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Mon fils de 7 ans rentre de chez son père qui vit séparément, puisque nous sommes en procédure de divorce. Mon fils me demande: "Maman, papa m'a dit que lorsque je n'étais pas à la maison, tu tapais papa et Elise. Est-ce vrai?" Je pense que mon ex-conjoint ne doit pas dire ce genre de chose à l'enfant. Que dois-je faire légalement pour protéger mes enfants de ce discours?
## Situation juridique
Votre situation relève **du droit de la famille**, en particulier des règles protégeant l’intérêt supérieur de l’enfant pendant une séparation ou un divorce des parents. En France, le fait pour un parent de tenir à l’enfant des propos dénigrants ou de le mêler à des conflits conjugaux peut avoir des conséquences graves, tant sur le plan juridique que psychologique.
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## Propos dénigrants et manipulation psychologique de l’enfant
Le **Code civil** impose à chacun des parents de respecter, dans les rapports avec l’enfant, *l’autre parent* et de contribuer à son éducation et son développement dans le respect mutuel :
- **[Article 373-2 du Code civil](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006426232)** :
*« La séparation des parents est sans incidence sur les règles de dévolution de l’autorité parentale. (…) Chaque parent doit maintenir des relations personnelles avec l’enfant et respecter les liens de celui-ci avec l’autre parent. »*
- **[Article 371-1 du Code civil](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006427552)** :
*« L'autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant. (…) Les parents associent l'enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité, sans qu’il ne doive être instrumentalisé. »*
La **jurisprudence** sanctionne le parent qui tient un discours visant à dénigrer ou à manipuler l’enfant à l’encontre de l’autre parent (voir, par exemple, Cass. civ 1, 14 janv. 2015, n° 13-26.001).
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## Risques juridiques pour le parent fautif
Le **parent qui tient de tels propos** (accusations graves ou mensongères, discours anxiogènes, manipulation psychologique) encourt :
- Une **modification des modalités de garde ou d’exercice de l’autorité parentale** par le juge aux affaires familiales (JAF)
- Une **suspension ou restriction du droit de visite** de ce parent, voire une résidence de l’enfant exclusivement chez l’autre parent si l’intérêt de l’enfant l’exige
- Un **rappel à l’ordre** ou une **injonction** de s’abstenir de tels propos, notifiée par le juge
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## Que pouvez-vous faire concrètement ?
### 1. Recueillir des éléments de preuve
Gardez la trace des propos rapportés par l’enfant (note écrite datée, éventuel témoignage d’un tiers, SMS, mails, etc.) — même si la parole de l’enfant a un poids limité, elle sera prise en compte.
### 2. Saisir le juge aux affaires familiales (JAF)
Vous pouvez faire une **requête auprès du JAF** pour :
- **Demander une adaptation des modalités de garde** en expliquant que l’autre parent expose l’enfant à des propos dénigrants ou manipule l’enfant psychologiquement
- Solliciter éventuellement une **enquête sociale** ou une **expertise psychologique** pour protéger votre enfant
### 3. Solliciter une médiation familiale
Avant d’en arriver au contentieux, la médiation familiale peut être proposée pour tenter d’assainir la communication avec l’autre parent (mais elle n’est pas obligatoire).
### 4. Évoquer la situation auprès de professionnels
- Parlez-en à l’école, au psychologue scolaire, ou à un pédopsychiatre pour accompagner votre enfant et, si besoin, disposer d’observations professionnelles
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## Obligations pénales (fausse accusation)
Attention : si les propos tenus à l’enfant sont de nature **calomnieuse ou mensongère** (exemple: l’autre parent accuse à tort de violences), cela peut constituer au pénal une diffamation, voire une dénonciation calomnieuse, sanctionnées par le **Code pénal** ([Article 226-10 du Code pénal](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006417292)).
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## Résumé
- L’autre parent **n’a pas le droit** de tenir des propos dénigrants ou de manipuler l’enfant contre vous.
- Vous pouvez **recueillir des preuves** et saisir le JAF pour demander l’adaptation des droits de visite ou de résidence, et faire valoir l’intérêt de votre enfant.
- Une **médiation familiale** ou un accompagnement psychologique de votre enfant peut être utile.
- Une **enquête sociale** ou une **expertise judiciaire** peut être sollicitée en cas de conflits durables.
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## Puis-je vous aider à :
- Rédiger un courrier au JAF ?
- Rédiger une main courante ?
- Vous fournir un modèle de requête pour saisir le juge ?
- Préparer une liste de conseils pour recueillir des preuves ?
N’hésitez pas à préciser vos besoins !
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Est-ce que je dois envoyer un message au père pour lui demander une explication ou pour garder des traces écrites
## Envoyer un message au père : intérêt et précautions juridiques
Envoyer un message **au père** peut avoir plusieurs intérêts juridiques, mais cela doit se faire avec précaution.
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### Objectifs possibles d’un message écrit
1. **Constater par écrit votre inquiétude** sur les propos tenus à l’enfant (preuve de votre démarche responsable en cas d’action devant le juge)
2. **Demander une clarification** ou l’arrêt de tels propos (ce qui matérialise la situation et pourra servir de preuve ultérieurement)
3. **Tenter une résolution amiable** ou rappeler la nécessité d’un dialogue respectueux et de préserver l’enfant
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### Recommandations concrètes
- **Restez factuelle et calme** : évitez tout ton conflictuel ou accusatoire qui pourrait se retourner contre vous.
- **Formulez la situation de façon neutre** : « [Prénom] m’a rapporté que tu lui as dit que... Peux-tu m’expliquer ce qu’il en est ? Je te rappelle l’importance de ne pas exposer notre enfant à ce genre de discussions pour son équilibre. »
- **Demandez explicitement** de préserver l’enfant des conflits parentaux : cela vous protège en montrant au juge votre préoccupation pour l’intérêt de l’enfant.
- **Gardez une copie du message** (SMS, mail, etc.) : en cas de procédure, ce document prouvera que vous avez alerté l’autre parent et cherché à apaiser la situation.
**⚠️** **Évitez toute accusation directe sans preuve** ou menace. Si le père réagit de manière problématique, conservez aussi sa réponse (ou l’absence de réponse).
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### Exemple de message à envoyer :
> Bonjour [prénom],
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> [Notre fils] m’a rapporté des propos qui l’ont troublé, selon lesquels je t’aurais fait du mal ainsi qu’à Élise en son absence. Cela m’inquiète, et j’aimerais comprendre ce qu’il en est.
>
> Pour le bien-être de [notre fils], il me semble essentiel que nous évitions d’aborder devant lui nos désaccords d’adultes et que nous préservions son équilibre.
>
> Merci de ta compréhension.
>
> [Votre prénom]
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### Valeur juridique
- **Le message est une preuve** de votre démarche responsable et de votre volonté de protéger l’enfant.
- **Sa réponse peut constituer** un élément important en cas de saisine du JAF ou d’éventuelles procédures futures.
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## En résumé
- Envoyer un message est recommandé **pour garder une trace écrite** et montrer votre souci de l’intérêt de l’enfant.
- Il doit être neutre, factuel et respectueux.
- Conservez tous les échanges pour un éventuel dossier devant le JAF.
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**Souhaitez-vous que je vous propose d'autres formulations ou que je vous guide pour la suite de votre démarche juridique (rédiger une requête, préparer des pièces, etc.) ?**