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Imposition par l'employeur des dates des congés d'ancienneté Droit du travail

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mon employeur veux m'imposer mes congés d'anciennté.Les salariés des niveaux I à IV bénéficient, en fonction de leur ancienneté dans l’entreprise,
des congés supplémentaires suivants :
– Après 10 ans de présence dans l’entreprise, un jour supplémentaire de congé,
– Après 15 ans de présence dans l’entreprise, deux jours supplémentaires de congé,
– Après 20 ans de présence dans l’entreprise, trois jours supplémentaires de congé,
– Après 25 ans de présence dans l’entreprise, quatre jours supplémentaires de congé,
– Après 30 ans de présence dans l’entreprise, six jours supplémentaires de congé.
Sauf accord d’entreprise, ces périodes d’absence accordées au titre de l’ancienneté ne sont
pas assimilées à du temps de travail effectif, et seront prises en dehors de la période fixée,
dans l’entreprise, pour l’attribution des congés prévus par la loi.
En droit français, la gestion des congés (qu'ils soient légaux ou conventionnels comme vos jours d'ancienneté) relève du **pouvoir de direction de l'employeur**. Voici l'analyse stratégique de votre situation au regard du Code du travail et des clauses que vous avez citées. ## 1. Le principe : L'employeur fixe les dates Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas le salarié qui décide unilatéralement de ses dates de congés, mais l'employeur. Selon [l'article L3141-16 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+L3141-16+Code+du+travail), c'est l'employeur qui définit l'ordre des départs et les périodes de congés, après avis du CSE s'il existe. Ce pouvoir s'applique également aux congés conventionnels (ancienneté), sauf si votre convention collective ou un accord d'entreprise prévoit expressément que le choix appartient exclusivement au salarié. ## 2. L'analyse de votre clause spécifique Le texte que vous citez précise : > *"ces périodes d’absence [...] seront prises en dehors de la période fixée, dans l’entreprise, pour l’attribution des congés prévus par la loi."* Cela signifie que : * **Désynchronisation obligatoire :** Vous ne pouvez pas, en principe, accoler ces jours d'ancienneté à vos congés d'été (congés légaux) sans l'accord de l'employeur. * **Pouvoir de l'employeur :** Puisque ces jours doivent être pris "en dehors de la période" légale, l'employeur conserve la main sur la validation des dates pour assurer le bon fonctionnement du service durant le reste de l'année. ## 3. Anticipation de l'opposition et limites Si votre employeur vous impose des dates qui ne vous conviennent pas, voici les points de friction et vos leviers : * **Le délai de prévenance :** L'employeur ne peut pas modifier vos dates de congés moins d'un mois avant le départ prévu, sauf "circonstances exceptionnelles" (incendie, commande imprévue vitale, etc.), comme le rappelle [l'article L3141-16 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+L3141-16+Code+du+travail). S'il vous prévient 15 jours avant, sa décision est illégale. * **L'abus de droit :** L'employeur ne doit pas agir de manière discrétionnaire ou malveillante (ex: vous imposer des jours d'ancienneté systématiquement sur vos jours de repos habituels ou durant une période où l'entreprise est fermée alors que vous n'avez rien demandé). * **Les critères d'ordre :** Même pour des jours d'ancienneté, l'employeur doit tenir compte de votre situation de famille (conjoint, enfants, etc.) selon [l'article L3141-16](https://www.google.com/search?q=Article+L3141-16+Code+du+travail). ## 4. Stratégie et Charge de la preuve Si vous contestez les dates imposées : 1. **Vérifiez votre Convention Collective :** Le texte que vous citez semble issu d'une convention (ex: Bâtiment, Métallurgie). Cherchez si une phrase stipule "au choix du salarié". Si cette mention n'existe pas, l'employeur a le dernier mot. 2. **La preuve du préjudice :** Si l'employeur impose ces jours tardivement, rassemblez les preuves (e-mails, planning affiché tardivement). 3. **Solution amiable :** Proposez un calendrier alternatif. L'argument du "bon fonctionnement du service" est le seul que le juge retient généralement en faveur de l'employeur. Si vous prouvez que votre absence à une autre date ne perturbe pas le service, vous renforcez votre position. **Risque :** Si vous partez à d'autres dates que celles imposées sans accord écrit, cela peut être qualifié d'absence injustifiée, pouvant mener à un licenciement pour faute grave. 💡 **Votre situation comporte des enjeux importants.** Si vous le souhaitez, je peux réfléchir plus longuement pour affiner et renforcer mes conseils. Pour cela, sélectionnez le mode **Raisonnement**, disponible avec un [compte gratuit Justiweb](https://www.justiweb.fr/pricing), et ré-expliquez-moi précisément : - Le nom de votre convention collective ou votre secteur d'activité. - Si l'employeur vous impose ces jours de manière isolée ou s'il vous oblige à les solder avant une date précise. - Si vous avez déjà posé des dates qui ont été refusées par écrit.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article L3141-1 du Code du travail

Tout salarié a droit chaque année à un congé payé à la charge de l'employeur.

