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Couper les branches d'arbres dépassant chez le voisin Droit du voisinage

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Puis-je aller chez mon voisin pour couper les branches de mes arbres ?
La réponse courte est **non, vous n'avez pas le droit de pénétrer sur la propriété de votre voisin sans son accord exprès**, même si c'est pour entretenir vos propres arbres. Voici l'analyse stratégique de votre situation selon la méthodologie de conseil juridique. ## 1. Le cadre légal : Propriété et Obligation d'élagage En droit français, la propriété est inviolable. Pénétrer chez autrui sans autorisation constitue une violation de domicile ou une atteinte à la propriété privée. Concernant les branches, [l'article 673 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+673+Code+civil) est très clair : * **Votre obligation :** Vous êtes responsable de l'élagage de vos arbres. Vous devez couper les branches qui dépassent sur la propriété de votre voisin. * **Le droit du voisin :** Votre voisin ne peut pas couper les branches lui-même (sauf s'il s'agit de racines, ronces ou brindilles). Il peut cependant vous **contraindre** à le faire. ## 2. Anticipation de la partie adverse (Le "Coup d'après") Si vous entrez chez votre voisin sans son accord pour couper ces branches, voici ce qu'il peut faire : * **Action pénale :** Déposer plainte pour violation de domicile. * **Action civile :** Demander des dommages et intérêts s'il estime que vous avez dégradé son jardin ou ses plantations durant votre intervention. * **Blocage :** S'il refuse que vous passiez, vous ne pouvez pas vous faire justice vous-même. Vous devrez obtenir une autorisation judiciaire (le "tour d'échelle" pour l'élagage, bien que ce concept soit plus souvent utilisé pour les travaux sur les bâtiments). ## 3. La charge de la preuve et les risques Si vous décidez d'intervenir, vous devez vous prémunir contre toute contestation : * **L'accord écrit :** Ne vous contentez pas d'un accord oral. Un simple SMS ou un e-mail du voisin disant "D'accord pour samedi 10h" est une preuve précieuse. * **L'état des lieux :** Prenez des photos de la zone *avant* et *après* votre passage. Si le voisin prétend que vous avez écrasé ses fleurs, vous aurez la preuve du contraire. **Le risque "Go/No-Go" :** Si votre voisin est déjà en conflit avec vous, **n'y allez pas**. Le risque de procédure pour violation de propriété est trop élevé par rapport au bénéfice de couper une branche. ## 4. Stratégie et plan d'action Pour agir en toute sécurité juridique, suivez ces étapes : 1. **Demande amiable :** Envoyez un message ou allez voir votre voisin pour lui proposer une date d'intervention. Précisez que c'est pour respecter votre obligation légale d'entretien. 2. **Mise en demeure (si blocage) :** Si le voisin refuse l'accès mais se plaint des branches, envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). Expliquez que vous souhaitez procéder à l'élagage conformément à [l'article 673 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+673+Code+civil) mais qu'il vous refuse l'accès nécessaire. Cela déplacera la responsabilité sur lui en cas de chute de branche. 3. **Le recours au professionnel :** Parfois, faire appel à un élagueur professionnel calme la situation. Le professionnel possède souvent ses propres assurances et connaît les règles de mitoyenneté. **Note importante :** Si votre voisin refuse toujours l'accès et que les branches présentent un danger, vous devrez saisir le conciliateur de justice (gratuit) ou, en dernier recours, le Tribunal judiciaire pour obtenir une autorisation d'accès temporaire.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article 673 du Code civil

Celui sur la propriété duquel avancent les branches des arbres, arbustes et arbrisseaux du voisin peut contraindre celui-ci à les couper. Les fruits tombés naturellement de ces branches lui appartiennent. Si ce sont les racines, ronces ou brindilles qui avancent sur son héritage, il a le droit de les couper lui-même à la limite de la ligne séparative. Le droit de couper les racines, ronces et brindilles ou de faire couper les branches des arbres, arbustes ou arbrisseaux est imprescriptible.

📄 Article 674 du Code civil

Celui qui fait creuser un puits ou une fosse d'aisance près d'un mur mitoyen ou non, Celui qui veut y construire cheminée ou âtre, forge, four ou fourneau, Y adosser une étable, Ou établir contre ce mur un magasin de sel ou amas de matières corrosives, Est obligé à laisser la distance prescrite par les règlements et usages particuliers sur ces objets, ou à faire les ouvrages prescrits par les mêmes règlements et usages, pour éviter de nuire au voisin.

