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Quel est le délai pour faire appel du jugement pour une affaire familiale ?
En matière familiale, il n’y a pas **un** seul délai, mais une règle générale et quelques exceptions importantes.
## 1. Règle générale : 1 mois à compter de la notification
En droit français, le délai d’appel dépend du **type de procédure** (contentieuse ou gracieuse), pas seulement du fait que ce soit du « droit de la famille ».
- En **matière contentieuse** (conflit entre parties : divorce, résidence des enfants, pension alimentaire, droit de visite, etc.), le délai d’appel est de :
👉 **1 mois**
> « Le délai de recours par une voie ordinaire est d'un mois en matière contentieuse »
> [Article 538 du Code de procédure civile](https://www.google.com/search?q=Article+538+Code+de+proc%C3%A9dure+civile)
- Le délai **commence à courir à compter de la notification** (signification par huissier ou notification par le greffe) :
> « Le délai […] court à compter de la notification du jugement […] »
> [Article 528 du Code de procédure civile](https://www.google.com/search?q=Article+528+Code+de+proc%C3%A9dure+civile)
Donc, pour la plupart des décisions du juge aux affaires familiales (JAF) rendues en contentieux, vous avez **1 mois après la date de notification du jugement** pour interjeter appel.
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## 2. Matière gracieuse : 15 jours
Quand la procédure est dite **gracieuse** (pas de véritable litige entre deux parties : par exemple certains changements de régime matrimonial, demandes non contestées, etc.) :
- Le délai d’appel est alors de :
👉 **15 jours**
> « Il est de quinze jours en matière gracieuse. »
> [Article 538 du Code de procédure civile](https://www.google.com/search?q=Article+538+Code+de+proc%C3%A9dure+civile)
En pratique familiale, une partie des décisions reste contentieuse ; la qualification (contentieuse / gracieuse) est en principe indiquée dans le jugement.
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## 3. Limite de 2 ans en cas d’absence de notification
Si le jugement **n’est jamais notifié**, le droit d’appel n’est pas illimité :
> « Si le jugement n'a pas été notifié dans le délai de deux ans de son prononcé, la partie qui a comparu n'est plus recevable à exercer un recours à titre principal après l'expiration dudit délai. »
> [Article 528-1 du Code de procédure civile](https://www.google.com/search?q=Article+528-1+Code+de+proc%C3%A9dure+civile)
Donc, même sans notification, **au bout de 2 ans après le prononcé**, l’appel principal n’est plus recevable pour une partie qui a comparu.
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## 4. Ce que vous devez vérifier concrètement
1. **Lisez la dernière page du jugement** :
- Elle indique en général : « Le présent jugement peut être frappé d’appel dans le délai de … à compter de sa notification… »
2. **Vérifiez la date de notification** (cachet du greffe, date de signification par huissier ou de réception LRAR).
3. **Comptez à partir de cette date** :
- 1 mois en cas de contentieux
- 15 jours pour la matière gracieuse ou certains cas particuliers
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## 5. Recommandation pratique
Le calcul du délai peut se compliquer (jours fériés, notification à l’étranger, représentation obligatoire par avocat, etc.).
Pour éviter tout risque de forclusion (appel tardif) :
- Montrez **le jugement et la preuve de notification** à un avocat ou au service d’accueil du justiciable du tribunal.
- Si vous le souhaitez, indiquez-moi :
- la **nature de la décision** (divorce, autorité parentale, pension, placement d’enfant, etc.),
- la **date du jugement**,
- la **date exacte de notification** (ou si vous ne l’avez jamais reçue),
et je pourrai vous indiquer plus précisément le délai applicable et la **date limite théorique** pour faire appel.
Le délai de recours par une voie ordinaire est d'un mois en matière contentieuse ; il est de quinze jours en matière gracieuse.
Le délai à l'expiration duquel un recours ne peut plus être exercé court à compter de la notification du jugement, à moins que ce délai n'ait commencé à courir, en vertu de la loi, dès la date du jugement. Le délai court même à l'encontre de celui qui notifie.
Si le jugement n'a pas été notifié dans le délai de deux ans de son prononcé, la partie qui a comparu n'est plus recevable à exercer un recours à titre principal après l'expiration dudit délai. Cette disposition n'est applicable qu'aux jugements qui tranchent tout le principal et à ceux qui, statuant sur une exception de procédure, une fin de non-recevoir ou tout autre incident, mettent fin à l'instance.