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Un commissaire de justice avec un titre exécutoire peut il demander l'adresse d'un debiteur? Et le fisc doit elle la lui donner?
Oui, un commissaire de justice (anciennement huissier de justice) muni d'un titre exécutoire a tout à fait le droit de demander l'adresse d'un débiteur, et l'administration fiscale a l'obligation légale de la lui fournir.
Voici l'analyse stratégique de cette situation selon le droit français.
### 1. Le pouvoir légal de recherche du commissaire de justice
Dès lors qu'il est porteur d'un titre exécutoire (un jugement définitif, un acte notarié, etc.) constatant une créance liquide et exigible, le commissaire de justice dispose de prérogatives importantes pour localiser le débiteur ou ses actifs.
* **Le principe général :** Selon [l'article L152-1 du Code des procédures civiles d'exécution](https://www.google.com/search?q=Article+L152-1+Code+des+procédures+civiles+d'exécution), les administrations de l'État, des régions, des départements et des communes sont tenues de communiquer au commissaire de justice les renseignements qu'elles détiennent permettant de déterminer l'adresse du débiteur.
* **L'appui du titre exécutoire :** Comme le rappelle [l'article L111-2 du Code des procédures civiles d'exécution](https://www.google.com/search?q=Article+L111-2+Code+des+procédures+civiles+d'exécution), ce titre permet de poursuivre l'exécution forcée sur les biens du débiteur, ce qui implique nécessairement de pouvoir le localiser.
### 2. L'obligation de réponse du fisc (Administration fiscale)
L'administration fiscale ne peut pas opposer le secret professionnel au commissaire de justice agissant dans ce cadre.
* **Levée du secret professionnel :** [L'article L152-2 du Code des procédures civiles d'exécution](https://www.google.com/search?q=Article+L152-2+Code+des+procédures+civiles+d'exécution) précise que l'administration doit fournir les renseignements sans pouvoir invoquer le secret professionnel.
* **Contenu de l'information :** Le fisc doit non seulement donner la dernière adresse connue, mais aussi, le cas échéant, l'adresse de l'employeur du débiteur (pour une saisie sur salaire) et la liste des comptes bancaires ouverts au nom du débiteur via le fichier FICOBA.
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### 💡 Analyse stratégique (Méthodologie "Senior Partner")
#### A. Le "Coup d'après" : La réaction du débiteur
Si le débiteur a organisé son insolvabilité ou utilise une "adresse de complaisance" (chez un tiers sans y résider réellement), la réponse du fisc pourrait être obsolète.
* **Contre-mesure :** Le commissaire de justice peut alors procéder à un "procès-verbal de recherches infructueuses" (article 659 du CPC), ce qui permet tout de même de poursuivre la procédure de saisie ou de signifier des actes, même si le débiteur est introuvable.
#### B. La Charge de la preuve et des frais
* **Preuve :** Le commissaire de justice n'a pas à prouver que le débiteur "se cache" pour interroger le fisc ; la simple possession du titre exécutoire suffit.
* **Coût :** Ces recherches (souvent appelées "accès aux fichiers") génèrent des frais d'huissier. Bien que ces frais soient normalement à la charge du débiteur, vous devrez souvent en faire l'avance.
#### C. Risques et limites
Le fisc donne l'adresse connue au titre de la dernière déclaration de revenus. Si le débiteur a déménagé il y a 3 mois et n'a pas encore fait de mise à jour, l'information sera erronée.
* **Conseil stratégique :** Demandez au commissaire de justice de croiser les informations avec les organismes de sécurité sociale (CPAM, CAF) ou les fournisseurs d'énergie, qui disposent souvent de données plus récentes que l'administration fiscale.
### Ce qu'il faut retenir pour agir :
1. **Vérifiez la validité de votre titre :** Assurez-vous que le jugement est bien revêtu de la formule exécutoire.
2. **Donnez instruction :** Demandez formellement au commissaire de justice de procéder à une "enquête administrative" (recherche FICOBA et recherche d'adresse auprès du fisc).
3. **Anticipez la saisie :** Une fois l'adresse obtenue, le commissaire pourra engager immédiatement une saisie-attribution (comptes bancaires) ou une saisie-vente (meubles).
Si vous le souhaitez, je peux vous aider à rédiger un courrier d'instruction pour votre commissaire de justice afin de lui demander officiellement d'engager ces recherches.
Cet article du Code des procédures civiles d'exécution est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.
Le créancier muni d'un titre exécutoire constatant une créance liquide et exigible peut en poursuivre l'exécution forcée sur les biens de son débiteur dans les conditions propres à chaque mesure d'exécution.
Cet article du Code général des impôts est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.
Sommaire :
Encourt la censure l'arrêt qui, pour prononcer la relaxe d'un inspecteur des impôts poursuivi du chef de violation du secret professionnel pour avoir révélé à un contribuable qui faisait l'objet d'un contrôle fiscal des éléments relatifs à sa situation fiscale ainsi que les motivations et les objectifs de ce contrôle dont il n'était pas personnellement chargé, retient que le secret professionnel n'est pas opposable au contribuable concerné et que le prévenu n'a fait que lui communiquer, à l'exclusion de tout tiers, des éléments l'intéressant personnellement, sans rechercher si les informations révélées ne revêtaient pas un caractère secret à l'égard du contribuable au sens des articles L. 103 du livre des procédures fiscales et 226-13 du code pénal
Sommaire :
L'article L. 34-1 V du code des postes et télécommunications n'interdit que la conservation des données relatives au contenu des communications et précise que, parmi les catégories de données à conserver, figurent celles portant sur l'identification des personnes utilisatrices du service ; sans contrevenir aux dispositions de l'article 8 de la Convention européenne, ce texte autorise ainsi la conservation des données relatives aux personnes qui émettent une communication téléphonique et à celles qui en sont destinataires.
Ayant constaté que l'administration avait exercé son droit de communication sur le fondement de l'article L. 85 du livre des procédures fiscales, lequel lui permettait d'obtenir communication des livres dont la tenue est obligatoire et des documents annexes, pièces de recettes et de dépenses, dont faisaient partie les facturations détaillées émises par l'opérateur de téléphonie, le premier président de la cour d'appel en a exactement déduit que ces dernières pièces avaient une origine licite