📄 Article 675 du Code civil

L'un des voisins ne peut, sans le consentement de l'autre, pratiquer dans le mur mitoyen aucune fenêtre ou ouverture, en quelque manière que ce soit, même à verre dormant.
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Puis-je résilier le bail de mon locataire librement ?
La réponse courte est **non**. En droit français, le bailleur ne peut pas résilier le bail de son locataire "librement" ou à tout moment. La protection du locataire est un principe fondamental, particulièrement lorsque le logement constitue sa **résidence principale**. Voici l'analyse stratégique de vos options et les risques associés. ## 1. Le cadre légal : Les 3 seuls motifs de congé Selon la [Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (Article 15)](https://www.google.com/search?q=Article+15+Loi+6+juillet+1989), vous ne pouvez donner congé à votre locataire que pour trois motifs précis à l'échéance du bail : 1. **Le congé pour vente :** Vous souhaitez vendre le logement libre de toute occupation. Le locataire dispose alors d'un droit de préemption (priorité pour acheter). 2. **Le congé pour reprise :** Vous souhaitez habiter le logement ou y loger un proche (conjoint, ascendants ou descendants directs). 3. **Le congé pour motif légitime et sérieux :** Il s'agit principalement des fautes du locataire (impayés répétés, troubles du voisinage, défaut d'assurance) ou de la nécessité de réaliser des travaux majeurs. ## 2. Anticipation de la partie adverse (Le "Coup d'après") Si vous donnez congé, attendez-vous à ce que le locataire ou son conseil vérifie la **sincérité** de votre motif : * **Congé frauduleux :** Si vous donnez congé pour "reprise" mais que vous relouez le bien plus cher à un tiers trois mois plus tard, le locataire peut vous poursuivre. * **Sanction :** En cas de congé frauduleux, vous risquez une amende pénale pouvant aller jusqu'à **6 000 €** (personne physique) et le versement de dommages-intérêts au locataire évincé. * **Locataire protégé :** Si votre locataire a plus de 65 ans et des ressources modestes, [l'article 15-III de la loi de 1989](https://www.google.com/search?q=Article+15+Loi+89-462+locataire+protege) vous oblige à lui proposer une solution de relogement, sauf si vous-même avez plus de 65 ans ou des ressources modestes. ## 3. La rigueur procédurale (La "Charge de la preuve") La forme du congé est aussi importante que le fond. Si la procédure n'est pas respectée, le bail est **reconduit d'office**. * **Le délai de préavis :** * **6 mois** avant la fin du bail pour une location vide. * **3 mois** avant la fin du bail pour une location meublée (selon [l'article L632-1 du Code de la construction et de l'habitation](https://www.google.com/search?q=Article+L632-1+Code+construction+habitation)). * **Le mode d'envoi :** Lettre recommandée avec AR, acte d'huissier (recommandé en cas de conflit) ou remise en main propre contre récépissé. * **Attention :** Le délai court à la réception effective par le locataire. S'il ne va pas chercher son recommandé, le congé n'est pas valable. L'huissier est la seule sécurité absolue. ## 4. Stratégie et Risques (Le "Go/No-Go") * **L'accord amiable :** C'est souvent la meilleure stratégie. Vous pouvez proposer une "indemnité d'éviction" (une somme d'argent) au locataire pour qu'il accepte de partir de façon anticipée par un accord écrit. Cela évite les procédures de 18 à 24 mois. * **Le risque financier :** Ne lancez pas de procédure d'expulsion seul. Si le locataire reste dans les lieux après le congé, vous devrez saisir le juge. Le coût de l'avocat et de l'huissier doit être mis en balance avec le loyer perçu. * **Le permis de louer :** Dans certaines zones, vérifiez si vous n'êtes pas soumis à une déclaration de mise en location ([Article L634-1 du CCH](https://www.google.com/search?q=Article+L634-1+Code+construction+habitation)), car un défaut de conformité du logement pourrait fragiliser un congé pour motif sérieux. **Conseil de Senior Partner :** Avant d'envoyer votre congé, vérifiez la date exacte d'échéance de votre bail. Si vous envoyez votre congé 5 mois et 29 jours avant la fin d'un bail vide, vous repartez pour 3 ans de location obligatoire.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article L631-7 du Code de la construction et de l'habitation

