?
Est ce que qu'un magistrat, dans le cadre de son activité privée, peut conseiller une entreprise juridiquement sans le représenter ?
## Magistrats : Possibilité d’activité privée de conseil juridique auprès d’entreprises
### 1. **Principe d’incompatibilité de fonctions**
En France, le statut des magistrats impose de strictes obligations d’indépendance, d’impartialité ainsi que des règles de déontologie très contraignantes. Les textes principaux applicables sont :
- **Loi organique n° 94-100 du 5 février 1994 sur le statut de la magistrature**
- **Code de déontologie des magistrats**
- **[Article 25 septies de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000031698258/)**, applicable à la fonction publique
#### Principale règle :
> « Les fonctionnaires ne peuvent exercer à titre professionnel une activité privée lucrative de quelque nature que ce soit (…) sauf dérogation prévue par décret en Conseil d'État. »
La [Loi organique, article 8](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000021442724/) précise :
> « L'exercice des fonctions de magistrat est incompatible avec toute activité professionnelle, salariée ou indépendante, à l'exception de la production d'œuvres de l'esprit. »
### 2. **Clarifications : Quelles activités sont interdites ?**
#### - **Exercice d’une activité de conseil juridique**
- Un magistrat (du siège ou du parquet) ne peut, en activité, pas cumuler ses fonctions avec une activité de conseil en droit ni juridique, même à titre privé et non rémunéré :
> Conseil supérieur de la magistrature, avis et communications régulières sur la déontologie.
- Toute ingérence dans une affaire privée ou aide juridique à un tiers est proscrite.
#### - **Représentation et soutien à une entreprise**
- Le magistrat ne peut donc pas conseiller juridiquement une entreprise, même s'il ne la représente pas devant les juridictions ou les administrations.
#### - **Production d’œuvres de l’esprit**
- La seule exception concerne la publication d’œuvres de l’esprit (livre, article, conférence…), sous strict contrôle déontologique.
### 3. **Magistrat retraité ou honoraire**
- Si le magistrat n’est plus en activité :
- Après la cessation définitive de ses fonctions, ex : magistrat honoraire, il peut exercer une activité de conseil sous réserve du respect des règles de déontologie (notamment, devoir de réserve sur des affaires traitées dans le passé).
- Une période de « pantouflage » (contrôle de passage public/privé, articles [432-13 du Code pénal](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006417222/)) peut s’appliquer.
### 4. **Sanctions encourues**
- Sanctions disciplinaires graves : blâme, révocation, mise à la retraite d’office, etc.
- Sanctions pénales possibles en cas de prise illégale d’intérêts.
- Risques de conflits d’intérêt et d’atteinte à l’impartialité.
---
## **Résumé**
**Un magistrat en activité ne peut, à aucun titre, conseiller une entreprise sur un plan juridique, même à titre privé et sans représentation.**
Seule la production d’œuvres intellectuelles est permise, sous réserve du respect du secret professionnel et du devoir de réserve. Toute activité de conseil expose à des sanctions disciplinaires ou pénales.
---
### **Puis-je vous aider à formuler un courrier de demande de déontologie, ou souhaitez-vous des références sur la jurisprudence ou une fiche pratique ?**
---
#### Informations sur l'entreprise
(Liste extraite pour contextualiser : pas de lien juridique direct avec la question des magistrats)