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Mon voisin me demande de vendre son bien , contre 1000 euros est ce que j ai le droit sachant que le bien est en agence mais pas en mandat exclusif et que je ne suis pas professionnel, j’effectuerai les visites mais la partie financier sera gérer par le professionnel
La réponse courte est **non, vous ne pouvez pas légalement percevoir une rémunération pour cette mission**, même si vous ne gérez pas la partie financière.
En France, l'activité d'entremise immobilière est strictement réglementée par la **Loi Hoguet** (Loi n° 70-9 du 2 janvier 1970). Voici l'analyse stratégique de votre situation :
### 1. Le risque juridique : L'exercice illégal
Pour percevoir une commission ou une rémunération (même de 1 000 €) lors d'une vente immobilière pour autrui, il est impératif de posséder une **carte professionnelle** (Carte T).
* **L'infraction :** Le fait d'effectuer des visites et de mettre en relation un vendeur et un acquéreur contre rémunération sans carte professionnelle constitue un délit pénal (exercice illégal de la profession d'agent immobilier).
* **La responsabilité :** Selon [l'article 1992 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1992+Code+civil), si vous commettez une faute lors d'une visite (mauvaise information sur le bien, oubli d'un vice apparent), votre responsabilité sera engagée. Le fait d'être payé aggrave la rigueur avec laquelle les juges apprécieront votre faute.
### 2. Le "Coup d'après" : L'opposition de l'agence
Le bien est déjà en agence. Si vous trouvez un acquéreur et que l'agence s'en aperçoit (ce qui arrivera au moment de la signature du compromis) :
* **L'agence pourra réclamer ses honoraires complets :** Elle pourrait arguer que vous avez agi comme un "sous-agent" non déclaré.
* **Le conflit de mandat :** Même en mandat non exclusif, le propriétaire a l'obligation de ne pas traiter avec un acquéreur ayant déjà visité avec l'agence. Si votre acquéreur a déjà vu l'annonce de l'agence, le propriétaire risque de devoir payer la commission à l'agence dans tous les cas.
### 3. Le risque de non-paiement (Absence de recours)
C'est le point le plus critique pour vous.
* Puisque vous n'avez pas de carte professionnelle, tout contrat ou accord (même écrit) prévoyant une rémunération pour cette vente est **nul de plein droit**.
* **Conséquence :** Si votre voisin refuse de vous verser les 1 000 € après la vente, vous ne pourrez **jamais** l'attaquer en justice pour obtenir votre dû. Le juge constatera que l'objet du contrat est illégal.
### 4. Analyse et Stratégie recommandée
**Le "Go / No-Go" :**
* **À éviter absolument :** Demander ou accepter une rémunération formalisée. C'est un risque pénal pour vous et un risque financier pour le vendeur.
* **L'alternative légale (L'entraide gratuite) :** Vous pouvez tout à fait aider votre voisin à faire les visites à titre **gratuit**. Selon [l'article 1984 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1984+Code+civil), le mandat est un acte par lequel vous recevez le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant. Si ce mandat est gratuit, votre responsabilité est moins lourdement engagée ([Article 1992 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1992+Code+civil)).
**Ma recommandation stratégique :**
1. **Ne signez aucun papier** mentionnant une somme d'argent.
2. **Agissez au titre de l'amitié :** Si vous souhaitez vraiment l'aider, faites-le gratuitement. Si, une fois la vente conclue, votre voisin décide de vous faire un cadeau (cadeau d'usage, invitation, etc.), cela relève de la sphère privée, mais cela ne doit pas être la contrepartie contractuelle de la vente.
3. **Vérifiez le mandat de l'agence :** Assurez-vous que le voisin a bien le droit de vendre par lui-même (mandat simple). S'il vend par votre intermédiaire sans passer par l'agence, il doit impérativement notifier l'agence du nom de l'acheteur pour vérifier qu'il n'est pas déjà dans leur base de données.
Le mandat ou procuration est un acte par lequel une personne donne à une autre le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant et en son nom. Le contrat ne se forme que par l'acceptation du mandataire.
Le mandat peut être donné par acte authentique ou par acte sous seing privé, même par lettre. Il peut aussi être donné verbalement, mais la preuve testimoniale n'en est reçue que conformément au titre " Des contrats ou des obligations conventionnelles en général ". L'acceptation du mandat peut n'être que tacite et résulter de l'exécution qui lui a été donnée par le mandataire.
Le mandataire répond non seulement du dol, mais encore des fautes qu'il commet dans sa gestion. Néanmoins, la responsabilité relative aux fautes est appliquée moins rigoureusement à celui dont le mandat est gratuit qu'à celui qui reçoit un salaire.
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Si je le fais gratuitement avec un papier disant que la propriétaire ne me rémunère pas est ce que cela passe ?
Sur le plan juridique, **oui, cela est possible et beaucoup plus sécurisant**, mais cela nécessite de respecter certaines limites strictes pour ne pas être requalifié en "agent immobilier clandestin".
