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Retenue sur salaire rétroactive fondée sur une délibération municipale postérieure Droit administratif

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Est ce légal?

Une délibération est adoptée le 24 février 2026, reçue en préfecture le 3 mars 2026.
Une retenue sur
Mon salaire est appliquée sur la période 1er mars 2025 au 27 août 2025 — soit plus d’un an avant l’existence de la délibération en mairie qui la fonde mais
Pas de la loi.
Principe fondamental en droit public français : une délibération ne peut produire d’effets rétroactifs. Elle ne peut régir que des situations à venir. C’est une règle d’ordre public, constamment rappelée par le Conseil d’État.
Or ici, la commune applique une règle votée en 2026 à des absences de 2025. C’est une rétroactivité caractérisée, et elle est illégale.
CE, 25 juin 2003, n°248359 — une délibération fixant le régime indemnitaire ne peut s’appliquer rétroactivement à des périodes antérieures à son entrée en vigueur.
En 2025, quand j’étais en CLM, la commune de Gourbeyre n’avait aucune délibération fixant les modalités de suspension du régime indemnitaire pendant les congés maladie.
Or la délibération elle-même le reconnaît implicitement dans son considérant : “en l’absence de dispositions spécifiques, il appartient à la collectivité de déterminer les modalités…”
En l’absence de délibération, le régime applicable est celui du décret n°2010-997 du 26 août 2010 — mais il ne peut être appliqué rétroactivement non plus, et surtout pas à travers une délibération adoptée après coup. Quel recours ai je?
La situation que vous décrivez présente une irrégularité juridique manifeste au regard du droit administratif français. Vous soulevez à juste titre le **principe de non-rétroactivité des actes administratifs**, qui est un principe général du droit (PGD). Voici l'analyse stratégique de votre dossier et les étapes à suivre pour contester cette retenue. ### 1. Analyse de la légalité : Le "Coup d'après" de la collectivité La mairie de Gourbeyre va probablement tenter d'opposer deux arguments pour justifier sa position : * **L'erreur matérielle :** Elle pourrait soutenir qu'il ne s'agit pas d'une nouvelle règle, mais de la correction d'une "erreur de liquidation" passée. * **L'absence de service fait :** Elle pourrait invoquer [l'article L712-1 du Code général de la fonction publique](https://www.google.com/search?q=Article+L712-1+Code+g%C3%A9n%C3%A9ral+de+la+fonction+publique) (anciennement Loi de 1983) qui lie la rémunération au service accompli. **Votre contre-argument :** Le régime indemnitaire (RIFSEEP, primes) suit le sort fixé par l'organe délibérant de la collectivité. En l'absence de délibération en 2025 prévoyant explicitement la suspension des primes en cas de Congé Longue Maladie (CLM), le maintien de ces primes était la règle par défaut ou, à tout le moins, leur retrait ne peut être fondé sur un texte futur. Comme vous l'avez souligné avec l'arrêt [CE, 25 juin 2003, n°248359](https://www.google.com/search?q=Conseil+d%27Etat+25+juin+2003+n+248359), une délibération ne peut régulariser a posteriori une situation financière passée au détriment de l'agent. ### 2. La charge de la preuve et pièces à réunir Pour faire tomber cette décision, vous devez prouver que la base légale utilisée est la délibération de 2026. Réunissez : * **Le bulletin de paye** mentionnant la retenue (souvent libellée "Régul" ou "Indemnités indues"). * **La délibération du 24 février 2026** (que vous semblez déjà avoir). * **L'arrêté de CLM** qui prouve votre position statutaire en 2025. * **Le courrier de notification** de la retenue (s'il existe). À défaut, le bulletin de paye vaut décision de liquidation. ### 3. Évaluation du risque (Go/No-Go) * **Délai de prescription :** L'administration dispose en principe de **2 ans** pour répéter l'indu (récupérer des sommes versées par erreur) selon [l'article L131-1 du Code des relations entre le public et l'administration](https://www.google.com/search?q=Article+L131-1+Code+des+relations+entre+le+public+et+l%27administration). Cependant, elle ne peut le faire que si le versement était **réellement indu au moment où il a été fait**. Ici, le versement était légal en 2025 puisqu'aucune règle de suspension n'existait. * **Coût/Bénéfice :** Si la somme est importante (plusieurs milliers d'euros), le recours est impératif. Si la somme est faible, le stress procédural est à peser, mais l'illégalité est ici très solide. ### 4. Stratégie de recours : Les étapes à suivre #### Étape 1 : Le Recours Gracieux (Indispensable) Adressez un courrier recommandé avec accusé de réception (LRAR) au Maire de Gourbeyre. * Visez l'illégalité de la rétroactivité de la délibération du 24 février 2026. * Citez le principe de sécurité juridique et l'impossibilité d'appliquer un texte nouveau à des faits éteints. * Demandez le remboursement immédiat des sommes prélevées. * *Note : Cela interrompt le délai de recours contentieux de 2 mois.* #### Étape 2 : Le Référé-Suspension (Si urgence financière) Si la retenue sur salaire est telle qu'elle vous met en difficulté financière grave (reste à vivre insuffisant), vous pouvez saisir le **Tribunal Administratif de Basse-Terre** en référé-suspension sur le fondement de [l'article L521-1 du Code de justice administrative](https://www.google.com/search?q=Article+L521-1+Code+de+justice+administrative). Cela permet d'obtenir une décision en quelques semaines. #### Étape 3 : Le Recours en Excès de Pouvoir (REP) Si le recours gracieux est rejeté (ou sans réponse après 2 mois), vous devez saisir le Tribunal Administratif pour demander l'annulation de la décision de retenue et le reversement des sommes. --- 💡 **Votre situation comporte des enjeux importants.** Si vous le souhaitez, je peux réfléchir plus longuement pour affiner et renforcer mes conseils. Pour cela, sélectionnez le mode **Raisonnement**, disponible avec un [compte gratuit Justiweb](https://www.justiweb.fr/pricing), et ré-expliquez-moi précisément : - Le montant exact de la retenue et son libellé précis sur votre bulletin de paie. - Si vous avez reçu un titre de perception (avis des sommes à payer) ou si la retenue a été faite d'office sur le salaire. - Si d'autres collègues sont dans la même situation, ce qui permettrait d'envisager une action collective ou un appui syndical plus fort.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article L133-1 du Code général des impôts

Cet article du Code général des impôts est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.

📄 Article L3241-1 du Code du travail

Sous réserve des dispositions législatives imposant le paiement des salaires sous une forme déterminée, le salaire est payé en espèces ou par chèque barré ou par virement à un compte bancaire ou postal dont le salarié est le titulaire ou le cotitulaire. Le salarié ne peut désigner un tiers pour recevoir son salaire. Toute stipulation contraire est nulle. En dessous d'un montant mensuel déterminé par décret, le salaire est payé en espèces au salarié qui le demande. Au-delà d'un montant mensuel déterminé par décret, le salaire est payé par chèque barré ou par virement à un compte bancaire ou postal dont le salarié est le titulaire ou le cotitulaire.

📄 Article L911-1 du Code de procédure civile

Cet article du Code de procédure civile est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.
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