen ou non, Celui qui veut y construire cheminée ou âtre, forge, four ou fourneau, Y adosser une étable, Ou établir contre ce mur un magasin de sel ou amas de matières corrosives, Est obligé à laisser la distance prescrite par les règlements et usages particuliers sur ces objets, ou à faire les ouvrages prescrits par les mêmes règlements et usages, pour éviter de nuire au voisin.
L'un des voisins ne peut, sans le consentement de l'autre, pratiquer dans le mur mitoyen aucune fenêtre ou ouverture, en quelque manière que ce soit, même à verre dormant.
Sommaire :
L'action en bornage ayant seulement pour effet de fixer les limites des fonds contigus sans attribuer la propriété des terrains, la cour d'appel ne peut se fonder sur le bornage pour constater un empiètement
Sommaire :
Est irrecevable faute d'intérêt l'appel tendant à faire statuer la cour d'appel sur les limites d'un fonds, lorsque l'appelant a reçu satisfaction de sa demande d'homologation du rapport d'expertise portant sur la délimitation et le bornage de ce fonds
Sommaire :
N'a pas autorité de la chose jugée sur la demande en bornage, le jugement qui ordonne seulement le bornage et désigne un expert, sans se prononcer sur le fond
Sommaire :
Ne tire pas les conséquences légales de ses propres constatations et viole l'article 637 du Code civil et l'article 1er de la loi du 10 juillet 1965 la cour d'appel qui rejette l'action du propriétaire d'un lot d'un fonds placé sous le régime de la copropriété contre le propriétaire d'un lot contigu, en dénégation de la " servitude de passage " revendiquée par ce dernier, sur le premier lot pour la desserte du second, tout en relevant que les copropriétaires n'avaient qu'un droit de jouissance exclusive sur le sol de leur lot dont la propriété demeurait commune entre tous.
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en conciliation, mon voisin demande en plus un délai de prévenance de 4 semaines et veut imposer une date pour l'entretien. Si je taille depuis chez moi et qu'il n'a qu'à me laisser passer pour les chutes, est-ce-que ces demandes ne sont pas abusives?
Puis-je au moins exiger de tailler quand et comme je veux puisque c'est chez moi?
Dans le cadre d'une conciliation, les parties sont libres de proposer des modalités, mais celles-ci doivent rester raisonnables et proportionnées. Voici l'analyse juridique de votre situation :
## La liberté de tailler depuis votre propriété
En vertu de votre droit de propriété ([Article 544 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%20544%20du%20Code%20civil)), vous êtes libre de procéder à l'entretien de vos biens **quand vous le souhaitez**, sous réserve de respecter :
* Les arrêtés municipaux ou préfectoraux concernant les horaires de bruit (tondeuses, taille-haies).
* Les éventuelles périodes de protection de la biodiversité (recommandations de l'OFB contre la taille des haies entre mars et juillet pour les oiseaux).
Votre voisin ne peut pas vous imposer de date pour des travaux que vous réalisez **exclusivement depuis votre terrain**.
## Le caractère "abusif" des conditions d'accès
Dès lors que vous devez pénétrer sur son terrain pour ramasser les chutes, vous dépendez de son autorisation (le "tour d'échelle" n'étant pas un droit de plein droit pour les haies). Toutefois :
### Le délai de prévenance de 4 semaines
Un délai de 4 semaines pour un simple ramassage de déchets verts peut être considéré comme **excessif**. En jurisprudence, l'exercice du droit de propriété ne doit pas dégénérer en **abus de droit**. Si les exigences du voisin rendent l'entretien de la haie quasi impossible ou excessivement contraignant, cela peut être qualifié d'abusif.
### L'imposition d'une date unique
Le voisin peut demander à être présent ou à ce que le passage se fasse à un moment qui ne le dérange pas, mais il ne peut pas "imposer" une date de manière unilatérale sans tenir compte de vos propres contraintes. La conciliation vise justement à trouver un **accord mutuel**.
## Risques et responsabilités
Si vous taillez sans accord sur le ramassage :
1. **Si vous laissez les branches chez lui :** Il pourra invoquer un trouble anormal de voisinage ou une violation de son droit de propriété.
2. **Si vous entrez sans son accord :** Vous commettez une violation de domicile.
**L'argument à soulever en conciliation :**
Rappelez que selon l'[Article 673 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%20673%20du%20Code%20civil), il est en droit d'exiger que vous coupiez les branches. S'il multiplie les obstacles procéduraux (délais déraisonnables), il se met en contradiction avec son propre droit d'exiger la taille et commet un abus.
