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Si après 10 la succession n' a pas été accepté ou repudie ce passe quoi en France pour le fils?
En France, le droit des successions impose des délais stricts pour choisir d'accepter ou de refuser un héritage. Si un fils n'a pris aucune décision (option successorale) dans un délai de 10 ans, les conséquences sont radicales.
Voici l'analyse stratégique de votre situation :
### 1. Le principe : La prescription décennale
Selon [l'article 780 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+780+Code+civil), la faculté d'option se prescrit par **10 ans** à compter de l'ouverture de la succession (le décès).
* **La conséquence directe :** Si le fils n'a pas manifesté sa volonté (ni accepté expressément, ni accepté tacitement par des actes de gestion, ni renoncé devant notaire) pendant ces 10 ans, il est **réputé renonçant**.
* **L'effet :** Il est considéré comme n'ayant jamais été héritier. Il perd tout droit sur les biens de la succession, mais il est également protégé des dettes du défunt.
### 2. Anticipation de la partie adverse (Le "Coup d'après")
Si le fils souhaite finalement revendiquer sa part après 10 ans, les autres héritiers ou l'État (si la succession est vacante) lui opposeront immédiatement la **fin de non-recevoir pour prescription**.
Cependant, il existe deux exceptions majeures que les autres parties pourraient tenter de contester :
* **L'acceptation tacite :** Si le fils a agi comme un propriétaire (vendre un meuble, payer des dettes successorales, occuper le logement sans payer de loyer) durant les 10 ans, il est considéré comme ayant accepté. Les créanciers peuvent alors le poursuivre pour les dettes, même après le délai de 10 ans.
* **La dissimulation (Recel) :** Si le fils a délibérément caché des biens pour les soustraire aux autres, il s'expose aux sanctions de [l'article 778 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+778+Code+civil), à savoir l'acceptation pure et simple forcée (paiement des dettes sur ses biens personnels) et la perte de sa part sur les biens recelés.
### 3. La charge de la preuve
Pour prouver que le délai de 10 ans n'est pas expiré ou que le fils a accepté, il faut des preuves matérielles :
* **Pour prouver l'inaction :** Absence de signature d'acte de notoriété, absence de réponse aux sommations.
* **Pour prouver l'acceptation tacite :** Relevés bancaires montrant le paiement de factures du défunt, témoignages, courriers.
**Attention :** Si un cohéritier a sommé le fils de prendre parti par acte d'huissier, le délai n'est plus de 10 ans mais de **2 mois** après la sommation (Passé ce délai de 2 mois sans réponse, il est réputé acceptant pur et simple).
### 4. Risques et Stratégie (Go/No-Go)
* **Si la succession est bénéficiaire (plus d'actifs que de dettes) :** L'inaction pendant 10 ans est une erreur grave car le fils perd son capital. Il est encore temps d'agir si le décès date de moins de 10 ans.
* **Si la succession est déficitaire :** Laisser passer les 10 ans est une stratégie de protection passive, car le fils finit par être considéré comme renonçant sans avoir à faire de démarches.
* **Risque de l'État :** Si personne n'accepte, les biens reviennent à l'État (succession en déshérence).
**Conseil stratégique :** Vérifiez immédiatement si une "sommation à opter" a été signifiée par un huissier. Si c'est le cas, le délai de 10 ans ne s'applique plus et le fils peut devenir héritier malgré lui (avec les dettes) s'il ne répond pas sous 2 mois.
Si vous le souhaitez, je peux vous lister les actes précis qui sont considérés par les juges comme une "acceptation tacite" afin de vérifier si le fils est déjà engagé sans le savoir.
Sans préjudice de dommages et intérêts, l'héritier qui a recelé des biens ou des droits d'une succession ou dissimulé l'existence d'un cohéritier est réputé accepter purement et simplement la succession, nonobstant toute renonciation ou acceptation à concurrence de l'actif net, sans pouvoir prétendre à aucune part dans les biens ou les droits détournés ou recelés. Les droits revenant à l'héritier dissimulé et qui ont ou auraient pu augmenter ceux de l'auteur de la dissimulation sont réputés avoir été recelés par ce dernier. Lorsque le recel a porté sur une donation rapportable ou réductible, l'héritier doit le rapport ou la réduction de cette donation sans pouvoir y prétendre à aucune part. L'héritier receleur est tenu de rendre tous les fruits et revenus produits par les biens recelés dont il a eu la jouissance depuis l'ouverture de la succession.
Dans le délai prévu à l'article 792 , l'héritier peut déclarer qu'il conserve en nature un ou plusieurs biens de la succession. En ce cas, il doit la valeur du bien fixée dans l'inventaire. Il peut vendre les biens qu'il n'entend pas conserver. En ce cas, il doit le prix de leur aliénation.
Malgré la déchéance ou la révocation de l'acceptation à concurrence de l'actif net, les créanciers successoraux et les légataires de sommes d'argent conservent l'exclusivité des poursuites sur les biens mentionnés au premier alinéa de l'article 798 .