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Licenciement d'une femme enceinte : légalité et protections Droit du travail

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Peut-on licencier une femme parce qu’elle est enceinte ?
Non, on ne peut **jamais licencier une salariée en raison de sa grossesse**. Ce serait un licenciement discriminatoire, donc **nul**. --- ## 1. Interdiction de toute discrimination liée à la grossesse Le Code du travail interdit expressément la discrimination liée à la grossesse : - [Article L1132-1 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L1132-1%20Code%20du%20travail) : « Aucun salarié ne peut être […] **licencié** […] en raison […] de sa **situation de famille ou de sa grossesse** […]. » Tout licenciement prononcé à cause de la grossesse est donc discriminatoire. - [Article L1132-4 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L1132-4%20Code%20du%20travail) : « Toute disposition ou tout acte pris à l’égard d’un salarié en méconnaissance des dispositions du présent chapitre […] **est nul**. » Donc : un licenciement pour cause de grossesse = licenciement nul. --- ## 2. Protection spécifique de la salariée enceinte En plus de l’interdiction de discrimination, la salariée enceinte bénéficie d’une **protection spéciale contre le licenciement** (articles L1225-4 et suivants du Code du travail, à consulter sur Légifrance). En pratique : - **Période protégée** : - Dès que la grossesse est médicalement constatée (et que l’employeur en est informé, en principe par certificat médical), - Pendant tout le **congé maternité**, - Et pendant une période suivant le retour de congé (période dite « postnatale »). - Pendant cette période, le licenciement n’est possible **que dans deux cas très limités** : 1. **Faute grave** de la salariée, **étrangère à l’état de grossesse**, et 2. **Impossibilité de maintenir le contrat** pour un motif non lié à la grossesse (par exemple fermeture complète de l’entreprise). Même dans ces deux hypothèses : - le motif doit être totalement **indépendant** de la grossesse, - et l’employeur doit être capable de **le prouver**. --- ## 3. Qui doit prouver quoi en cas de litige ? En matière de discrimination, le régime de preuve est aménagé en faveur de la salariée : - [Article L1134-1 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L1134-1%20Code%20du%20travail) : La salariée doit présenter des **éléments de fait laissant supposer** une discrimination (ex. : propos sur la grossesse, licenciement peu après l’annonce, etc.). Ensuite, **il appartient à l’employeur** de prouver que sa décision repose sur des éléments **objectifs, étrangers à toute discrimination**. Si l’employeur n’y parvient pas, le licenciement est jugé discriminatoire et donc **nul**. --- ## 4. Conséquences pour l’employeur (nullité du licenciement) Si un licenciement est prononcé en raison de la grossesse : - Le licenciement est **nul** (comme le prévoit l’article L1132-4). - La salariée peut demander : - **Sa réintégration** dans l’entreprise, avec paiement des **rappels de salaires** depuis le licenciement, - Ou, si elle ne souhaite pas être réintégrée, des **dommages-intérêts importants**. En cas de nullité (discrimination), l’indemnisation est **au minimum de 6 mois de salaire**, quelle que soit l’ancienneté (régime de l’article L1235-3-1 du Code du travail). L’employeur s’expose aussi à des **sanctions pénales** pour discrimination (Code pénal, art. 225-1 et 225-2 : délit de discrimination). --- ## 5. Que faire si vous êtes concernée ? Si vous pensez avoir été licenciée à cause de votre grossesse : 1. **Rassemblez les preuves possibles** : - Lettre de licenciement, - Mails, SMS, propos tenus par la hiérarchie, - Attestations de collègues, planning, etc. 2. **Saisissez le conseil de prud’hommes** pour : - faire constater la **nullité** du licenciement, - obtenir votre **réintégration** et/ou des **indemnités**. 3. Délai : en principe, vous avez **12 mois** à compter de la notification du licenciement pour le contester devant le conseil de prud’hommes (art. L1471-1 du Code du travail). 4. Vous pouvez aussi : - Contacter un **syndicat**, un **avocat**, ou le **Défenseur des droits**, qui traite spécifiquement les cas de discriminations. --- ### En résumé - **Non**, on ne peut pas licencier une femme parce qu’elle est enceinte : c’est une discrimination expressément interdite par la loi. - La salariée enceinte bénéficie en plus d’une **protection spéciale** rendant le licenciement très encadré. - Un licenciement pour cause de grossesse est en principe **nul**, avec possibilité de **réintégration** et/ou de fortes **indemnisations**. Si vous m’indiquez : - la date de votre licenciement, - ce qui est écrit dans votre lettre, - et à quel moment vous avez informé l’employeur de votre grossesse, je peux vous dire plus précisément quelles actions engager et comment formuler une contestation.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article L1132-1 du Code du travail

Aucune personne ne peut être écartée d'une procédure de recrutement ou de nomination ou de l'accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, telle que définie à l'article 1er de la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations, notamment en matière de rémunération, au sens de l'article L. 3221-3 , de mesures d'intéressement ou de distribution d'actions, de formation, de reclassement, d'affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, d'horaires de travail, d'évaluation de la performance, de mutation ou de renouvellement de contrat en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation sexuelle, de son identité de genre, de son âge, de sa situation de famille ou de sa grossesse, de ses caractéristiques génétiques, de la particulière vulnérabilité résultant de sa situation économique, apparente ou connue de son auteur, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une prétendue race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de son exercice d'un mandat électif, de ses convictions religieuses, de son apparence physique, de son nom de famille, de son lieu de résidence ou de sa domiciliation bancaire, ou en raison de son état de santé, de sa perte d'autonomie ou de son handicap, de sa capacité à s'exprimer dans une langue autre que le français, de sa qualité de lanceur d'alerte, de facilitateur ou de personne en lien avec un lanceur d'alerte, au sens, respectivement, du I de l'article 6 et des 1° et 2° de l' article 6-1 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique.

📄 Article L1132-4 du Code du travail

Toute disposition ou tout acte pris à l'égard d'un salarié en méconnaissance des dispositions du présent chapitre ou du II de l'article 10-1 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique est nul.

📄 Article L1134-1 du Code du travail

Lorsque survient un litige en raison d'une méconnaissance des dispositions du chapitre II, le candidat à un emploi, à un stage ou à une période de formation en entreprise ou le salarié présente des éléments de fait laissant supposer l'existence d'une discrimination directe ou indirecte, telle que définie à l'article 1er de la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations. Au vu de ces éléments, il incombe à la partie défenderesse de prouver que sa décision est justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. Le juge forme sa conviction après avoir ordonné, en cas de besoin, toutes les mesures d'instruction qu'il estime utiles.
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