### Recommandations pour la conciliation
* **Proposez un compromis :** Un délai de prévenance de 7 à 10 jours est généralement jugé raisonnable.
* **Précisez la durée :** Indiquez que le passage sur son fonds sera limité au strict temps du ramassage (ex: 1 heure).
* **Fixez une plage horaire :** Plutôt qu'une date fixe, proposez un créneau (ex: "le samedi matin entre 10h et 12h").
**Questions de précision :**
1. Le voisin justifie-t-il ce délai de 4 semaines par des contraintes particulières (santé, absence, profession) ?
2. La haie présente-t-elle un danger ou une gêne immédiate pour lui (obstruction d'un passage, visibilité) ?
Celui sur la propriété duquel avancent les branches des arbres, arbustes et arbrisseaux du voisin peut contraindre celui-ci à les couper. Les fruits tombés naturellement de ces branches lui appartiennent. Si ce sont les racines, ronces ou brindilles qui avancent sur son héritage, il a le droit de les couper lui-même à la limite de la ligne séparative. Le droit de couper les racines, ronces et brindilles ou de faire couper les branches des arbres, arbustes ou arbrisseaux est imprescriptible.
Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.
Chacun est responsable du dommage qu'il a causé non seulement par son fait, mais encore par sa négligence ou par son imprudence.
Sommaire :
Commet une voie de fait la commune qui, sans bénéficier d'une servitude de passage et d'aménagement arrêtée par le préfet ou avoir mis en oeuvre la procédure prévue pour l'exécution de travaux de défense de la forêt contre les incendies, réalise, sans l'autorisation de son propriétaire, des travaux d'élargissement et de débroussaillement d'un sentier
Sommaire :
L'article 673 du code civil n'étant pas d'ordre public, il peut y être dérogé par les stipulations contractualisées d'un cahier des charges de lotissement
Sommaire :
Ayant constaté la nécessité de réaliser des travaux sur la toiture du pavillon, le refus du maire de la commune de voir installer une nacelle en vue d'effectuer ces travaux de la voie publique et le coût disproportionné de toute autre solution au regard de la valeur des travaux à effectuer, la cour d'appel a souverainement retenu qu'il n'existait aucun autre moyen pour réaliser ces travaux que de passer sur le terrain appartenant au voisin.
Elle en a, dès lors, exactement déduit que celui-ci ne pouvait, sous peine de commettre un abus de droit, s'opposer à l'installation temporaire d'un échafaudage en éventail ou sur pieds sur son terrain et a ainsi légalement justifié sa décision
Sommaire :
Justifie légalement sa décision la cour d'appel qui, pour constater l'existence d'une servitude conventionnelle de passage, relève que les parties reconnaissent qu'une convention verbale a été passée entre elles et retient souverainement que les écritures de l'une d'elles ainsi que la demande qu'elles ont présentée conjointement aux fins d'obtenir une autorisation de voirie commune valent commencement de preuve par écrit et que des éléments précis et concordants concourent à confirmer leur volonté.
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Si pas d'accord en conciliation, que je lui laisse un sms 48h avant la taille, et que je lui demande alors le passage, peut-il refuser et invoquer ensuite les troubles anormaux du voisinage?
Il invoque les délais pour son employeur de 4 semaines.
Ma haie ne pose aucun souci de sécurité chez lui
Si la conciliation échoue et que vous agissez de manière unilatérale (SMS 48h avant), voici les conséquences juridiques prévisibles :
## 1. Le droit de refus du voisin
Le voisin reste maître chez lui. En l'absence d'un accord écrit ou d'une décision de justice, il peut **légalement vous refuser l'accès** à son terrain, même pour ramasser les chutes.
* Si vous entrez malgré son refus, vous commettez une **violation de domicile**.
* Le délai de 4 semaines lié à son employeur est un argument personnel qui n'a pas de valeur légale stricte, mais qui illustre sa volonté de contrôler l'accès à sa propriété. Cependant, exiger un tel délai pour un simple ramassage de 30 minutes peut être perçu par un juge comme une **exigence abusive**.
## 2. Le risque de "Troubles anormaux du voisinage"
Si vous taillez depuis chez vous, que les branches tombent chez lui et que vous ne pouvez pas les ramasser à cause de son refus :
* **Sa responsabilité :** S'il refuse l'accès que vous avez sollicité (même avec un délai court de 48h), il se place lui-même dans une situation où il accepte implicitement la présence des branches sur son sol. Un juge pourrait considérer qu'il est responsable de son propre préjudice (encombrement de son jardin) puisqu'il a empêché le ramassage.