La présente section est applicable aux communes dont la liste est fixée par le décret mentionné au I de l'article 232 du code général des impôts. Dans ces communes, le changement d'usage des locaux à usage d'habitation peut être soumis, sur décision de l'organe délibérant, à autorisation préalable dans les conditions fixées à l'article L. 631-7-1. Constituent des locaux à usage d'habitation toutes catégories de logements et leurs annexes, y compris les logements-foyers, logements de gardien, chambres de service, logements de fonction, logements inclus dans un bail commercial, locaux meublés donnés en location dans les conditions de l'article L. 632-1 ou dans le cadre d'un bail mobilité conclu dans les conditions prévues au titre Ier ter de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986. Pour l'application de la présente section, un local est réputé à usage d'habitation s'il était affecté à cet usage soit à une date comprise entre le 1er janvier 1970 et le 31 décembre 1976 inclus, soit à n'importe quel moment au cours des trente dernières années précédant la demande d'autorisation préalable au changement d'usage ou la contestation de l'usage dans le cadre des procédures prévues au présent livre, et sauf autorisation ultérieure mentionnée au quatrième alinéa du présent article. Cet usage peut être établi par tout mode de preuve, la charge de la preuve incombant à celui qui veut démontrer un usage illicite. Toutefois, les locaux construits ou ayant fait l'objet de travaux après le 1er janvier 1970 sont réputés avoir l'usage pour lequel la construction ou les travaux ont été autorisés, sauf autorisation ultérieure mentionnée au même quatrième alinéa. Lorsqu'une autorisation administrative a été accordée après le 1er janvier 1970 pour changer l'usage d'un local mentionné au troisième alinéa, le local dont le changement d'usage a été autorisé et, dans le cas où cette autorisation a été accordée contre compensation, le local ayant servi à compensation sont réputés avoir l'usage résultant de l'autorisation. Une autorisation d'urbanisme ayant pour conséquence de changer la destination de locaux à usage d'habitation ne constitue un mode de preuve valable que si elle est accompagnée d'une autorisation de changement d'usage. L'usage d'habitation s'entend de tout local habité ou ayant vocation à l'être même s'il n'est pas occupé effectivement, notamment en cas de vacance ou lorsqu'il a fait l'objet d'un arrêté pris sur le fondement du livre V du présent code. Sont nuls de plein droit tous accords ou conventions conclus en violation du présent article. Le fait de louer un local meublé à usage d'habitation en tant que meublé de tourisme, au sens du I de l'article L. 324-1-1 du code du tourisme, constitue un changement d'usage au sens du présent article.

📄 Article L632-1 du Code de la construction et de l'habitation

I.-Une location d'un logement meublé constituant la résidence principale du preneur est soumise au titre Ier bis de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986. Lorsque le bailleur est titulaire d'un bail commercial venant à expiration ou lorsque la cessation d'activité est prévue, le contrat peut être d'une durée inférieure à un an et doit mentionner les raisons et événements justificatifs. Si le bail commercial est renouvelé ou si l'activité est poursuivie, la durée du contrat est portée à un an. A peine d'irrecevabilité de la demande, l'assignation par l'exploitant d'un établissement recevant du public aux fins d'hébergement, aux fins de constat de résiliation ou de prononcé de la résiliation du bail d'une personne dont le logement loué meublé constitue la résidence principale est notifiée, à la diligence de l'huissier de justice, au représentant de l'Etat dans le département, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, au moins un mois avant l'audience, afin qu'il informe les services compétents, notamment les organismes chargés du service des aides au logement et le fonds de solidarité pour le logement. II.-Lorsque la location d'un local meublé constituant la résidence principale du preneur est située dans un établissement recevant du public aux fins d'hébergement, celle-ci est soumise au titre Ier bis de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 précitée. Ne sont pas applicables à cette location les articles 3-2, 3-3 , 18 , 24-1 , 25-4 et 25-11 de la même loi. Le local loué mentionné au premier alinéa doit être équipé du mobilier nécessaire au sommeil et à la vie courante du locataire ainsi qu'être pourvu de chauffage, d'une alimentation en eau et de sanitaires. Lorsqu'un locataire ou plusieurs locataires ont avec le même bailleur un litige locatif ayant une origine commune, ils peuvent donner par écrit mandat d'agir en justice en leur nom et pour leur compte à une association dont l'un des objets est l'insertion ou le logement des personnes défavorisées ou à une association de défense des personnes en situation d'exclusion par le logement mentionnées à l'article 3 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement. Une de ces associations peut assister ou représenter un locataire, selon les modalités définies à l'article 828 du code de procédure civile, en cas de litige portant sur le respect des caractéristiques de décence de son logement.

📄 Article L634-1 du Code de la construction et de l'habitation

I.-L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'habitat ou, à défaut, le conseil municipal peut délimiter des zones soumises à déclaration de mise en location, au regard de l'objectif de lutte contre l'habitat indigne et en cohérence avec le programme local de l'habitat en vigueur, s'il existe, et le plan départemental d'action pour le logement et l'hébergement des personnes défavorisées. Ces zones peuvent concerner un ou plusieurs ensembles immobiliers. Ce dispositif de déclaration ne s'applique ni aux logements mis en location par un organisme de logement social, ni aux logements qui font l'objet d'une convention prévue à l'article L. 351-2. II.-La délibération mentionnée au I peut fixer, pour chacune des zones géographiques qu'elle délimite, les catégories et caractéristiques des logements qui sont soumis à déclaration. Elle précise la date d'entrée en vigueur du dispositif, qui ne peut être fixée dans un délai inférieur à six mois à compter de la publication de la délibération mentionnée au I, ainsi que le lieu et les modalités de dépôt de la déclaration. III.-A la demande d'une ou plusieurs communes membres d'un établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'habitat, l'organe délibérant de cet établissement peut déléguer à ces communes la mise en œuvre et le suivi, sur leurs territoires respectifs, des articles L. 634-3 à L. 634-4 s'agissant des zones soumises à déclaration de mise en location. La durée de la délégation est fixée par l'organe délibérant de l'établissement public mentionné au I du présent article. Le maire de chaque commune délégataire adresse à l'établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre un rapport annuel sur l'exercice de cette délégation.
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