📄 Article L3141-16 du Code du travail

A défaut de stipulation dans la convention ou l'accord conclus en application de l'article L. 3141-15 , l'employeur : 1° Définit après avis, le cas échéant, du comité social et économique : a) La période de prise des congés ; b) L'ordre des départs, en tenant compte des critères suivants : -la situation de famille des bénéficiaires, notamment les possibilités de congé, dans le secteur privé ou la fonction publique, du conjoint ou du partenaire lié par un pacte civil de solidarité, ainsi que la présence au sein du foyer d'un enfant ou d'un adulte handicapé ou d'une personne âgée en perte d'autonomie ; -la durée de leurs services chez l'employeur ; -leur activité chez un ou plusieurs autres employeurs ; 2° Ne peut, sauf en cas de circonstances exceptionnelles, modifier l'ordre et les dates de départ moins d'un mois avant la date de départ prévue.

📄 Article L3141-17 du Code du travail

La durée des congés pouvant être pris en une seule fois ne peut excéder vingt-quatre jours ouvrables. Il peut être dérogé individuellement à cette limite pour les salariés qui justifient de contraintes géographiques particulières ou de la présence au sein du foyer d'un enfant ou d'un adulte handicapé ou d'une personne âgée en perte d'autonomie.
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si nous ne prônons pas ses jours il nous les supprimes
C'est un point de tension classique en entreprise. La règle générale est que les congés non pris à la fin de la période de référence sont perdus. Cependant, cette "suppression" est strictement encadrée par la jurisprudence. Voici l'analyse stratégique de votre situation : ### 1. La charge de la preuve (Le point crucial) Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas au salarié de prouver qu'il a voulu prendre ses congés, mais à **l'employeur de prouver qu'il a mis le salarié en mesure de les prendre**. La Cour de cassation est constante sur ce point : si l'employeur ne prouve pas qu'il a tout mis en œuvre pour que vous puissiez poser vos jours (information sur les dates, incitation à les prendre, absence de surcharge de travail empêchant le départ), il ne peut pas les supprimer. S'il les supprime sans avoir fait cette démarche, il doit vous les payer sous forme d'indemnités compensatrices. ### 2. Le risque de "Perte pure et simple" Si votre employeur vous a envoyé des rappels écrits (mails, notes de service) vous demandant de poser vos jours d'ancienneté avant une date butoir et que vous ne l'avez pas fait de votre propre initiative, **il est en droit de les supprimer**. Le texte que vous avez cité précise que ces jours sont pris "en dehors de la période" légale. Cela signifie qu'ils ont souvent leur propre calendrier de péremption (souvent le 31 décembre ou le 31 mai). ### 3. Anticipation de la défense de l'employeur (Le "Coup d'après") Si vous réclamez le paiement ou le report de ces jours, l'employeur utilisera l'un des deux arguments suivants : * **"Le salarié n'a jamais fait de demande" :** Il dira que le compteur est tombé à zéro car aucune demande n'est apparue dans le logiciel de gestion ou sur papier. * **"Le pouvoir de direction" :** Comme vu précédemment, il arguera que c'est lui qui fixe les dates et que si vous refusez les dates qu'il "impose" pour éviter la perte des jours, vous êtes responsable de leur perte. ### 4. Conseil stratégique : Le "Go / No-Go" Ne restez pas dans une situation de blocage passif, car le temps joue contre vous. * **Étape 1 (Écrit) :** Envoyez un mail à votre RH ou manager : *"Je note que mes X jours d'ancienneté arrivent à expiration le [Date]. Je souhaite les poser aux dates suivantes : [Dates]. Si ces dates ne conviennent pas au service, merci de m'indiquer les dates auxquelles vous souhaitez que je les prenne afin qu'ils ne soient pas perdus."* * **Étape 2 (Preuve) :** Si l'employeur refuse vos dates sans en proposer d'autres, gardez précieusement ce refus. C'est la preuve qu'il vous a empêché de prendre vos congés. * **Étape 3 (Action) :** Si les jours disparaissent de votre bulletin de paie sans que l'employeur n'ait jamais répondu à vos propositions, vous êtes en position de force pour demander un rappel de salaire devant les Prud'hommes (prescription de 3 ans). **Attention :** Si l'employeur vous répond "Je vous impose de les prendre la semaine prochaine" et que vous refusez, vous perdrez vos jours et risquez une sanction. En droit du travail, **l'employeur a le dernier mot sur le calendrier**, mais il a l'obligation de vous faire consommer vos droits. [L'article L3141-1 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+L3141-1+Code+du+travail) garantit votre droit au repos, et l'employeur est tenu à une obligation de sécurité qui passe par la prise effective des congés. 💡 **Votre situation comporte des enjeux importants.** Si vous le souhaitez, je peux réfléchir plus longuement pour affiner et renforcer mes conseils. Pour cela, sélectionnez le mode **Raisonnement**, disponible avec un [compte gratuit Justiweb](https://www.justiweb.fr/pricing), et précisez-moi si vous avez déjà des traces écrites de vos demandes de congés refusées.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article L3141-1 du Code du travail