* **Votre responsabilité :** Le voisin pourrait tenter d'invoquer l' [Article 1240 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%201240%20du%20Code%20civil) (responsabilité pour faute) ou les troubles anormaux du voisinage. Toutefois, la jurisprudence considère souvent que si le demandeur a fait preuve de diligence (demande d'accès raisonnable) et que le voisin a fait preuve d'obstruction, le trouble n'est pas imputable au propriétaire de la haie.
## 3. L'impasse de l'Article 673
C'est le point de blocage majeur pour votre voisin :
Selon l' [Article 673 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%20673%20du%20Code%20civil), il a le droit d'exiger que vous coupiez les branches. S'il rend cette coupe impossible par des exigences de délai déraisonnables (4 semaines), il perd sa crédibilité devant un tribunal.
### Recommandations stratégiques :
1. **En conciliation :** Faites acter que vous proposez un délai de 7 ou 10 jours (standard raisonnable) et qu'il le refuse. Cela prouvera votre bonne foi.
2. **Le SMS de 48h :** C'est risqué. Si vous taillez et qu'il vous refuse l'accès, les branches resteront au sol et le conflit s'envenimera.
3. **L'alternative juridique :** Si la conciliation échoue, vous pouvez saisir le tribunal de proximité pour demander une **ordonnance de "tour d'échelle"** fixant judiciairement les modalités d'accès. Le juge tranchera sur le caractère abusif ou non des 4 semaines de prévenance.
**Question de précision :**
1. Avez-vous une preuve écrite (mail, courrier) où il lie son refus d'accès à ses contraintes d'employeur ?
2. Seriez-vous prêt à accepter un délai intermédiaire (ex: 15 jours) pour débloquer la conciliation ?
Celui sur la propriété duquel avancent les branches des arbres, arbustes et arbrisseaux du voisin peut contraindre celui-ci à les couper. Les fruits tombés naturellement de ces branches lui appartiennent. Si ce sont les racines, ronces ou brindilles qui avancent sur son héritage, il a le droit de les couper lui-même à la limite de la ligne séparative. Le droit de couper les racines, ronces et brindilles ou de faire couper les branches des arbres, arbustes ou arbrisseaux est imprescriptible.
Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.
Chacun est responsable du dommage qu'il a causé non seulement par son fait, mais encore par sa négligence ou par son imprudence.
Sommaire :
Dans les rapports entre le locateur d'ouvrage auteur du trouble anormal causé aux voisins et les autres professionnels dont la responsabilité peut être recherchée, la charge finale de la condamnation formant contribution à la dette se répartit en fonction de la gravité de leurs fautes respectives.
L'entrepreneur principal ne peut donc exercer de recours subrogatoire contre les sous-traitants que pour la fraction de la dette dont il ne doit pas assumer la charge définitive
Sommaire :
Une cour d'appel qui constate qu'un maître de l'ouvrage, ayant fait réaliser des travaux qui ont causé des dommages à des résidents d'immeubles voisins, a indemnisé ces derniers, retient à bon droit que ce maître de l'ouvrage, subrogé dans les droits des voisins victimes à hauteur des paiements effectués, est bien fondé à recourir contre les constructeurs et leurs assureurs sur le fondement du principe prohibant les troubles anormaux de voisinage qui ne requiert pas la preuve d'une faute.
Sommaire :
Viole l'article 1147 du Code civil une cour d'appel qui, pour condamner un constructeur à garantir le maître de l'ouvrage de la condamnation prononcée à son encontre au profit du propriétaire du fonds voisin, retient que les travaux, à l'origine des désordres ayant causé à ce voisin des troubles anormaux, ont été réalisés par ce constructeur qui n'apporte aucun élément technique contredisant le rapport d'expertise qui retenait l'existence de fissurations pouvant être dues à des vibrations en cours de travaux, sans caractériser les fautes éventuellement commises par ce constructeur sur le fondement de la responsabilité contractuelle régissant les rapports unissant le maître de l'ouvrage à l'entrepreneur ayant exécuté les travaux.
Sommaire :
Le maître de l'ouvrage condamné à indemniser un voisin pour les troubles anormaux de voisinage résultant de la construction, dispose, sur le même fondement, d'une action récursoire contre les divers constructeurs.
Sommaire :
La responsabilité de l'entrepreneur vis-à-vis du maître de l'ouvrage condamné à réparer des dommages causés à des tiers sur le fondement des troubles anormaux de voisinage en raison de travaux exécutés par cet entrepreneur est de nature contractuelle et le maître de l'ouvrage ne peut invoquer une présomption de responsabilité à l'encontre du gardien du chantier.