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Responsabilité du magasin pour chute sur parking (marche peu visible) Responsabilité civile

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Bonjour,
Ma mère de 75ans est aux urgences actuellement pour double fracture radius -cubitus et va devoir se faire opérer,et ses lunettes sont détruites.
Elle est tombée sur le parking d'un magasin,car une marche n'était pas très visible et elle l'a loupé.Je voulais savoir si il y a une responsabilité du magasin ou non?
Bonjour. Je suis navré d'apprendre l'accident de votre mère. À 75 ans, une double fracture du radius et du cubitus est un traumatisme sérieux qui nécessite une prise en charge rigoureuse. Sur le plan juridique, la responsabilité du magasin peut effectivement être engagée, mais elle dépendra de la qualification de la "marche" et de la preuve de son caractère anormal. Voici l'analyse stratégique de la situation selon la méthodologie de notre cabinet : ### 1. Le fondement juridique : Responsabilité contractuelle ou délictuelle ? La jurisprudence est très précise sur ce point. Selon la [Cour de cassation, 2ème chambre civile, 21/12/2023, n° 21-22.239](https://www.courdecassation.fr/decision/6584018c8704660008a29713), la responsabilité de l'exploitant d'un parking à l'égard d'une victime de chute dépend du lien avec le magasin : * **Si votre mère avait déjà fait ses achats ou allait les faire :** C'est la responsabilité contractuelle qui s'applique. * **Si elle ne faisait que passer :** C'est la responsabilité extracontractuelle (délictuelle). Dans les deux cas, le magasin a une obligation de sécurité. Cependant, pour une "chose inerte" (une marche), la victime doit prouver que la chose a été l'instrument du dommage en raison de son **anormalité**. ### 2. La charge de la preuve : Le point critique C'est ici que se jouera le dossier. Selon [l'article 1242 alinéa 1 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1242+Code+civil), on est responsable des dommages causés par les choses que l'on a sous sa garde. Mais attention : une marche n'est pas dangereuse en soi. Pour obtenir réparation, vous devez prouver son **anormalité** (mauvais état, position anormale, ou défaut de signalisation). La jurisprudence, notamment la [Cour de cassation, 1ère chambre civile, 09/09/2020, n° 19-11.882](https://www.courdecassation.fr/decision/5fca4731af6750a4d42a30f0), rappelle que c'est à la victime de démontrer que la chose était mal placée ou en mauvais état. **Ce que vous devez réunir immédiatement :** * **Photos de la marche :** Est-elle signalée par une bande contrastée ? Est-elle d'une hauteur inhabituelle ? Est-elle située dans un lieu de passage sans éclairage suffisant ? * **Témoignages :** Des clients ou passants ont-ils vu la chute ? (Attestations selon [l'article 202 du Code de procédure civile](https://www.google.com/search?q=Article+202+CPC)). * **Rapport d'incident :** Le magasin a-t-il rempli un registre de sécurité ou un rapport au moment de l'intervention des secours ? ### 3. "Le coup d'après" : L'argumentation du magasin Le magasin et son assureur vont presque systématiquement invoquer la **faute de la victime** ou son **inattention**. Ils argueront que : * La marche était "visible pour un piéton normalement attentif". * L'âge de votre mère ou ses chaussures n'étaient pas adaptés. Pour contrer cela, il faudra démontrer que la configuration des lieux créait un "piège" (ex: marche de la même couleur que le sol, absence de nez de marche contrasté, éclairage défaillant). ### 4. Évaluation des préjudices et risques Ne vous précipitez pas pour accepter un forfait de l'assurance. Vu l'âge de votre mère et la nécessité d'une opération, les préjudices peuvent être multiples : * **Matériel :** Remplacement des lunettes. * **Corporel :** Souffrances endurées (pretium doloris), déficit fonctionnel temporaire (le temps de la consolidation), et possible besoin d'une aide à domicile temporaire. **Risque :** Si vous n'avez aucune photo prouvant la dangerosité de la marche, un juge rejettera la demande en considérant que la marche est une chose "normale" d'un parking. ### Stratégie recommandée : 1. **Mise en demeure :** Envoyez un courrier recommandé avec accusé de réception au directeur du magasin pour déclarer le sinistre et demander les coordonnées de leur assurance responsabilité civile (RC). 2. **Constat :** Si vous le pouvez, retournez sur les lieux prendre des photos sous tous les angles, idéalement à la même heure que la chute pour la luminosité. 3. **Expertise :** L'assurance du magasin mandatera un expert. Ne vous y rendez pas seuls ; l'assistance d'un médecin conseil peut être utile vu la gravité de la fracture. 💡 **Votre situation comporte des enjeux importants (préjudice corporel sur personne vulnérable).** Si vous le souhaitez, je peux réfléchir plus longuement pour affiner et renforcer mes conseils. Pour cela, sélectionnez le mode **Raisonnement**, disponible avec un [compte gratuit Justiweb](https://www.justiweb.fr/pricing), et ré-expliquez-moi précisément : - La configuration exacte de la marche (couleur, hauteur, signalisation au sol). - Si des témoins ont pu confirmer le manque de visibilité au moment des faits. - Si le magasin a reconnu une dangerosité ou un défaut d'entretien lors de l'accident.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article 1242 du Code civil