Tout salarié a droit chaque année à un congé payé à la charge de l'employeur.

📄 Article L3141-3 du Code du travail

Le salarié a droit à un congé de deux jours et demi ouvrables par mois de travail effectif chez le même employeur. La durée totale du congé exigible ne peut excéder trente jours ouvrables.

📄 Article L3141-16 du Code du travail

A défaut de stipulation dans la convention ou l'accord conclus en application de l'article L. 3141-15 , l'employeur : 1° Définit après avis, le cas échéant, du comité social et économique : a) La période de prise des congés ; b) L'ordre des départs, en tenant compte des critères suivants : -la situation de famille des bénéficiaires, notamment les possibilités de congé, dans le secteur privé ou la fonction publique, du conjoint ou du partenaire lié par un pacte civil de solidarité, ainsi que la présence au sein du foyer d'un enfant ou d'un adulte handicapé ou d'une personne âgée en perte d'autonomie ; -la durée de leurs services chez l'employeur ; -leur activité chez un ou plusieurs autres employeurs ; 2° Ne peut, sauf en cas de circonstances exceptionnelles, modifier l'ordre et les dates de départ moins d'un mois avant la date de départ prévue.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Arret - chambre sociale - n°04-41.746 - 18/01/2006

Sommaire :
Sauf dispositions contraires plus favorables applicables dans l'entreprise, le décompte de la durée d'absence pour congés payés annuels se fait sur les six jours ouvrables de la semaine. En l'état d'une convention collective ne faisant aucune distinction, pour le décompte de la durée d'absence pour congés payés annuels, entre les jours ouvrables travaillés et les jours ouvrables non travaillés, la durée d'absence pour congés payés doit être imputée sur tous les jours ouvrables de la semaine, et non sur les seuls jours qui seraient travaillés par le salarié s'il était présent. Justifie dès lors sa décision le conseil de prud'hommes qui retient que le décompte des jours d'absence pour congés payés annuels doit se faire sur les jours ouvrables de la semaine, sans tenir compte du second jour de repos hebdomadaire applicable dans l'entreprise.
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l'article que j'ai mis viens de convention collective sans cadre
Il s'agit très probablement de la **Convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité** (IDCC 1351), car le texte que vous citez correspond exactement à l'article 10 de l'annexe IV de cette convention (concernant les agents de maîtrise et employés, soit les niveaux I à IV). Voici l'analyse stratégique adaptée à ce texte conventionnel spécifique : ### 1. Le "Coup d'après" : L'argument de l'employeur L'employeur va s'appuyer sur la fin de votre texte : *"seront prises en dehors de la période fixée [...] pour l'attribution des congés prévus par la loi"*. Il va argumenter que, puisque ces jours sont **conventionnels** et non **légaux**, il dispose d'une souplesse totale pour les imposer quand il le souhaite afin de ne pas désorganiser les plannings (très tendus dans la sécurité). **Comment contrer cela ?** Bien que l'employeur fixe les dates, il ne peut pas utiliser ces jours pour "boucher les trous" du planning au dernier moment. Il doit respecter les règles de l'ordre des départs prévues par [l'article L3141-16 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+L3141-16+Code+du+travail). ### 2. La menace de suppression (Le risque juridique) L'employeur n'a **pas le droit** de supprimer purement et simplement ces jours si vous n'avez pas pu les prendre de son fait. La jurisprudence est très protectrice : * **La Charge de la preuve :** Selon la [Cour de cassation, chambre sociale, 17/01/2024, n° 22-16.538](https://www.courdecassation.fr/decision/65a788d5c53a55000879150a), l'ancienneté acquise doit être prise en compte pour l'application des dispositions conventionnelles. * Si l'employeur prétend que les jours sont perdus, c'est