Voici l'analyse stratégique de cette approche :
### 1. La validité du mandat gratuit
Le Code civil prévoit expressément la possibilité d'agir pour le compte d'autrui sans être payé. Selon [l'article 1986 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1986+Code+civil), le mandat est gratuit s'il n'y a pas de convention contraire.
En signant un document précisant que vous intervenez à titre **bénévole et amical**, vous vous protégez contre une accusation d'exercice illégal de la profession d'agent immobilier (Loi Hoguet), car l'un des critères de cette infraction est le caractère "onéreux" (la rémunération).
### 2. Le risque de responsabilité (Le "Coup d'après")
Même si vous êtes bénévole, vous n'êtes pas à l'abri de poursuites en cas de problème lors d'une visite.
* **La faute de gestion :** Si vous donnez une information erronée (ex: "oui, les combles sont aménageables" alors que c'est faux) et que l'acheteur se retourne contre le vendeur, le vendeur pourrait se retourner contre vous.
* **L'atténuation légale :** L'avantage du bénévolat est précisé à [l'article 1992 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1992+Code+civil) : la responsabilité d'un mandataire gratuit est appliquée "moins rigoureusement" que celle d'une personne payée. Cependant, elle n'est pas nulle.
### 3. La vigilance vis-à-vis de l'agence (Stratégie)
Même avec un papier de gratuité, l'agence immobilière qui détient un mandat (même non exclusif) pourrait voir votre intervention d'un mauvais œil :
* **Suspicion de "dessous de table" :** L'agence pourrait soupçonner que vous percevez de l'argent de la main à la main.
* **Interdiction de court-circuiter :** Si vous faites visiter le bien à une personne qui avait déjà contacté l'agence, le propriétaire reste redevable de la commission à l'agence. Le propriétaire doit impérativement demander à chaque visiteur s'il a déjà vu le bien via un professionnel.
### 4. Recommandations pratiques (Le Go/No-Go)
Pour que ce "papier" soit efficace, il doit être rédigé sous forme d'une **attestation d'entraide bénévole** :
1. **Le contenu :** "Je soussigné [Votre Nom], déclare intervenir à titre strictement amical et gratuit pour faciliter les visites du bien de [Nom du voisin]. Je reconnais ne percevoir aucune rémunération, commission ou avantage en nature pour cette aide ponctuelle."
2. **La limite :** Ne faites pas cela pour 10 personnes différentes. Si vous aidez plusieurs voisins, l'administration fiscale ou les syndicats d'agents immobiliers pourraient considérer que vous en faites une activité "habituelle", ce qui est interdit sans carte professionnelle.
3. **L'assurance :** Vérifiez que votre assurance Responsabilité Civile (vie privée) couvre les dommages que vous pourriez causer chez autrui lors de ces visites (ex: bris d'un vase, chute d'un visiteur).
**En résumé :** Faire un écrit prouvant la gratuité est une excellente protection contre les risques pénaux (travail dissimulé/exercice illégal), mais cela ne vous dédouane pas d'être extrêmement prudent sur les informations que vous communiquez aux acheteurs potentiels.
Sont interdits : 1° Le travail totalement ou partiellement dissimulé, défini et exercé dans les conditions prévues aux articles L. 8221-3 et L. 8221-5 ; 2° La publicité, par quelque moyen que ce soit, tendant à favoriser, en toute connaissance de cause, le travail dissimulé ; 3° Le fait de recourir sciemment, directement ou par personne interposée, aux services de celui qui exerce un travail dissimulé.
Est réputé travail dissimulé par dissimulation d'activité, l'exercice à but lucratif d'une activité de production, de transformation, de réparation ou de prestation de services ou l'accomplissement d'actes de commerce par toute personne qui, se soustrayant intentionnellement à ses obligations : 1° Soit n'a pas demandé son immatriculation au registre national des entreprises en tant qu'entreprise du secteur des métiers et de l'artisanat ou au registre du commerce et des sociétés, lorsque celle-ci est obligatoire, ou a poursuivi son activité après refus d'immatriculation, ou postérieurement à une radiation ; 2° Soit n'a pas procédé aux déclarations qui doivent être faites aux organismes de protection sociale ou à l'administration fiscale en vertu des dispositions légales en vigueur. Cette situation peut notamment résulter de la non-déclaration d'une partie de son chiffre d'affaires ou de ses revenus ou de la continuation d'activité après avoir été radié par les organismes de protection sociale en application de l'article L. 613-4 du code de la sécurité sociale ; 3° Soit s'est prévalue des dispositions applicables au détachement de salariés lorsque l'employeur de ces derniers exerce dans l'Etat sur le territoire duquel il est établi des activités relevant uniquement de la gestion interne ou administrative, ou lorsque son activité est réalisée sur le territoire national de façon habituelle, stable et continue.
Le contrat est un accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes destiné à créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations.