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Faut-il porter plainte avant de solliciter une ordonnance de protection ? Droit de la famille Plainte et constitution de partie civile

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Dois-je déposer plainte avant de demander une ordonnance de protection ?
Non, le dépôt d'une plainte préalable n'est **pas une condition légale obligatoire** pour solliciter une ordonnance de protection. L'ordonnance de protection est une procédure civile d'urgence qui vise à protéger une victime de violences (conjugales ou liées à un mariage forcé) indépendamment de l'existence de poursuites pénales. Voici l'analyse stratégique de votre situation : ### 1. Le cadre légal et l'autonomie de la procédure L'ordonnance de protection est délivrée par le Juge aux Affaires Familiales (JAF). Selon [l'article 515-11 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+515-11+Code+civil), le juge peut l'octroyer s'il estime qu'il existe des "raisons sérieuses de considérer comme vraisemblables la commission des faits de violence allégués et le danger auquel la victime est exposée". La jurisprudence confirme que le juge dispose d'un pouvoir souverain pour apprécier ces deux conditions (vraisemblance des faits et danger), comme l'ont rappelé la [Cour de cassation le 5 octobre 2016 (n° 15-24.180)](https://www.courdecassation.fr/decision/5fd91eabc7a489bb7b3ef002) et plus récemment le [10 février 2021 (n° 19-22.793)](https://www.courdecassation.fr/decision/6026b6117dd7d31c57522e01). ### 2. Le "Coup d'après" : L'argumentaire de la partie adverse Si vous n'avez pas déposé plainte, la partie adverse (le défendeur) utilisera systématiquement cet argument pour fragiliser votre demande. Son avocat soutiendra probablement que : * "Si les faits étaient si graves, la victime aurait déposé plainte immédiatement." * "L'absence de procédure pénale démontre que les violences ne sont pas caractérisées." **La riposte :** Vous devez expliquer au juge que l'urgence de la protection civile prime sur la démarche pénale, ou que vous craignez des représailles immédiates en cas de plainte, ce qui justifie de sécuriser d'abord votre situation (éviction du conjoint, interdiction de contact) via le JAF. ### 3. La charge de la preuve : Comment gagner sans plainte ? En l'absence de procès-verbal de plainte ou d'audition de police, vous devez compenser par un dossier de preuves extrêmement solide. Le juge ne se contentera pas de vos déclarations. * **Certificats médicaux :** Indispensables, même sans ITT (Incapacité Totale de Travail). * **Attestations de témoins :** Rédigées selon les formes de [l'article 202 du Code de procédure civile](https://www.google.com/search?q=Article+202+Code+de+procédure+civile). * **Preuves numériques :** SMS menaçants, messages vocaux, captures d'écran de réseaux sociaux. Attention, le harcèlement est un délit puni par [l'article 222-33-2-2 du Code pénal](https://www.google.com/search?q=Article+222-33-2-2+Code+pénal). * **Signalements :** Preuves d'appels au 3919, mains courantes (même si elles ont moins de poids qu'une plainte), ou rapports de travailleurs sociaux. ### 4. Stratégie et Risques (Go/No-Go) * **L'avantage de ne pas attendre :** La célérité. Le JAF doit statuer dans un délai maximal de 6 jours après la fixation de la date d'audience. * **Le risque procédural :** Si votre dossier est "léger" (uniquement vos dires), le JAF rejettera la demande. En cas de rejet, vous pourriez être condamné aux dépens et aux frais d'avocat de la partie adverse. * **Recommandation stratégique :** Bien que non obligatoire, le dépôt d'une plainte reste un **élément de preuve puissant**. Si vous ne l'avez pas encore fait, vous pouvez déposer plainte simultanément à la saisine du JAF pour montrer la cohérence de votre démarche. ### 5. Démarche pratique L'assignation doit être portée à la connaissance de l'autre partie par voie d'huissier (commissaire de justice), conformément aux modalités de [l'article 515-9 du Code de procédure civile](https://www.google.com/search?q=Article+515-9+Code+de+procédure+civile). Si vous le souhaitez, je peux vous aider à lister précisément les pièces justificatives nécessaires pour constituer votre dossier de demande d'ordonnance de protection afin de maximiser vos chances de succès devant le juge.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article 515-9 du Code de procédure civile

Cet article du Code de procédure civile est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.

📄 Article 515-11 du Code de procédure civile

Cet article du Code de procédure civile est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.

📄 Article 222-33-2-2 du Code pénal

Le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende lorsque ces faits ont causé une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours ou n'ont entraîné aucune incapacité de travail. L'infraction est également constituée : a) Lorsque ces propos ou comportements sont imposés à une même victime par plusieurs personnes, de manière concertée ou à l'instigation de l'une d'elles, alors même que chacune de ces personnes n'a pas agi de façon répétée ; b) Lorsque ces propos ou comportements sont imposés à une même victime, successivement, par plusieurs personnes qui, même en l'absence de concertation, savent que ces propos ou comportements caractérisent une répétition. Les faits mentionnés aux premier à quatrième alinéas sont punis de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende : 1° Lorsqu'ils ont causé une incapacité totale de travail supérieure à huit jours ; 2° Lorsqu'ils ont été commis sur un mineur ; 3° Lorsqu'ils ont été commis sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de leur auteur ; 4° Lorsqu'ils ont été commis par l'utilisation d'un service de communication au public en ligne ou par le biais d'un support numérique ou électronique ; 4° bis Lorsqu'ils ont été commis sur le titulaire d'un mandat électif ; 5° Lorsqu'un mineur était présent et y a assisté. Les faits mentionnés aux premier à quatrième alinéas sont punis de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende lorsqu'ils sont commis dans deux des circonstances mentionnées aux 1° à 5°.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Other - 1ère chambre civile - n°19-22.793 - 10/02/2021

Sommaire :
L'appréciation, par le juge saisi d'une demande d'ordonnance de protection, sur le fondement de l'article 515-11 du code civil, des raisons sérieuses de considérer comme vraisemblables la commission des faits de violence allégués et le danger auquel la victime est exposée, est souveraine

📋 Other - 1ère chambre civile - n°15-24.180 - 05/10/2016

Sommaire :
L'appréciation, par le juge saisi d'une demande d'une ordonnance de protection, sur le fondement de l'article 515-11 du code civil, des raisons sérieuses de considérer comme vraisemblables la commission des faits de violence allégués et le danger auquel la victime est exposée, est souveraine
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