On est responsable non seulement du dommage que l'on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l'on a sous sa garde. Toutefois, celui qui détient, à un titre quelconque, tout ou partie de l'immeuble ou des biens mobiliers dans lesquels un incendie a pris naissance ne sera responsable, vis-à-vis des tiers, des dommages causés par cet incendie que s'il est prouvé qu'il doit être attribué à sa faute ou à la faute des personnes dont il est responsable. Cette disposition ne s'applique pas aux rapports entre propriétaires et locataires, qui demeurent régis par les articles 1733 et 1734 du code civil . Les parents, en tant qu'ils exercent l'autorité parentale, sont, de plein droit, solidairement responsables du dommage causé par leurs enfants mineurs, sauf lorsque que ceux-ci ont été confiés à un tiers par une décision administrative ou judiciaire. Les maîtres et les commettants, du dommage causé par leurs domestiques et préposés dans les fonctions auxquelles ils les ont employés ; Les instituteurs et les artisans, du dommage causé par leurs élèves et apprentis pendant le temps qu'ils sont sous leur surveillance. La responsabilité ci-dessus a lieu, à moins que les parents et les artisans ne prouvent qu'ils n'ont pu empêcher le fait qui donne lieu à cette responsabilité. En ce qui concerne les instituteurs, les fautes, imprudences ou négligences invoquées contre eux comme ayant causé le fait dommageable, devront être prouvées, conformément au droit commun, par le demandeur, à l'instance.

📄 Article 1240 du Code civil

Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.

📄 Article 1384 du Code civil

Le serment peut être déféré, à titre décisoire, par une partie à l'autre pour en faire dépendre le jugement de la cause. Il peut aussi être déféré d'office par le juge à l'une des parties.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Other - 2ème chambre civile - n°21-22.239 - 21/12/2023

Sommaire :
Il résulte des articles 1231-1 et 1240, 1241 et 1242 du code civil que la responsabilité de l'exploitant d'un parking peut être engagée, à l'égard de la victime d'une chute survenue dans ce parking, sur le fondement de la responsabilité contractuelle si la victime a contracté avec cet exploitant et sur celui de la responsabilité extracontractuelle si la victime est tiers au contrat de stationnement.
Encourt, dès lors, la cassation l'arrêt qui retient que la société, qui met à disposition un espace de stationnement, conclut avec les piétons, qu'ils soient conducteurs ou non, un contrat qui la rend débitrice d'une obligation de sécurité excluant l'application du régime de responsabilité délictuelle ou quasi délictuelle

📋 Other - 1ère chambre civile - n°19-11.882 - 09/09/2020

Sommaire :
La responsabilité de l'exploitant d'un magasin dont l'entrée est libre ne peut être engagée, à l'égard de la victime d'une chute survenue dans ce magasin et dont une chose inerte serait à l'origine, que sur le fondement de l'article 1384, alinéa 1, devenu 1242, alinéa 1, du code civil, à charge pour la victime de démontrer que cette chose, placée dans une position anormale ou en mauvais état, a été l'instrument du dommage.
Dès lors, encourt la cassation l'arrêt qui, pour accueillir la demande indemnitaire formée par une cliente ayant trébuché sur un panneau publicitaire, énonce que, conformément à l'article L. 221-1, devenu L. 421-3 du code de la consommation, l'exploitant d'un tel magasin est débiteur d'une obligation générale de sécurité de résultat
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