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Je suis en arrêt depuis 1 mois ,pour épuisement professionnel suite à une pression hiérarchique et des bruits de couloir disent que je vais etre licencié
La situation que vous décrivez est particulièrement stressante, mais le droit français encadre strictement le licenciement d'un salarié en arrêt maladie, d'autant plus lorsque cet arrêt est lié à vos conditions de travail.
Voici une analyse stratégique de votre situation selon la méthodologie de notre cabinet.
## 1. Votre protection légale durant l'arrêt maladie
En principe, il est interdit de licencier un salarié en raison de son état de santé. Selon [l'article L1226-9 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+L1226-9+Code+du+travail), pendant la suspension de votre contrat pour maladie, l'employeur ne peut rompre le contrat que s'il justifie :
* D'une **faute grave** (commise avant l'arrêt) ;
* Ou de son **impossibilité de maintenir le contrat** pour un motif étranger à la maladie (motif économique, par exemple).
**Attention :** L'employeur pourrait tenter d'invoquer la "désorganisation de l'entreprise" nécessitant votre remplacement définitif. Cependant, pour un arrêt d'un mois seulement, cet argument est juridiquement très fragile et rarement admis par les juges.
## 2. L'anticipation de la défense de l'employeur (Le "Coup d'après")
Si l'employeur décide de vous licencier malgré votre arrêt, il ne dira jamais que c'est à cause de votre épuisement. Il cherchera probablement à invoquer une **insuffisance professionnelle** ou des griefs disciplinaires antérieurs.
**La riposte stratégique :**
Si votre épuisement professionnel (burnout) est la conséquence d'une pression hiérarchique, cela peut s'apparenter à du **harcèlement moral**. Selon [l'article L1152-1 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+L1152-1+Code+du+travail), aucun salarié ne doit subir d'agissements répétés dégradant ses conditions de travail.
Si vous parvenez à démontrer que votre licenciement est lié à la dénonciation de ces pressions ou à votre état de santé causé par l'entreprise, le licenciement peut être déclaré **nul**. La jurisprudence est protectrice à ce sujet : [Cour de cassation, chambre sociale, 16/09/2020, n° 18-26.696](https://www.courdecassation.fr/decision/5fca352bd26a814644e9d7f4) précise que le salarié qui relate des faits de harcèlement ne peut être licencié pour ce motif, sauf mauvaise foi prouvée par l'employeur.
## 3. La charge de la preuve : Constituez votre dossier dès maintenant
La loi est une chose, la preuve en est une autre. Pour bloquer toute tentative de licenciement ou obtenir gain de cause aux Prud'hommes, vous devez réunir les éléments suivants :
* **Éléments médicaux :** Certificats médicaux détaillés (mentionnant le lien avec le travail si possible), avis du médecin du travail (lors de la visite de pré-reprise), comptes-rendus de psychologues.
* **Éléments factuels :** Emails de pression, objectifs inatteignables, témoignages de collègues (sous forme d'attestations selon [l'article 202 du Code de procédure civile](https://www.google.com/search?q=Article+202+Code+de+proc%C3%A9dure+civile)), ou traces de bruits de couloir si elles sont écrites.
* **Le lien de causalité :** Vous devez montrer que la dégradation de votre santé est le résultat direct des méthodes de gestion.
## 4. Évaluation des risques et stratégie (Go/No-Go)
**Le risque :** Si vous restez passif, l'employeur pourrait engager la procédure dès votre retour (ou même pendant, par courrier). Un licenciement contesté dure en moyenne 12 à 18 mois devant les Prud'hommes.
**La stratégie conseillée :**
1. **Le silence stratégique :** Ne répondez pas aux "bruits de couloir" de manière informelle.
2. **La visite de pré-reprise :** Sollicitez une visite de pré-reprise auprès de la Médecine du Travail (pendant votre arrêt). C'est un excellent moyen de faire constater officiellement le lien entre votre santé et le travail.
3. **La lettre de dénonciation (Optionnelle mais forte) :** Si la pression est documentée, un courrier recommandé dénonçant les faits de harcèlement moral avant toute convocation à un entretien préalable rendra votre licenciement quasi-impossible à valider pour l'employeur.
4. **La négociation :** Si le lien de confiance est rompu, votre dossier de preuves pourra servir de levier pour négocier une **rupture conventionnelle** avec une indemnité supra-légale, plutôt que de subir un licenciement conflictuel.
**Conclusion :** Votre priorité est de vous soigner, mais ne négligez pas la collecte de preuves. Un employeur qui licencie un salarié en burnout pour "pression" s'expose à la nullité du licenciement, ce qui signifie le paiement de tous les salaires qui auraient dû être versés et des dommages et intérêts importants.
*Note : Je vous conseille vivement de consulter un avocat spécialisé en droit du travail ou un délégué syndical pour analyser les pièces précises de votre dossier.*
Tout licenciement pour motif personnel est motivé dans les conditions définies par le présent chapitre. Il est justifié par une cause réelle et sérieuse.
Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.
Au cours des périodes de suspension du contrat de travail, l'employeur ne peut rompre ce dernier que s'il justifie soit d'une faute grave de l'intéressé, soit de son impossibilité de maintenir ce contrat pour un motif étranger à l'accident ou à la maladie.
Sommaire :
Aux termes de l'article L. 1152-2 du code du travail, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, notamment en matière de rémunération, de formation, de reclassement, d'affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat, pour avoir subi ou refusé de subir des agissements répétés de harcèlement moral ou pour avoir témoigné de tels agissements ou les avoir relatés. Selon l'article L. 1152-3 du même code, toute rupture de contrat de travail intervenue en méconnaissance des articles L. 1152-1 et L. 1152-2 du code du travail, toute disposition ou tout acte contraire est nul. Il s'en déduit que le salarié qui relate des faits de harcèlement moral ne peut être licencié pour ce motif, sauf mauvaise foi, laquelle ne peut résulter que de la connaissance par le salarié de la fausseté des faits qu'il dénonce.
L'absence éventuelle dans la lettre de licenciement de mention de la mauvaise foi avec laquelle le salarié a relaté des agissements de harcèlement moral n'est pas exclusive de la mauvaise foi de l'intéressé, laquelle peut être alléguée par l'employeur devant le juge
Sommaire :
Il résulte de l'article L. 1152-1 du code du travail qu'aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. Ces dispositions sont applicables à un salarié dispensé d'activité en raison d'une période de congé de fin de carrière, dès lors que le contrat de travail n'est pas rompu pendant cette période