à **LUI** de prouver qu'il vous a mis en demeure de les prendre et que vous avez refusé. S'il se contente de les supprimer sans vous avoir proposé de dates, il commet une faute. ### 3. La Charge de la preuve (Ce que vous devez préparer) Pour éviter la suppression ou obtenir leur paiement, vous devez constituer un dossier : * **Vos demandes écrites :** Avez-vous déjà proposé des dates pour ces jours d'ancienneté ? Si oui, gardez les traces (mails, captures d'écran du logiciel de planning). * **Le silence ou le refus de l'employeur :** Si l'employeur refuse vos dates mais ne vous en propose pas d'autres "en remplacement", il est en tort. ### 4. Stratégie opérationnelle (Action-Oriented) Si l'employeur menace de les supprimer d'ici la fin de la période (souvent le 31 mai ou le 31 décembre) : 1. **Faites une proposition formelle immédiate :** "Conformément à l'annexe IV de notre convention collective, je dispose de X jours d'ancienneté. Je propose de les prendre du [Date] au [Date]. À défaut, merci de m'indiquer les dates imposées par la direction pour que je puisse bénéficier de ce droit conventionnel avant leur expiration." 2. **Rappelez l'obligation de l'employeur :** S'il refuse de vous laisser les prendre, rappelez-lui (par écrit) qu'en tant qu'employeur, il a l'obligation de vous mettre en mesure d'exercer vos droits à repos. 3. **Le "Go/No-Go" financier :** Si les jours sont supprimés sur votre bulletin de paie, vous ne devez pas laisser passer. Ces jours ont une valeur monétaire. Vous pouvez demander leur paiement devant le Conseil de Prud'hommes en invoquant un manquement à l'exécution de bonne foi du contrat de travail ([Article L1222-1 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+L1222-1+Code+du+travail)). **En résumé :** L'employeur peut vous imposer les dates (pouvoir de direction), mais il **ne peut pas vous faire perdre le bénéfice du jour** si c'est lui qui refuse vos demandes ou s'il ne planifie rien. S'il les supprime sans vous avoir permis de les poser, il vous doit une indemnité compensatrice. 💡 **Votre situation comporte des enjeux importants.** Si vous le souhaitez, je peux réfléchir plus longuement pour affiner et renforcer mes conseils. Pour cela, sélectionnez le mode **Raisonnement**, disponible avec un [compte gratuit Justiweb](https://www.justiweb.fr/pricing), et précisez-moi si votre employeur vous a déjà refusé des dates précises par écrit.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article L2251-1 du Code du travail

Une convention ou un accord peut comporter des stipulations plus favorables aux salariés que les dispositions légales en vigueur. Ils ne peuvent déroger aux dispositions qui revêtent un caractère d'ordre public.

📄 Article L2261-1 du Code du travail

Les conventions et accords sont applicables, sauf stipulations contraires, à partir du jour qui suit leur dépôt auprès du service compétent, dans des conditions déterminées par voie réglementaire.

📄 Article L2262-8 du Code du travail

Il peut être donné communication et délivré copie des textes conventionnels déposés auprès de l'autorité administrative, dans les conditions déterminées par décret en Conseil d'Etat.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Other - chambre sociale - n°22-16.538 - 17/01/2024

Sommaire :
Il résulte des articles 10 de l'annexe IV de la convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité du 15 février 1985, 6.05 de cette convention collective et 3.1.2 de l'avenant du 28 janvier 2011 à l'accord du 5 mars 2002, relatif à la reprise du personnel, annexé à la convention collective, que l'ancienneté acquise par le salarié, de façon continue dans les entreprises relevant du champ d'application de la convention collective, est transférée chez le nouvel employeur et doit être prise en compte pour l'application des dispositions conventionnelles qui se réfèrent à la notion d'ancienneté
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